Musique·Théâtre

Chantecler Tango

         Un cabaret délabré de Buenos Aires change de mains. C’est le Chanteclair, un lieu mythique de la capitale du tango. L’occasion pour le vieil homme contraint de le céder de se plonger dans ses souvenirs. Souvenirs d’amour et de danse, la passion de toute une vie.

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        J’attendais avec impatience cette comédie musicale autour du tango qui se présentait comme l’événement 2013 de la programmation du théâtre du Châtelet. La promotion était énorme : très belles affiches partout dans le métro, jolie bande-annonce. Après hésitation nous n’avons pas lésiné sur les moyens et nous sommes payé des places en 2° catégorie afin d’être bien placées. Le jour J, j’avais hâte d’enfin découvrir ce spectacle dont on parle tant. Première déception, comme toujours au Châtelet – à moins peut-être d’être en 1° catégorie – on ne se trouve jamais assez bien placé pour le prix payé ! Nous étions au 1° rang du 2° étage ce qui donne certes une bonne vue sur la scène mais est aussi très haut. Mais tracasseries techniques mises à part, ce ne fut bizarrement pas la seule déception de la soirée.

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         Présenté comme une comédie musicale, ce spectacle est plutôt du tango traditionnel très théâtralisé. La mise en scène est très belle, avec des décors travaillés, tout comme les costumes d’ailleurs. J’ai trouvé que ça mettait un peu de temps à démarrer. Quant au fait qu’il y ait une véritable histoire, c’est une excellente idée, mais qui toutefois s’est avérée moins exaltante que prévu. En effet, la trame est extrêmement complexe et il n’est pas toujours simple d’en comprendre tous les ressorts en l’absence de paroles. Les premières grosses scènes de danse m’ont semblé longues à arriver. Même si on avait déjà quelques petits moments de danse, j’avais hâte d’en prendre plein les yeux et quand ça arrive enfin, j’étais déjà un peu ailleurs.

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           Ce spectacle m’a laissé une impression étrange. Mis à part le début qui est un peu lent, le reste est très beau. Des scènes impressionnantes, de beaux décors, des danseurs impeccables : on en prend plein la vue. Pourtant à aucun moment je n’ai été touchée, émue. J’ai trouvé cela assez lisse et sans âme tout en voyant la beauté pourtant. Je crois finalement que j’aime les choses moins sophistiquées. J’ai tendance à préférer les tableaux conviviaux où tous dansent ensemble plutôt que les couples qui entrent en scène les uns après les autres pour démontrer leur talent. Ici, se sont surtout les portés qui sont mis en valeur, toujours très impressionnants mais qui cassent le rythme lorsqu’on en abuse. Finalement, je suppose que je les spectacles plus traditionnels me conviennent mieux par leur simplicité et leur chaleur. Un très beau spectacle, impeccablement exécuté et impressionnant mais auquel il a manqué pour moi le petit plus qui fait toute la différence.

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Chantecler Tango

Théâtre du Châtelet

2 rue Edouard Colonne

75 001 Paris

Du 9 octobre au 3 novembre

22 à 82 €

Cinéma

Sur le chemin de l’école

Documentaire français de Pascal Plisson

          Au quatre coins du monde, des enfants parcourent chaque jour de nombreux kilomètres pour avoir la chance d’aller à l’école et de s’instruire. Des heures de marches ou de longues chevauchées qui traduisent une soif d’apprendre parfois difficile assouvir.

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          Ce documentaire suit quatre enfants sur le chemin de l’école : Jackson, 11 ans, au Kenya ; Zahira, 12 ans, au Maroc ; Samuel, 13 ans, en Inde ; et Carlos, 11 ans, en Argentine. Des vies très différentes et qui pourtant toutes recèlent un point commun, chacun doit faire de longs kilomètres pour rejoindre l’école. A pied ou à cheval, chacun parcourt des distances interminables dans l’espoir que le savoir lui amènera une vie meilleure. J’apprécie généralement beaucoup ce type de récit. J’avais notamment beaucoup aimé La traversée du Zanskar qui abordait également le thème de l’éducation.

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          Pourtant, si bien sûr le parcours de ces enfants est intéressant, j’ai été un peu déçue par ce film. Au premier abord j’ai été très surprise de trouver le film en VF, je n’avais pas fait attention ai moment de choisir la séance et c’est vrai que je trouve que la VO aide à se plonger dans le bain. Je me suis également questionnée sur le choix des enfants avec notamment un petit garçon handicapé qui vit certes un calvaire mais fait un rien tire-larme… Quant au choix de filmer uniquement par beau temps, on peut se demander s’il est vraiment représentatif du quotidien de chacun ou s’il est avant tout esthétique.

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          On suit la progression des enfants pas à pas sur leur chemin vers l’école. Un chemin difficile et semé d’embûches. La manière de filmer m’a parfois parue un peu larmoyante. On ne plaint pas les tambours et violons… J’aurais sans doute préféré quelque chose de plus neutre. C’est dommage car ces histoire se suffisent à elles-même, nul besoin d’en rajouter dans l’émotion ! A la toute fin, les enfants sont interviewés sur leur avenir et il est bien sûr question de ce qu’il est advenu d’eux depuis le tournage : j’ai trouvé par moments dans les paroles quelque chose d’artificiel même si elles sont surement sincères sur le fond, et la conclusion en forme de « happy end » ne m’a pas semblé très peu représentative de ce type de parcours. C’est dommage, ça m’a donné l’impression que ces enfants étaient mis en scènes pour faire passer un message alors que leur parole brute aurait finalement eu plus de portée tant elle est touchante en soi.

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        En effet, ici chacun des enfants semble réussir dans ses projets – ce qui est toujours une joie pour le spectateur – mais dans le monde réel, combien d’échecs pour une réussite ? combien d’abandons face aux difficultés ? combien de doivent se résigner face à la misère ? Peut-être suis-je un rien négative mais j’ai il m’a semblé voir la version Disney d’un documentaire sur l’éducation dans les zones reculées, dans un monde où il fait toujours beau et où tout finit toujours bien. Malheureusement dans le monde réel ce n’est pas aussi simple. La famille ne veut pas toujours envoyer les enfants à l’école, eux-mêmes se découragent souvent et les conditions matérielles les contraignent souvent à l’abandon précoce de leurs études. J’ai trouvé un côté un peu trop lisse à ce documentaire qui a malgré tout a le mérite d’ouvrir le genre au grand public. Ces enfances extraordinaires méritent tout de même toujours qu’on leur accorde un moment. 

Cuisine

Madeleines au miel

Pour une trentaine de mini-madeleines

2 œufs

50 g de sucre roux

100 g de beurre demi-sel

4 c. à soupe de miel

100 g de farine

1 c. à café de levure

1 c. à café de cannelle

1 c. à soupe d’eau de fleur d’oranger

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Battez les œufs avec sucre afin d’obtenir un mélange mousseux.

Dans une casserole, faites fondre le beurre avec le miel puis mélangez-les aux œufs et au sucre.

Incorporez peu à peu la farine à la préparation puis ajoutez la levure diluée dans un peu d’eau, la cannelle et la fleur d’oranger.

Réservez la pâte au moins une heure au réfrigérateur.

Préchauffez le four à 250° C (th. 8-9).

Si vous n’utilisez pas des moules en silicones, beurrez-les. Remplissez-les ensuite aux 3/4. Laissez cuire vos madeleines 2 min 30 puis baissez le four à 210° C (th. 7) et poursuivez la cuisson 4 min., jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées. Si vous utilisez des moules de taille standard, laissez cuire 4 min à four très chaud, puis 6 min. après l’avoir baissé.

Vous pouvez déguster les madeleines tièdes ou froides. Elles font un excellent goûter.

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Bon appétit !

Expositions

Photoquai

        La biennale de la photographie « Photoquai » s’installe pour sa 4° édition sur les quais de la Seine et dans les jardins du musée du quai Branly. Pendant 2 mois, 40 photographes non européens s’exposent et vous pouvez les découvrir gratuitement.

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          Je ne connaissais pas Photoquai et à vrai dire ne me suis pas déplacée spécialement pour l’occasion. J’étais dans le quartier et venait voir ce qu’il se passait au musée du quai Branly : à savoir rien puisque nous étions avant l’ouverture de l’exposition Kanak (dont je vous parlerai bientôt) et après la fermeture de la précédente. Voyant ces grands panneaux en face, je me suis donc dit que j’allais en profiter pour aller voir de quoi il s’agissait. Il faisait beau le jour où je m’y suis rendue et il y avait pas mal de monde. Certains semblaient venus pour les photos, d’autres étaient visiblement des passants arrivés là par hasard. Un public hétéroclite comme on en voit finalement assez rarement.

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          A chaque bout de l’exposition, des agents du musée distribuaient les dépliants sur l’exposition et en expliquaient le principe. J’ai trouvé très bien qu’ils soient là pour répondre aux questions du public qui finalement va beaucoup plus vers eux qu’au sein même du musée et n’hésite pas à se renseigner. Les grands panneaux sur lesquels sont exposés les photographies en grand format forment comme un chemin sur lequel le promeneur peut déambuler tout en découvrant les univers des différents artistes, venus du monde entier. Cette année, le thème était la figure humaine, un sujet qui a donné naissance à beaucoup de portraits, mais pas seulement. Il est intéressant de voir comment ces 40 artistes ont traité ce même thème de manière souvent totalement différente, ou avec des ressemblances au contraire parfois. Des photos qui se répondent et se complètent pour un parcours dépaysant.

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Photoquai

Jardin du musée du quai Branly et quais de Seine

Du 17 septembre au 17 novembre

Gratuit

Jeunesse·Mes lectures

Poème de terre – Olivier Douzou et Nouk Ricard

            Un recueil de poèmes pensé pour les enfants. Plein de jeux de mots et des illustrations décalées pour les initier à la poésie en douceur et leur donner le goût des mots.

          Depuis toujours, j’apprécie beaucoup la poésie, même si c’est un genre que je délaisse honteusement depuis quelques années. Petite déjà, les vers me faisaient rêver et j’appréciais ces sonorités mystérieuses qui m’entraînaient ailleurs. Pour autant, je ne me souviens pas avoir eu de recueils consacrés à la jeunesse pour m’accompagner dans la découverte des méandres de la langue française, ce sont plutôt les classiques réputés « abordables » et qu’on apprend à l’école qui m’ont donné la passion du beau langage : La Fontaine, Prévert, Verlaine… Je suis donc novice en matière de poésie pour la jeunesse et ce recueil m’intriguait. Je dois admettre que je contenu m’a surprise et laissée un peu dubitative. Comme le dit la présentation de l’éditeur, « Tout sur les vers en vers, en vert, à revers, à l’endroit et à l’envers ».

          Les poèmes sont essentiellement basés sur des jeux de mots, jouant de l’humour pour conquérir le jeune lecteur. Les illustrations originales prêtent à sourire et collent assez bien au texte. Il est vrai que j’attends de la poésie avant tout une part de rêve et de mystère, ici, c’est l’humour et le jeu sur le sens des mots qui est mis en avant, soit une autre fonction du langage, j’ai donc été un peu déçue dans mes attentes (d’autant plus que j’avais déjà lu un recueil humoristique la vieille et que je saturais un peu côté jeux de mots). Je me suis demandée si finalement par sa complexité ce livre n’était pas plus destiné aux parents qu’à leurs enfants, mais je me trompe peut-être, les petits étant souvent friands de jeux de mots. Un recueil avec lequel je n’ai pas trop accroché mais qui n’en est pas moins intéressant par son travail sur la langue et son humour attachant.

9782812603419_1_75La vérité
croix de bois
croix de ver
si je mens
je pars à l’envers.

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Ô rage!
Ô désespoir!
Ô sècheresse ennemie!
Un ver cultivé se lamente ainsi.