Théâtre

Petit bilan des spectacles vus ce trimestre

          Ceux qui me suivent l’auront remarqué, j’écris peu ces derniers temps. Je suis passée de 5/6 articles par semaine à un tous les 4 ou 5 jours, quand ce n’est pas moins. Même si mon activité culturelle s’est également réduite avec quasi aucune expo depuis le début de l’année et un peu moins de sorties théâtre que de coutume, les articles à écrire s’entassent dans mes brouillons à une vitesse affolante (je viens de passer le cap des 50 articles en retard !). Après maints atermoiements, j’ai fini par me mettre aux articles groupés pour essayer d’endiguer un peu ce flux qui menace de me submerger. Prenant exemple sur ma copine Laura du blog De ma plume à vos oreilles, j’ai décidé de vous faire un petit résumé des spectacles vus non pas ce mois-ci comme elle le propose, mais carrément ce trimestre-ci histoire de faire du vide une bonne fois pour toutes. Voici donc les pièces du théâtres, ballets ou autres spectacles de cirque vus depuis le 1° mai.

Le lac des cygnes au Palais des Congrès

          J’avais été terriblement déçue de rater Le lac des cygnes à l’Opéra cette année. Je l’avais dans mon abonnement, je l’attendais depuis presque un an, et ces foutus problèmes de santé qui ne me lâchent pas m’ont empêché de me déplacer ce jour-là (je fulmine encore). Heureusement, un ami qui me veut du bien a entendu ma détresse et m’a offert une place pour aller voir le ballet au Palais des Congrès par le Bolchoï de Minsk. Ca m’aura d’ailleurs permis de comparer avec la version du ballet national de Prague (si c’est bien son nom). Nous étions moyennement bien placés, malgré des places assez chères, et je dois avouer avoir eu un peu de mal à entrer dedans. Si la première partie ne m’a pas déplu et que je n’ai pas grand chose à lui reprocher, elle ne m’a pas non plus emballée outre mesure. Je lui ai peut-être trouvé un côté trop classique, un petit manque de modernité. En revanche, la deuxième partie m’a beaucoup plus séduite. Les costumes sont beaux, les lumières assez travaillées et bien sûr, les danseurs impeccables. D’ailleurs quelle qu’en soit la version, c’est toujours le début de la seconde partie que je préfère. Cette version est loin d’être aussi kitsch que celle vue à Prague qui m’avait laissée sur ma faim. J’ai apprécié la présence d’un orchestre. Il n’y a pas à dire, la musique de Tchaïkovski est absolument magnifique ! Pas un énorme coup de cœur mais un beau spectacle tout de même.

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Paquita à l’Opéra Garnier

          Aucun rapport avec le spectacle certes mais c’est toujours la même émotion à chaque fois que j’entre à l’Opéra Garnier. Qu’est-ce que c’est beau ! Ca aide quand même à apprécier le spectacle. J’étais placée franchement loin mais le premier rang du balcon offre toutefois une belle vue (pour la saison prochaine, je me suis procuré des jumelles pour compenser ce trop grand éloignement). Je ne connaissais pas du tout Paquita. Ni le type de ballet dont il s’agissait, ni l’histoire. Il faisait partie de mon abonnement et j’y suis allée totalement à l’aveugle. J’étais particulièrement crevée ce jour-là et je dois admettre avoir encore une fois somnolé fortement une bonne partie du spectacle (allez savoir pourquoi le ballet me fait cet effet-là : plus j’aime, plus ça m’endors, ça doit avoir un côté hypnotique je suppose). Malgré la fâcheuse tendance de mes yeux à se fermer malgré moi, je peux quand même vous dire que j’ai adoré ce spectacle foisonnant bourré d’humour. Dans l’Espagne du XIX°, amour, enlèvement, trahison et secrets de famille se succèdent à un rythme effréné. Les costumes sont riches en couleur et tout simplement magnifiques. Dans beaucoup de tableaux les danseurs sont nombreux sur scène dans des chorégraphies parfois très techniques. Le meilleur est pour la fin avec une scène de bal somptueuse où les deux danseurs principaux rivalisent de prouesses. A la fois technique et bouillonnant, avec des décors magnifiques et des costumes féeriques, le genre de ballet qui pousse les petites filles à faire de la danse et continue d’éblouir les plus grandes. Mon plus grand moment émerveillement de l’année.

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L’anatomie de la sensation à l’Opéra Bastille

          Les images que j’avais vues de ce ballet contemporain me plaisaient beaucoup, j’ai donc pris une place pour clôturer la saison. Je ne sais trop que dire de ce spectacle sinon qu’il m’a déçue. C’est très étrange car j’ai trouvé que visuellement c’était très beau. Ca joue beaucoup sur les couleurs, les formes, la géométrie. Bien que je n’apprécie guère en général les choses aussi dépouillées, j’ai trouvé qu’il y avait ici une véritable grâce. Les danseurs sont excellents, la chorégraphie souvent sensuelle et la lumière incroyable. Quel était le problème alors ? La musique. Parfaitement dissonante de bout en bout. Le hic, c’est que j’ai horreur de ça. Ca me crispe. J’ai passé tout le temps du spectacle tendue à l’extrême, à m’enfoncer les ongles dans les paumes en serrant les dents. Je ne suis pas partie histoire de ne pas déranger toute la rangée mais ça me démangeait sérieusement. J’étais tellement concentrer sur mes tympans sur le point d’exploser que je n’ai quasiment rien vu de la chorégraphie. Ils auraient dû fournir les boules Kies à l’entrée. Malgré une performance impeccable en danse, la musique absolument horripilante m’a empêché d’apprécier ce spectacle. Dommage. 

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Soirée de gala des étés de la danse au théâtre du Châtelet

         Voici plusieurs saisons que j’assiste aux étés de la danse et j’ai eu l’occasion l’année dernière de profiter de la soirée de gala qui était tout simplement sublime (mon résumé très très très enthousiaste ici). Des chorégraphies très variées qui m’avaient enchantées. J’ai donc resigné pour cette année et me suis même payé le luxe d’une bonne place. Apeès le San Francisco ballet, c’était cette année, la compagnie Alvin Ailey qui était à l’honneur. Je les avais vus il y a 2 ou 3 ans et j’avais bien aimé leurs créations même si certaines sont un peu trop modernes à mon goût. Je dois avouer que j’ai dans un premier temps été un peu déçue. Je n’ai pas retrouvé la diversité de l’année précédente. Ici, toutes les chorégraphies sont assez contemporaines, rien qui ressemble à du ballet classique. La compagnie s’inspire le plus souvent des rythmes et danses africains dans ses spectacles. Pourtant, à y regarder de plus près cette soirée offrait un très beau panel de la culture afro américaine dans ses inspirations. J’ai beaucoup aimé la plupart des chorégraphies, où le corps est souvent mis à l’honneur. Assez dépouillées, certaines sont d’une incroyable sensualité. Mais mon énorme coup de cœur a été dans la seconde partie. Une longue chorégraphie signée Alvin Ailey himself que j’ai trouvée absolument magnifique. Toute la troupe est sur scène pour une chorégraphie en plusieurs tableaux qui s’inspire du travail des esclaves dans les champs de coton sur des airs de blues et de gospel. Emouvant, magnifique, un moment riche en émotions. Malgré quelques réticences au départ, une soirée qui m’a totalement charmée avec du très grand spectacle. 

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Mistinguett au théâtre Comedia

          Nous avions failli aller voir ce spectacle à Noël avec mes parents mes les places étaient excessivement chères et nous avions peur que la qualité ne soit pas au rendez-vous. Finalement, en chargeant un spectacle à aller voir pour la Fête des Mères, je suis retombée dessus et me suis finalement décidée. Je dois admettre que j’étais tout de même un peu circonspecte… La bonne surprise c’est que nous étions très bien placées. La salle n’était pas pleine et nous avons plus ou moins pu choisir notre emplacement. Ca commençait on ne peut mieux. J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire au début. La comédie musicale reprend l’histoire du déclin puis du retour au succès de la célèbre chanteuse de cabaret Mistinguett. J’ai toujours un peu de mal quand les acteurs portent un micro, ça me donne l’impression (à supposer que c’en soit une…) qu’ils jouent faux. Mais après un petit temps d’adaptation, je me suis franchement laissée séduire par ce spectacle. La chanteuse qui tient le rôle principal a une voix impressionnante et s’avère très crédible en Mistinguett. Le reste de la troupe n’est pas moins convaincant. J’ai beaucoup aimé les décors et costumes qui en mettent plein la vue. Bien sûr, les parties dansées sont celles que j’ai préféré : magnifiques. La musique est entraînante, avec des airs assez bien revisités et on se laisse prendre à l’histoire qui nous plonge dans le Paris des années 20. Si ça met un peu de temps à démarrer et qu’il y a bien quelques défauts, l’énergie communicative de la vedette nous fait vite oublier tout ça. Un spectacle léger et haut en couleurs qui m’a fait passer un excellent moment.

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La Verita aux Folies Bergères

         Après le cadeau de Fête des Mères, celui de Fête des Pères, avec du cirque cette fois-ci. Heureusement que mes parents viennent de temps en temps pour me sortir sinon je ne sais pas ce que je ferais ! J’aime beaucoup le cirque, en particulier les spectacles très contemporains qui offrent souvent beaucoup de poésie. Les images de celui-ci étaient… surprenantes ! et je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais les Folies Bergères offrent généralement de beaux spectacles, je me suis donc lancée. Tout ne m’a pas emballée dans ce spectacle mais il y a énormément de bonnes choses pour un résultat plutôt réussi. La bonne nouvelle c’est que les numéros de cirque sont en grande majorité excellents. J’ai beaucoup moins aimé le fil rouge, qui permet certes de changer rapidement les décors et de passer d’un numéro à l’autre sans interruption, mais ne présente à peu près aucun intérêt et s’avère même aussi compliqué qu’agaçant. Mais bon, on est là pour voir du cirque et il est de qualité. J’ai particulièrement aimé certains numéros d’acrobaties proches de la danse, un très beau numéro de jonglage ou encore une musicienne qui fait chose tout bonnement hallucinantes. Souvent les numéros s’entremêlent et si les tableaux sont magnifiques, il est parfois difficile de savoir où porter son attention dans cet univers foisonnant. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la compagnie italienne Finzi Pasca est inventive ! Elle propose un univers burlesque parfois inquiétant inspiré de Salvador Dali. Costumes, lumières, mise en scène, tout est très travaillé pour nous présenter des scènes plus belles les unes qui m’ont souvent donné l’impression de se lire comme des peintures. Malgré un côté parfois un peu fourre-tout et désordonné, un spectacle magnifique qui propose des numéros de haute volée.

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La maison de Bernarda Alba à la Comédie Française

          Je ne sais pas pourquoi j’étais persuadée de vous avoir parlé de cette pièce de suite après l’avoir vu mais visiblement j’ai totalement oublié… Je me rattrape donc. Je ne savais de trop où je mettais les pied avec ce texte de Federico Garcia Lorca, auteur que j’aime énormément pour la poésie mais parfois moins pour le théâtre. J’étais extrêmement mal placée et une bonne partie de la mise en scène était concentrée dans mon angle mort (j’honnis les metteurs en scène qui ne travaillent que pour le carré or, aussi talentueux puissent-ils être par ailleurs). Même en me tordant le cou, je n’ai donc eu qu’une version radio pendant tout le premier acte. Pourtant, malgré ces conditions pour le moins défavorables, je dois bien dire que j’ai de suite adoré cette pièce. La mise en scène est sobre mais magnifique. Décor simple mais efficace (très ingénieux, comme je les aime), belle lumière, ambiance tamisée qui se tend peu à peu : on se laisse emmener dans ce huis clos entre femmes. Les comédiennes sont excellentes et campent leur rôle à la perfection. La tenson devient vite palpable et on sent le drame inéluctable. Une pièce magnifique, joliment mise en scène et magistralement interprétée. Mon gros coup de cœur théâtral de cette fin d’année.

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          Je ne m’en étais pas rendu compte mais j’ai vu très peu de pièces ces trois derniers mois malgré les nombreuses que comportaient mes divers abonnements. Je n’ose même pas regardé combien de pièces de théâtre j’ai raté cette année… En revanche, même si je suis très déçue de ne pas avoir pu aller voir Les enfants du Paradis que j’attendais avec impatience, beaucoup de ballets vus ce trimestre. Moi qui n’allais quasi jamais voir de danse il y a encore deux ans à peine, je me rattrape sérieusement ! Je suis également allée faire un tour à La Villette Sonique, que j’ai fui au pas de course en voyant la foule, et au Paris Jazz Festival au Parc Floral (que je visitais au passage pour la première fois) où j’ai trouvé l’ambiance aussi sympa que la programmation. L’été s’annonce calme mais je m’acharne à m’abonner à l’opéra pour la programmation de danse, à la Comédie Française pour le théâtre et au 104 pour du cirque, en espérant être plus en forme que la saison passée et à ne pas trop en manquer cette fois-ci. Moins de pièces de prévues que cette année mais je devrais tout de même avoir quelques sorties culturelles à vous raconter. Rendez-vous bientôt pour la suite.

Expositions

Au temps de Klimt : la Sécession à Vienne

          En ce moment, malgré pas mal de choses intéressantes, je vois particulièrement peu d’expositions. J’ai quand même réussi à voir celle-ci dont je vous parle avec beaucoup de retard. Elle est d’ailleurs finie depuis déjà un certain temps. Je dois admettre que je me méfiais un peu. En général quand un titre intègre « au temps de », on peut présager qu’il n’y aura quasi aucune oeuvre de l’artiste en question. Klimt en l’occurrence. J’ai été mauvaise langue sur ce coup, cette expo m’a très agréablement surprise. L’exposition est riche et vraiment très intéressante. Je connais un peu Klimt, que j’avais d’ailleurs découvert il y a quelques années dans une très belle exposition qui lui était consacrée à la Pinacothèque. Ici, il est un peu moins au centre de l’attention mais pas absent pour autant, loin s’en faut. A part à travers lui, je ne connaissais pas du tout la Sécession viennoise et je crois bien que je n’avais même jamais entendu le nom de ce courant. Ce fut donc l’occasion de découvrir.

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          J’ai trouvé cette exposition très intéressante. J’y ai découvert plein d’artistes que je ne connaissais pas et j’ai été ravie d’y retrouver un certain nombre de tableaux de Klimt que j’aime beaucoup. J’ai appris plein plein de choses (que je me suis empressée d’oublier, j’avoue) et j’ai bien aimé que d’autres arts que la peinture soient convoqué, même si c’est de manière plus modeste. Architecture et arts décoratifs sont aussi évoqués. Je ne connaissais de Klimt que ses tableaux et j’ai aimé découvrir ses autres réalisations (une fresque monumentale notamment). Je n’ai pas forcément aimé tout ce qui était exposé mais il y avait quelques belles toiles et surtout j’ai pris un grand plaisir à lire les explications très claires et enrichissantes. Bien sûr, le clou du spectacle étaient Judith et Salomé de Klimt, impressionnantes tout auréolées d’or. Une exposition riche et passionnante qui m’a agréablement surprise.

Série tv

Halt and Catchfire : la série à ne pas manquer

          1980, dans le Texas, quand un jeune visionnaire ente chez Cardif Electric il va bouleverser la vie de la boîte. Il veut créer un nouvel ordinateur qui marquera les esprits. Il embarque avec lui un inventeur dépressif et une jeune prodige asociale. La création va s’avérer aussi difficile que le maintien des bonnes relations.

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          J’ai découvert cette série complètement par hasard l’année dernière sur Canal+ et j’ai de suite été totalement séduite. Elle change un peu de ce qu’on peut voir dans le paysage télévisuel en ce moment. Je ne vous en avez parlé sur le moment bien que j’en aie eu l’intention (mes fameux mois d’articles en retard…) mais je me rattrape avec la sortie de la saison 1 en DVD et la diffusion de la 2 sur Canal+. J’ai pris un énorme plaisir à les retrouver et j’ai hâte de voir la suite de cette 2° saison qui commence fort. J’aurais aimé revoir la 1° saison avant de commencer celle-ci parce que je me suis rendue compte au 1° épisode que j’avais oublié pas mal de choses sur la fin de la précédente. Tant pis, ça m’est vite revenu et ça ne m’a pas empêché de suivre bien longtemps. Je trouve que les deux gros points forts de cette série sont sans nul doute son histoire et ses personnages (original, je sais).

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          On pourrait penser que l’histoire n’intéresserait que les geeks pourtant, je pense que ça va bien au delà de ça. Bien sûr, les amoureux de matériel informatique et/ou de jeux vidéos seront certainement les plus accros à cette série mais plus que l’histoire de la création du premier ordinateur portable puis des premiers jeux en réseaux, c’est celle d’inventeurs, d’entrepreneurs et surtout d’amis (ou d’ennemis, c’est selon). Et ça, ça touche tout le monde. C’est la grande réussite de cette série dont le sujet peut sembler confidentiel mais qui à mes yeux arrive à le dépasser largement pour toucher un plus large public. Très bien construite, la série est extrêmement addictive et semble arriver jusqu’ici à se renouveler, il faudra voir si cela tient sur la longueur. Même si je ne connais pas l’histoire dont c’est tiré – supposer que ce soit inspiré de faits réels d’ailleurs, a priori, vu la vitesse à laquelle le secteur de m’informatique et des jeux vidéos s’est développé, ils ne devraient pas être à court de rebondissements s’il y a une suite – ce que j’espère fortement.

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          Les personnages sont attachants et très « humains ». Le panel des caractères est varié parmi les personnages principaux qui échappent à mon sens aux stéréotypes. C’est bien sûr moins le cas chez les personnages secondaires dont beaucoup sont l’image même qu’on peut se faire du geek, mais étant donné le thème de la série le contraire aurait presque était décevant. Les personnages principaux évoluent au fil des épisodes et deviennent de plus en plus complexe, ce que j’ai encore plus ressenti dans la saison 2. Leurs relations aussi évoluent de manière parfois surprenantes. Parfois horripilants, les personnages n’en sont pas moins attachants. J’ai eu un énorme coup de cœur pour Cameron, un personnage féminin au look androgyne, assez atypique, comme je les aime. Elle m’a rappelé dans une moindre mesure Lisbeth Salander dans Millenium (qui est genre mon personnage préféré de tous les temps) : masculine, asociale et géniale.

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          Je dois avouer ne pas avoir prêté grande attention à la réalisation, très soignée mais dont rien de particulier ne m’a sauté aux yeux (du genre plans incroyables ou lumières hyper léchées – quoi que ce dernier point soit discutable). Ca reste sobre et terriblement efficace. Je dirais que les réalisateurs ont un certain sens du rythme et du suspens pour nous tenir ainsi en haleine d’un épisode à l’autre. J’aime beaucoup la musique en revanche, très punchie, particulièrement bien choisie. Les acteurs sont particulièrement convaincants et j’espère avoir l’occasion de les voir dans d’autres rôles. Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup, beaucoup aimé cette série. J’ai accroché de suite avec son univers geek et ses histoires d’inventions. Certains jugeront peut-être cette série un peu classique ou réservée à un public trop restreint mais elle mérite franchement qu’on y jette un œil, pour ma part j’ai été conquise. Une série surprenante qui nous immerge dans les débuts des ordinateurs portables et d’internet. Très prenante, particulièrement bien écrite, cette série a été un véritable coup de cœur. Vivement la suite !

Série dramatique américaine de Christopher Cantwell, Christopher C. Rogers avec Lee Pace, Scoot McNairy, Mackenzie Davis, Kerry Bishe, Toby Huss. 2014, 2 saisons, en production. Saison 2 à découvrir actuellement sur Canal+ Séries. Saison en DVD.

Cinéma·Théâtre

Rire du couple

Papa ou maman, de Martin Bourboulon

          Voilà un film dont je n’attendais pas grand chose. Je n’étais d’ailleurs pas sure d’aller le voir. J’avais peur d’une comédie très lourde et sans grand intérêt même si j’étais assez curieuse de voir ce que donnait cette histoire de couple qui se déchire pour ne pas avoir la garde des enfants. Finalement, j’ai été agréablement surprise. Sans dire que ce film soit toujours d’une grande finesse, j’ai trouvé qu’il tapait quand même plutôt juste. Les situations cocasses s’enchaînent et contre toute attente j’ai ri de bout en bout. Je pense que c’est avant tout une question de rythme : pas le temps de réfléchir tant les vannes fusent vite. J’ai assez aimé le mauvais esprit qui préside à ce film, je suis franchement friande de ce type d’humour caustique. On pourrait dire que le film va peut-être un peu trop loin, surtout sur la fin, mais j’avoue que ça ne m’a pas dérangée outre mesure. Je me suis laissée prendre à cette histoire loufoque, aussi bien ficelée que bien interprétée. L’idée de départ est originale et le résultat assez convaincant. Peut-être pas un grand film mais une bonne surprise, assurément.

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A 3 on y va, de Jérôme Bonnell

          Ce trio amoureux me tentait assez. Même si le synopsis peut sembler un peu improbable, j’avais bien envie de voir Anaïs Demoustier dans ce type de rôle. Etrangement, je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus drôle. L’histoire se prêtait au vaudeville et c’est à comédie douce-amère que l’on a affaire. Je dois admettre que ça m’a un peu déstabilisée. Cela dit ce film est loin d’être inintéressant. La manière dont le sujet est traité est assez fine et il évite en grande partie les écueils que rencontrent généralement ce genre d’histoires. Les personnages sont assez attachants et les sentiments sonnent plutôt vrai malgré la côté pour le moins incongru de la situation. C’est très bien joué et il y a une certaine fraîcheur dans ce film. Malgré tout, il m’a manqué un petit quelque chose pour totalement accrocher. J’ai trouvé que le film peinait à trouver un ton convaincant, entre l’envie de faire rire et d’émouvoir. Un film qui manque un peu de rythme mais s’avère tout de même touchant et traite un sujet difficile avec délicatesse.

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Le clan des divorcées, d’Alil Vardar

          Cette pièce tourne depuis maintenant un certain temps à Paris et je dois admettre qu’elle ne me tentait pas plus que ça. Quand me cousine est venue à Paris, je me suis quand même laissée convaincre. J’ai été plutôt agréablement surprise finalement. Certes, ça n’est pas exactement un humour tout en finesse mais il y a un certain rythme et j’ai ri plus d’une fois. Il faut dire aussi que l’enthousiasme du public y fait pour beaucoup. L’histoire est simple : trois femmes très différentes qui viennent de divorcer se retrouvent contraintes de vivre en coloc. Les comédiennes déploient une belle énergie. Certaines vannes sont un peu faciles, d’autres assez biens vues. Les personnages ont beau être ultra caricaturaux, on se retrouve forcément un peu dans certaines situations et on prend un certain plaisir à se moquer d’elles. Le sujet est porteur et touchera sans doute surtout les 40 ans et plus. Je ne suis pas une grande adepte du théâtre de boulevard mais malgré les défauts de la pièce j’ai quand même passé un agréable moment.

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Mes lectures·Musique

Love in vain, blues et BD

          L’histoire vraie de Robert Leroy Johnson (1911-1938), guitariste virtuose, mort prématurément à 27 ans. Son talent était tel qu’on le soupçonnait d’avoir vendu son âme au diable. Grand séducteur et noceur, il ne reste de sa courte carrière que quelques enregistrements et trois photographies. Mais le mystère et le génie qui l’entourent en font un modèle pour des générations de musiciens.

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          Je trouvais la couverture de cette BD très belle et le sujet me tentait beaucoup bien que je n’y connaisse absolument rien en blues – ou peut-être justement pour cette raison. Toutefois, je dois admettre que j’ai été un peu déçue en l’ouvrant. Je ne sais pas pourquoi mais je ne m’attendais pas à ce type d’illustrations et je les ai trouvées dans un premier temps assez sombres et franchement peu engageantes. Pourtant, au fil de ma lecture, j’ai fini par m’y habituer et même par apprendre à les apprécier. En effet, elles mettent remarquablement le texte en valeur et se posent souvent que des évidences. J’ai particulièrement appréciées celles en pleine page qui au regard du l’histoire semblent prendre vie. Rarement je suis à ce point revenue sur ma première impression et j’en ai été très agréablement surprise.

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          L’histoire est très prenante. Je ne connaissais pas du tout ce chanteur mort très jeune mais qui a inspiré les plus grands et ça m’a donné terriblement envie d’aller écouter ce qu’il faisait mais aussi les gens qu’il a inspirés. C’est passionnant de suivre son parcours chaotique et ses nombreuses (més)aventures. On s’attache très vite à ce personnage haut en couleur et on le quitte à regrets. J’ai regretté au final que cette BD se lise aussi vite, usant de pas mal d’ellipses. Il faut dire aussi que le jeune homme n’a pas vécu vieux, ce qui limitait un peu la possibilité d’écrire un pavé sur le sujet. Cette BD lue dans le cadre de l’opération « La BD fait son festival » organisée par Priceminister a été une excellente surprise, je lui donnerais la note de 18/20. Une vraie réussite et une très belle découverte.

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Je voudrais qu’on m’enterre au bord d’une route sur le bas-côté pour que le démon qui est en moi puisse prendre un bus et filer.