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Sublime royaume, Yaa Gyasi

Gifty, américaine d’origine ghanéenne, est une jeune chercheuse en neurologie qui consacre sa vie à ses souris de laboratoire. Mais du jour au lendemain, elle doit accueillir chez elle sa mère, très croyante, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même et reste enfermée dans sa chambre toute la journée. Grâce à des flashbacks fort émouvants, notamment sur un frère très fragile, nous découvrons progressivement pourquoi la cellule familiale a explosé, tandis que Gifty s’interroge sur sa passion pour la science si opposée aux croyances de sa mère et de ses ancêtres. ​

Couverture de Sublime Royaume de Yaa Gyasi

De cette autrice j’avais adoré No home, son premier roman, qui avait été un gros coup de cœur. J’attendais donc avec impatience celui-ci. J’avoue avoir été bien moins convaincue. Même si globalement c’est un bon roman, j’ai trouvé qu’il n’avait ni l’ampleur ni la portée du précédant. Le sujet, beaucoup plus intime, m’a moins touchée. Mais là c’est aussi une question de goûts, je ne suis pas très portée sur les drames personnels, je leur préfère toujours l’aspect historique ou social, même si ça se rejoint souvent.

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Apeirogon, Colum McCann

Apeirogon
Une figure géométrique au nombre infini de côtés.
En son cœur, deux pères.
Un palestinien, un israélien, tous deux victimes du conflit, qui tentent de survivre après la mort de leurs filles. Abir Aramin, 1997-2007. Smadar Elhanan, 1983-1997. Il y a le choc, le chagrin, les souvenirs, le deuil. Et puis l’envie de sauver des vies. Ensemble, ils créent l’association « Combattants for Peace » et parcourent le globe en racontant leur histoire pour susciter le dialogue.

Couverture d'Apeirogon de Colum McCann

Voici un autre titre de cette rentrée dont j’attendais beaucoup. Je n’avais jamais rien lu de l’auteur mais j’ai entendu dire beaucoup de bien de ses romans et en particulier de celui-ci, le thème me tentait bien, je me suis donc laissée convaincre. J’ai commencé ma lecture pleine d’un enthousiasme débordant et… bah j’ai été d’abord surprise, puis perdue par ce texte assez surprenant. Je ne sais même pas par quel bout le prendre pour vous en parler tellement ça m’a sortie de ma zone de confort. Je ne suis finalement pas allée au bout, pourtant je ne suis pas sure de pouvoir affirmer que je n’ai pas aimé.

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Black Manoo, Gauz

Une chronique de la vie de Black Manoo, un Ivoirien arrivé à Paris dans les années 1990, entre drogue, musique, amitiés et rencontres amoureuses.

Couverture du roman Black Manoo

De Gauz, j’avais adoré Camarade papa et son style inimitable. On change totalement de genre cette fois. C’est toujours bien écrit mais on rigole beaucoup moins. Je dois admettre que si j’ai bien aimé ce roman, je ne sais pas trop quoi en dire. C’est agréable à lire, l’histoire est bien : c’est pas mal. On suit Black Manoo, un ivoirien débarqué à Paris dans les années 90. On est loin de la ville lumière, allant de squat en squat et montant un resto clandestin. On y croise une galerie de personnages hauts en couleurs qui se débrouillent comme ils peuvent pour survivre.

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La grande épreuve, Etienne de Montety

Un couple sans histoire, Laure et François Berteau. Leur fils adoptif, David, adolescent enjoué qui se pose des questions sur ses origines. Le père Georges Tellier, un prêtre qui s’arc-boute à sa foi, dans une Eglise qui s’étiole. Frédéric Nguyen, flic résolu à l’action et au silence, pour préserver sa vie privée. Hicham, que le goût du risque et de la frime finit par conduire en prison. Des remarques blessantes, de mauvaises rencontres. Une emprise croissante de l’islamisme et une colère de plus en plus radicale. Et tout se précipite. Vers cette petite église d’un village du Sud-Ouest de la France, la tragédie attire comme un aimant explosif des hommes que rien ne prédestinait à se rencontrer.

Couvertur de La grande épreuve d'Etienne de Montety

Après Un jour viendra couleur d’orange, voici un autre roman qui prend pour thème un sujet d’actualité. Tristement remise sur le tapis ces derniers jours. En effet, le récit retrace un attentat commis dans une église qui m’a semblé s’inspirer de celui commis en 2016, bien qu’il s’agisse ici purement d’une œuvre de fiction. On suit différents protagonistes : le prêtre, les deux terroristes, un des flics qui se rendra sur place…

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Impossible, Erri de Luca

On part en montagne pour éprouver la solitude, pour se sentir minuscule face à l’immensité de la nature. Nombreux sont les imprévus qui peuvent se présenter, d’une rencontre avec un cerf au franchissement d’une forêt déracinée par le vent. Sur un sentier escarpé des Dolomites, un homme chute dans le vide. Derrière lui, un autre homme donne l’alerte. Or, ce ne sont pas des inconnus. Compagnons du même groupe révolutionnaire quarante ans plus tôt, le premier avait livré le second et tous ses anciens camarades à la police. Rencontre improbable, impossible coïncidence surtout, pour le magistrat chargé de l’affaire, qui tente de faire avouer au suspect un meurtre prémédité.

Couverture du roman Impossible de Erri de Luca

J’avais lu un roman de Eri de Luca il y a très très longtemps, au moins 15 ans je dirais, je n’avais pas du tout accroché avec son style. Mais quelques années après, je l’ai redécouvert à travers son amour pour l’escalade et cela me l’a rendu très sympathique, je me suis dit qu’il faudrait que je retente de le lire un jour. Ca s’est fait attendre mais son dernier roman me tentait beaucoup, je me suis dit que c’était l’occasion de se lancer : un polar sur fond d’alpinisme, comment ça pourrait ne pas me plaire ? J’étais conquise d’avance.

Et c’est ainsi que l’on se rend compte qu’il y a des auteurs qui avec toute la meilleure volonté du monde ne sont pas faits pour nous. J’ai très vite déchanté et immédiatement détesté ce texte d’un ennui mortel. Vraiment, je ne sais même pas comment c’est possible de rendre la montagne aussi peu sexy et d’enlever tout suspense à une enquête policière pour transformer le tout en espèce d’interminable monologue verbeux. J’exagère, parfois il y a un policier qui pose des questions, techniquement, c’est donc un semblant de dialogue.

C’est ultra intello et pédant. C’est pas possible de mettre aussi peu d’émotion dans un texte, j’ai connu des essais de linguistique plus excitants que ça… Heureusement, c’est très court. Mais ça m’est tout de même apparu comme un long calvaire. J’ai commencé par sauter un paragraphe, puis une page, puis 10, pour aller directement à la fin et me dire « tout ça pour ça ». Soupir. Vous l’aurez compris, je n’ai pas franchement été emballée par ce texte hautement soporifique, de loin ma plus grande déception de la rentrée. 

Portrait de Erri de Luca

C’est le parfait objectif du pouvoir, arriver au plus haut degré d’incompétence et décider de tout. Je vois la société comme une construction faite de matériaux de plus en plus mauvais au fur et à mesure qu’elle progresse vers le haut.

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Impossible, c’est la définition d’un évènement jusqu’au moment où il se produit. Vous aurez beau mettre tous les zéros que vous voulez, la statistique et vous ne pouvez nier les coïncidences. Elles existent en dépit des zéros.Quantités de découverte en ont été les conséquences, et quantité de désastres.