L’empreinte de toute chose – Elizabeth Gilbert

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          Alma est née à Philadelphie au début du XIX° s. dans une famille de botanistes émérites qui compte pour amis les plus grands savants de son temps. Elle reçoit une éducation hors du commun et se prend elle aussi de passion pour les plantes. L’arrivée de la jolie Prudence dans la famille va quelque peu bouleverser les habitudes de ce petit monde.

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          J’avais gagné ce livre il y a quelques temps sur MyBoox et, si j’étais très contente d’avoir l’occasion de découvrir un nouvel auteur vers lequel je ne serais pas allée spontanément. Je dois bien avouer que j’étais assez suspicieuse quant à la qualité. Je n’avais rien lu d’Elizabeth Gilbert mais j’avais beaucoup entendu parler d’elle pour Mange, prie, aime qui avait été adapté au cinéma avec Julia Roberts : un vrai navet ! Déjà que je suis généralement assez méfiante avec les auteurs à succès, rarement dans mes goûts, ça n’avait rien arrangé et je doutais fort d’apprécier ce roman. Je me suis tout de même attaquée à sa lecture afin de voir de quoi il retournait. Autant vous dire que j’ai eu une sacrée surprise !

          Dès les premières lignes, j’ai accroché avec le style, très agréable mais tout de même relativement travaillé. L’histoire m’a elle aussi très vite passionnée. Les personnages ont tous un caractère très fort qui les rend terriblement attachants. Leur érudition permet de se cultiver au passage, ce qui est toujours fort appréciable ! Le roman est extrêmement bien documenté et j’ai été étonnée par la somme de connaissances qui y étaient amassées sans jamais faire artificiel. J’ai dévoré les aventures d’Alma avec un immense plaisir. Ca m’a un peu rappelé L’espoir est une terre lointaine de Colleen McCulloug, dont le titre me semblait un peu neuneu et que j’avais finalement adoré ! On est un peu dans le même esprit, entre récit d’aventure et roman historique avec un style à la fois « facile » et de bonne qualité et une trame romanesque très forte. Tout ce que j’aime quoi !

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          Parce que oui, ce que j’aime avant tout dans un roman c’est une bonne histoire. Je sais, c’est dépassé, mais je m’en fiche, je revendique pleinement mon amour pour les personnages forts, les rebondissements et toutes ces choses qui faisaient le charme des romans populaires du XIX° s. Certes, j’ai quand même besoin que le style soit au rendez-vous. Pas nécessairement très soutenu ou sophistiqué mais un minimum de recherche est tout de même bienvenu. Bien sûr, quand une écriture de qualité rencontre une grande histoire, c’est encore mieux, mais c’est tellement rare ! Dans le genre on a quand même eu Au revoir là-haut et Les fidélités successivesIl peut m’arriver de lire des romans disons plus expérimentaux, ou de choisir parfois un texte uniquement pour la qualité de la plume, mais je ne prends jamais autant de plaisir à lire que quand je suis face à une bonne histoire qui m’amène très loin.

          Et ç’a été le cas avec celle-ci. Ce livre m’a fait voyager. Il m’a transportée dans une autre époque, m’a fait rêver à un temps où les savants pouvaient embrasser tous les domaines à la fois ou presque, m’a évoqué des contrées lointaines… Moi que la botanique ne passionne guère, je l’ai vue sous un autre œil, le temps de quelques pages. On livre qui m’a emmenée, loin loin des mes tracas du moment et de l’exiguïté de mon appartement parisien. Une vraie bouffée d’air. J’ai juste regretté de trouver quelques fautes grossières au fil de ma lecture, je ne saurais que trop recommander à Calman-Lévy de se payer un bon correcteur… Je suis peut-être tatillonne (on va dire que c’est le métier qui veut ça…) mais quand je repère plusieurs fautes dans un livre, ça gâche un peu ma lecture quand même. Ce petit détail mis à part, j’ai vraiment passé un excellent moment avec cette lecture. Un roman que j’ai dévoré et qui m’a beaucoup plu, surtout pour son personnage principal marquant et son petit goût d’aventure un peu désuet. Une très bonne surprise.

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Il arrive à chacun de nous de vouloir expurger certains jours des archives de notre existence même. Peut-être parce que tel jour particulier nous a accablés d’un chagrin si déchirant que nous pouvons à peine supporter d’y repenser. Ou bien nous voudrions effacer pour toujours un épisode parce que nous nous sommes conduits de manière misérable ce jour-là.

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l y a un chagrin, sous le chagrin, apprit-elle bientôt, tout comme il y a des strates sous les strates du plancher océanique, et d’autres encore dessous, si l’on continue de creuser.

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En outre, il avait appris que le silence peut parfois amener l’auditeur à s’imaginer que l’on est intelligent.

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  1. J’ai toujours un peu d’appréhension face aux livres d’Elizabeth Gilbert (le trop gros succès de Mange, prie, aime, sans doute). Couplé au fait que je ne suis pas très branchée botanique, je n’avait pas regardé plus loin que sa jolie couverture. Mais merci de ton avis qui me donnera peut-être envie de l’ouvrir 😉

    • C’était un peu pareil pour moi mais finalement j’ai bien accroché. Ce n’est peut-être pas un grand roman mais finalement il se lit tout seul. C’est une lecture vraiment agréable.

  2. Pingback: Bilan 2014 | Madimado's Blog

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