Cinéma·Patrimoine

A la découverte de la Géode

          Bien que j’en aie souvent entendu parler, je n’étais jamais allée à la Géode. De l’extérieur, je trouve ce dôme chromé où se reflète le ciel assez impressionnant. Après avoir longtemps tergiversé (oui, c’est loin La Villette, pas toujours très facile d’accès et surtout pas dans mes habitudes) j’ai fini par y aller parce que j’avais une place qui allait se périmer. Au programme un film de 45 min sur l’Arctique. Ca tombe bien, les ours blancs et les pingouins j’adore ça ! La salle est aussi impressionnante de l’intérieur que de l’extérieur. Voire même plus. La volée de marches est assez spectaculaires et plutôt compliquée avec des béquilles (bien sûr personne n’a songé à me dire à la caisse ou à l’entrée qu’il y avait un ascenseur…). L’écran a perte de vue est une expérience assez déroutante. Alors, la Géode, c’est aussi bien qu’on le dit ?

          Franchement, j’ai été déçue. L’écran hémisphérique – parmi les plus grands du monde – est constitué d’un grand nombre de rectangles dont j’ai eu le plus grand mal à faire abstraction au cours du visionnage. J’ai également eu un peu de mal – et c’est plus gênant – avec le principe même de l’écran 360. Je pensais que ça allait être génial, immersif, tout ça, finalement ça m’a surtout donné la nausée et un joli mal de crâne. J’ai eu le plus grand mal à savoir où il fallait regarder et j’ai eu la désagréable impression que mon cerveau n’arrivait pas du tout à traiter toutes les informations qu’il recevait à la fois. Quant à l’horizon courbe inversé (question de perspective bizarre due à la forme de l’écran), il m’a perturbée pendant tout le visionnage.

La Géode, écran

          Et le film ? Là non plus, pas de gros coup de cœur. Il y avait de belles images et nounours tout mignons mais ça ne dépassait pas ce stade là. On voit essentiellement les mères défendant leurs petits et quasiment pas la chasse ou la reproduction (il ne faudrait pas risquer de choquer quand même) et il n’y a à peu près aucun message écologique – ni aucun message tout court d’ailleurs – alors que ça s’y prêtait grandement. Grosse déception de ce côté-là même si j’ai trouvé ce petit documentaire agréable à regarder. Il m’a en revanche donné l’impression d’être un peu daté. Bien que ne datant que de 2012, il m’a paru un peu vieillot dans la manière de filmer et de raconter. Il n’était par ailleurs pas particulièrement adapté aux spécificités de l’écran.

          Si je suis contente d’être enfin allée à la Géode, vous l’aurez compris, je n’ai pas été emballée. Nous n’avons pas vu un film en 3D, qui sont sans doute beaucoup plus impressionnants mais que mon crâne aurait sans doute encore moins bien supporté. Pas trop de regrets de ce côté-là donc. Nous avions eu des places à tarif réduit mais sinon c’est très cher pour ce que c’est. Quand à l’accessibilité de la Villette, elle reste très relative même si la Géode est assez bien située par rapport au métro. Le contenu m’a semblé bien plus adapté aux enfants qu’aux adultes, d’ailleurs ils étaient nombreux dans la salle. Si l’expérience mérite d’être tentée au moins une fois, je ne compte pas vraiment la renouvelée. Une petite déception pour cet écran qui mériterai sans doute un contenu un peu plus actuel.

La Géode, dôme

La Géode

Parc de la Villette
26 avenue Corentin Cariou
75019 Paris

Du mardi au dimanche de 10h30 à 20h30

12€, 9€ tarif réduit

Patrimoine·Photo

Une nouvelle vie pour la maison familiale

          Certains ici le savent déjà étant donné le grand nombre d’articles photo que j’ai consacrés à la région (ici,  ou encore ) : je suis originaire des Pyrénées. Et plus précisément d’Ariège. La ferme familiale est située à 1000 m d’altitude, au milieu de la verdure, face à la chaîne des Pyrénées. J’y ai passé tous mes week-ends et toutes mes vacances jusqu’à ce que je parte faire mes études ailleurs. Et même depuis, je continue à  rentrer aussi souvent que possible à ce que j’appelle depuis toujours « chez moi » bien que je n’y aie jamais réellement vécu.

Le Péré avant les travaux
La maison avant les travaux

          Suite au décès de ma grand-mère, qui était l’habitante des lieux, mes parents fraîchement retraités ont lancé le projet un peu fou de transformer cette vieille ferme ariégeoise en table et chambres d’hôtes. Les travaux sont en cours et il y en a encore pour quelques mois avant l’ouverture mais nous avons décidé de créer un blog sur l’avancement des travaux et la vie des lieux. C’est ma maman qui est aux commandes mais je partagerai le lien vers les articles au fur et à mesure de leur parution. En espérant que vous serez nombreux à soutenir ce beau projet.

Le Péré, Boussenac, vue sur les Pyrénées
La vue

Le site du projet : https://vacanceslepere.wordpress.com/

Et le premier article de présentation : Le Péré, un projet qui se concrétise

Expositions

Persona, une exposition étrange au Quai Branly

          J’ai mis très longtemps à me décider à visiter le Quai Branly, convaincue que les arts premiers ce n’était pas pour moi. Grave erreur. J’adore ce musée ! Il est très bien conçu, tout en courbes et lumières douces avec plein de choses surprenantes dedans. J’étais déçue d’avoir raté successivement L’Inca et le conquistador et Esthétiques de l’amour en Sibérie, quand j’ai reçu une invitation pour le vernissage de cette nouvelle exposition je me suis donc jetée dessus ! Et franchement, c’était génial ! Je n’ai pas pu y rester autant que j’aurais voulu parce que j’ai eu la grande idée de me faire une entorse à la cheville et qu’une expo avec des béquilles, c’est un peu compliqué quand même (surtout quand on pousse le vice jusqu’à prendre ses propres photos quand le musée propose de magnifiques visuels…). Avec beaucoup de retard, voici ce que j’en ai pensé.

Exposition Persona au Quai Branly

          Le titre « Persona » est assez peu parlant je trouve. C’est bien dommage parce que le sujet est passionnant. L’exposition porte sur la personnification des objets : « Comment l’inanimé devient-il animé ? Comment l’homme instaure-t-il une relation insolite ou intime avec des objets ? Un groupe d’anthropologues s’est penché sur ces questions, à l’heure où notre conception de l’humain vacille et que ses frontières ne cessent d’être repoussées. » Je vous fais part de la présentation du musée, qui sera toujours bien meilleure que celle que je pourrais en faire :

Exposition Persona au Quai Branly

          « Nombreux sont les objets qui ont un statut plus proche de celui d’une personne ou d’une créature que d’un simple objet. Objets d’art – occidental ou non occidental, populaire ou contemporain –, ou produits high tech – robots, machines, etc. – se voient régulièrement attribuer, dans leur utilisation, des capacités d’action insoupçonnées, qui en font des quasi-personnes. Comme l’enfant qui voue une passion à son doudou ou celui qui peste contre son ordinateur ou son mobile en lui reprochant d’être incompétent ou têtu. Comme le chamane qui convoque les esprits à travers une statuette prenant les traits des dieux.
Ce transfert ou cette confusion qui s’opère alors entre l’humain et le non-humain, et la relation particulière et personnalisée qui les lie, dans les cultures les plus variées, est le vaste sujet de cette exposition d’anthropologie. Une incursion par la robotique, via l’oeuvre pionnière de Masahiro Mori, permettra de comprendre le rôle de l’anthropomorphisme dans les artefacts les plus divers, et ce qui se joue lorsqu’un robot à l’apparence trop humaine – ou toute autre pièce au réalisme intimidant – croise notre regard, jusqu’à le déstabiliser. » Tout un programme donc !

Exposition Persona au Quai Branly

          Cette exposition comporte des œuvres très variées : ça va des masques indiens aux théâtres de puces en passant par des représentations de divinités ou de la robotique. Difficile parfois d’ailleurs de faire le lien entre des objets aussi hétéroclites. C’est d’ailleurs le point faible de cette exposition. Non seulement son titre n’est pas très parlant mais on peine parfois à en dégager un fil conducteur net. Des panneaux explicatifs permettent toutefois de rattacher chaque section au sujet de l’exposition. J’ai beaucoup aimé les videos qui jalonnent le parcours, avec la présentation d’expériences très intéressantes, notamment une sur les réactions de plusieurs personnes en isolement pendant 48h que j’ai beaucoup aimé découvrir. Il y a également de très beaux objets dans la première partie, qui est consacrée essentiellement aux arts premiers. Pourtant, c’est de loin la seconde partie qui est la plus réussie, avec l’apparition de la robotique qui est vraiment intéressante même si on s’éloigne un peu des arts premiers. Une exposition qui manque parfois un peu de clarté quant à son fil conducteur mais qui s’avère assez fascinante et passionnante à bien des égards. A voir.

Exposition Persona au Quai Branly

Persona, étrangement humain

Musée du quai Branly

37, quai Branly
75007 Paris

Du 26 janvier au 13 novembre 2016

Tous les jours de 11h à 19 ou 21h, fermé le lundi

11€ plein tarif, 9€ tarif réduit

Cinéma·Musique

Quand la musique fait son cinéma

          Voici trois documentaires vus récemment au cinéma et qui traitent tous de musique. Le premier retrace la vie d’une icone du rock, les deux autres évoquent la musique traditionnelle sud-américaine. Les mélomanes y trouveront sans nul doute leur bonheur.

          Janis Joplin est l’une des artistes les plus impressionnantes et une des plus mythiques chanteuses de rock et de blues de tous les temps. Mais elle était bien plus que cela : au-delà de son personnage de rock-star, de sa voix extraordinaire et de la légende, le documentaire Janis nous dépeint une femme sensible, vulnérable et puissante. C’est l’histoire d’une vie courte, mouvementée et passionnante qui changea la musique pour toujours.

Janis, afficheMême s’il ne faisait pas partie de mes priorités cinématographiques de ce début d’année, ce documentaire sur Janis Joplin me tentait assez. C’est une chanteuse que j’écoutais pas mal à une époque (je me demande bien pourquoi j’ai arrêté d’ailleurs) mais je ne connaissais à peu près rien de sa vie. Pour moi, ça se résumait à une voix surpuissante, Woodstock et une overdose à 27 ans. Ca manquait cruellement de nuances et ce documentaire était l’occasion rêvée d’arranger ça. J’ai beaucoup aimé ce film qui mêle archives (photos, vidéos, lettres…) et témoignages des proches de l’artiste. Sa famille, ses amis, les musiciens avec qui elle a joué, les hommes qui ont croisé sa route, nombreux sont ceux qui ont été interrogés afin de dresser son portrait. J’ai trouvé ce documentaire passionnant. Il met l’accent sur les failles de la chanteuse. Il retrace aussi bien sa vie privée que sa carrière. On ne peut qu’être impressionné par la puissance de sa voix et par son charisme. Les témoignages de ses proches sont extrêmement touchants. J’ai été un peu interpellée par le fait qu’il n’y ait quasiment que des éloges à son sujet, impossible pourtant d’en tirer la moindre conclusion quant au côté délibéré ou non de la chose. Elle semble avoir marqué durablement tous ceux qui ont croisé son chemin. Un documentaire touchant qui met en avant la part d’ombre de cette femme fascinante. 

 

          De la Pampa aux Andes, de l’univers des indiens Mapuche á celui des villageois qui chantent leur nostalgie dans les cafés, du monde des Gauchos à celui des grandes villes d’aujourd’hui… ARGENTINA nous propose un voyage musical et sensoriel dans l’espace et le temps composé des chants, des danses et des couleurs qui font toute l’âme de l’Argentine.

Argentina, afficheDe Carlos Saura je garde le souvenir de l’excellent Tango il y a… longtemps. Je ne suis pas sure pas sur d’avoir vu d’autres films de lui après (allez donc savoir pourquoi) mais quand celui-ci est sorti, je me suis dit que je ne devais pas le rater. Ce documentaire sur la musique argentine est assez particulier : que de la musique et de la danse filmées en studio, aucune parole ou presque. J’ai beaucoup aimé la musique d’introduction, un bailecito au piano. Ensuite certaines choses m’ont touchée plus que d’autres. Il y a un hommage à une chanteuse indienne dans une classe de primaire particulièrement émouvant. Certaines danses sont également très belles (j’ai été assez interpellée par une danse où les femmes ont des chaussures plates et semblent simplement accompagner les hommes qui eux ont des talonnettes, bien sûr, impossible de me rappeler du nom). La plupart des morceaux sont très dansants et on regrette presque de devoir rester sagement dans son siège. A côté de moi un monsieur applaudissait à tout rompre après chaque morceau. Malheureusement, j’étais particulièrement crevée le jour où j’ai vu ce film et j’ai fait un petit somme, ratant la partie consacrée au tango… J’ai trouvé que l’enchaînement des morceaux était bien choisi et que la variété de la sélection était intéressante : je connaissais quasiment rien dans les musiques proposées (en même ma culture musicale est bien piètre, il faut l’admettre). J’ai beaucoup aimé ce documentaire qui permet de découvrir toute la variété de la musique argentine et j’en suis ressortie avec l’envie de réécouter une bonne moitié des morceaux que j’avais entendus.

 

          Embarquez dans un étonnant périple au coeur des paysages musicaux du Pérou : des chants quechua hérités des Incas aux rythmes endiablés afro-cubains… Au travers des rêves et de la vie de ses musiciens, SIGO SIENDO esquisse un trépidant portrait sonore du pays. ¡Que la danza comience !

Sigo Siendo, afficheCe documentaire sur la musique des indiens du Pérou me tentait bien. Je suis toujours curieuse d’autres cultures et souvent celles de la Cordillère me rappellent un peu la vie dans mes montagnes. Je trouvais en plus ce titre magnifique. Le film s’ouvre sur de très belles images et un chant très étrange, assez hypnotique. C’est d’ailleurs un des moments que j’ai préféré – un peu gâché par les deux crétins à côté de moi qui ont ricané pendant tout le film. Je dois avouer à grand regret que j’ai eu plus de mal avec la suite même si j’ai trouvé le sujet très intéressant et que j’ai été touchée par la manière dont la question de la transmission était abordée. Je suis hyper sensibles aux aigus. Ca a tendance à s’arranger vaguement avec le temps mais beaucoup de sons sont encore extrêmement douloureux pour mes pauvres oreilles, à la limite bien souvent du supportable. Malheureusement pour moi, ces musiques surexploitent les hyper-aigus, notamment dans la voix. Je soupçonne vaguement ce que ça peut avoir de fascinant mais ç’a été pour moi une vraie souffrance et m’a complètement empêchée de profiter du film. Heureusement, il y a quand même des moments que j’ai trouvés de toute beauté. On croise dans ce film des personnages forts et extrêmement sympathiques, de  beaux paysages et une musique singulière. Un documentaire lent mais passionnant dont j’ai trop peu profité.

          Si le croisement entre la musique et le cinéma vous intéresse, vous pouvez retrouver des long-métrages de fiction où elle tient une place de choix. Parmi eux ces dernières années, le très bon Inside Lewyn Devis, l’étrange Love and Mercy ou  le sublime Whiplash pour les premiers qui me viennent à l’esprit.

Théâtre

Traces : le spectacle à ne pas manquer

          Quand on m’a contactée pour me proposer de voir ce spectacle, je ne savais pas vraiment de quoi il retournait. L’affiche ne me tentait pas du tout mais comme c’était du cirque et que j’adore ça, je suis allée voir la bande-annonce. On n’y voit pas grand chose à part que ça a l’air survolté. Ca a suffit à me convaincre d’y aller. Pour commencer, merci à Donaline de m’avoir proposé deux excellentes places que je n’aurais sinon pas eu les moyens de me payer. Les conditions idéales pour bien profiter du spectacle. J’étais encore avec mes béquilles (qui ne semblent pas vouloir me quitter) et le personnel s’est montré très prévenant. J’ai adoré ce spectacle et pourtant je ne sais pas trop comment en parler. C’est tellement foisonnant, j’ai l’impression que je vais forcément en oublier la moitié ! Commençons par dire que ce spectacle monté par la compagnie québécoise Les 7 doigts de la main rencontre un énorme succès depuis 10 ans et qu’il a été classé parmi les 10 meilleurs spectacles par le Time en 2011. Reconnaissance amplement mérité !

Traces, Les 7 doigts de la main, Bobino
Photo : Alexandre Galliez

          Sur scène, 7 acrobates enchaînent les prouesses. Je suis très vite rentrée dans l’univers de ce spectacle assez atypique. Le tout premier numéro m’a un peu rappelé le spectacle vu il y a peu de la compagnie XY : c’était pour le moins prometteur. Je craignais un côté un peu brouillon mais cet aspect-là disparaît très vite au profit de numéro d’une incroyable précision. Si on sent que chacun a sa discipline de prédilection, ils sont tous doués pour les choses les plus diverses (essentiellement de l’acrobatie quand même). J’ai été vraiment impressionnée par le niveau – global d’une part, mais aussi particulier, chacun faisant des prouesses en solo avec notamment un excellent numéro de diabolo, une utilisation du trapèze très originale et un numéro de mat époustouflant. Mais ma préférence va à un numéro d’équilibre plein de poésie où une jeune fille joue avec un énorme fauteuil, semblant chercher sans relâche la position idéale pour lire. Elle enchaîne les postures les plus improbables sans jamais quitter sa page des yeux : je ne pouvais qu’adorer, vous pensez bien !

Traces, Les 7 doigts de la main, Bobino
Photo : Alexandre Galliez

          Les artistes restent tous sur la scène durant tout le spectacle (qui dure quand même 1h45). Entre les numéros tous plus spectaculaires les uns que les autres, des intermèdes leur permettent de respirer un peu. On découvre ainsi des chansons, un peu de la vie de chacun – racontée avec beaucoup d’humour, ou de petites chorégraphies souvent assez drôles. Les caractères de chaque artiste sont exploités pour faire un fil conducteur qui fonctionne très bien. Ce spectacle est très écrit. Les numéros s’enchaînent à la perfection, les chorégraphies sont impeccables, il y a du rythme et beaucoup d’humour. Les lumières sont très belles et il y a une utilisation de la vidéo particulièrement intéressante. En plus d’être d’excellents acrobates, les artistes jouent aussi du piano ou de la guitare et pour certains ne chantent pas trop mal. Leurs talents combinés forment un tout explosif. J’en suis ressortie avec l’impression d’avoir vu dès le début du mois de mars le meilleur spectacle de l’année. Un spectacle qui allie acrobaties impressionnantes, inventivité et humour : à ne rater sous aucun prétexte !

Traces, Les 7 doigts de la main, affiche Bobino

Traces

Les 7 doigts de la main

Du 03 février au 23 avril 2016

De 26 à 58€

Bobino

14-20 rue de la Gaîté
75017 Paris