Divers

Mandela : un long chemin vers la liberté

Drame, biopic britanico-sud africain de Justin Chadwick avec Idris Elba, Naomie Harris, Tony Kgoroge

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          Après avoir grandi à la campagne, Nelson Mandela gagne Johannesburg où il ouvre le premier cabinet d’avocats noirs. Il devient également l’un des leaders de l’ANC. Quand le gouvernement impose toujours plus de restrictions aux populations noires, la lutte pacifique se transforme en lutte armée. Une lutte qui le mènera en prison.

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          Si comme tout le monde je connaissais bien sûr un peu l’engagement de Nelson Mandela contre l’apartheid, je dois admettre que j’ignorais à peu près tout de sa vie avant la prison. J’avais un peu peur que le film ne tombe dans la facilité et ne soit larmoyant mais j’étais trop curieuse pour ne pas aller voir ce qu’il en était. J’ai beaucoup tardé pour aller voir ce film en salles (il y a trop de films qui me tentent aussi, je n’arrive plus à suivre !), tout autant que pour vous en parler (chroniques en retard oblige mais je progresse). Je dois admettre que ce film fait partie de ceux que j’ai aimés sans savoir pour autant réellement qu’en dire… J’ai été plutôt agréablement surprise par le résultat, d’une relative sobriété.

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          J’ai apprécié de découvrir la jeunesse de Nelson Mandela dont je ne savais pas grand chose. Découvrir l’homme derrière le mythe aussi, forcément imparfait. Son histoire est bien sûr passionnante ; un destin pareil, c’est un sujet en or pour un film. Ca a largement suffit à me fasciner. Certains ont trouvé la mise en scène un peu grandiloquente mais personnellement, ça ne m’a pas gênée. C’est un peu lisse peut-être mais propre et finalement, la mise en scène assez classique met assez bien en avant les personnages. Les acteurs parviennent à nous faire un oublier ces visages qu’on connaît si bien en se fondant dans leur peau. On n’est pas face à un chef-d’œuvre mais on passe un très bon moment même si on peut penser que le film manque un brin d’objectivité et idéalise un peu son héros ; mais Nelson Mandela méritait bien ça. J’ai finalement assez peu à dire de ce film si ce n’est que je l’ai trouvé efficace et passionnant.

Bars, restaurants

La Compagnie Française, quand l’Italie s’invite à Toulouse

          Il y a peu, s’ouvrait rue Alsace un magnifique restaurant avec une terrasse immense, tout près de Jeanne-d’Arc. Quatre mois après son inauguration en fanfare, le lieu ne désemplit pas : il fallait que j’aille voir de plus près ce qui se passait dans les assiettes de ce resto-là.

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          La Compagnie Française, c’est le nom d’un ancien commerce de textile qui se trouvait-là. Je trouve la décoration intérieure, dans des tons de bleu et noir, absolument magnifique. Très classe, dans un mélange de bistrot chic à l’ancienne et de contemporain très réussi. Au sous-sol, une deuxième salle donne sur la cuisine ouverte, plus conviviale, avec de grandes tables en bois clair qui font un peu table d’hôte. A la carte, c’est la gastronomie italienne qui est à l’honneur. Charcuterie en antipasti, pâtes, pizza, risotto, escalopes milanaises mais aussi des plats de viande ou de poisson moins attendus. Après une longue hésitation, j’ai finalement opté pour un cabillaud aux artichauts et fenouil. Je n’avais pas spécialement envie de poisson mais je n’avais pas très faim et voulais un plat léger. Je ne m’attendais donc pas à être emballée outre mesure.

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          Dès la première bouchée, j’ai totalement oublié que j’avais ne serait-ce que songé à manger autre chose. C’était réellement succulent. Très bien présenté, copieux et goûteux : que demander de plus. J’ai pioché un peu dans les autres assiettes de la table histoire de goûter : les penne all arrabiatta étaient impeccables et les gnocchis gambas et gorgonzola vraiment exquis. Les assiettes sont généreuses et ont beaucoup de goût. En entrée nous avions partagé une assiette de charcuterie qui était de qualité et en dessert, nous avons tous pris des poires pochées et leur chantilly au miel qui n’étaient pas d’une grande originalité mais très bien réalisées. A à peine 23 ans, le jeune chef est prometteur ! Le service est sympathique et on passe un très bon moment dans ce lieu assez magique. Une déco magnifique et une cuisine à la fois fine et généreuse en font une adresse à découvrir et à suivre.

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La Compagnie Française

56/58 rue Alsace Lorraine

31000 Toulouse

Mes lectures

S’abandonner à vivre, Sylvain Tesson

          « Devant les coups du sort il n’y a pas trente choix possibles. Soit on lutte, on se démène et l’on fait comme la guêpe dans un verre de vin. Soit on s’abandonne à vivre. C’est le choix des héros de ces nouvelles. Ils sont marins, amants, guerriers, artistes, pervers ou voyageurs, ils vivent à Paris, Zermatt ou Riga, en Afghanistan, en Yakoutie, au Sahara. Et ils auraient mieux fait de rester au lit. »

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          Je vous livre la quatrième de couverture tel quelle ; je ne l’aurais pas mieux dit ! Pour une fois qu’elle est réussie… Vous le savez peut-être, j’étais tombée littéralement amoureuse de Sylvain Tesson avec Dans les forêts de Sibérie. Le Petit traité sur l’immensité du monde m’était quand à lui tombé des mains, j’en venais à me demander comment le même homme avait pu écrire deux textes si différents. Il parle de lui dans les deux, de ses voyages, et pourtant l’un me sortait par les yeux quand j’étais fascinée par l’autre. Vraiment étrange. J’ai donc lu ses nouvelles Une vie à coucher dehors. J’ai trouvé que ça ressemblait à du London, ni plus ni moins, soit rien moins que l’un de mes auteurs préférés ! J’ai donc remisé mon expérience malheureuse dans un coin de ma mémoire pour devenir une inconditionnelle des aventures de ce voyageur intarissable. Si rares sont les auteurs vivants qu’on a que l’on peut admirer !

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          Quand je suis allée à la librairie début janvier sans rien avoir suivi de la rentrée et que j’ai vu côte à côte un livre d’Andréï Makine et des nouvelles de Sylvain Tesson, j’ai frôlé la syncope (et encore je n’avais pas vu Mingarelli sur la table à côté…). Tant de joie d’un coup, c’était à peine croyable. Vous pensez bien que je me suis jetée dessus comme s’il n’y avait pas déjà une centaine de livres qui sommeillent sur mes rayonnages (un détail). Et quand la libraire m’a appris que Sylvain Tesson lui-même serait là quelques jours plus tard, mon bonheur fut à son comble ! Evidemment, j’ai assisté à cette rencontre. L’auteur n’est pas réputé pour son assurance devant la foule. Pourtant, son discours était passionnant et empreint d’un humour que je ne lui soupçonnais pas (pas à ce point en tout cas) et m’a ravie. Que dire sinon que sa culture étonne autant que ses saillies grinçantes ? L’écouter fut un réel plaisir et ne fait que renforcer mon admiration pour cet homme étonnant.

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          Après cette longue digression, venons-en au cœur du sujet : ses nouvelles. Si Une vie à coucher dehors avait pour thème central les grands espaces (comme son nom l’indique un peu), ici, ce sont à des nouvelles plutôt citadines que nous avons affaire. Si certaines se passent en extérieur, la plupart ont Paris ou d’autres grandes villes pour décor. Je dois avouer que je préfère qu’on me décrive la traversée d’une immensité gelée à une rencontre sur les quais de Seine. L’amour a aussi plus de place dans ce recueil, même s’il est souvent déçu ; là encore, on s’éloigne un peu de mes préoccupations premières. Mais bon, la plume de Sylvain Tesson reste égale à elle-même ; ses textes recèlent à la fois de la force et une certaine poésie, le tout teinté d’une ironie parfois cruelle qui n’est pas pour me déplaire. J’aime ce style si particulier qui lui est propre et s’affirme de livre en livre. Si ces nouvelles m’ont semblé dans l’ensemble moins fortes que son recueil précédent, elle n’en demeurent pas moins une très bonne lecture qui ne manquera pas de laisser quelques traces. 

– L’amour, c’est se rencontrer, se dissoudre, disparaître.
– Tu arrêtes, chéri, avec tes aphorismes de paquet de lessive ?

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Je n’ai pas de téléphone portable car je trouve d’une insondable goujaterie d’appeler quelqu’un sans lui en demander au préalable l’autorisation par voie de courrier. Je refuse de répondre au « drelin » du premier venu. Les gens sont si empressés de briser nos silences…J’aime Degas,lançant « c’est donc cela le téléphone ? On vous sonne et vous accourez comme un domestique. » Les sonneries sectionnent le flux du temps, massacrent la pâte de la durée, hachent les journées, comme le couteau du cuisinier japonais le concombre.

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Il retenait tout, elle s’efforçait d’oublier. Il savait relier ,elle savait regarder. Il cherchait des références, elle ne croyait qu’à l’inédit. Il était myope. Elle haïssait les taupes.

Et pour les curieux, découvrez le Paris de Sylvain Tesson ici. Une interview passionnante sur BMF. 

Expositions·Jeunesse

Pixar au musée d’art ludique

          Le musée d’art ludique a ouvert ses portes il y a peu tout près de la gare Austerlitz. Il proposera des expositions autour de la bande dessinée, le manga, le jeu vidéo ou le film d’animation. Pour son inauguration et les 25 ans des studios, il propose une grande exposition dédiée à Pixar. Je ne pouvais pas ne pas aller voir comment tout ça se présentait !

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          Je vous le dis de suite, cette exposition m’a laissée un avis très mitigé : j’ai oscillé entre une immense admiration et une frustration extrême qui frisait la colère. J’ai eu beau laisser passer plusieurs semaines avant de vous en parler (on ne sait jamais, des fois quand les choses décantent…) mais j’en suis toujours au même point. La première impression d’abord : on est de suite propulsé dans l’univers Pixar, ce qui est une bonne chose. Le programme, résumé à l’entrée en 3 ou 4 lignes est des plus alléchants. Dans la première salle, on en prend de suite plein les yeux avec aussi bien des dessins que des moulages ou des petites vidéos : on retombe immédiatement en enfance et on saute de tous côtés avec les yeux qui brillent. Les salles suivantes nous ravissent tout autant. On adore voir les moulages des personnages, ou des dessins qui nous montrent quelle tête ils auraient pu avoir, et puis il y a des couleurs partout. En plus on se rappelle au passage plein de choses qu’on avait oublié dans chacun de nos dessins animés préférés et on a soudain envie de tous les revoir. Et puis, passé ce moment d’euphorie, un doute nous vient…

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          …  mis à part la petite introduction à l’entrée, a-t-on croisé la moindre ligne de texte ? A-t-on vu une explication quelque part ? Sait-on au juste ce qu’on regarde ? Nous nous concertons, regardons autour de nous, mais l’évidence est là : les œuvres sont livrées à elles-mêmes. Une fois ce constat fait, notre enthousiasme en prend un coup. En effet, on aurait adoré en savoir plus sur toutes ces belles choses. Je me suis posé des dizaines de questions au cours de cette exposition : combien de temps prend un projet ? comment se passent les décisions autour du dessin d’un personnage ? quels sont les plus gros succès Pixar ? et d’ailleurs, Pixar, c’est naît comment et aujourd’hui, ça ressemble à quoi ? est-ce que le travail évolue d’un dessin animé à un autre ? et le passage au numérique, ça change quoi ? J’étais accompagnée de grands fans de Pixar mais même eux étaient loin d’avoir les réponses à toutes les questions qui fusaient dans nos esprits survoltés.

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          Je sais que c’est une évidence pour beaucoup mais déjà, un petit blabla pour expliquer ce que sont les studios Pixar et quelles sont leurs créations n’aurait pas été du luxe, histoire qu’on arrête de les confondre avec Disney. Parce que l’air de rien, je suis sure que ce n’est pas clair pour tout le monde. Ensuite, on a l’immense chance d’avoir sous les yeux toutes les étapes du travail animateurs, j’aurais tellement aimé qu’on m’explique plus précisément comment ça se passait ! J’ai adoré voir différentes versions d’un personnage qui ne ressemblent en rien à celui qu’on connaît, mais ç’aurait été encore mieux avec 2 lignes de baratin sur la manière dont ce travail se fait sur chaque projet. On ne peut que supposer, essayer de deviner à travers les images les différentes étapes de la création, l’ambiance qui règne dans les bureaux, l’importance de telle ou telle étape… C’est terriblement frustrant.

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          J’aime ressortir d’une exposition en me sentant moins bête mais sans être guidée, c’est assez difficile. J’aurais tellement aimé trouver quelques anecdotes sur tel ou tel dessin animé pour pouvoir frimer devant les copains dans des soirées. Je ne sais pas moi, savoir comment est née l’idée de tel ou tel personnage, comment tel autre a failli s’appeler, qu’une fin différente a été envisagée pour un film, que sais-je encore ? je suis sure qu’il y a des dizaines, des centaines même, de détails de la sorte qui m’auraient passionnée ! et ils n’en n’ont pas mis un seul ?! Ca suffit à gâcher mon plaisir… J’ai d’ailleurs commencé à regarder un documentaire sur Pixar pour arranger ça. Je comptais ressortir avec 2/3 babioles à la boutique du musée, selon mon habitude mais elle est extrêmement chiche : aucun intérêt, nous avons donc passé notre chemin, plus abattus que jamais. Heureusement que le zootrope et l’artscape ont fini la visite en beauté ! L’exposition est magnifique, très riche et très variée (les puristes ont regretté qu’il n’y ait pas plus de storie boards, étonnamment peu présents), on est émerveillé de bout en bout. Pourtant, si l’enfant qui sommeille en nous est comblé, l’adulte regrette de ne pas y puiser un quelconque savoir. Le prochain accrochage sera sur les super héros Marvel, je me demande déjà si je dois y courir ou passer mon chemin… 

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Pixar, 25 ans d’animation

Jusqu’au 2 mars 2014

Art Ludique, le musée

34, quai d’Austerlitz

75013 Paris

Ouverts tous les jours (voir ici pour les horaires)

14€, 8,5€ pour les – de 12 ans

Théâtre

Voleurs de poules

          Chaque hiver, le cirque Romanes pose caravanes et chapiteau aux portes de Paris. Quelques mois de répit à la mauvaise saison pour ses voyageurs infatigables et l’occasion pour nous de découvrir leur dernier spectacle. Celui qu’il nous présentent en ce moment se nomme  « Voleurs de poules » : tout un programme ! 

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          J’avais vu le cirque Romanes étant enfant et j’en avais gardé un souvenir impérissable. Ce n’est certes pas le plus impressionnant, pas ici de numéros d’acrobatie à couper le souffle (quoi que…) ou de ménagerie (bien qu’à l’époque ils aient eu une chèvre et quelques poules, justement) mais une ambiance familiale et une bonne humeur communicative. Si la performance n’est pas toujours au rendez-vous, ce cirque a surtout un charme fou ! J’avais un peu peur d’être déçue en le revoyant avec mes yeux d’adultes : c’est tout le contraire qui est arrivé, je crois que j’ai encore plus apprécié que la première fois ! Dès l’entrée, on est marqué par le côté très familial de la troupe. C’est madame Romanes qui nous accueille, monsieur n’est pas loin pour veiller à la bonne installation de tout le matériel avant le spectacle et les artistes s’échauffent derrière la scène. Derrière aux une pancarte affiche « Passage interdit aux tziganes » : le ton est donné, ici, on ne se prend pas au sérieux.

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          Si vous cherchez un spectacle impeccable de bout en bout et des numéros hallucinants, vous n’êtes pas au bon endroit. Ici, chacun a sa place sur scène, y compris les plus jeunes, qui manquent encore parfois un peu d’assurance ou de pratique. Il y a donc forcément quelques couacs, mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce cirque si particulier. Les uns jouent de la musique tzigane pendant que les autres se produisent sur scène dans la joie et la bonne humeur. Mais si certains numéros manquent un peu de rodage, d’autres ne manqueront pas de vous faire rêver. La funambule accomplit des prouesses, la trapéziste nous fait vibrer à chaque envolée et le jongleur, poète de la troupe, ne peut que vous faire succomber à son charme. Une fois n’est pas coutume, les photos sont autorisées et j’ai terriblement regretté de ne pas avoir pensé à prendre mon appareil, d’autant plus que j’étais assise au premier rang, pile en face des artistes. Je compte d’ailleurs retourner voir le spectacle pour arranger ça !

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          Les numéros s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Les artistes proposent pour la plupart plusieurs numéros, nous proposant chaque fois une facette différente de leur talent. La femme des airs est exceptionnelle, elle nous fait trembler lorsqu’elle se balance en haut du chapiteau. Quant au jongleur, si la performance est au rendez-vous, c’est surtout l’histoire qu’il raconte à travers chacun de ses numéros qui m’a totalement séduite : tout semble facile quand on le regarde faire, on en oublierait presque la difficulté tant on est subjugués par son humour et sa poésie. Moi qui préfère pourtant les numéros plus vertigineux, ce sont les siens que j’ai attendus avec le plus d’impatience ! On passe un excellent moment avec la famille Romanes. Loin des spectacles formatés, on aime les petits accrocs qui jalonnent le parcours et nous rappellent la difficulté de ce qu’il nous est donné à voir. On n’en admire que plus la performance lorsqu’elle est parfaite et nous fait alors d’autant plus rêver. On ressort du chapiteau des étoiles plein les yeux, en regrettant un peu de ne pas faire partie de cette famille-là.

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Cirque Romanes

42-44 boulevard de Reims

75017 Paris

Métro Porte de Champerret

Jusqu’au 4 mai

20€