Cinéma·Photo

Le sel de la terre – un documentaire d’une beauté bouleversante

Documentaire, biopic de et avec Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado, avec Sebastião Salgado

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          Le photographe Sebastião Salgado parcourt inlassablement la planète pour immortaliser une humanité en pleine mutation. Wim Wenders et le fils du photographe, Juliano, l’ont accompagné dans ses derniers projets et présentent son travail dans ce documentaire.

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          Même si je n’en vois plus beaucoup par paresse intellectuelle (et aussi un peu parce que les horaires ne m’arrangent pas toujours), j’ai toujours beaucoup aimé ce type de documentaires assez contemplatifs et esthétisants. Le titre me plaisait bien mais j’avoue que les photos que j’avais pu voir dans le métro m’avaient semblé très dures et m’avaient un peu dissuadée d’aller voir ce film – je me laisse facilement décourager en ce moment, je vous le concède. J’ai quand même fini par me décider à aller voir de quoi il retournait. Ne connaissant pas du tout le travail de Sebastião Salgado (oui, je suis inculte en matière de photographie, mais je me soigne), j’avais hâte de découvrir son univers. Quant à Win Wenders, si je le connais bien sûr de nom, je me rends compte que je n’ai pas vu grand chose de lui. Il va falloir y remédier !

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          Je dois dire que j’ai été époustouflée par le travail du photographe qui est ici très bien mis en avant à travers une approche chronologique de son œuvre. Les images sont splendides et souvent très dures. Il a couvert les migrations de populations, notamment au Rwanda, d’où il a ramené des images aussi édifiantes qu’éprouvantes. On se rapproche là du travail de reporter, avec une mise en avant du rôle de passeur. Le discours de cet homme et sa vision du monde sont absolument passionnants ! J’ai également été impressionnée par le soutien inconditionnel de sa femme qui mérite d’être souligné. Difficile de parler de ce documentaire qui est avant tout la rencontre de deux hommes à la personnalité exceptionnelle et la découverte d’un regard acéré sur le monde. Un film difficile mais magnifique. Des images à couper le souffle. Un travail à découvrir absolument.

Cuisine

La soupe potiron/panais pour réchauffer les soirées d’hiver

Pour 2 personnes

Une part de potiron

1 panais

1 oignon

1 petit morceau de gingembre frais

1 filet d’huile

1 pincée de noix de muscade râpée

Quelques noisettes

Sel, poivre

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Détaillez les légumes en gros dés et émincez le gingembre.

Faite revenir le tout dans une grande casserole avec un filet d’huile. Quand les légumes commencent à colorer, ajoutez de l’eau à hauteur et salez. Couvrez puis laissez cuire à feu doux environ 30 minutes.

Quand les légumes sont fondants, sortez-les du feu. Mixez à l’aide d’un mixer plongeant jusqu’à obtenir une texture lisse. Ajoutez du poivre et une pincée de muscade. Salez au besoin.

Dans une poêle, faites revenir quelques noisettes à sec puis broyez-les grossièrement.

Au moment de servir, ajoutez un peu de fleur de sel et quelques noisettes hachées sur caque assiette. Vous n’avez plus qu’à déguster.

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          Le panais est assez dur à relever et a tendance à l’emporter nettement en goût sur le potiron. Idéalement, faites donc environ 2/3 de potiron 1/3 de panais pour bien avoir le goût des deux. N’hésitez pas à ajouter des épices pour que votre soupe ne soit pas trop fade. Vous pouvez également y ajouter une pointe de crème fraîche avant de servir.

Bon appétit !

Mes lectures

06h41 – un joli roman signé Jean-Philippe Blondel

          Cécile Duffaut, mère de famille et chef d’entreprise, rentre chez elle après un week-end chez ses parents. Elle prend le train de 06h41. A côté d’elle, la place est libre. Jusqu’à ce que vienne s’y installer Philippe Leduc, son amour de jeunesse. Entre eux, le silence s’installe.

          Je dois avouer que ce livre ne me tentait que très moyennement lorsque je l’ai entamé. Je me demande d’ailleurs ce qui a bien pu me pousser à cette lecture. Peut-être était-ce parce que je cherchais quelque chose de léger et vite lu. Ou j’ai peut-être eu une soudaine envie de lire quelques-uns des 34 livres offerts par Pocket. Je ne sais plus. Toujours est-il que ce choix me semble avec le recul saugrenu. Grand bien m’en a pris toutefois car c’est une jolie surprise qui m’attendait dans ces pages. Je n’aime généralement pas trop les romans intimes. C’est vrai que mon truc ç’a toujours été plus le social, tendance qui se renforce avec le temps. Je craignais donc un peu le pire et j’ai été très surprise de constater que cette lecture était vraiment agréable.

          Le style tout d’abord m’a bien accrochée. Simple mais pas simpliste, l’écriture est fluide. Ensuite on alterne le point de vue entre deux personnages. Je ne sais pas pourquoi, c’est un procédé que j’ai toujours apprécié (peut-être parce qu’il rompt la monotonie du récit ?). Souvent dans ces cas-là, on a quand même une préférence pour l’un des personnages. Même si ç’a un peu été le cas ici, pour une fois, elle n’était pas trop marquée et j’ai apprécié les parties consacrées chacun des deux protagonistes. J’ai trouvé que cette histoire transpirait la mélancolie et racontait des choses simples qu’on a tous connues. Des questions qu’on s’est tous posées. C’est pour ça que ça fonctionne si bien. L’auteur parvient à créer une sorte de bulle qui dure le temps d’un trajet en train et à nous faire rentrer dedans avec ses personnages. Un petit livre que j’ai beaucoup aimé. Subtil et délicat.

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Les enfants, c’est comme ça. Comme les ballons d’hélium dans les cathédrales. On les lâche, ils s’envolent mais restent quand même à portée de vue, on leur fait des signes, on leur rend visite, ils sont tout en haut, ils sont loin, encore coincés sous nos arcs gothiques. Et un jour, on ne comprend pas pourquoi exactement, ils ne sont plus dans notre sphère.

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Je me demande ce qui restera de notre couple quand notre fille sera partie de la maison. Si ça se trouve, on va se planter deux grosses bises sur les joues en se félicitant, « bon boulot avec la môme, maintenant tchao, on peut être fiers », et se séparer sans autre forme de procès parce que ça fait tellement longtemps qu’on ne sait plus qui est l’autre exactement, ce qu’il aime, ce dont il a envie. Ou alors on va rester en cohabitation, des moules sur un rocher, à attendre la prochaine marée.

Cinéma

La french, un polar en demie-teinte

Drame français de Cédric Jimenez avec Jean Dujardin, Gilles Lelouche, Céline Sallette

          Marseille. 1975. Pierre Michel, jeune magistrat venu de Metz avec femme et enfants, est nommé juge du grand banditisme. Il décide de s’attaquer à la French Connection, organisation mafieuse qui exporte l’héroïne dans le monde entier.

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          Vous le savez peut-être (ou si vous ne le savez pas je vais vous l’apprendre), je suis très bon public pour les films de gangsters. Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours aimé ça. Pour une fois ici on est plutôt du côté des gentils que des méchants, ça change. Je suis un peu jeune pour avoir suivi cette affaire mais le juge Michel est resté un grand nom dans le milieu judiciaire et j’avais hâte d’en apprendre plus sur son histoire. Par contre, il est vrai que les américains sont souvent meilleurs que nous pour ce type de films et que j’étais un peu sceptique sur le casting. Mais bon, je suis curieuse alors j’étais curieuse de voir le résultat. Honnêtement, je suis un peu mitigée sur ce film et je ne sais pas trop quoi en penser alors que je l’ai déjà vu depuis quelques temps, ce qui m’a grandement laissé le temps de réfléchir à la question.

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          Ce que j’ai aimé bien sûr, c’est l’histoire. Des malfrats et un juge incorruptible, à défaut d’être original, ça fonctionne à tous les coups. En revanche j’ai été un peu sceptique sur le casting. Jean Dujardin peine à être crédible dans des rôles sérieux – il a définitivement une tête à faire rire avec ses mimiques très marquées – même s’il s’en tire bien mieux que ce que j’aurais cru finalement. Malgré quelques scènes qui ne sont pas sans rappeler OSS 117, ça reste suffisamment rare pour qu’il soit convaincant dans la peau du juge Michel. En revanche j’ai trouvé que Gilles Lelouche manquait franchement de carrure pour le rôle de Zampa. Sur le papier ça me semblait pouvoir passer mais je ne sais pas, j’aurais attendu plus de charisme pour ce personnage, il est un peu palot. Quant à Benoît Magimel, que j’aime bien d’habitude, il en fait des tonnes et sombre dans la caricature. Cette impression de personnages en carton-pâte m’a empêchée de rentrer réellement dans ce film, surtout dans la première moitié où j’ai eu une petite impression de voir une version « polar » des Petits mouchoirs.

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          Contrairement aux apparences, je n’ai pas non plus détesté ce film. J’ai juste eu un peu de mal à rentrer dedans et j’en ai trouvé certains aspects un peu gentillets. On finit tout de même par se prendre au jeu et un certain suspens naît bien qu’on sache à l’avance comment ça finit. Le talent de Céline Sallette est sous-exploité ici, c’est dommage quand on sait de quoi elle est capable. La réalisation reste classique mais s’avère efficace et j’ai trouvé que l’image avait une assez belle patine qui fait très années 80. J’ai passé un bon moment devant ce film (ce qui est quand même l’essentiel) mais il n’est pas tout à fait assez musclé à mon goût et ne parvient à mon sens qu’à convaincre à moitié. Il a au moins le mérite de sortir des oubliettes cette affaire qui montre bien qu’en 30 ans les choses ont peu changé à Marseille. Une histoire forte et une interprétation inégale pour un film agréable mais qui manque d’envergure.

Actualité

L’actu de la semaine – 20/12

– Après 50 ans d’embargo, Barack Obama a annoncé la reprise des relations avec Cuba. Une ambassade américaine devrait être installée à La Havane.

Un attentat dans une école au Pakistan a fait plus de 140 morts, essentiellement des enfants. C’est l’attaque la plus meurtrière qu’a connue le pays.

Une prise d’otages dans un café au cœur de Sydney a fait deux morts. Le forcené a été tué lors de l’assaut lancé par les policiers. Il se revendiquait de l’état islamique mais semble avoir agi de son propre chef.

Les autoroutes font encore parler d’elles. Un rapport parlementaire suggère de résilier le contrat qui lie l’état et les sociétés d’autoroutes. Le gouvernement a demandé aux dites sociétés de geler les tarifs en 2015. Affaire à suivre.

Nabilla est sortie de prison. Accusée de tentative de meurtre sur son compagnon, elle a été libérée sous contrôle judiciaire. Vous vous en fichez ? C’est pas grave, on en a relativement peu parlé alors j’en rajoute une couche. Ne me remerciez pas, ce fut un plaisir.

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Sorties ciné

Exodus : Gods and Kings : Ramsès, Moïse, une grosse dispute, les 7 plaies d’Egypte, la fuite avec tout un peuple, la mer qui s’ouvre en deux… tout ça quoi. Je dois admettre que ça a l’air assez nul mais c’est LA grosse sortie de cette fin d’année et comme il n’y a pas grand chose d’autre de toute façon…

Whiplash : Andrew a 19 ans et rêve de devenir un grand batteur de jazz mais la concurrence est rude. En général les films passent toujours bien mieux avec de la bonne musique, ça suffit à ma donner envie de le voir.

Fidelio : l’odyssée d’Alice : Alice est marin, quand elle embarque sur le Fidelio en laissant son homme à terre, elle ignore que son premier grand amour se trouve sur le bateau. La bande-annonce m’avait l’air plutôt sympa, ce film m’intrigue, qui sait, ce sera peut-être ma dernière sortie ciné de 2014.

Culture

Le musée des Confluences a ouvert ses portes à Lyon. Il « a pour objectif de rendre compte des rapports entre les sciences et les sociétés en insistant sur la pluralité des uns et la diversité des autres ». Pour en apprendre plus, c’est ici.

Sony a annulé la sortie de son film « The Interview », une comédie de Noël, après avoir reçu des menaces ces dernières semaines. Pyongyang est le principal suspect dans cette affaire, le gouvernement Nord coréen n’aurait pas apprécié d’être raillé dans le scénario.

– 7 ans après son ouverture, le musée de l’Immigration a Paris a enfin été inauguré par François Hollande. Si vous souhaitez vous y rendre, toutes les infos sont par-là.