Divers

Mes résolutions pour 2015

         Puisque c’est de saison, un petit tour d’horizon de mes projets pour 2015. J’avoue que j’ai un peu de mal avec le concept de résolution, que je ne tiens à peu près jamais. Mais bon, ça n’empêche pas d’avoir envie de s’améliorer et c’est le moment où jamais de mettre tout ça au clair histoire de pouvoir revenir y jeter un œil dans un an et voir où j’en suis.

Livres

         Évidement, en 2015, comme chaque année depuis mes 7 ans je dirais, j’ai prévu de lire, lire, et lire. J’aimerais continuer à lire autant, voire plus. Mais surtout, j’aimerais lire mieux. J’entends par là lire des choses plus diverses (ce que je dis chaque année, avec plus ou moins de réussite) et surtout des choses un peu plus exigeantes. Pas sûr que j’arrive à m’y tenir mais bon, on va essayer. Je me dis que plutôt que de m’imposer de but en blanc la lecture d’essais assez ardus, je devrais commencer par livre des livres qui mêlent les genres – romans historiques, biographies – ou par les aborder par thème comme un essai sur le cannibalisme après avoir regardé une saison d’Hannibal. On va voir si j’arrive mieux à étendre le champ de mes lectures de la sorte.

        Depuis 2 ans, je fais une liste des livres que je voudrais sortir de ma bibliothèque durant l’année, je m’y tiens moyennement mais j’arrive à en vider à peu près les 2/3 (oui, les contraintes et moi on n’est pas amies, même quand elles sont auto-imposées), ce qui n’est pas si mal. Je recommence cette année. Certains livres vont s’y retrouver pour la 3° année consécutive… On va dire que cette fois c’est la bonne ! J’ai aussi prévu de finir l’essai sur l’histoire de la lecture que j’ai commencé depuis un an et demi. Dans cette liste, uniquement des livres que je possède déjà, inutile de dire que c’est loin de prendre en compte la totalité de mes envies en matière de lecture.

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Classiques

– Tristes tropiques, Claude Lévi-Strauss
– Le Prince, Machiavel
– Germinal, Emile Zola
– Moby Dick, Herman Melville
– Ethan Frome, Edith Warthon

Littérature contemporaine

– Là où les tigres sont chez eux, Jean-Marie Blas de Roblès
– L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk
– La sanction, Trevanian
– Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive, Christophe Donner
– Epépé , Andrus Kivirähk

Autres

– Quartier lointain, Jirô Taniguchi
– Borgia, Manara
– Tyler Cross, Fabien Nury
– Le secret d’Orbae, François Place
– La femme au temps des cathédrales, Régine Pernoud

          Auraient pu figurer dans cette liste Anima, Bel-ami, Cyrano de Bergerac, Voyage au bout de la nuit ou encore Les âmes mortes ou dans un tout autre style Hunger Games. Encore une fois, beaucoup de pavés qui me font un peu peur… Quelques essais aussi. J’aimerais également lire cette année du Maxime Gorki, Jack London, Augusten Burroughs, David Mitchell, Peter May, et j’en passe !

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Cinéma

         Depuis que j’ai une carte illimitée, j’essaie de m’en tenir à un film par semaine. A quelque chose près, j’y arrive. J’aimerais aller encore plus au cinéma même si dans la pratique, ça s’avère assez difficile. Je vois beaucoup moins de films d’art et d’essai, il faut que j’y remédie : j’adore le cinéma d’auteur, je dois faire plus d’effort pour aller dans de petits cinés voir des films improbables à 11h du matin le dimanche plutôt que d’aller m’avachir au Pathé du coin.

        Je regarde pas mal de films depuis chez moi. Je rate beaucoup de films en salles, je les rattrape donc sur Canal+ l’année suivante. Jusqu’ici, je ne notais jamais les films que je voyais ailleurs qu’au cinéma mais cette année, j’ai décidé de changer et de faire une liste de tous mes rattrapages ciné. J’ai bien fait de m’y mettre, la liste est déjà longue ! Je n’avais pas du tout conscience de regarder autant de films. Incroyable. Je ne sais pas encore si je vous ferai un petit article une fois par mois pour résumer tout ça, ou pas. A voir

Sorties

         J’ai vu peu d’expos dernièrement, ça me manque terriblement. Je vais donc essayer d’en voir une par mois cette année. Un dimanche matin à se lever tôt pour éviter la foule, ça doit pouvoir se faire quand même ?

           J’ai repris l’abonnement au théâtre, je devrais donc voir pas mal de pièces et ballets prochainement. Je pense re-signer pour une saison en septembre histoire de continuer sur ma lancée. A priori, je devrais voir à peu près 25 pièces cette saison (même si j’en ai raté quelques unes…). L’objectif me semblait très ambitieux mais finalement, c’est un vrai bonheur de recommencer à sortir un peu.

         2014 aura été une difficile, j’aimerais pouvoir profiter d’être un peu plus en forme pour sortir de Paris plus souvent. Aller voir des amis en province, profiter d’un rayon de soleil pour aller faire une ballade en forêt ou découvrir un coin d’Ile-de-France que je ne connais pas, faire des escapades d’une journée ou un week-end entre amis, voyager un peu. Prendre l’air quoi !

        Sortir donne l’occasion de prendre plus de photos. Il faut que je prenne l’habitude d’embarquer mon appareil dans mes balades dans Paris. J’aime beaucoup prendre des photos mais ça reste une pratique assez périodique chez moi. En 2015, je vais tenter de prendre moins photos quand je suis en vacances avec mes proches et plus au quotidien.

        J’aimerais aussi reprendre le sport. J’adore courir et l’escalade est une vraie passion mais pour le moment ça semble totalement fou comme rêve. Mais la fin de l’année est encore loin, ça laisse de l’espoir.

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Cuisine

         En 2015 j’aimerais aussi cuisiner plus. Il faut que je trouve du temps pour faire de bons petits plats en semaine en rentrant du boulot, avec un peu d’organisation, je suis sure que c’est tout  fait faisable.

        Deuxième objectif cuisine de l’année, me lancer dans des réalisations plus complexes. Mes parents m’ont offert une mallette de pâtisserie professionnelle à Noël et des livres de Christophe Michalak et Christophe Adam. J’ai des dizaine de livres et magazines de cuisine et je m’en sers trop peu. En 2015, je me lance dans des réalisations plus ambitieuses et j’essaie de soigner mes présentations.

        Faire un nouveau bar ou resto tous les mois serait aussi très sympa comme idée. Paris regorge d’endroits improbables et de bars et restos. Je n’en profite pas assez. Il faut que j’arrête de toujours traîner dans les mêmes coins pour découvrir de nouveaux horizons culinaires.

Blog

         Du côté du blog, je ne pense pas apporter de changement majeur. Jusqu’ici, j’essayais de m’en tenir à un article par jour. J’en suis très loin en ce moment et je n’arrive même pas à imaginer comment j’ai pu tenir ce rythme infernal un jour. J’écris très très lentement ces temps-ci et j’ai le plus grand mal à venir à bout de mes articles. Idéalement, j’aimerais arriver à en publier 5 par semaine, ça en fait 250 dans l’année, ça reste un joli chiffre.

        Jusque-là, je me suis toujours refusée à faire des articles groupés. Je fais un article pour chaque livre lu, chaque film vu au cinéma, chaque expo, pièce de théâtre ou autre sortie culturelle. Le résultat c’est que plus je sors, plus j’ai de matière et moins j’ai de temps, soit une équitation insoluble. Regrouper parfois des choses qui m’ont moins marquée ou dont je n’ai pas grand chose à dire me faciliterait peut-être la tâche. Je réfléchis à la question…

        Côté contenu, je parle peu de séries alors que j’en vois pas mal, il faut que j’arrange ça. Je ne parle jamais non plus de jeux vidéos. Jusque-là je ne me sentais pas vraiment légitime pour le faire et je ne savais pas par quel bout prendre les choses mais un éditeur m’ayant proposé d’en tester quelques-uns,ils devraient arriver sur le blog bientôt.

          Je vais aussi essayer de me remettre aux articles thématiques. Ca prend un temps fou mais je ne désespère pas de trouver l’énergie de m’y remettre à un moment ou un autre. Surtout que j’ai plein d’idées ! En revanche, je ne sais pas si je vais garder « L’actu de la semaine ». Ce sont les articles sur lesquels j’ai le plus de retour positifs et le moins de visites.

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         Pour le reste, me pencher plus sérieusement sur mes cours d’anglais ne ferait pas de mal. Recommencer à lire un peu plus la presse serait bien aussi. Profiter autant que possible de ma famille et mes amis. Assurer au boulot parce que sous mes airs de glandeuse, le travail est sans doute la chose la plus importante dans ma vie et que je ne supporte pas la médiocrité. Guérir pour de vrai même si je n’ai aucune prise là-dessus et que ça tient plus de la prière que de la résolution.

          Ca fait une sacrée tartine comme ça mais finalement, à part en gros à part faire plus et mieux (sans oublier les moments à ne rien faire avec un bon thé, évidemment !), pas de changement en vue pour 2015. Rendez-vous à la fin de l’année pour faire le point.

Et vous, comment voyez-vous votre année ?

Divers

Janvier, le bilan

           Un mois de janvier un peu difficile. Beaucoup de mal à trouver le temps de sortir, l’impression de lire au ralenti et une certaine flemme de cuisiner. Bref, j’ai connu mieux. Je suppose que j’ai connu pire aussi, c’est déjà ça. 8 livres lus ce mois-ci, assez courts pour la plupart, il faut bien l’admettre. J’ai été très heureuse de retrouver Italo Calvino avec un roman sur la résistance, Le sentier des nids d’araignées. J’ai également beaucoup aimé La mesure de la dérive, un excellent roman sur l’immigration et la pauvreté.

           Côté cinéma, seulement 4 films vus en salles alors qu’il y en avait tout un tas qui me tentaient. Vraiment trop crevée le soir, envie de rester bien au chaud avec un thé le week-end et des horaires de séances qui ne m’arrangeaient pas trop. Pas d’énorme coup de cœur mais j’ai aimé Fidelio, l’odyssée d’Alice. Une merveilleuse histoire du temps s’est avéré sympathique même si trop larmoyant à mon coup.

           Sinon j’ai commencé à noter les films que je regarde depuis chez moi et j’en suis donc à 23 en janvier. Je ne me rendais pas du tout compte que j’en voyais autant ! Bon, il faut dire que d’habitude je sors plus donc je vois moins de films à la maison. Logique. Parmi eux beaucoup de grosses conneries qui ne méritent même pas d’être citées mais quelques jolies choses comme Philomena, Le géant égoïste ou Tel père tel fils. J’ai été plus mitigée sur L’inconnu du lac et Nymphomaniac même si je les ai bien aimés. J’ai enfin vu la version cinématographique de Veronica Mars, beaucoup moins bien que la série mais quand on est fan, on ne peut qu’être heureux de la retrouver une dernière fois.

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          Côté séries, 12 suivies dont 7 découvertes. J’ai a-do-ré Hello ladies, vraiment très drôle mais loin d’être aussi légère qu’il y paraît. Excellente surprise également avec Wenthorse, une série australienne qui se passe dans une prison pour femmes. Parmi celles que je connaissais déjà, la saison 3 de Banshee démarre très fort.

           Pour le reste, peu de sorties. J’ai vu une version surprenante de La belle au bois dormant à Chaillot. Pas de resto, d’escapade hors de Paris, de nouveaux bars découverts, bref, la disette. Mais j’ai passé de bonnes soirée avec mes amis et ça, ça n’a pas de prix ! Je n’en parle jamais mais puisque je commence à être contact avec des éditeurs, les jeux vidéos pourraient bien arriver sur le blog. Je joue en général relativement peu faute de temps mais là j’ai fait une exception. 3 jeux au programme, dont les excellents Blackguard 1 et 2. J’aurai surement l’occasion de vous en parler bientôt.

          Je me rends compte que j’écris un peu moins et les articles s’entassent dans mes brouillons. Il va peut-être falloir que je pense à trouver une formule un peu différente pour le blog. En général je fais un article par livre, film ou sortie culturelle mais il faudrait eut-être que je songe à faire des regroupements par thèmes, ou pour ce que j’ai moins aimé. On verra, je n’ai pour le moment pas vraiment de solution à mon problème. Rendez-vous le 1° février pour voir où j’en suis.

Actualité

L’actu de la semaine – 31/12

Un F16 s’est crashé en Espagne. Cet accident d’avion a causé la mort de 9 aviateurs français et blessé grièvement 5 autres ainsi qu’une dizaine d’aviateurs italiens. Deux enquêtes ont été ouvertes pour déterminer les causes de l’accident.

– Suite à l’agression d’un chauffeur, une grève spontanée sur le RER A a paralysée une partie de l’Ile-de-France jeudi dernier. Cette ligne est la plus fréquentée d’Europe et supporte un quart du trafic parisien. Mardi dernier, une jeune femme avait été violée sur cette même ligne.

Le procès Bettencourt s’est ouvert. François-Marie Banier et Patrice de Maistre ont été entendus. Le premier est accusé d’avoir escroqué 450 millions d’euros à la vieille dame. Le second aurait quant à lui touché 12 millions d’euros en profitant de sa vulnérabilité.

La réforme des APL fait parler d’elle. Selon un rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), la politique du logement en France coûte trop cher. Les aides au logement pourraient être remaniées et d’autres aides pourraient disparaître.

Il a neigé un peu partout en France. Pas bien surprenant pour un mois de janvier me direz-vous, mais comme je pars au ski bientôt, ça m’intéresse !

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Sorties ciné

Papa ou maman : Florence et Vincent Leroy ont tout réussi. Leurs métiers, leur mariage, leurs enfants. Et aujourd’hui, c’est leur divorce qu’ils veulent réussir. Les ex-époux modèles se déclarent la guerre : et ils vont tout faire pour NE PAS avoir la garde des enfants. Ca a l’air débile mais il n’y a pas grand chose qui me tente cette semaine et puis si je peux rire un peu…

Félix et Meira : Tout oppose Félix et Meira. Lui mène une vie sans responsabilité ni attache. Son seul souci, dilapider l’héritage familial. Elle est une jeune femme juive hassidique, mariée et mère d’un enfant, s’ennuyant dans sa communauté. Rien ne les destinait à se rencontrer, encore moins à tomber amoureux.

Kertu : Sur la petite île de Sareema en Estonie, Kertu, 30 ans, vit chez ses parents sous l’emprise d’un père despotique. Lors d’une fête de village, elle se rapproche de Villu, un homme à la dérive. Cette rencontre va bouleverser sa vie…

Culture

Le 42° festival international de la BD se tient à Angoulême du 29 janvier au 1° février. Il rend hommage à « Charlie Hebdo ». Le lauréat du Fauve d’or est cette année Riad Sattouf pour L’arabe du futur.

Le festival du cirque de demain se tient à Paris du 29 janvier au 1° février. De nombreux numéros aussi spectaculaires qu’inventifs sont présentés chaque année. J’ai encore raté l’occasion de m’y rendre mais l’année prochaine, c’est sûr, j’y vais !

Colleen Mc Collough est morte le 29 janvier à l’âge de 77 ans. L’auteur australienne était l’auteur du célèbre Les oiseaux se cachent pour mourir, qui s’est vendu à 30 millions d’exemplaires. J’avais également adoré son excellent L’espoir est une terre lointaine.

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Le mot de la semaine sera LYCANTHROPE : Celui, celle qui est atteint de lycanthropie. Nous amène donc à « lycanthropie » : Forme de délire dans lequel le sujet se croit transformé en loup (ou, par extension, en un animal quelconque) et en imite le comportement.

Mes lectures

Crime et châtiment, un roman troublant du grand Dostoïevski

           Rodion Romanovitch Raskolnikov est un étudiant sans le sou, âgé de vingt-trois ans. Rongé par la pauvreté, il s’isole du reste du monde. Alors qu’il vend son dernier bien, la montre de son père, à une usurière, une idée lui vient à l’esprit : un meurtre est-il moralement tolérable s’il conduit à une amélioration de la condition humaine ?

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           J’ai découvert Dostoïevski à la faculté, ç’a été une vraie révélation : les portes de la littérature russe s’ouvraient à moi. Je n’en lis pas autant que je voudrais mais j’essaie de m’en tenir au moins à un classique russe par an (à ce rythme-là, vers 50 ans je commencerai à être relativement calée en la matière). J’ai lu pas mal de romans de Dostoïevski mais je ne m’étais jamais attelée à Crimes et Châtiments, pourtant souvent considéré comme un de ses meilleurs ouvrages. Je suis tombée amoureuse de cet auteur en lisant Les démons. Les frères Karamazov m’avaient un peu moins séduite mais le sujet de ce roman-ci me tentait beaucoup. Et puis un titre pareil avait tout pour me plaire. Mon professeur d’université nous avait prévenus – et j’avais déjà pu constater à quel point son conseil était judicieux : toujours lire Dostoïevski  dans la traduction d’André Markowicz chez Babel.

           Un ami m’a donné ce roman en Folio et je me voyais mal lui dire « non merci, ce n’est pas la bonne traduction ». J’ai hésité à le racheter dans la version adéquate mais je trouvais ça un peu bête, ma bibliothèque croulant déjà sous les livres. J’ai donc tenté le coup. On ne m’y reprendra plus. C’est confirmé, ne jamais lire Dostoïevski dans ailleurs que chez Babel ! Jamais, sous aucun prétexte. Je peux vous expliquer en deux lignes pourquoi (oui, je ne suis pas juste une fétichiste de la traduction, il y a des raisons à cela). Dostoïevski n’est pas connue pour sa prose raffinée. Beaucoup on d’ailleurs dit qu’il avait un style épouvantable. Ca peut paraître étrange mais c’est justement pour cela qu’il faut une traduction fidèle. Longtemps, les traducteurs ont voulu lisser ce style impétueux pour le rendre plus honorable. Le résultat est d’un mortel ennui. La force de l’auteur tient dans la richesse de la langue qu’il emploi et ses dialogues savoureux. André Markowicz a redonné vie à ces romans et a révélé toute leur modernité. Un vrai régal.

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           Comme on pouvait s’y attendre puisque j’ai voulu tenter le diable en renonçant à mes principes, j’ai trouvé ce roman franchement insipide pour ne pas dire carrément assommant pendant une bonne partie de ma lecture. Pourtant, l’histoire avait tout pour me passionner. Le personnage principal est complètement siphonné, on se demande toujours à quel moment ça va mal finir. L’auteur dépeint la folie mieux que personne et j’étais enchantée de le retrouver sur ce terrain-là (je sais, j’ai des centres d’intérêt particuliers, on me le dit souvent). L’histoire est assez simple mais très intéressante et surtout assez avant-gardiste puisqu’il y est question de psychologie de bout en bout, bien avant les thèses de Freud (oui bon, juste un peu avant,d ‘accord). Dostoïevski n’a pas son pareil pour créer des personnages aussi tordus que réalistes, avec toutes leurs bizarreries qui les rendent si humains.

           Même si on sait dès le départ qui est le coupable, on est très proche d’une trame policière. On se demande de bout en bout à quel moment il va se faire prendre ou craquer et aller se dénoncer. De là naît un certains suspens parfois un rien agaçant (« mais il va se décider à parler ou se taire oui ! ») mais franchement réussi. C’est sans nul doute la raison pour laquelle malgré une traduction d’une platitude sans nom, je suis quand même allée au bout de ce roman avec un certain plaisir. J’ai regretté qu’il y ait un semblant de morale, ce qui ne me semblait pas absolument nécessaire, mais ça reste suffisamment léger pour ne pas déranger outre mesure. La première chose que j’ai pensée en refermant ce livre c’est qu’il ne me restait plus qu’à le lire dans une traduction un peu plus moderne. Je vais quand même attendre un peu pour ça, il ne faut pas abuser des bonnes choses. Un roman d’une grande modernité sur le pouvoir de la psyché.

Cinéma

Fidelio : l’odyssée d’Alice, un très joli 1° long métrage

Comédie dramatique de Lucie Borleteau avec Ariane Labed, Melvil Poupaud, Anders Danielsen Lie

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          Alice, 30 ans, est marin. Elle laisse Félix, son homme, sur la terre ferme, et embarque comme mécanicienne sur un vieux cargo, le Fidelio. A bord, elle apprend qu’elle est là pour remplacer un homme qui vient de mourir et découvre que Gaël, son premier grand amour, commande le navire.

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          J’avais bien aimé la bande-annonce de ce film mais je pas très sure pour autan de ce que j’allais voir. J’avais peur que l’histoire amoureuse en huis-clos ne me séduise guère mais ç’a été au final une bonne surprise. Je n’y connais rien en marine marchande mais si j’en crois mes rares lectures sur le sujet, l’ambiance des cargos est très bien restituée. L’histoire a été filmée sur un vrai rafiot et ça se sent ! Le bruit est assourdissant, c’est plein de cambouis, on pourrait presque ressentir les vibrations infernales de la machine et humer les odeurs de fiel. Ce contexte très réaliste qui nous plonge totalement dans cet univers particulier et fait nettement partie des points positifs de ce film. Le sujet comme le contexte ne sont pas sans rappeler le premier roman de Batiste Fillon, Après l’équateur.

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          L’histoire est assez simple : celle d’un trio amoureux.  La bonne surprise vient de son traitement tout en finesse. On ne tombe jamais dans le sentimentalisme et la mièvrerie, ce qui aurait pourtant sans nul doute été la solution de facilité. Les personnages sonnent juste et la complexité de leur relation a quelque chose d’un peu triste qui est aussi réaliste que touchant. Les acteurs sont pour le moins convaincants et Ariane Labed est irrésistible dans ce rôle. Visuellement, il y des choses sympas dans ce film avec souvent une belle lumière. La scène d’ouverture, assez crue, est pour le moins déstabilisante mais la suite est plus sage, sans jamais être fade pour autant. Certains trouveront le film un peu lent, mais ce sont aussi ces non-dits qui font tout son charme. Lucie Borleteau nous livre un premier long-métrage réussi sur les relations amoureuses et ce sort de ce sujet épineux avec beaucoup de délicatesse.