Cinéma

Boyhood, un joli film sur le temps qui passe

Drame américain de Richard Linklater avec Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Ethan Hawke

          De l’âge de 6 ans à son entrée à l’université, on suit le jeune Mason et on le voit grandir. Il vit avec sa sœur et sa mère, son père fait des apparitions irrégulières dans leurs vie. Déménagements, rencontres, premiers amours, autant d’étapes qui le mèneront vers la vie d’adulte.

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          Ce film m’intriguait beaucoup, non pas pour son sujet, somme toute assez banal, mais pour sa réalisation. En effet, le réalisateur, Richard Linklater, a tourné ce film sur 12 ans : chaque année, il réunissait les mêmes comédiens pour filmer cette histoire sur le temps qui passe. Une idée originale qui ne donne pas l’assurance de voir un grand film – d’autant que le sujet, assez intime, n’est pas trop dans mes préférences – mais qui mérite tout de même qu’on s’y arrête. Je suis toujours attirée par les films atypiques, ils ne sont pas toujours exceptionnels mais ils ont le mérite de tenter de renouveler le cinéma, ce qui a tendance à me rendre un peu plus indulgente à leur égard.

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          J’avais entendu un peu tout et n’importe quoi sur ce film mais je dois avouer que dans l’ensemble, ce qui en ressortait, c’est que beaucoup s’étaient ennuyés ferme. Ca m’a d’ailleurs fait hésiter un moment à aller le voir et je ne me suis décidée que (très) tardivement. Grand bien m’a pris, car finalement, j’ai trouvé ce film non seulement intéressant mais aussi agréable à regarder. Il n’est pas rare dans un film de voir des personnages grandir ou vieillir, mais cela suppose soit des acteurs différents, soit un maquillage imposant. Il est assez étrange ici de les voir évoluer au fil des années d’une manière qu’on aurait sans doute pas imaginée. En effet, habituellement, on essaie de faire en sorte que l’adulte ressemble à l’enfant qu’il a été. Ici, bizarrement, le changement entre l’enfance et l’âge adulte est impressionnant, surtout chez la sœur de Mason, assez ronde étant enfant et qui change du tout au tout en grandissant. Il est déroutant de voir les personnages évoluer d’une scène à l’autre, de voir leur apparence se transformer à chaque étape de leur vie de manière parfois saisissante. C’est aspect du film que j’ai trouvé à la fois troublant et vraiment intéressant.

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           Bien que le dispositif de tournage soit hors-normes, ce film reste par bien des aspects assez classique. Il s’en dégage une simplicité qui surprend là où on se serait peut-être plus attendu à quelque chose d’esthétisant ou d’intello. J’ai trouvé que la durée du tournage n’était pas mise en avant mais se fondait au contraire dans l’histoire, ce que j’ai bien apprécié. S’il y a quelques jolies scènes et des images que j’ai parfois trouvé poétiques, le réalisateur fait peu d’effets de style. Quant à l’histoire, racontée de manière linéaire, elle est finalement assez banale : celle d’une famille comme tant d’autre au milieu de laquelle grandit un petit garçon comme les autres. D’ailleurs quelques passages agaceront peut-être par un certain conformisme, on ne peut pas douter être dans un film américain et il est presque étrange qu’un procédé si particulier soit mis au service d’une histoire aussi convenue. Etrangement, ça ne m’a pas réellement dérangée tant j’étais accaparée par l’évolution des personnages. Je m’ennuie souvent dans ce genre de films mais bien que celui-ci soit long (2h45 tout de même !), je n’ai pas vu le temps passer. Je me suis coulée dans le rythme assez lent mais régulier en y trouvant un certain plaisir.

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          Je n’irai pas non plus jusqu’à dire que j’ai passé un excellent moment et que j’ai trouvé ce film exceptionnel. J’ai d’ailleurs l’impression d’être une des rares qui sans s’être ennuyée, ne crie pas non plus au génie. J’ai trouvé l’histoire certes déjà vue mais bien traitée, la manière de filmer agréable sans rien avoir à mes yeux de particulièrement remarquable pour autant, les acteurs plutôt bons et il se dégage du tout un charme qui ne m’a pas laissée insensible. La vraie valeur ajoutée réside évidemment dans son concept qui donne de la force aux images qui défilent mais aussi un certain dynamisme. Ce film ne laisse pas indifférent et possède des qualités indéniables. Rarement on a vu le temps qui passe aussi bien représenté. Au fil du temps, les personnages gagnent en épaisseur, on s’y attache et bien qu’ils n’aient rien d’exceptionnel (ou justement pour ça ?) ils sont criants de vérité.

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          Si j’ai aimé les suivre, je n’ai pas non plus été embarquée, enthousiasmée, exaltée. Il n’est pas pour moi ce genre de films-là mais plutôt de ceux, discrets, qu’on apprécie avec plus de mesure sans pour autant avoir rien à leur reprocher, ils font simplement d’une autre catégorie, celle des petits films qui charment et non des chefs-d’œuvres qui bouleversent. Cela n’ôte rien à sa qualité et surtout pas à l’originalité de son concept qui fera sans doute date. Certains s’ennuieront peut-être, en raison d’une certaine lenteur et de la durée mais j’ai pourtant trouvé que ça valait la peine de faire un petit effort pour voir le résultat : voir ainsi la vie se dérouler a un côté fascinant. Une idée de départ un peu folle pour un film réussi sur le temps qui passe à la fois ordinaire et surprenant. J’ai aimé me laisser porter par son rythme particulier et j’ai trouvé agréable de voir ainsi le temps défiler.

Jeunesse·Mes lectures

Les fiancés de l’hiver, un 1° tome très prometteur

          La discrète Ophélie vit une vie paisible jusqu’à ce qu’elle soit fiancée au mystérieux Thorn, qui réside dans une ville lointaine dont elle ignore tout. Elle va devoir le suivre là-bas et découvrir un mode de vie bien étrange où les hommes sont sans pitié et où les jeux de pouvoir font la loi. 

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          J’avais entendu le plus grand bien de ce roman qui est en réalité le premier tome d’une série appelée « La passe-miroir ». Je lis assez peu de littérature jeunesse mais ce livre-ci me tentait bien. J’ai été un peu déçue par les premières pages, trouvant le style peut-être un peu simple à mon goût et l’univers un peu trop lisse. Mais dès qu’Ophélie quitte le cocon familial (soit au bout de quelques pages à peines), l’histoire prend une toute autre tournure ! L’univers dans lequel elle va évoluer alors est bien plus riche et passionnant ! Les personnages prennent peu à peu de l’épaisseur et commencent à devenir réellement attachants. Même l’écriture semble gagner en consistance avec le changement de lieu, se faisant plus subtile, pour mon plus grand plaisir.

          Adolescente, j’avais adoré « A la croisée des mondes » de Philip Pullman. Sans retrouver tout à fait l’incroyable qualité de la trilogie, tant par son style que par son originalité, on sent toutefois une influence importante et l’auteur parvient à créer un univers comparable sans tomber dans la pâle copie. Le monde qu’elle parvient à créer est très riche, tout en restant suffisamment proche du notre pour ne pas perdre le lecteur. Les relations entre les personnages sont quant à elles complexes et réservent quelques surprises… J’ai pris un grand plaisir à cette lecture, on aimerait lire de la littérature jeunesse de cette qualité plus souvent ! Je regrette simplement de devoir attendre la suite, j’espère qu’elle arrivera bientôt tant j’ai hâte de découvrir ce qui va arriver à nos héros. Pour son premier roman, Christelle Dabos tape fort. Un très bon roman jeunesse qui allie une écriture agréable et un monde enchanteur. Une belle réussite.

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Ophélie se sentie honteuse d’être entrée dans cette chapelle sans une seule pensée pour la femme qui reposait au fond du cercueil. Oublier les morts, c’était comme les tuer une seconde fois.

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Sa mère avait une personnalité envahissante qui ne laissait de place à rien d’autre qu’elle-même ; elle parlait, elle exigeait, elle gesticulait, elle n’écoutait pas. Quant à son père, il n’était que l’écho faiblard de sa femme, toujours à l’approuver du bout de ses lèvres sans lever le nez de ses souliers.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site dédié à la série.

Expositions·Patrimoine

Le château de Pommard en fête pour les 10 ans de son rachat

          Il y a 10 ans, le célèbre château de Pommard était racheté par Maurice Giraud. Depuis, les bâtiments ont été restaurés, le tourisme autour du domaine s’est développé et une galerie d’art a même été créée. Pour l’anniversaire du rachat, 10 événements sont organisés en 2014. L’occasion de découvrir les lieux.

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          Pour ma part, j’ai été invitée à participer au vernissage de l’exposition de photographies de Peter Knapp, à découvrir jusqu’à la fin de l’été au Château de Pommard (mon article détaillé sur le sujet ici). Le même jour était également présentée une robe créée spécialement pour le Château de Pommard, évoquant le vin. En effet, on parle de robe pour la couleur du vin, mais également de texture (veloutée, satinée…), de ce constat est née l’idée de créer des robes qui correspondent au ressenti lors de la dégustation. Une idée originale que j’ai beaucoup aimée. Trois robes étaient présentées – les robes Pinot Noir, Chardonnay et Grand Vin 2010 Château de Pommard – La robe Château de Pommard est exposée au domaine tout l’été.

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          D’autres événements ont également été organisés pour ces dix ans. Certains sont déjà passés mais d’autres restent à venir. Au programme des réjouissances, vous pouvez encore découvrir « Les Grands ateliers de France », « La magie au château » ou « Accords parfaits, Le goût de l’excellence ».
Les grands ateliers de France, présenteront les plus belles créations de l’artisanat français du 26 au 28 septembre avec une quinzaine d’ateliers participants.
La magie au château invite le temps d’un week-end les illusionnistes à Pommard. Les 11 et 12 octobre, deux jours pour découvrir les lieux autrement, plus magiques encore qu’à l’accoutumée.
Accords parfaits, le goût de l’excellence, ce sont neuf shows culinaires et des ateliers de création de chocolat autour des produits du château. Parce qu’un grand repas mérite un grand vin.
Mais aussi l’alambic au château du 29 au 31 août, les vendanges au mois de septembre ou les festivités de la vente des vins les 15 et 16 novembres. Autant d’occasion de découvrir les lieux et le savoir-faire qu’ils abritent.

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          Une exposition de sculptures de Salvador Dali se tient également dans la cour du château jusqu’au 30 novembre. Pour plus d’informations sur les événements en cours ou à venir, consultez le site du Château. 10 ans, 10 événements, une belle initiative, qui permet de découvrir ce célèbre domaine autrement, en alliant grands crus et culture.

Mes lectures

L’embellie, un récit poétique et dépaysant

          Quand son mari la quitte brusquement et que sa meilleure amie lui confie son fils de 4 ans à l’allure étrange, la narratrice décide subitement de  partir faire le tour de l’île. Qu’importe qu’on soit en plein mois de novembre et que le petit soit presque sourd ? Un voyage de plusieurs moi qui la ramène vers ses origines. 

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          L’auteur, Audur Ava Olafsdottir, est surtout connue pour son roman Rosa Candida, qui a connu un beau succès. Ne l’ayant pas lu, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Ma tante m’a offert ce livre après l’avoir lu en raison de l’importance de la cuisine dans le récit et j’avoue que ça m’intriguait ! Pour ceux qui ne le savent pas encore, le temps que je ne passe pas à lire, je le passe à cuisiner, un roman qui allie mes deux passions avait donc tout pour me plaire. D’autant plus que j’ai toujours rêvé d’aller en Islande et que la littérature de ce pays, que je connais mal, m’attire particulièrement. Sur le papier, ce roman avait donc tout pour me plaire !

          Je dois d’ailleurs avouer qu’il tient dans l’ensemble ses promesses même si ce n’est pas exactement ce que j’attendais. C’est un peu étrange cette impression à la fois de trouver ce qu’on attendait et tout autre chose, ou en tout cas dans un style qu’on n’aurait pas imaginé. L’écriture m’a un peu déstabilisée. Elle est assez discrète, il faut un certain temps pour se couler dedans. Le rythme est lent et correspond très bien à celui de l’histoire. On est loin d’une littérature qui veut impressionner : l’écriture est simple – mais belle – tout comme l’histoire. Ici, c’est l’Islande du froid, de la nuit et du brouillard qui est décrite. Bizarrement, même si ça fait bien sûr moins rêver que les paysages verdoyants, les geysers ou les aurores boréales, ça a quand même confortée mon envie de voir ce pays qui semble si particulier.

          J’ai bien aimé ce récit un peu en demie-teinte, tout en discrétion, qui semble coller aussi bien à l’histoire un peu chaotique de cette jeune femme qu’à la grisaille de son environnement. J’ai beaucoup aimé la justesse dans la description des sentiments confus de la jeune femme, les réflexions sur l’absence de désir d’enfant aussi. Ce personnage au caractère fort est attachant et surtout pas dénué d’un certain humour. Le récit a un côté vraiment dépaysant, tant par les paysages décrits que par la manière d’aborder les choses. Il y a de la poésie dans ces lignes, dans les mots bien sûr, mais aussi dans le mode de vie de ses personnages. J’ai beaucoup apprécié de trouver à la fin du livre les recettes évoquées au cours du récit. Il me tarde d’en tester quelques-unes ! Une jolie histoire et une écriture poétique pour ce roman qui fait voyager. Après La lettre à Helga, une autre belle surprise de la littérature islandaise.

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– Je n’ai pas la fibre maternelle, d’ailleurs je ne pense pas avoir d’enfant un jour. Je n’ai même pas l’allure d’une mère.
– Les mères n’ont qu’une chose en commun : ce sont des femmes qui ont couché avec un homme au moment de l’ovulation sans prendre les précautions adéquates. Pas même besoin de le faire deux fois, en tout cas avec le même homme. (…) Etre mère, c’est se réveiller le matin, faire de son mieux puis se coucher le soir en espérant que tout ira pour le mieux.

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Une des caractéristiques d’une liaison amoureuse défaillante apparaît quand les gens se croient obligés d’avoir des enfants ensemble.

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Mais gardons à l’esprit que les apparences sont parfois trompeuses et que contrairement à une photo, la réalité, elle, grouille de sens.

Cinéma

Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu ?

          Claude et Marie Verneuil sont très « vieille France ». Issus de la bourgeoisie, ils espéraient voir leurs 4 filles prendre leur chemin et épouser de bons catholiques. Après que les 3 premières ont épousé un musulman, un juif et un chinois, tous les espoirs reposent sur la petite dernière. 

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          On a entendu parler de cette comédie partout avant le début de l’été. Impossible de passer à côté. Bien que ceux de mes amis qui l’avaient vue m’en ait dit du bien, je dois admettre que je n’avais aucunement l’intention d’aller la voir. Je ne suis pas très bon public pour les comédies et suis plutôt adepte d’un humour grinçant, j’avais donc peur de ne guère apprécier ce film-là. Toutefois, selon mon habitude, un jour où je passais devant le cinéma et qu’il n’y avait pas grand chose qui me tentait, dans une soudaine envie de légèreté, je me suis lancée. Après tout, si ce film avait fait rire la moitié de la France, pourquoi pas moi ?

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          Pourtant, très vite j’ai senti que mes pires craintes étaient fondées et que je n’allais clairement pas rire de bon cœur. Contrairement à ce que j’avais entendu dire, le film ne nous épargne aucun cliché. Il est vrai cependant que tout le monde en prend pour son grade : les noirs, les chinois, les arabes, les juifs et les bourgeois. Le film manque malheureusement de finesse pour démonter les a priori et se contente de les aligner dans des situations qui prêtent (théoriquement du moins) à sourire. Rares sont les moments que j’ai trouvé drôles même si ça s’arrange un peu sur la fin, qui s’avère d’ailleurs sans surprise.

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          Du point de vue de la réalisation, rien de bien original à signaler, c’est banal, avec des images plutôt plates et un jeu d’acteurs inégal où les jeunes s’en sortent plutôt mieux que leurs aînés. L’histoire est téléphonée, et on voit venir les rebondissements longtemps, longtemps à l’avance. Même si je ne cours pas après, j’ai dû voir trop de comédies pour me laisser surprendre visiblement. Même si quelques scènes sont assez bien vues – moi qui déteste les engueulades au cinéma, j’ai été servie ! – j’ai rarement souri et me suis ennuyée ferme. Un film qui joue avec les clichés sans réussir totalement à s’en extirpé et s’avère au final tristement banal. Un succès qui m’a totalement échappé.