Actualité·Mes lectures

Prix littéraires 2014 : les 2° sélections

          La saison des prix littéraires continue avec les 2° sélections des grands prix (le Décembre et l’Interallié n’ont pas encore dévoilé leur 2° sélection) mais aussi la 1° liste pour le Prix des libraires 2015.

Prix Goncourt

– Meursault, contre-enquête, de Kamel Daoud, Actes Sud
– Ce sont des choses qui arrivent, de Pauline Dreyfus, Grasset
– Le roi disait que j’étais diable, de Clara Dupont Monod, Grasset
– L’ordinateur du paradis, de Benoît Duteurtre, Gallimard
– Charlotte, de David Foenkinos, Gallimard
– L’amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
– La ligne des glaces, d’Emmanuel Ruben, Rivages
– Pas pleurer, de Lydie Salvayre, Seuil

Prix Renaudot

Romans

– Meursault, contre-enquête, de Kamel Daoud, Actes Sud
– Le Roi disait que j’étais le diable, de Clara Dupont-Monod, Grasset
– Charlotte, de David Foenkinos, Gallimard
– L’Ecrivain national, de Serge Joncour, Flammarion
– Les Enquêtes de Monsieur Proust, de Pierre-Yves Leprince, Gallimard
– La Femme qui dit non, de Gilles Martin-Chauffier, Grasset
– La Musique des illusions, de Jean-Marc Moura, Albin  Michel
– Pétronille, d’Amélie Nothomb, Albin Michel
– Pas pleurer, de Lydie Salvayre, Seuil

Essais

– De chez nous, de Christian Authier, Stock
– Dictionnaire amoureux de la Résistance, de Gilles Perrault, Plon
– Comme des barbares en Inde, de Jean-Claude Perrier, Fayard
– Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, de Paul Veyne, Albin Michel

Prix Femina

Romans français

– L’homme qui marche, d’Yves Bichet, Mercure de France
– Photos volées, de Dominique Fabre, L’Olivier
– Joseph, de Marie-Hélène Lafon, Buchet-Chastel
– Bain de lune, de Yanick Lahens, Sabine Wespieser
– L’autoroute, de Luc Lang, Stock
– Autour du monde, de Laurent Mauvignier, Minuit
– Les grands, de Sylvain Prudhomme, Gallimard
– Terminus radieux, d’Antoine Volodine, Seuil
– Tristesse de la terre, d’Eric Vuillard, Actes Sud

Romans étrangers

– La lumière des étoiles mortes, de John Banville, Robert Laffont (Irlande)
– L’homme provisoire, de Sebastian Barry, Joëlle Losfeld (Irlande)
– Prière pour celles qui furent volées, de Jennifer Clement, Flammarion (États-Unis)
– Cette nuit je l’ai vue, de Drago Jancar, Phébus (Slovénie)
– Amour de pierre, de Grazyna Jagielska, Les Equateurs, (Pologne)
– La couleur du lait, de Nell Leyshon, Phébus (Grande-Bretagne)
– Et rien d’autre, de James Salter, L’Olivier (États-Unis)
– Ce qui reste de nos vies, de Zeruya Shalev, Gallimard (Israël)
– Les réputations, de Juan Gabriel Vasquez, Seuil (Colombie)

Essais

– A la lecture, de Véronique Aubouy et Mathieu Riboulet, Grasset
– Une ethnologie de soi, de Marc Augé, Seuil
– Les déshérités, de François-Xavier Bellamy, Plon
– Août 14, de Bruno Cabanes, Gallimard
– San Michele, de Thierry Clermont, Seuil
– Les barrages de sable, de Jean-Yves Jouannais, Grasset
– Sigmund Freud, d’Elisabeth Roudinesco, Seuil
– Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, de Paul Veyne, Albin Michel
– Le sentiment de soi, de Georges Vigarello, Seuil
– Des milliers de places vides, d’Alain Wagneur , Actes Sud
– Fouché, d’Emmanuel de Waresquiel, Tallandier/Fayard

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Prix Médicis

Romans français

– Ame qui vive, de Véronique Bizot, Actes Sud
– La langue des oiseaux, de Claudie Hunzinger, Grasset
– Blanès, d’Hedwige Jeanmart, Gallimard
– Visible la nuit, de Frank Maubert, Fayard
– Autour du monde, de Laurent Mauvignier, Minuit
– L’amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
– Terminus radieux, d’Antoine Volodine, Seuil
– Jacob Jacob, de Valérie Zenatti, L’Olivier

Romans étrangers

– MaddAddam, de Margaret Atwood, Robert Laffont (Canada)
– Lola Bensky, de Lily Brett, La grande ourse (Australie)
– Une constellation de phénomènes vitaux, d’Anthony Marra, J.C. Lattès (Etats-Unis)
– La petite lumière, d’Antonio Moresco, Verdier (Italie)
– Et rien d’autre, de James Salter, L’Olivier (Etats-Unis)
– Le ravissement des innocents, de Taiye Selasi, Gallimard (Royaume Uni)
– Tous les oiseaux du ciel, d’Evie Wyld, Actes Sud (Australie)

Essais

– L’affaire des 14. Poésie, police et réseaux de communication à Paris au 18e siècle, de Robert Darnton, Gallimard
– Will le magnifique, de Stephen Greenblatt, Flammarion
– Les barrages de sable, de Jean-Yves Jouannais, Grasset
– Berceau, d’Eric Laurrent, Minuit
– Par ailleurs (exils), de Linda Lê, Christian Bourgois
– Une enfance dans la gueule du loup, de Monique Levi-Strauss, Seuil
– Manifeste incertain 3, de Frédéric Pajak, Noir sur blanc
– Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, d’Elisabeth Roudinesco, Seuil
– Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin, d’Eliane Viennot, Editions iXe

Grand prix du roman académie française

– Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– Karpathia, de Mathias Menegoz, P.O.L.
– Voyageur malgré lui, de Minh Tran Huy, Flammarion

Prix des libraires

– Peine perdue, d’Olivier Adam, Flammarion
– Orphelins de Dieu, de Marcu Biancarelli, Actes Sud
– Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– L’aménagement du territoire, d’Aurélien Bellanger, Gallimard
– Toute ressemblance avec le père, de Franck Courtès, Lattès
– Le triangle d’hiver, de Julia Deck, Minuit
– Les brumes de l’apparence, de Frédérique Deghelt, Actes Sud
– La condition pavillonnaire, de Sophie Divry, Noir sur Blanc
– Le roi disait que j’étais diable, de Clara Dupont-Monod, Grasset
– Charlotte, de  David Foenkinos, Gallimard
– Le règne du vivant, d’Alice Ferney, Actes Sud
– Incident voyageurs, de Dalibor Frioux, Seuil
– Selon Vincent, de Christian Garcin, Stock
– Aucun souvenir de Césarée, de Marie-Ange Guillaume, Le Passage
– A l’origine notre père obscur, de Kaoutar Harchi, Actes Sud
– L’audience, d’Oriane Jeancourt-Galignami, Albin-Michel
– L’écrivain national, de Serge Joncour, Flammarion
– Joseph, de Marie-Hélène, Lafon, Buchet-Chastel
– Le denier gardien d’Ellis Island, de Gaëlle Josse, Noir sur Blanc
– Le manteau de Greta Garbo, de Nelly Kapriélian, Grasset
– L’amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
– Le bonheur national brut, de François Roux, Albin-Michel
– Pas pleurer, de Lydie Salvayre, Seuil
– La peau de l’ours, de Joy Sorman, Gallimard
– Voyageur malgré lui, de Minh Tran-Hui, Flammarion
– Tristesse de la terre, d’Eric Vuillard, Actes Sud
– Jacob, Jacob, de Valérie Zenatti, L’Olivier

Mes lectures

Terminus radieux, Antoine Volodine

          Dans un monde où l’explosion des centrales nucléaires a rendu inhabitable une grande partie du territoire, alors que la 2° Union Soviétique s’effondre, trois amis fuient au milieu des terres désolées. En chemin, ils rencontreront un président de kolkhoze tyrannique et ses trois filles. A leurs côtés, ils vont errer entre la vie et la mort.

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          D’Antoine Volodine, je n’avais lu que le splendide Ecrivains, un récit qui se présente comme un recueil de nouvelles, publié il y a 4 ans. La découverte de son style a été une décharge, une illumination, un éblouissement. Je crois bien que jamais je n’avais rien lu d’aussi beau. Il est vrai que le sujet me parlait mais surtout, quel style : riche, dense poétique. Rien n’est facile dans cette écriture-là, elle se mérite et pourtant elle m’a semblé couler d’elle-même. Je me souviens d’une phrase de 2 pages lue sans m’en rendre compte, comme dans un souffle. Une évidence. J’avais rarement trouvé un texte aussi dense et aussi beau.

          Je l’ai prêté autour de moi, mes amis l’ont abandonné les uns après les autres. Je crois que c’est le moment où j’ai compris à quel point cette lecture pouvait être ardue si on ne tombait pas sous le charme de son style. Cette année-là, Antoine Volodine publiait en même temps 3 romans, sous 3 pseudonymes différents. Je les ai tous achetés. Le 2° auquel je me suis attaquée m’a paru, sombre, compliqué voire carrément sordide (ma critique ici, d’ailleurs à la relire, j’avais adoré le style alors que je ne me souviens que de l’univers ultra glauque, comme quoi). J’ai abandonné au bout de 50 pages d’une lecture laborieuse. Le 3° est resté à sommeiller dans ma bibliothèque et attend encore que je l’en déloge. J’étais donc très curieuse de voir ce que celui-ci aller donner. D’autant plus que quand j’en ai parlé à une libraire fan de l’auteur elle m’a dit « c’est aussi sombre que tous les autres », comme je n’en avais lu que deux qui n’avaient pas le moindre rapport, je n’étais pas sure d’aimer cette réponse.

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          La 4° de couverture fait un peu peur, il y est question de soldats fantômes, de morts vivants et d’inquiétantes princesses dans un monde dévasté par des accidents nucléaires. Pas joyeux et surnaturel en prime. Pourtant, dès les premières pages, j’ai retrouvé cette écriture si particulière qui m’avait charmée la première fois. Quant au côté surnaturel, il est assez peu présent (au début surtout). On est dans un futur où de vastes zones sont rendues inhabitables par les accidents nucléaires successifs ce qui est quand même on ne peut plus crédible. On plonge doucement aux frontières de fantastique peu à peu, mais comme on a 600 pages pour s’habituer, la transition se fait en douceur.

          J’ai beaucoup aimé cette lecture même s’il faut dire qu’il y a tout de même quelques longueurs. Toutefois, rares sont les passages où je me suis ennuyée. C’est surtout sur la fin que j’ai un peu décroché par moments, quand ça devient un peu plus étrange. Je trouve très difficile de parler de ce roman riche, complexe et à mes yeux assez indéfinissable. En général, quand j’aime un livre, j’ai envie de le partager avec la terre entière. Celui-ci a beau être considéré comme l’un de plus réussis de Volodine (et des plus accessibles par la même occasion), je ne vois vraiment pas qui autours de moi pourrait bien l’apprécier. Et je suis entourée de grands lecteurs ! Il me semble que malgré ses qualités nombreuses et indéniables Terminus Radieux s’adresse tout de même à un public assez restreint et disons-le plutôt intello.

          J’ai toujours aimé la littérature russe. Je ne sais pas pourquoi l’évocation de la taïga et de la toundra me fait autant rêver. Toujours est-il que ça fonctionne à tous les coups ! Je trouve toujours dans la lenteur des traversées de ces grands espaces une poésie qui me ravit. Etant donné que tous le roman ou presque ce déroule dans des espaces vierges, j’ai été comblée. J’ai beaucoup aimé cette lecture que j’ai d’ailleurs trouvée moins ardue que ce que je pensais du point de vue du style. Il est certes complexe mais pas retors et on avance dans cette épopée futuriste rapidement. L’histoire est sans doute un peu moins évidente mais là aussi, je m’attendais tellement à un univers apocalyptique que je l’ai finalement trouvé assez abordable. Ce texte interroge sur la société et l’avenir de l’humanité tout en virant parfois au mystique. Un roman, dense, complexe, intelligent, terriblement bien écrit : à la fois sombre et lumineux.

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Le vent de nouveau s’approcha des herbes et il les caressa avec une puissance nonchalante, il les courba harmonieusement et il se coucha sur elles en ronflant, puis il les parcourut plusieurs fois, et, quand il en eut terminé avec elles, leurs odeurs se ravivèrent, d’armoises-savoureuses, d’armoises-blanches, d’absinthes.
Le ciel était couvert d’une mince laque de nuages. Juste derrière, le soleil invisible brillait. On ne pouvait lever les yeux sans être ébloui.

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Nous n’avions aucune explication quand nous nous interrogions sur les mauvais choix de I’humanité. L’optimisme marxiste nous interdisait d’y voir les preuves de graves défauts dans le patrimoine génétique de notre espèce. Une attirance imbécile pour I’autodestruction, une passivité masochiste devant les prédateurs, et peut-être aussi et surtout une inaptitude fondamentale au collectivisme. Nous pensions cela au fond de nous, mais, comme la théorie officielle balayait ces hypothèses d’un haussement d’épaules, nous n’abordions pas le sujet, même entre camarades. Même dans les plaisanteries entre camarades.

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Quand on progresse dans la vieille forêt, quand on écrase sous ses bottes des branchettes perdues par les arbres, les sapins centenaires, les mélèzes noirs, quand on a le visage caressé ou battu par les mousses ruisselantes, on se trouve dans un univers intermédiaire, dans quelque chose où tout existe fortement, où rien n’est illusion, mais, en même temps, on a l’inquiétante sensation d’être prisonnier à l’intérieur d’une image, et de se déplacer dans un rêve étranger, dans un bardo où l’on est soi-même étranger, où l’on est un intrus peu sympathique, ni vivant ni mort, dans un rêve sans issue et sans durée.

Mes lectures

La dévoration – Nicolas d’Estienne d’Orves signe un roman dérangeant

          L’écrivain Nicolas Sevin s’est spécialisé dans les histoires sanglantes. Son éditrice voudrait le voir changer radicalement de style et aborder des sujets plus intimes. Après une longue réflexion, un sujet s’impose à lui : l’histoire du cannibale japonais Morimoto. Une expérience d’écriture dont il risque de ne pas sortir indemne.

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          J’avais a-do-ré le dernier roman de Nicolas d’Estiennes d’Orve, Les fidélités successives, mon gros coup de cœur de la rentrée littéraire 2012. Je n’avais rien lu d’autre de lui et j’avais donc hâte de m’attaquer à son nouveau roman, bien que le sujet me laisse un peu perplexe. Je dois avouer que dans l’ensemble j’ai été assez déçue. Je m’attendais à retrouver ce style fluide et maîtrisé qui m’avait tant séduite et ça n’a pas tellement été le cas. J’ai trouvé le début certes agréable à lire mais un peu fade. On peine à s’intéresser à l’histoire de cet auteur en manque d’inspiration qui apparaît avant tout comme un sale gosse prétentieux.

           Ces chapitres un peu vides intérêt alternent avec d’autres sur une lignée de bourreaux qu’on suit à travers les âges. Leur histoire m’a un peu rappelée celle de Dieu et nous seuls pouvons de Michel Folco, roman qui me fait mourir de rire bien qu’il retrace l’histoire d’une lignée de bourreaux. Le texte de Nicolas d’Estienne d’Orves est autrement plus sérieux et j’ai fait de mon mieux pour ne pas le comparer à un de mes livres préféré, ce qui n’aurait pas été à son avantage. J’ai honnêtement trouvé que ces chapitres, extrêmement bien documentés, étaient les plus réussis. J’ai pris grand plaisir à les lire et je les attendais avec impatience.

           Quant au arrive aux passages sur Morimoto – dans les 50 ou peut-être 80 dernières pages du roman – un certain suspens se crée. On sait comment ça se termine mais voir la manière dont il en est arrivé là crée une tension indéniable. Je ne vous cache pas qu’il y a un passage franchement dégueulasse. Rarement (jamais ?) un livre m’avait donné envie de vomir, c’est en soi un exploit. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai apprécié cette partie du texte mais c’est sans nul doute la plus forte. Après tout, la littérature doit avant tout faire réagir et susciter des émotions, on ne peut pas dire que ce n’est pas le cas ! En résumé, un roman qui met du temps à démarrer pour devenir finalement très dérangeant. Une lecture un arrière goût des plus désagréables mais ne laisse en tout cas pas indifférent.

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 On dit qu’une simple image peut changer votre conception du monde. Ainsi se passent les conversions : il suffit d’une épiphanie.

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J’aime les rues vides. Comme j’aime la foule compacte. L’une et l’autre poussent à l’effacement. Vous devenez une ombre ou un quidam, ce qui revient au même.

Actualité

Prix littéraires 2014 : les premières sélections

          Cette année, je ne vous ai pas tenus informés de l’actualité des prix littéraires au fur et à mesure. Mais maintenant que la majorité des premières sélections sont annoncées, les voici. Je signale au passage qu’en établissant ces listes, j’ai pu me rendre compte une fois de plus du travail bâclé des journalistes. Je passe sur le fait qu’ils ne connaissent pas les règles typographiques, mais j’ai également trouvé des erreurs dans les titres et les noms d’auteurs. J’espère qu’au moins ils n’en ont pas fait dans les listes… Pour plus d’informations sur un roman, cliquez sur son titre.

Prix Goncourt

– Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– Meursault, contre-enquête, de Kamel Daoud, Actes Sud
– On ne voyait que le bonheur, de Grégoire Delacourt, JC Lattès.
– Ce sont des choses qui arrivent, de Pauline Dreyfus, Grasset
– Le roi disait que j’étais diable, de Clara Dupont Monod, Grasset
– L’ordinateur du paradis, de Benoît Duteurtre, Gallimard
– Charlotte, de David Foenkinos, Gallimard
– Les tribulations du dernier Sijilmassi, de Fouad Laroui, Julliard
– La femme qui dit non, de Gilles Martin-Chauffier, Grasset
– Karpathia, de Mathias Menegoz, POL
– L’amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
– La ligne des glaces, d’Emmanuel Ruben, Rivages
– Pas pleurer, de Lydie Salvayre, Le Seuil
– La peau de l’ours, de Joy Sorman, Gallimard
– Tristesse de la terre, d’Eric Vuillard, Actes Sud

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Prix Renaudot

Romans :

– Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– Dans les yeux des autres, de Geneviève Brisac, L’Olivier
– Meursault, contre-enquête, de Kamel Daoud, Actes Sud
– Le roi disait que j’étais diable, de Clara Dupont Monod, Grasset
– Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive, de Christophe Donner, Grasset
– Photos volées, de Dominique Fabre, L’Olivier
– L’Oubli, de Frederika Amalia Finkelstein, L’Arpenteur
– Charlotte, de David Foenkinos, Gallimard
– Incident voyageurs, de Dalibor Frioux, Le Seuil
– Joseph, de Marie-Hélène Lafon, Buchet-Chastel
– Les Enquêtes de Monsieur Proust, de Pierre-Yves Leprince, Gallimard
– Autour du monde, de Laurent Mauvignier, Minuit
– La femme qui dit non, de Gilles Martin-Chauffier, Grasset
– La Musique des illusions, de Jean-Marc Moura, Albin Michel
– Pétronille, d’Amélie Nothomb, Albin Michel
– L’Amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
– Pas pleurer, de Lydie Salvayre, Le Seuil

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Essais :

– De chez nous, de Christian Authier, Stock
– La femme, de Bénédicte Martin, Les Equateurs
– Jules Ferry, de Mona Ozouf, Gallimard
– Dictionnaire amoureux de la Résistance, de Gilles Perrault, Plon
– Comme des barbares en Inde, de Jean-Claude Perrier, Fayard
– Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, de Paul Veyne, Albin Michel

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Prix Femina

Français :

– L’homme qui marche, d’Yves Bichet, Mercure de France
– L’an prochain à Grenade, de Gérard de Cortanze, Albin Michel
– Le Triangle d’hiver, de Julia Deck, Minuit
– Les hommes meurent, les femmes vieillissent, d’Isabelle Desesquelles, Belfond
– La langue des oiseaux, de Claudie Hunzinger, Grasset
– Mon âge, de Fabienne Jacob, Gallimard
– Joseph, de Marie-Hélène Lafon, Buchet-Chastel
– Bain de lune, de Yanick Lahens, Sabine Wespieser
– L’autoroute, de Luc Lang, Stock
– Autour du monde, de Laurent Mauvignier, Minuit
– Terminus radieux, d’Antoine Volodine, Le Seuil
– Tristesse de la terre, de Eric Vuillard, Actes Sud
– Jacob, Jacob, de Valérie Zenatti, L’Olivier

 

 

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Etranger :

– La lumière des étoiles mortes, John Banville, Robert Laffont – Irlande
– L’homme provisoire, de Sebastian Barry, Gallimard – Irlande
– Lola Bensky, de Lily Brett, La Grande Ourse – Australie
– Prière pour celles qui furent volées, de Jennifer Clement, Flammarion – Etats-Unis
– A l’orée de la nuit, de Charles Frazier, Grasset – Etats-Unis
– Cette nuit je l’ai vue, de Drago Jancar, Phébus – Slovénie
– La couleur du lait, de Nell Leyshon, Phébus – Grande-Bretagne
– La femme d’en haut, de Claire Messud, Gallimard – Etats-Unis
– Le fils, de Philipp Meyer, Albin Michel – Etats-Unis
– Hérétiques, de Leonardo Padura, Métailié – Cuba
– Et rien d’autre, de James Salter, L’Olivier – Etats-Unis
– Le ravissement des innocents, de Taiye Selasi, Gallimard – Grande-Bretagne
– Ce qui reste de nos vies, de Zeruya Shalev, Gallimard – Israël
– Les réputations, de Juan Gabriel Vasquez, Le Seuil – Colombie

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Prix de l’Académie Française

– Un secret du docteur Freud, d’Éliette Abecassis, Flammarion
– Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– L’Ordinateur du paradis, de Benoît Duteurtre, Gallimard
– Photos volées, de Dominique Fabre, L’Olivier
– Blanès, d’Hedwige Jeanmart, Gallimard
– La Femme qui dit non, de Gilles Martin-Chauffier, Grasset
– Voyageur malgré lui, de Minh Tran Huy, Flammarion
– Les Grands, de Sylvain Prudhomme, Gallimard
– Dialogue d’été, d’Anne Serre, Mercure
– Terminus radieux, d’Antoine Volodine, Le Seuil

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Prix Médicis

Français :

– L’aménagement du territoire, d’Aurélien Bellanger, Gallimard
– Ame qui vive, de Véronique Bizot, Actes Sud
– En face, de Pierre Demarty, Flammarion
– Le Soleil, de Jean-Hubert Gailliot, L’Olivier
– La langue des oiseaux, de Claudie Hunzinger, Grasset
– Blanès, d’Hedwige Jeanmart, Gallimard
– La loi sauvage, de Nathalie Kuperman, Gallimard
– Visible la nuit, de Franck Maubert, Fayard
– Autour du monde, de Laurent Mauvignier, Minuit
– Plus rien que les vagues et le vent,  de Christine Montalbetti, POL
– L’amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
– Terminus radieux, d’Antoine Volodine, Le Seuil
– Jacob, Jacob, de Valérie Zenatti, L’Olivier

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Etranger :

– MaddAddam, de Margaret Atwood, Robert Laffont – Canada
– Lola Bensky, de Lily Brett, La grande ourse – Australie
– Wave, de Sonali Deraniyagala, Kero – Sri Lanka
– Comment s’en mettre plein les poches en Asie mutante, de Mohsin Hamid, Grasset – Pakistan
– Des 1001 façons de quitter la Moldavie, de Vladimir Lortchenkov, Mirobole – Moldavie
– Terminus Allemagne, de Ursula Krechel, Carnets Nord/Montparnasse – Allemagne
– Une constellation de phénomènes vitaux, d’Anthony Marra, JC Lattès – États-Unis
– La petite lumière, de Antonio Moresco, Verdier – Italie
– Histoires d’un médecin russe, de Maxime Ossipov, Verdier – Russie
– Hérétiques, de Leonardo Padura, Metailié – Cuba
– Tous les jours sont des nuits, de Peter Stamm, Bourgois – Suisse
– Et rien d’autre, de James Salter, L’Olivier – États-Unis
– Ce qui reste de nos vies, de Zeruya Shalev, Gallimard – Israël
– Les réputations, de Juan Gabriel Vasquez, Le Seuil – Colombie
– Tous les oiseaux du ciel, de Evie Wyld, Actes Sud – Australie

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Prix Décembre

– Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– Dans les yeux des autres, de Geneviève Brisac, L’Olivier
– Le cercle des tempêtes, de Judith Brouste, Gallimard-l’Infini
– Le Royaume, d’Emmanuel Carrère,  P.O.L
– Ce sont des choses qui arrivent, de Pauline Dreyfus, Grasset
–  L’oubli, de Frederika-Amalia Finkelstein, Gallimard
– La musique des pierres, de Nicolas Idier, Gallimard
– Le manteau de Greta Garbo, de Nelly Kapriélan, Grasset
– Œuvres Vives, de Linda Lê, Christian Bourgois
– Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre, d’Elisabeth Roudinesco, Le Seuil
– Dialogue d’été, d’Anne Serre, Mercure de France
– Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, de Paul Veyne, Albin Michel

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Prix Interallié

– Le Soldat d’Allah, de Christian Authier, Grasset
– Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive, de Christophe Donner, Grasset
– Ce sont des choses qui arrivent, de Pauline Dreyfus, Grasset
– La Dévoration, de Nicolas d’Estienne d’Orves, Albin Michel
– Charlotte, de David Foenkinos, Gallimard
– Les Nouveaux Monstres, de Simonetta Greggio, Stock
– Les Fils de rien, les princes, les humiliés, de Stéphane Guibourgé, Fayard
– L’Ecrivain national, de Serge Joncour, Flammarion
– Karpathia, de Mathias Menegoz, P.O.L
– Les Inoubliables, de Jean-Marc Parisis, Flammarion
– L’Amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
– Avis à mon exécuteur, de Romain Slocombe, Robert Laffont
– Le Voyageur malgré lui, de Min Tran Hui, Flammarion

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          Il  a pas mal de recoupements dans les sélections, notamment entre le Goncourt et le Renaudot. Mais également entre les sélections étrangères. Beaucoup, beaucoup de titres qui me tentent en cette rentrée des plus réjouissantes. Je regrette un peu l’absence d’Olivier. Heureusement Serge Joncour, est sur la liste de l’Interallié. J’en profite également pour vous signaler que le prix du roman Fnac dont je vous avais présenté la sélection ici a été décerné à Benjamin Wood pour son premier roman, Le Complexe d’Eden Bellwether.

          La suite des prix littéraires dans quelques jours avec les 2° sélections puis le verdict final, début novembre. Et vous, quels romans ont votre préférence en cette rentrée ?

Mes lectures

L’écrivain national : quand Serge Joncour retourne aux sources

          Serge est écrivain, peu connu malgré de nombreuses années de galère, il vit toutefois de son art et est même invité en résidence d’auteur dans une petite ville du Morvan. Mais une fois arrivé là-bas, rien ne va se passer comme prévu. Fasciné par un fait divers sordide, il va se retrouver mêler d’un peu trop près à cette histoire.   

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          J’ai une tendresse toute particulière pour l’écriture de Serge Joncour et son humour au vitriol. Dans son précédent roman, L’amour sans le faire, il délaissait cette écriture nerveuse à l’apparente légèreté pour plus de douceur. Bien que l’absence de son humour décapant m’ait au début déroutée, je n’ai pu qu’admettre qu’il signait là malgré tout son plus grand roman, d’une incroyable délicatesse. Je me demandais donc si son roman suivant resterait dans ce ton ou si on y retrouverait son côté décalé. Ne tournons pas autour du pot plus longtemps, avec ce livre, Serge Joncour renoue avec ses premières amours. On retrouve son sens aigu de l’observation et son auto-dérision tout à fait délectable.

          J’ai un peu regretté la finesse et la maturité de son précédent roman (je sais, je suis pénible, je ne sais pas ce que je veux) tout en étant heureuse de retrouver le style pour lequel je suis cet auteur depuis quelques temps maintenant. Pour le contenu en revanche, le petit côté polar est tout à fait inédit. L’auteur n’a décidément pas fini de nous surprendre ! J’ai beaucoup aimé le ton de ce roman. Serge Joncour maîtrise décidément l’ironie comme personne. Son personnage semble être un véritable reflet de lui-même. Je me suis délectée de ses déboires. J’ai parfois eu l’impression qu’à travers ce personnage bourru, c’était lui-même que l’auteur dépréciait. Quand on connaît son talent et sa sympathie, on espère que ce n’est qu’une fâcheuse impression.

          Bien que j’aie beaucoup aimé ce roman, j’ai eu le sentiment par moments que l’auteur se cachait derrière son humour. Même si ce texte sonne souvent juste, j’ai trouvé qu’il y manquait la sincérité du précédent. Difficile de marier les deux mais j’espère qu’il y parviendra dans l’avenir. Quand on a vu de quelle justesse il est capable, on a beau adorer son humour, on ne peut que souhaiter qu’il explore un peu plus cette voie. Le roman est très drôle, avec un personnage bourru et maladroit qui a un vrai don pour se fourrer dans les emmerdes. J’ai pris beaucoup de plaisir à cette lecture. L’esprit des petits village y est décrit de manière tout à fait délectable. L’ambiance de ce livre est sans nul doute un de ses gros points forts tout comme le mélange des genres, entre humour et polar décalé. Un roman surprenant dans lequel l’auteur renoue avec l’humour. Une lecture aussi riche qu’agréable. Serge Joncour reste décidément un auteur à suivre !

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Lire, c’est voir le monde par mille regards, c’est toucher l’autre dans son essentiel secret, c’est la réponse providentielle à ce grand défaut que l’on a tous de n’être que soi.

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Un auteur dans le fond doit-il servir à quelque chose, de même que chacun d’ailleurs, est-ce qu’on doit tous servir à quelque chose et est-ce qu’il y a des degrés dans cette implacable hiérarchie des utilités ?