Edmond

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          Comédie dramatique française d’Alexis Michalik avec Thomas Solivérès, Olivier Gourmet, Mathilde Seigner
Décembre 1897, Paris. Edmond Rostand n’a pas encore trente ans mais déjà deux enfants et beaucoup d’angoisses. Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque, en vers, pour les fêtes. Seul souci : elle n’est pas encore écrite. Faisant fi des caprices des actrices, des exigences de ses producteurs corses, de la jalousie de sa femme, des histoires de cœur de son meilleur ami et du manque d’enthousiasme de l’ensemble de son entourage, Edmond se met à écrire cette pièce à laquelle personne ne croit. Pour l’instant, il n’a que le titre : « Cyrano de Bergerac ».

Affiche du film Edmond d'Alexis Michalik

          Il y a quelques temps déjà, j’avais eu un gros coup de cœur pour la pièce de théâtre Edmond qui revient sur la création de Cyrano de Bergerac. C’était drôle, enlevé, terriblement bien joué, j’avais beaucoup ri et un peu pleuré aussi : un grand moment de théâtre comme on en vit finalement pas si souvent. Quand j’ai vu que la pièce était adapté au cinéma par Alexis Michalik lui-même (il était déjà le metteur en scène au théâtre), je ne pouvais qu’aller voir de mes propres yeux ce qui donnait cette auto-adaptation. Avec une petite appréhension tout de même que je n’arrive pas trop à m’expliquer, je crois que j’avais un peu peur que ce passage au théâtre tienne plus de l’espoir d’une manne financière – la pièce ayant très bien marché – que d’une réelle réinterprétation.

Image d'Edmond, Alexis Michalik

          Alors, verdict ? Eh bien je suis un peu mitigée. Je tiens toutefois à signaler que j’ai apprécié ce film dans l’ensemble. Il reprend bien l’esprit de la pièce (lui aussi il fait beaucoup rire et un peu pleurer), il y a une très belle brochette d’acteurs, on reste franchement dans le même esprit. Le cinéma étant toujours accessible à un plus grand nombre que le théâtre, c’est donc plutôt une bonne chose. Évidemment, quand on a vu la pièce, il y a redite (sérieuse même) mais c’était il y a suffisamment longtemps pour j’aie oublié les détails et que je prenne plaisir à redécouvrir l’histoire.

Image d'Edmond, Alexis Michalik

          Non, le seul hic, c’est une certaine lourdeur. La pièce de théâtre avait cela de magique qu’elle était inventive. Il y avait une belle dynamique qui amenait le spectateur et comme souvent au théâtre lorsque c’est bien fait : tout était suggéré avec finalement bien peu de choses. C’est là toute la magie du théâtre. Le cinéma ne suggère rien, il montre tout, même lorsqu’il représente un plateau de théâtre, il ne parvient à cette force d’évocation et cette fraîcheur propre aux planches. C’est le défaut de ce film. Un peu lourd par moment, un peu trop académique, il y manque le souffle de la pièce d’origine. Il fallait bien que le théâtre garde quelque chose pour lui tout de même !

Image d'Edmond, Alexis Michalik

          Mais si le film n’a pas la légèreté et le mordant de la pièce, il n’en demeure pas moins agréable à regarder et ne dénature pas le récit. L’histoire est prenante, les personnages attachants, les situations souvent rocambolesques… On se laisse prendre au jeu. C’est servi par un casting impeccable qui est pour beaucoup à la réussite de l’ensemble. J’ai pris beaucoup de plaisir à redécouvrir cette histoire et les passages de Cyrano restent toujours pour moi de grands moments d’émotions. Seul bémol : un côté trop rigide qui atténue le grain de folie que j’avais tant apprécié. Si cette adaptation souffre un peu de son formalisme, elle ne dénature pas pour autant l’esprit de la pièce et reste au final un bon divertissement.

Maria Vittoria, Elise Valmorbida

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          1923, dans un hameau perdu au cœur des Dolomites. Maria Vittoria est une jeune femme belle et discrète. Quand son père désigne pour elle son futur époux, Maria s’incline, et bientôt le couple fonde un foyer et ouvre un magasin. Or l’ombre du fascisme et la menace de la guerre pourraient bien rompre l’équilibre et séparer les familles.
Entre amour et haine, jalousie et générosité, foi et raison, Maria devra choisir son destin. Au prix, parfois, d’immenses sacrifices…

          Je ne l’ai que trop répété, cette rentrée littéraire a été bien pauvre en bonnes surprises. Mais je me suis accrochée tant bien que mal, venant péniblement à bout du moindre titre, j’enchaînais pourtant avec le suivant, la mort dans l’âme. Eh bien sachez que j’ai bien fait ! Parce que ô miracle, voici 3 romans d’affilée qui m’ont bien plu. Je n’y croyais plus ! Le premier de cette jolie série (que j’espère bien voir ce prolonger jusqu’à épuisement des stocks des romans de l’automne) est Maria Vittoria, un roman qui débute en Italie après la Première Guerre Mondiale et dont l’histoire se prolonge sur plusieurs décennies.

Couverture de Maria Vittoria

          J’ai de suite beaucoup aimé le style de ce roman. C’est assez rude mais j’ai trouvé ça beau. Je ne sais pas, ça m’a immédiatement donné envie de rentrer dans cet univers. Peut-être aussi parce que je retrouve dans la dure vie de la campagne italienne au début du siècle dernier un peu de mes montagnes natales et de la vie que me racontaient mes aïeules. Véritable coup de cœur pour le style comme pour l’univers qu’il dépeint en tout cas. Au début, le personnage m’était fort sympathique. Forcément, c’est l’héroïne, on se reconnaît un peu dans ses espoirs, on a envie de vivre une grande aventure avec elle. Une fille simple et solide qui aspire à une vie meilleure et à sa part de bonheur avec un bon mari, une famille et même un lointain rêve d’Amérique.

          La suite m’a assez étonnée. Même si elle est pourtant on ne peut plus réaliste. Au début tout semble plutôt bien se passer, puis petit à petit, la médiocrité du quotidien la rattrape, rien de bien surprenant je suppose. Je ne vais pas vous en dévoiler plus mais peu à peu ma sympathie pour le personnage a commencé à s’effriter, pour disparaître tout à fait. C’est bizarrement ce que j’ai aimé dans ce roman, mon changement de sentiments pour le personnage principal et le pourquoi de cette métamorphose. Les tourments de la vie, le poids des conventions. J’ai trouvé ce roman très juste et réaliste. Il raconte la guerre et les privations sans tomber dans le pathos, il raconte l’Italie et son histoire aussi, à travers cette famille comme les autres. Un très joli texte, sans chichis, un peu âpre, mais bien plus profond qu’il n’y paraît. Un très beau premier roman.

Portrait d'Elise Valmorbida

Tu peux me croire : je sais ce que les hommes ont dans le crâne et comment ils se comportent, ils te disent ce que tu as envie d’entendre pour parvenir à leurs fins. Si tu crois que c’est de l’amour, tu te trompes : c’est de la bestialité. Ensuite, ils ne te respectent plus, ils te traitent en pays conquis, comme une moins que rien. Pire qu’une esclave.

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Elle n’a versé que quelques larmes pour les deux bébés qu’elle a perdus. Elle n’avait pas le temps, trop de travail.

Comédiens !

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          Paris 1948. Au tout nouveau Théâtre de la Huchette, trois comédiens s’apprêtent à créer la version musicale d’un célèbre vaudeville endiablé.. Le succès semble leur tendre les bras. Mais, dans l’après-midi, au cours de l’ultime répétition, la tension monte, monte…Et dans les coulisses un autre spectacle s’écrit. La représentation du soir réservera aux comédiens comme au public bien des surprises…

          Nous avons vu cette pièce à Noël (oui, je suis quelque peu en retard dans mes critiques), nous cherchions quelque chose d’un peu festif à des tarifs abordables, ce qui a tendance à pas mal réduire le choix. Nous avions beaucoup entendu parler de cette pièce qui se situe entre théâtre et comédie musicale. Elle a reçu 5 trophées de la comédie musicale 2018, dont celui de meilleure comédie musicale. Les critiques élogieuses et l’originalité de l’histoire n’ont eu aucun mal à nous convaincre d’aller voir de quoi il retournait.

Comédiens !

Photo : Fabienne Rappeneau

          J’ai beaucoup apprécié le début. C’est enlevé, c’est joyeux, les parties chantées sont sympas, franchement, ça démarrait très très bien. C’est l’histoire de la création d’une pièce au théâtre de la Huchette et j’ai beaucoup aimé cette mise en abîme très réussie. C’est dynamique, l’histoire fonctionne pas mal, on était bien partis pour apprécier le spectacle qui avec peu de moyens parvient à nous embarquer dans son univers un peu désuet et plein de charme. Mais si la première moitié nous a convaincus, ça gâte un peu par la suite.

          Evidemment, le trio d’acteurs finit par virer un peu au triangle amoureux, ça tourne au vaudeville, et on ne peut pas dire que ce soit un genre que j’affectionne particulièrement même si en l’occurrence ça fonctionne plutôt bien. Mais la pièce peine sur la fin, ça gesticule beaucoup, ça s’engueule (j’aime pas les engueulades, désolée, ça me stresse), ça tourne en rond, le rythme s’essouffle. Le dernier tiers m’a semblé particulièrement long et bien moins réussi que le début. Dommage, ça commençait si bien. Si la fin tranche avec le ton du début et m’a un peu déçue j’ai dans l’ensemble quand même apprécié ce spectacle drôle et enlevé.

Affiche de Comédiens !

Une comédie musicale librement inspirée de l’opéra « Paillasse » de Ruggero Leoncavallo
Concept et mise en scène : Samuel SENÉ
Livret et paroles des chansons : Eric CHANTELAUZE
Musique : Raphaël BANCOU
Décor : Isabelle Huchet
Costumes : Julia Allègre
Lumières : Laurent Béal
Chorégraphie : Amélie Foubert
Assistante à la mise en scène : Elisa Ollier
Régie  Yves Thuillier

Avec : Marion PRÉÏTÉ (Coco), Fabian RICHARD (Pierre), Cyril ROMOLI (Guy)

Théâtre de la Huchette

23 rue de la Huchette
75005 Paris

Jusqu’au 6 avril à 21h
Plein tarif 28€

Rentrée littéraire 2018 : j’ai pas aimé mais…

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          Je vous ai assez bassinés avec ça, mais cette rentrée littéraire est pour moi une /torture qui semble ne jamais devoir connaître de fin. C’est la première fois en 15 ans delectures d’automne acharnées que RIEN ne me plaît. Je vous jure j’en peux plus. Oui, on est en mars, j’ai traîné mes lectures jusqu’en janvier (alors que d’habitude je lâche l’affaire dès le mois de novembre) et il me reste encore quelques articles en attente. 2018 est officiellement le pire cru de l’histoire de la littérature contemporaine. La déprime la plus totale. J’ai abandonné beaucoup de titres en route. Je suis venue à bout de quelques-uns aussi, cela sont tellement rares que même si je ne les ai pas toujours appréciés, j’ai trouvé qu’ils méritaient bien un article chacun. Pour les autres, ceux qui me sont tombés des mains, j’ai décidé de faire 2 grandes catégories. En gros, il y a ceux que je n’ai pas aimés du tout, qui m’ont assommée et que j’ai refermé sans le moindre regret (je vous en parle ici). Et il y a les « j’ai pas aimé mais… ».

          Mais le style était beau. Mais l’histoire avait l’air bien. Mais c’est original. Mais ce n’était simplement pas le bon moment. Des livres que bien souvent j’ai appréciés sur quelques pages, voire beaucoup appréciés pour certains mais dont je ne me sentais pas capable de venir à bout, parce que pas mon style, ou pas ce que j’avais envie de lire à ce moment là. Des livres que j’ai refermé un peu à regrets en laissant bien soigneusement le marque-page à sa place en me disant que peut-être un jour j’aurai envie de les rouvrir (ce qui au fond n’a à peu près aucune chance d’arriver pour ce qu’à ce jour je n’ai pas souvenir d’avoir jamais repris une lecture interrompue…). Dire que je ne les ai pas aimés est d’ailleurs un peu faux. C’est un peu plus compliqué que ça. Des rencontres ratées, des romans fabuleux mais pas pour moi… Venez, je fais les présentations.

 

Le Sillon, Valérie Manteau

 

          Une jeune femme rejoint son amant à Istanbul. Alors que la ville se défait au rythme de ses contradictions et de la violence d’État, d’aucuns luttent encore pour leur liberté. Elle-même découvre, au fil de ses errances, l’histoire de Hrant Dink, journaliste arménien de Turquie assassiné pour avoir défendu un idéal de paix.

Couverture du Sillon de Valérie MarteauSans doute le texte de cette rentrée dont je vais avoir le plus de mal à parler. A noter au passage, il a obtenu le prix Renaudot. J’ai beaucoup aimé le début. J’ai bien aimé le style assez direct, l’histoire sur fond de politique, ça avait vraiment tout pour me plaire et ç’a été le cas durant quelques pages. Et puis sans que je sache bien pourquoi ça a arrêté de m’intéresser. Le style me plaisait toujours, l’histoire suivait son cours, c’est très exactement le genre de littérature que j’apprécie habituellement mais là, je lisais 2 lignes et je finissais par passer 1h les yeux dans le vague. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien. Impossible de me concentrer sur ce texte. Je ne sais pas, peut-être que je m’intéresse plus aux textes politiques quand je suis à Paris que dans la torpeur des vacances (dit la fille qui ne lit de la philo que sur la plage). Ou alors ça manquait un peu de rythme à un moment où j’avais besoin d’une lecture prenante. En tout cas, passé les premières pages mon intérêt s’est émoussé et j’ai fini par abandonner. Le style me plaisait, l’histoire était exactement mon genre mais visiblement, ce n’était simplement pas le bon moment.

Alors, quelles sont les nouvelles du pays des droits de l’homme ? Je me demande si c’est ironique, mais non. J’essaie de continuer à lire un peu la presse française, qui paraît outrageusement futile et autocentrée quand on ne vit pas dans Paris intra-muros, quand on est par exemple sur un balcon surplombant Istanbul.

La Massaia : naissance et mort de la fée du foyer, Paola Masino

 

          Avec La Massaia, écrite sous l’Italie patriarcale de Mussolini, Paola Masino brosse un tableau tragi-comique du mariage et de la condition de la femme, dont le rôle ultime (et unique) serait celui de mère au foyer.

Couverture de La Massaia de Paola MasinoSans hésiter l’ovni de cette rentrée. Publié en épisodes en Italie en 1941-1942, il est inédit en France. Disons le bien, ce texte est splendide. Quelle plume ! Le seul roman de la rentrée dont le style m’a subjuguée. Sans parler de son originalité et de la profondeur du propos. Un grand texte, sans nul doute. Seulement voilà, la Massaia c’est une fable caustique et absurde sur la vacuité de la vie de femme au foyer. Et tout dans le style, dans l’absence totale d’action, dans le délitement de la pensée, va dans ce sens. Sauf que plus l’auteur va loin dans le propos, plus elle pousse le trait (avec une grande cohérence avec son sujet) et moins je suis à même d’apprécier toute la saveur de ce texte. Parce que voilà, l’absurde et moi ça n’a jamais été le grand amour, ça me met fort mal à l’aise dans le meilleur des cas (dans le cas où je comprends donc, la plupart du temps je passe totalement à côté), c’est un mode de communication auquel je suis plus ou moins hermétique et s’il a tout son sens pour illustrer le propos de l’auteur, impossible pour moi de lire un roman entier dans cette veine, à mon grand regret dans ce cas précis. J’ai donc refermé ce livre quand je n’ai plus réussi à simplement apprécier la beauté de la plume, me disant que je le finirais peut-être plus tard, doucement, chapitre par chapitre, juste pour retrouver cette langue si belle et cet humour mordant qui m’ont fait chavirer dès les premières pages. Un texte magnifique, superbement écrit, drôle, intelligent et engagé, un très grand texte mais malheureusement pas un texte pour moi.

Au cours du même mois, la Massaia réorganisa toute sa vie autour des tâches ménagères et sociales : emplettes absurdes, admonestations, conversations ineptes, lectures sans intérêt et idées fixes, idées fixes, idées fixes.

L’été des quatre rois, Camille Pascal

 

          Juillet-août 1830, la France a connu deux mois uniques dans son histoire avec la succession sur le trône de Charles X, Louis XIX, Henri V et Louis-Philippe. Des « Trois Glorieuses » à l’avènement de la monarchie de Juillet, Camille Pascal nous plonge dans le roman vrai de la révolution de 1830.

Couverture de l'été des quatre rois de Camille PascalFranchement, dès les premières lignes, ça commençait mal avec ce roman. Ca se noie tellement dans les détails que je n’étais même pas sure de finir par comprendre de quoi ça pouvait bien parler. Je lis peu d’essais, je ne suis pas hyper calée en histoire, je me suis vite demandé ce qui avait bien pu me prendre de me lancer dans cette galère. J’ai pourtant insisté et finalement, j’ai fini par remettre les informations à peu près dans le bon ordre (enfin je crois) et même par trouver ça intéressant. Il se passe beaucoup de choses et les intrigues politiques sont prenantes. Ca m’a vraiment donné envie d’en apprendre plus sur cette période. Je me suis même plus ou moins habituée au style. Parce que bon, c’est quand même bien écrit, travaillé sans être pédant, c’est bien tourné. C’est joli (il a d’ailleurs eu le grand prix du roman de l’académie française). Et puis d’un coup, quand tu ne t’y attends plus, c’est reparti pour des passages interminables bourrés de détails insignifiants comme le brillant d’une boucle de chaussure, quand je lis ça j’entends presque « voyez comme je suis bien renseignée sur le sujet, je ne vous épargnerai pas la moindre miette de mon immense culture ». Bref, ça souffre de quelques longueurs. C’est bien dommage, ça a fini par me décourager, pourtant c’est intéressant et certains passages sont très agréables à lire, écrits dans une jolie langue travaillée. Pas assez concis et rythmé à mon goût, dommage.

Partout, l’on montait des barricades, partout le peuple, partout les trois couleurs aux fenêtres, partout la haine des Bourbons. Paris était déjà entré en révolution et, si l’on n’y prenait garde, cette crue aussi soudaine que violente emporterait tout, le roi et ses ministres, mais l’État et la paix civile ensuite.

Il est déjà demain, Henri Lopes

 

          Huit ans après l’indépendance du Congo, le gouvernement demande à ses cadres de justifier leur filiation, de prouver qu’ils sont bien congolais. Henri Lopes a trente ans. C’est une déflagration. Il n’a jamais oublié cette blessure et l’indignation ressenties. Comment prouver ce que l’on est ?

Couverture d'Il est déjà demain d'Henri LopesUn joli texte ici aussi. C’est bien écrit, c’est tendre, c’est agréable à lire. Mais je l’ai trouvé terriblement long (alors que bon, c’est loin d’être le pavé du siècle)… Il y a de très jolis passages sur l’enfance mais beaucoup trop de digressions à mon goût. Et encore une fois, le truc qui m’agace : et là j’ai rencontré machin-chose qui plus tard est devenu ministre et bidule-truc qui est devenu président. Même si en l’occurrence c’est fait sans vantardise mais plutôt pour expliquer un milieu et une époque, j’ai toujours du mal si ce n’est pas accompagné d’une anecdote, si une relation plus profonde n’est pas évoquée (c’est parfois le cas ici, d’autres fois non selon les moments). J’ai adoré certains chapitres et d’autres m’ont vaguement ennuyée. Ca commençait si bien ! Mais mon intérêt s’est quelque peu étiolé au fil des pages. Il faut dire que je ne connaissais pas l’auteur et je pense qu’on apprécie mieux ce texte autobiographique si on connaît son œuvre et qu’on la retrouve un peu à travers son récit. Ca manque parfois de cohérence dans la construction et je n’ai pas réussi à aller au bout de ce texte dans lequel je n’avançais plus bien que l’écriture soit agréable. A défaut de me passionner pour ce texte-ci, ça m’a donné envie de découvrir les autres romans de cet auteur sensible qui a une si jolie plume.

Le métis est un être ballotté entre plusieurs familles, qui appartient à trois tribus : celle de sa mère, celle de son père, celle des métis.

Janvier, le bilan

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          Un mois de janvier qui est passé étrangement vite alors que d’habitude je n’en vois pas la fin. J’ai passé pas mal de temps à lire. J’ai enfin fini les livres de septembre envoyés par les maisons d’édition (Alléluia !) – il me reste simplement ceux de mes auteurs chouchous que je gardais pour la fin et dont j’ai décidé de reporter la lecture histoire de sortir un peu le nez de cet amoncellement de nouveautés. 7 livres lus en janvier et quasi que des bonnes surprises. Enfin je retrouve le plaisir de lire ! Parmi eux Toutes les histoires d’amour du monde qui m’a permis de découvrir la jolie plume de Baptiste Beaulieu, Désert solitaire qui m’a filé un bourdon pas croyable, Jacob, Jacob, guère plus joyeux mais absolument magnifique.

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          3 films vus en salle. Il y en avait au moins le double que j’aurais voulu voir mais entre des tonnes de rendez-vous médicaux et pas mal de fatigue, je n’ai pas trop eu l’occasion d’aller au ciné. Mais là encore, bonne pioche. J’ai apprécié Edmond, même si j’avais préféré la pièce de théâtre et j’ai adoré Les invisibles, j’en ressortie toute émue.
Peu de films TV et côté séries, j’ai enfin vu la saison un de La casa de papel. Je me suis vraiment laissée prendre au jeu et j’ai apprécié de pouvoir écouter de l’espagnol et suivre quasi sans avoir à regarder les sous-titres.
Pour les jeux, Northgard est toujours à l’honneur (même que je progresse). Et on joue régulièrement à Azul qu’on apprécie beaucoup. Confirmation également de mon amour pour L’âge de pierre.

          Côté sorties, le mois aura été musical avec les Franglaises et leur bonne humeur communicative, Ibrahim Maalouf et l’excellentes prestations de Tigran Hamasyan dont je découvrais le talent.
Pas d’expos cette fois alors que pas mal de choses me tentaient mais j’essaierai de me rattraper au printemps.