Actualité

Prix Femina, première sélection

          Il nous manquait le dernier des grands parmi les sélections des prix de la rentrée littéraire. La voici toute fraîche ! 15 romans français en lice et 14 romans étrangers :

Romans français

Laura Alcoba, Le bleu des abeilles (Gallimard)
Tristan Garcia, Faber. Le Destructeur (Gallimard)
Brigitte Giraud, Avoir un corps (Stock)
Mikaël Hirsch, Avec les hommes (Intervalles)
Pierre Lemaitre, Au revoir là-haut (Albin Michel)
Charif Majdalani, Le dernier seigneur de Marsad (Seuil)
Leonora Miano, La saison de l’ombre (Grasset)
Céline Minard, Faillir être flingué (Rivages)
Véronique Ovaldé, La grâce des brigands (L’Olivier)
Eric Pessan, Muette (Albin Michel)
Olivier Poivre d’Arvor, Le jour où j’ai rencontré ma fille (Grasset)
Patricia Reznikov, La transcendante (Albin Michel)
Laurent Seksik, Le cas Eduard Einstein (Flammarion)
Jean-Philippe Toussaint, Nue (Minuit)
Karine Tuil, L’invention de nos vies (Grasset)

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Romans étrangers

Martin Amis, Lionel Asbo (Gallimard) – Grande-Bretagne
Nadeem Aslam, Le jardin de l’aveugle (Seuil) – Grande-Bretagne/Pakistan
Jaume Cabré, Confiteor (Actes Sud) – Espagne
Junot Diaz, Guide du looser amoureux (Plon) – Etats-Unis
Louise Erdrich, Dans le silence du vent (Albin Michel) – Etats-Unis
Richard Ford, Canada (L’Olivier) – Etats-Unis
Alan Hollinghurst, L’enfant de l’étranger (Albin Michel) – Grande-Bretagne
Eun Ja Kang, L’étrangère (Seuil) – Corée du Sud
Laura Kasischke, Esprit d’hiver (Bourgois) – Etats-Unis
Colum McCann, Transatlantic (Belfond) – Irlande
Patrick McGuinness, Les cent derniers jours (Grasset) – Grande-Bretagne
Anouk Markovits, Je suis interdite (Lattès) – Etats-Unis
Melania Mazzucco, La longue attente de l’ange (Flammarion) – Italie
Sarah Quigley, La symphonie de Leningrad (Mercure de France) – Nouvelle-Zélande

          Malgré mes bonnes résolutions j’ai quand même commencé à regarder de plus près cette rentrée littéraire. En effet, partager ces listes avec vous m’a donné envie d’en savoir plus sur les sorties du moment. Bien que n’ayant encore rien lu pour le moment et ne connaissant les ouvrages que par ouï dire, cette liste est celle qui me donne le plus envie. Affaire à suivre…

Actualité

Premières sélections du prix Médicis

          Les sélections pour les grands prix littéraires s’enchaînent à un rythme effréné. C’est aujourd’hui le tour du prix Médicis. De tous, il est sans doute mon préféré parmi les prix de la rentrée, avec souvent de très belle surprises parmi les ouvrages primés. Voici les titres sélectionnés :

Romans français :

Laura AlcobaLe bleu des abeilles (Gallimard)
Metin ArditiLa Confrérie des moines volants (Grasset)
Roland ButiLe milieu de l’horizon (Zoé)
Thomas ClercIntérieur (Gallimard)
Delphine CoulinVoir du pays (Grasset)
Marie DarrieussecqIl faut beaucoup aimer les hommes(POL)
Tristan GarciaFaber. Le Destructeur (Gallimard)
Cloe KormanLes saisons de Louveplaine (Seuil)
Charif MajdalaniLe dernier seigneur de Marsad (Seuil)
Céline MinardFaillir être flinguée (Rivages)
Yann MoixNaissance (Grasset)
Philippe VassetLa conjuration (Fayard)
Frédéric VergerArden (Gallimard)

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Romans étrangers :

Jaume CabréConfiteor (Actes Sud, traduit du catalan par Edmond Raillard).
Joan DidionLe Bleu de la nuit (Grasset, traduit de l’anglais (USA) par Pierre Demarty)
Toine HeijmansEn mer (Christian Bourgois, traduit du néerlandais par Danielle Losman)
Allan HollingshurstL’enfant de l’étranger (Albin Michel, traduit de l’anglais (GB) par Bernard Turle)
Laura KasischkeEsprit d’hiver (Christian Bourgois, traduit de l’anglais (USA) par Aurélie Tronchet)
Rosa LiksomCompartiment nº 6 (Gallimard, traduit du finnois par Anne Colin du Terrail)
Marco LodoliLes promesses (POL, traduit de l’italien par Louise Boudonnat)
Javier MarìasComme les amours (Gallimard, traduit de l’espagnol par Anne-Marie Geninet)
Patrick McGuinness, Les derniers cent jours (Grasset, traduit de l’anglais (GB) par Karine Lalechère)
Joyce Carol OatesMudwoman (Philippe Rey, traduit de l’anglais (USA) par Claude Seban)
Edna O’BrienFille de la campagne (Sabine Wespieser, traduit de l’anglais (Ir.) par P.-Em. Dauzat)
Lance WellerWilderness (Gallmeister, traduit de l’anglais (USA) par François Happe)

Actualité·Culture en vrac

Une littérature pour grands ados ?

          Aujourd’hui, un article coup de gueule. La semaine dernière, Rue 89 publiait un article (à lire ici) sur la littérature pour grands ados, à savoir les 15/30 ans, nouveau créneau éditorial qui me sort par les yeux. Un papier qui m’a franchement agacée et m’a donné envie de me lancer dans un coup de gueule libérateur. En effet, cette « niche » des 15/30 ans me paraît être un vulgaire coup marketing fumeux que des pseudos journalistes, qui ont oublié en route leur esprit d’analyse, prennent visiblement tout à fait au sérieux. Mais non, comme toutes les femmes ne se nourrissent pas exclusivement de crudités sans sauce et de produits allégés, tous les moins de trente ans ne fuient pas les librairies et ne recherchent pas la légèreté à tout prix.

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          Je suis la première à défendre une littérature pour adolescents, parfois de très bonne qualité, qui avec des thèmes d’actualité et un vocabulaire moderne qui permettent de se mettre à la portée des plus jeunes. On ne s’initie pas à la lecture avec Proust et il est normal à 15 ans de lire de la littérature qui nous est destinée plutôt que de se lancer dans l’intégrale de Roland Barthes. De là à vouloir vendre la même chose aux trentenaires qu’aux adolescents, il y a un pas que je ne suis pas prête à franchir. Enfants, nos parents nous lisent des histoires, puis ce sont nous qui nous mettons à lire des albums puis les premier romans pour la jeunesse, illustrés d’abord, puis qui s’étoffent peu à peu. On passe par plusieurs phases : les grandes histoires d’amitié laissent la place à des livres d’horreur. Et puis l’adolescence, où on aime les séries, s’attacher aux personnages et les retrouver de livre en livre parce qu’il est rassurant de rester dans le même univers, empli de magie de préférence. Vient ensuite l’envie de lire autre chose, envie de grandir, de faire comme les adultes. Une évolution constante, une construction de ses goûts de lecteurs qui se fait peu à peu, d’où ma perplexité face une tranche d’âge qui durerait 15 ans et viserait pèle-mêle l’adolescente qui rentre au lycée et le jeune cadre dynamique.

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          Il y a de très bons romans pour adolescents ou jeunes adultes, là n’est pas le problème, mais comme on n’écrit pas des livres pour les 5/15 ans sans distinctions, on ne devrait pas en écrire pour les 15/30. 15/20 à la limite, et puis 20/30 à la rigueur… Ce sont des âges où on change encore énormément, où on vit tout un tas d’expériences : premiers amours, premier appartement, premier boulot ; on n’est clairement pas le même à 15 ans qu’à 30 et c’est bien normal. Je me demande à quel moment on a commencé à considérer les jeunes costards/cravate de La Défense comme de grands ados. L’infantilisation des jeunes adultes me laisse pantoise. J’ose espérer qu’à 25 ou 30 ans (c’est plus ou moins long selon les individus, je vous l’accorde), on est un adulte à part entière et non pas une espèce de grand enfant qui a besoin qu’on le prenne par la main. Je crois sincèrement que si à 30 ans on n’est pas encore sorti de l’adolescence, il n’y a plus d’espoir d’en sortir jamais. Je ne comprends pas cette infantilisation qui semble s’étendre d’année en année à des tranches d’âge de plus en plus vastes. Et je ne comprends pas que les premiers concernés se laissent ainsi faire sans broncher.

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          Je ne dénie à personne le droit de lire ce qui lui chante, on prend tous plaisir à lire des choses différentes et il n’y a aucun mal à cela ; en revanche, j’aimerais qu’on arrête de tout mélanger pour arranger les services commerciaux des grandes maisons. Personnellement je ne me considère pas comme une cible à part. Je lis à peu près de tout (sauf de la littérature pour jeunes adultes justement…). Je lis aussi bien des classiques que des nouveautés, de la littérature exigeante que des choses plus légères, de la littérature française que de l’étrangère, beaucoup de romans certes, mais aussi quelques essais, et un peu de poésie ou de théâtre à l’occasion. Bref, je lis ce qui me chante et essaie de me construire une culture littéraire acceptable, avec une constante soif de découverte. Je me sens donc vaguement insultée quand on m’explique qu’à mon âge, on va plutôt vers des choses plus légères et écrites pour nous, ce que j’ai plus ou moins abandonné depuis mes 12 ansQuand j’étais enfant, à 8 ans j’étais fière de lire des livres marqués « à partir de 12 ans », à 12 ans mes premiers romans « sérieux », à 15 les classiques piqués à la bibliothèque parentale. Je voulais grandir et la littérature était là pour m’y aider. Aujourd’hui, on ne veut plus que les livres nous fassent grandir, on veut qu’il nous ramène vers l’enfance dont on refuse de sortir.

SALON DU LIVRE ET DE LA PRESSE JEUNESSE 2010

          Je trouve ça d’une tristesse sans nom… On vendra bientôt l’intégrale de Oui-oui à de jeunes cadres dynamiques qui, les pauvres, n’ont pas le temps de lire des choses plus sérieuses. Ce qui m’agace, ce n’est pas que des trentenaires lisent de la littérature pour adolescent(e)s, s’il y trouvent du plaisir, ça ne regarde qu’eux, mais que les maisons d’éditions nous prennent par la main pour nous diriger vers cette littérature-là. Jusque-là la littérature adulte échappait un peu aux inepties publicitaires destinée à appâter le chaland. A 25 ou 30 ans, on est largement assez grand pour choisir seul ce qu’on veut lire, sans avoir besoin qu’on nous consacre des collections « adaptées ». Ces nouvelles prétendues niches m’exaspèrent au plus haut point. On a déjà des journées de dingues, surexploités, sur-diplômés et sous-payés, on n’a pas besoin de se sentir pris pour des imbéciles par dessus le marché. Moi qui a 15 ans était toute fière de lire enfin la même chose que les adultes, j’aimerais continuer à échapper à ces tranches d’âges improbables et restrictives. Ne peut-on pas dépenser son énergie à autre chose qu’à s’évertuer à coller les gens dans des petites cases bien étiquetées ? Non, vraiment, j’apprécierais que les jeunes cons du marketing éditorial qui n’ont jamais ouvert un bouquin nous foutent la paix et arrêtent un peu de nous prendre pour des buses.

Actualité

Le prix des libraires, 1° sélection

Après l’averse de 2° sélection pour les prix littéraires prestigieux que nous avons connu hier, voilà que le prix des Libraires nous dévoile aujourd’hui sa très belle première liste. 26 ouvrages sont sélectionnés :

Olivier Adam, Les lisières (Flammarion)
Metin Arditi, Prince d’orchestre (Actes Sud)
Thierry Beinstingel, Ils désertent (Fayard)
Julia Deck, Viviane Elisabeth Fauville (Minuit)
Nathalie Démoulin, La grande bleue (Editions du Rouergue)
Patrick Deville, Peste et choléra (Seuil)
Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Québert (Fallois),
Lionel Duroy, L’hiver des hommes (Julliard)
Nicolas d’Estienne d’Orves, Les fidélités successives (Albin Michel)
Eric Faye, Devenir immortel et puis mourir (Corti)
Jérôme Ferrari, Sermon sur la chute de Rome (Actes Sud)
Yannick Grannec, La déesse des petites victoires (Anne Carrière)
Cécile Guilbert, Réanimation (Grasset)
Thierry Hesse, L’inconscience (L’Olivier)
Fabrice Humbert, Avant la chute (Le Passage)
Serge Joncour, L’amour sans le faire (Flammarion)
Fabienne Juhel, Les oubliés de la lande (Editions du Rouergue)
Marie-Hélène Lafon, Les pays (Buchet-Chastel)
Sébastien Lapaque, La convergence des alizés (Actes Sud)
Mathieu Larnaudie, Acharnement (Actes Sud)
Douna Loup, Les lignes de ta paume (Mercure de France)
Catherine Mavrikakis, Les derniers jours de Smokey Nelson (Sabine Wespieser)
Hubert Mingarelli, Un repas en hiver (Stock)
Derek Munn, Mon cri de Tarzan (Leo Scheer)
Makenzy Orcel, Les Immortelles (Zulma)
Joy Sorman, Comme une bête (Gallimard)

          Si certains de ces titres ont déjà été sélectionnés sur d’autres listes (à tout hasard, Patrick Deville…), d’autres étaient jusque-là absents. Une très belle liste qui comporte presque tous les livres de cette rentrée que j’ai aimés dont le très beau Jérôme Ferrari, le trop rare Hubert Mingeralli et le  si émouvant Serge Joncour.

          La deuxième sélection sera dévoilée début novembre, puis une dernière liste de 3 titres seulement en janvier et enfin, le résultats au mois de mars. Il y a fortes chances que j’ai complètement oublié d’ici-là mais avec un peu de chance, je vous tiendrai au courant.

Actualité·Mes lectures

Où j’en suis de la rentrée littéraire…

          Il y a un peu plus d’un mois, devant la masse de nouveautés qui me tentaient, je décidais de consacrer entièrement mes lectures de septembre aux romans de la rentrée littéraire. Où en suis-je un mois après ? J’ai lu 8 romans français. Pour 5 d’entre eux les articles sont déjà parus sur ce blog (en voici la liste : Mingarelli, Joncour, Gaudé, Enard et Rey), 2 sont en préparation, et pour le dernier, je n’ai pas encore fini ma lecture. Sur les 8, 7 étaient d’excellente qualité. Je n’en ai plus d’autres en attente dans ma bibliothèque. Vais-je pour autant m’arrêter là ? Je ne pense pas. En effet, il reste encore 2 ou 3 titres qui me tentent et il serait surprenant que je ne craque pas pour au moins l’un d’eux.

          Et puis surtout, je suis en manque de littérature étrangère, et de ce côté-là aussi il y a des romans très prometteurs en cette rentrée. Je ne peux décemment pas les laisser de côté. Le dernier Jim Harrison notamment m’appelle à grands cris. Je trouve aussi que je délaisse trop les essais et il y en avait justement quelques uns qui m’inspiraient bien. Pour la peine, j’ai décidé de prolonger un peu cette immersion dans les dernières sorties éditoriales. Il y avait fort longtemps que je n’avais pas lu autant de nouveautés, ni que je ne m’y étais intéressée de si près et je dois admettre que cela me manquait quelque peu. Je me réjouis donc de prolonger d’un petit mois mon exploration de la littérature contemporaine.

          Vous l’aurez compris, ce blog va être inondé pendant encore un mois d’encre fraîche. J’en suis d’autant plus heureuse que cette rentrée s’avère être d’excellente qualité. Cela va comme par magie nous amener à la saison des prix littéraires et aux grandes révélations de début novembre. Qui seront les auteurs consacrés ? Encore quelques semaines de suspens, et bien sûr, les résultats ici-même dès leur publication. Encore un peu de patience…