Bars, restaurants·Cinéma

Vacances romaines au café de la presse

          J’étais déjà passée devant le Café de la Presse un jour de projection et ça m’avait fait très très envie. Je m’étais dit que la fois suivante je ne raterais pas ça et puis bien sûr, j’avais oublié. Quand on m’a proposé d’aller y voir Vacances romaines avec Audrey Hepburn et Anthony Peck, j’ai donc sauté sur l’occasion. Le principe : le Café de la Presse s’associe avec Paris fait son cinéma pour une projection d’un grand classique chaque mois, le dimanche soir. La projection est gratuite, il ne vous reste plus qu’à commander quelque chose à siroter devant votre film. Ca tombe bien, l’équipe vous concocte pour chaque séance des cocktails et plats qui rappellent l’univers du film : immersion garantie.

Le café de la Presse, Paris, Bastille

          J’ai trouvé l’ambiance du lieu très sympa. Nous étions installés à l’étage et nous avions une assez bonne vue sur l’écran (les écrans devrais-je dire puisqu’il y en a un à chaque bout de la salle). En bas les tables semblent beaucoup plus tassées. Economies obligent, nous ne comptions pas spécialement manger sur place. Pourtant, les assiettes que nous avons vues sur les tables voisines ne nous ont pas franchement aidées dans nos résolutions… Elles sont très copieuses et tout paraissait très bon. Nous avons coupé la poire en deux et opté pour une planche de fromage et charcuterie. Nous avons choisi la petite (A4, de son petit nom, car tous les plats font référence à… la presse bien sûr !) qui est déjà bien copieuse et tout à fait honnête pour son prix. Avec ça, un cocktail italien bien sûr !

          Et le film, dans tout ça ?

          Princesse soumise à un étouffant protocole, Ann n’a pas une minute de liberté. En déplacement à Rome, elle fait la rencontre du journaliste Joe Bradley qui la reçoit chez lui sans connaître son statut. Sous le charme du jeune homme, Ann profite enfin d’un moment d’évasion avant que sa condition ne la rattrape.

Vacances Romaines, affiche

          Ma culture classique n’est franchement pas terrible côté cinéma et je n’avais jamais vu ce film de William Wyler sorti en 1953. Je ne connaissais pas le synopsis mais le titre et le casting m’avaient donné très envie de le voir. Il m’a fallu quelques minutes pour rentrer dedans, comme souvent avec les vieux films, le temps de laisser de côté nos habitudes en matière de cinéma. Je ne suis pas particulièrement branché comédie romantique et je craignais un peu que ça ait mal vieilli. Que nenni ! Si le tout début n’est pas palpitant – il faut bien poser le contexte – ça devient rapidement très prenant et franchement drôle par dessus le marché. Je dois avouer avoir été surprise par l’omniprésence de l’humour dans ce film. Les vannes fusent et le comique de situation n’est pas en reste. Je suis rarement bon public pour les comédies mais j’ai pourtant beaucoup ri.

Vacances romaines, Greory Peck et Audrey Hepburn en Vespa

          Le casting vend du rêve. C’est incroyable ce que ces deux acteurs peuvent être beaux et talentueux ! Certes, on le savait déjà mais tout de même, on est sous le charme de bout en bout. L’histoire quant à elle est assez simple mais elle fonctionne et après tout, on ne lui en demande pas plus. La fin est assez surprenante et on ne tombe absolument pas dans la mièvrerie. Il y a quelques scènes franchement cocasses qu’on risque difficilement d’oublier. Evidemment, le décor de rêve est aussi le bienvenu et on apprécie nous aussi ce petit séjour touristique dans la capitale italienne. J’ai vraiment pris un plaisir fou à la découverte de ce film drôle, sensible et enlevé : tout le charme d’Hollywood pendant 2h. 

          Vous l’aurez compris, j’ai passé une très bonne soirée qui me sera revenue au prix d’une place de cinéma mais en beaucoup mieux (vous m’excuserez, je n’ai pas trouvé la bande-annonce en VO sous-titrée). Ca m’a d’ailleurs donné envie de retourner au Café de la Presse pour découvrir le restaurant qui propose des plats simples (pâtes, burgers, tartares, salades…) mais qui semblent de qualité et servis en quantités très généreuses. Si mes souvenirs sont bons, il faut compter environ 15€ pour un plat, ce qui est sensiblement le tarif en vigueur dans le quartier. Je n’ai pas eu la carte des boissons entre les mains donc à part les cocktails du jour (5€ je crois), je ne connais pas les prix des consommations. Des concerts et expositions sont aussi organisés et il y a une grande terrasse pour l’été. Bref, un endroit où je me suis sentie bien et qui m’a donné envie d’y retourner. Pour les films en revanche, c’était le dernier de la saison mais j’espère qu’ils reviendront bientôt et en attendant vous pouvez découvrir le reste de la programmation de Paris fait son cinéma avec plein d’événements plus originaux les uns que les autres. Nous avons passé grâce à eux une excellente soirée qui avait comme un goût de vacances.

Le café de la Presse, Paris, Bastille

Le Café de la Presse

36 boulevard Bastille

75012 Paris

Ouvert tlj de 08h à 02h, 05h le week-end

Mes lectures

BD et romans graphiques

Tyler cross, Fabien Nury et Brüno

Tyler Cross vient de braquer 17 kilos d’héroïne pure appartenant à la Mafia. Il a 20 dollars en poche, un fusil à pompe, un Colt à la ceinture, et il est à pied, seul, au fin fond du Texas.

Tyler CrossUne des excellentes découvertes BD de ces derniers mois. J’ai gagné cette BD il y a quelques temps et je ne savais pas trop de quoi il s’agissait. Le dessin ne m’attirait pas plus que ça et j’ai donc mis pas mal de temps à me mettre à cette lecture. Je suis pourtant vite tombée sous le charme de ce personnage haut en couleur. Je m’attendais à un esprit western mais finalement ça sent plus la mafia version ensablée. Le dessin n’est pas exactement mon genre (je reste très très classique, je le répète) mais les traits taillés à la serpe vont parfaitement au personnage et à l’ambiance générale. C’est particulièrement réussi. Quant à l’histoire, elle nous amène de surprise en surprise. Les rebondissements s’enchaînent, ça va loin, très loin. C’est tout sauf prévisible et cette débauche de violence est absolument jouissive et certaines scènes sont tout simplement inoubliables. Un univers visuellement très marqué, un personnage fort et une histoire efficace pour cette excellente BD qui a été un gros coup de cœur.

Tyler Cross tome 2 : Angola, Fabien Nury et Brüno

Un coup sans risque se transforme en descente aux enfers pour Tyler Cross. Un enfer qui porte le doux nom d' »Angola », la plus grande prison de haute sécurité des États-Unis. Si Tyler sort un jour de cet enfer carcéral, ce ne sera pas pour bonne conduite.

Tyler Cross AngolaJ’attendais avec impatience la sortie de ce deuxième tome, après mon coup de foudre pour le premier. J’ai été heureuse de retrouver ce personnage complètement barré et l’univers graphique très particulier de cette série. Pourtant, j’ai été un peu déçue par cette suite (comme souvent). Pas que je n’aie pas aimé mais ce n’est pas aussi fou que le premier tome. Il manque le plaisir de la découverte, certes, mais pas que, il y manque la folie de précédent. L’histoire est classique : Tyler Cross va en prison après un braquage qui tourne mal. Il veut s’enfuir. Sur place, d’anciens ennemis veulent lui faire la peau : il va devoir lutter pour sa survie. Scénario simple et terriblement efficace mais qui manque un peu de surprises. On est passé du héros poissard au héros tout court et quelque part c’est un peu dommage, ça perd de son charme. Ca n’en demeure pas moins une très bonne BD, si on arrive à faire un peu abstraction des attentes démesurées créées par la première. Nouvelle histoire, nouveau ton, ça fonctionne moins bien, il n’y a pas cet effet coup de poing dans l’estomac, mais l’ensemble tient la route, et plutôt très bien même. Il n’y a plus qu’à attendre le tome 3.

Biotope 1 et 2, Appollo et Brüno

Trois flics sont envoyés sur Biotope pour enquêter sur un assassinat. Une fois arrivés à la base, ils sont accueillis par des scientifiques peu coopératifs et ont interdiction de sortir pour ne pas risquer de modifier l’écosystème. Commence alors une enquête difficile au milieu d’une base hostile.

biotope-1-couvAprès Tyler Cross, on retrouve les dessins de Brüno dans Biotope. Le style graphique est moins « sec » que dans la BD susnommée mais si à première vue il m’attirait plus, j’ai finalement trouvé que ça fonctionnait moins bien, il ne parvient pas à créer un univers aussi fort. Du côté du scénario, j’ai moyennement accroché. Les personnages ne sont pas vraiment forts ni particulièrement attachants et l’histoire est peut-être un peu trop survolée. Les tomes fonctionnent ensemble et ne sont pas dissociables. Cette enquête policière sur fond d’écologie et de science-fiction part un peu dans tous les sens : il y a du très bon et du un peu moins moins bon. Dans l’ensemble j’ai plutôt bien aimé cet univers déjanté mais je ne pense pas que ce soit une lecture marquante malgré un humour assez corrosif. Sans être un gros coup de cœur, cette BD m’a fait passer un sympathique moment.

Cases blanches, Sylvain Runberg et Olivier Martin

Vincent est un auteur de BD en panne d’inspiration depuis plusieurs années après l’énorme succès qu’a eu le tome 1 de sa série. Pressé par son éditeur qui veut voir l’album terminé, attendu par ses nombreux fans, délaissé par son scénariste qui n’en peut plus de ses blocages, Vincent est désorienté.

Cases blanchesJe n’attendais pas grand chose de ce roman graphique dont je ne savais d’ailleurs rien et j’ai bien traîné des pieds pour la lire. Finalement ç’a été une bonne surprise. « Cases blanches » fait référence à la peur de la page blanche, transposée ici au milieu de la BD. C’est l’histoire d’un auteur de BD justement, qui après un gros succès est en total manque d’inspiration et n’arrive pas à livrer les dessins qu’il a promis et que tout le monde attend avec impatience. C’est l’histoire de ses mensonges, de ses doutes. J’ai bien accroché avec cet univers somme toute assez classique mais qui aborde un sujet intéressant. L’histoire m’a de suite embarquée et j’ai pris un grand plaisir à cette lecture, à la fois parce que l’univers dans lequel elle se déroule me plaisait bien mais aussi parce que j’ai trouvé ce personnage un peu paumé très sympathique. Un roman graphique avec lequel j’ai beaucoup accroché, tant visuellement que par son histoire, une très bonne surprise.

Le retour de la Bondrée, Aimée de Jongh

C’est l’histoire de Simon, un jeune libraire au bord de la faillite. Marqué par un événement dramatique, il va devoir faire face à ses souvenirs pour trouver une issue.

Le retour de la bondréeLe résumé de ce roman graphique m’intriguait vraiment. Le personnage principal est un libraire, ça a suffit à attirer mon attention (je sais, je suis prévisible). Pour le reste, ça me semblait assez mystérieux. Je dois avouer que je ne sais pas trop que penser de cette lecture. J’ai bien aimé l’univers graphique, assez sombre et assez sobre. L’histoire m’a sans doute un peu laissée sur ma faim. Etant donné ce que j’en avais entendu dire, je m’attendais à quelque chose de très original et décale, finalement, l’histoire d’un libraire dépressif qui met la clef sous la porte et  se remet en question n’est pas franchement révolutionnaire. A défaut d’être vraiment surprenante, l’histoire pose quand même des questions intéressantes et fonctionne assez bien. Si je n’ai trouvé dans ce roman graphique ce que j’attendais, j’ai quand même été assez séduite par cet univers tourmenté où la psychologie des personnages est poussée. Une belle découverte.

Mes lectures

Cow-boys et indiens

          Les cow-boys et les indiens gardent toujours pour moi ce même pouvoir de fascination, même si avec le temps mon regard sur la question a forcément beaucoup évolué. Je vous présente ici 3 histoires sur lesquelles je suis tombée récemment. J’aurais aimé un article plus fourni mais je n’ai malheureusement pas réussi à me plonger assez dans le sujet pour cela. Bientôt peut-être.

Le dernier des Mohicans

          1757, État de New York. Français et Anglais se battent pour l’appropriation des territoires indiens. Au cœur de cette guerre, un jeune officier anglais, Duncan Heyward, est chargé de conduire deux sœurs, Cora et Alice Munro jusqu’à leur père. Victimes d’une embuscade, les deux jeunes femmes et leur escorte sont sauvées par Hawkeye, un Européen élevé par le Mohican Chingachgook, et son fils Uncas, qui acceptent de les escorter jusqu’à leur destination…

Le dernier des MohicansJ’avais vu le film il y a fort longtemps et je l’avais beaucoup aimé. Le genre qui fait battre le cœur et pleurer à la fin. La première fois que je devais avoir 10 ans, j’étais alors très impressionnable. J’ai donc décidé de le revoir. Inutile de dire que ce film de 1992 a tout de même un peu vieilli. Disons qu’il est très marqué par son époque. C’était la grande période du mélo d’aventure. Si j’étais adepte du genre dans mon adolescence je dois avouer qu’il passe un peu moins bien aujourd’hui. Les ficelles sont un peu grosses et on voit tout venir à des kilomètres. La musique m’a insupportée et m’a vraiment empêchée de rentrer dans le film. Si je reconnais à ce film un certain charme, j’ai été moins sensible à son romantisme effréné et ses bons sentiments que lors des premiers visionnages. Je m’endurcis avec l’âge… Il n’en reste pas moins qu’il a marqué une génération et mérite le coup d’oeil.

Le dernier des MohicansEn revanche, si le film m’a un peu laissée sur ma faim, j’ai vraiment adoré la BD – ou plutôt le roman graphique – que j’ai trouvée vraiment magnifique. Le texte est réduit au maximum pour une histoire assez condensée même si la trame est toujours bien présente. Les illustrations ont ainsi la place de s’épanouir et sont merveilleusement mises en valeur. Elles sont très belles et la mise en page est particulièrement réussie. Le dessin est fort et j’ai passé un temps fou sur chaque page, elles sont autant d’œuvres d’art devant lesquelles on a envie de s’arrêter. Ca m’a donné très envie de lire le roman. J’ai été vraiment convaincue par cette très jolie adaptation. Une belle découverte.

La légende de la femme-louve : Cheveux de feu et Traque sauvage, de Sylvie Wolfs

         1845. Jewell O’Connor et Zuzeca Cik’ala Iyasni ne sont encore que des enfants, mais déjà ils luttent pour leur survie dans un monde qui s’effondre. Pour elle, la famine. Pour lui, la guerre. Pour eux deux, la barbarie. Au fil des bonheurs, des apprentissages, des drames et des épreuves, ils cheminent l’un vers l’autre.

Cheveux de feuVoilà deux romans que j’aurais adoré lire quand j’étais adolescente. Une héroïne au fort caractère et aux cheveux de feu, c’est un peu le type idéal pour me séduire. Et si ça se passe chez les indiens c’est encore mieux ! Je suis de suite tombée amoureuse de ce personnage haut en couleur et particulièrement sympathique. Le style est simple et efficace, dans la plus pure tradition du roman d’aventure. J’ai dévoré le premier tome que j’ai vraiment pris un grand plaisir à lire. Il y a dedans tous les ingrédients qui font le charme du roman d’aventure : une héroïne forte, des rebondissements à la pelle, des rencontres malheureuses et d’autres qui le sont plus, un soupçon d’amour. Sans être de la grande littérature, il n’y a pas à dire, ça fonctionne. Je me suis totalement laissée embarquer par cette histoire. J’ai un peu moins aimé le second tome, qui vire plus mystique. J’avoue avoir toujours un peu de mal avec ça. Même si ce n’est pas totalement hors sujet étant donné que c’est rattaché à la culture indienne, j’ai trouvé que c’était un peu tomber dans la facilité de régler certaines situations conflictuelles en faisant intervenir des esprits. J’aurais aimé qu’au moins un doute soit permis quant à la nature des événements, ça manque de subtilité. Si le second tome m’a moins convaincue que le second, j’ai quand même dans l’ensemble bien aimé cette lecture pour le moins divertissante.

 

Psychanalyse du héros de westernde Wandrille

          Dans l’Ouest aussi, on peut résoudre des problèmes personnels en parlant à un homme médecine pour guérir ce qui se cache sous votre scalp.

Psychanalyse du héros de westernQuand j’ai vu ce petit livre (plutôt un petit carnet même), j’avais déjà prévu d’écrire cet article depuis un bon moment, il m’a donc semblé indispensable de l’y ajouter. Je l’avais feuilleté et ça m’avait l’air plutôt drôle, je n’ai donc pas hésité à me le procurer. J’ai finalement été assez déçue. Je n’ai pas toujours trouvé ce qu’il y avait de drôle dans ces saynètes. Ni même ce qui était sensé être drôle d’ailleurs. En revanche d’autres sont plus réussies. C’est un peu inégal. J’ai bien aimé le dessin et j’ai trouvé certaines choses assez bien vues. Dommage que ce soit un peu court. De plus, 5€ le fascicule de 10 pages, ce n’est franchement pas donné. Une bonne idée de départ mais une réalisation plutôt moyenne, dommage.

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          Je pensais faire un article bien plus fourni sur le sujet. J’avais même fait le stock de westerns en prévision. Et puis finalement j’ai trop traîné à les regarder, ça donnera peut-être lieu à un autre article dans quelques temps. J’ai quand même enfin vu The Salvation que je vous recommande. Déjà parce que Mads Mikkelsen est égal à lui-même, à savoir, absolument parfait. Ah, quel homme ce Mads ! Et l’image est d’un esthétisme époustouflant. C’est très sombre et extrêmement violent mais d’une telle beauté. Un film élégant à l’histoire classique mais à la photographie impeccable. D’une efficacité redoutable.

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          Sinon vous pouvez retrouver l’ambiance far-west sur mon blog à travers quelques anciens articles. Je vous propose l’exposition Indiens des plaines au Quai Branly, qui m’avait d’ailleurs moyennement séduite malgré sa richesse, elle offrait toutefois une mine d’informations que vous pouvez retrouver dans le catalogue d’exposition. Il y a également l’excellent Mille femmes blanches de Jim Fergus sur un échange femmes-chevaux des plus édifiants. On y apprend beaucoup sur les traditions de différentes tribus. Du même auteur, je vous conseille également La fille Sauvage. Eric Vuillard quant à lui nous amène à la découverte de Buffalo Bill dans Tristesse de la terre. Pas d’indiens mais des cow-boys dans Lonesome Dove où les troupeaux font des milliers de kilomètres à la conquête de l’ouest. Plaies infinies encore dans True Grit, le western des frères Coen. Enfin, Little Bird nous amène au coeur d’une réserve indienne à travers une sombre enquête sur un viol.

Actualité·Mes lectures

Romans : sortis en mars

          Depuis janvier, je suis plongée jusqu’au yeux dans les sorties du moment. Il est bien rare que je lise autant de littérature contemporaine. Heureusement que je voulais me remettre aux classiques ! Voici quatre romans parus en mars. J’ai un peu (hum… hum… beaucoup ?) de retard dans mes lectures, les essais, biographies, témoignages et compagnie suivront donc dans un prochain article. Du bon, du moins bon, cette fournée est assez mitigé. Faites votre choix. Sur ce, je cours me plonger dans les sorties du mois d’avril.

          En 1917, Wilma a onze ans quand son père lui rapporte un cadeau : Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède. Cette lecture va bouleverser à jamais la vie simple et rude de la jeune fille, qui se lance dans un combat héroïque pour la sauvegarde du plus grand oiseau migrateur d’Amérique du Nord.

Elles sont parties pour le NordJe trouvais le titre de ce roman très prometteur. J’espérais y retrouver un esprit d’aventure. Les premières pages m’ont plutôt séduite : une petite fille dans une cabane de trappeurs, c’était prometteur. J’ai un peu décroché ensuite, quand on suit ses rêveries, puis qu’on la voit grandir en ville. Décrite comme « animiste », elle apparaît comme très sensible, pourtant j’ai trouvé que le personnage aurait mérité d’être plus fouillé pour gagner en émotion, on reste un peu trop à la surface des choses. Toutefois, m’ont intérêt s’est accru quand Wilma commence à se lancer dans un combat pour la sauvegarde de la grue blanche. Assez sensibles aux questions d’écologie, c’est un type de sujet qui m’intéresse toujours. J’ai trouvé les différentes étapes de la mise en place d’un programme de protection très intéressante. En revanche, le côté un peu nunuche de ce personnage par ailleurs décrit comme très fort m’a beaucoup gênée. Une sensiblerie qui se retrouve également dans l’écriture qui a tendance à verser un peu trop dans le bon sentiment et la facilité. C’est dommage, l’histoire avait un fort potentiel qui n’est pas suffisamment développé. Ce récit aurait pu être très fort choisit un angle d’approche qui frôle un peu trop souvent la mièvrerie à mon goût. Si cette lecture est relativement agréable dans son ensemble, un texte qui manque de caractère.

J’avais onze ans lorsque j’ai rencontré pour la première fois la grue blanche d’Amérique, à son départ de Canada pour Aransas. Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Il y avait d’un côté la débâcle d’une rivière en furie et de l’autre le vol majestueux, hors du temps, irréel, de trois oiseaux en route pour une migration de trois mille cinq cents kilomètres.

          La Bibliothèque des Refusés est un établissement des plus singuliers : elle recueille plus encore, elle sauvegarde tout texte ayant essuyé refus sur refus de la part des éditeurs. Mais de nombreuses mésaventures vont venir perturber l’ordre tranquille de la Bibliothèque.

Au paradis des manuscrits refusésCette lecture aura été une torture sans nom. On a rarement l’occasion de lire quelque chose d’aussi mauvais. Etrangement, malgré une forte envie de laisser tomber ce roman dès les premières lignes, je suis pourtant aller au bout (tant bien que mal). Il faut dire qu’à défaut d’avoir le moindre intérêt, ce livre ne se lit pas trop mal. Le style est d’une rare pauvreté. Il y a quelques mots savants disséminés deci-delà mais ça ne suffit pas à masquer l’insignifiance de cette prose. L’histoire n’est pas en reste. Je trouvais l’idée d’une bibliothèque des manuscrits refusés assez prometteuse. Cette sorte de dépôt légal pour écrivains ratés me semblait offrir pas mal de possibilités. Sauf que d’histoire il n’y a pas vraiment. C’est mal construit, prévisible et insignifiant. Les maigres rebondissements ne sont absolument pas développés, leur ôtant toute consistance. Ce niveau de platitude est presque un exploit en soi. Je crois avoir déjà trouvé le plus mauvais livre de l’année.

Le manque d’accessibilité a toujours été l’une des qualités les plus reconnues de l’établissement.

          1967. Dans un bar de Los Angeles, Johnny Cash livre ses états d’âme à un inconnu. Le chanteur, pourtant au sommet de sa gloire, dit ne plus se reconnaître et rêver d’un endroit tranquille où il pourrait oublier « tout ce cirque ». Thomas, un jeune peintre underground, va s’engager à lui trouver.

Jukebox MotelJe ne savais pas trop quoi attendre de ce roman mais ça avait un lien avec Johnny Cash alors ça m’inspirait bien. Je n’en attendais pas grand chose mais j’ai été très agréablement surprise. J’ai beaucoup accroché avec le style qui possède une sorte de fraîcheur très agréable. Ca se laisse lire tout seul. L’histoire est assez sympa aussi. Un peintre qui ne croît pas vraiment à son talent, une histoire d’amour qui n’en est pas une (ou peut-être que si), des rencontres improbables et un lieu plein de musiciens. A la fois crédible et incroyable, et pourtant simple comme une histoire d’amitié. J’ai trouvé ça très réussi. On apprend à apprécier les personnages qui ont tous des caractères bien trempés et les stars qui traversent ce roman ne prennent jamais toute la place. Il y a une ambiance particulière dans ces pages qui ont un petit air de vacances. J’ai été très surprise d’apprendre qu’il s’agissait d’un premier roman : franchement prometteur. Une lecture qui possède une légèreté très agréable mais qui est loin d’être inconsistante pour autant. Un très bon moment.

Il faut croire que, même au bout de la vérité, on a besoin de garder quelque chose à avouer, qu’au bout de nos aveux, il reste un dépôt, une lie au fond de la bouteille. Cette vérité impossible à donner à l’autre, ce double fond, c’est encore un mensonge, le dernier, et on préfère l’appeler secret.

          Irlande du Nord, fin des années 80, en plein conflit entre catholiques et protestants à Ardoyne, quartier difficile de Belfast. Mickey, le narrateur, vit sa dernière journée à l’école primaire avant les vacances d’été.

Un bon garçonJe ne sais pas trop comment aborder cette lecture. Je suis toujours intéressée par les romans ou les films sur les troubles en Irlande, je partais donc avec un a priori positif. Pourtant j’ai eu beaucoup de mal avec le style. C’est bien écrit mais le fait de suivre cette histoire à travers les yeux d’un petit garçon m’a gênée. Ca ne me dérange pas toujours mais en l’occurrence ce petit garçon ne m’a pas particulièrement sympathique et m’a surtout mise très mal à l’aise. Difficile de dire pourquoi. Je ne suis simplement pas rentrée dans son monde je crois. Ses rêves, sa manière de raconter, rien ne m’a touchée, pourtant j’aurais sans doute pu me retrouver son rapport conflictuel aux autres mais rien à faire, aucune empathie ne s’est mise en place. Ca a forcément rendu ma lecture un peu compliquée, même si je me suis peu à peu habituée et que ça allait mieux sur la fin. L’histoire est touchante : celle d’un petit garçon à part sur fond de conflit religieux. Le fait que la narration soit faite par un enfant donne un point de vue intéressant. Si j’ai eu du mal avec le style du récit, je lui ai toutefois trouvé de nombreuses qualités. Un roman qui mérite qu’on s’y arrête.

Je regarde M’man pour qu’elle me soutienne, mais elle a les yeux fixés sur Mr Bown, qui se lève et va tripoter les stores tout en continuant à parler. J’entends ma respiration. Je ne comprends toujours pas ce qu’il raconte.

Mes lectures

Ma liseuse Kindle et moi

          Certains le savent, je suis absolument réfractaire au livre électronique. J’ai beau passer mon temps en lire, je n’en possédais pas jusqu’à très récemment. Je suis donc la fille qui se trimbale toujours avec un pavé dans son sac de montagne et qui part en vacances avec plus de bouquins que de tee-shirts. D’ailleurs je m’étais toujours dit que le jour où je basculerais du côté obscur de la force, ce serait pour de longues vacances où je ne pourrais pas faire suivre la moitié de ma bibliothèque. Et puis finalement, les choses se sont passées autrement. J’ai beau tenir ce blog depuis des lustres, je reçois peu de livres en service de presse et presque toujours de petites maisons d’édition. Ca ne me dérange pas mais il se trouve qu’en ce moment je suis fauchée alors quand j’ai eu l’opportunité de recevoir des nouveautés en format électronique j’ai accepté. Comme lire sur un PC est franchement pénible, j’ai craqué pour une liseuse. Et voilà. La faute à la rentrée littéraire de janvier en somme.

          Il a fallu commencer par choisir une liseuse. Kindle, Kobo, aucune des deux ? Les prix sont relativement élevés et je ne comptais pas vendre un rein pour me procurer ce qui pour moi n’était qu’un mal nécessaire. Autant vous dire que j’ai passé quelques heures sur les prix des liseuses d’occasion (qui sont étonnement rares – et chères). Je n’avais pas de préférence sur la marque mais je tenais à l’encre électronique pour le confort de lecture et au wifi pour faciliter le téléchargement des ouvrages (et la pub, à mon plus grand regret…). Je tenais pas franchement à donner des sous à Amazon mais la Fnac me convainc guère plus. J’y allais un peu à reculons quoi. Finalement c’est le prix qui m’a décidé. J’ai trouvé une liseuse Kindle pas trop chère : hop voilà, mon choix était fait.

          Et le verdict ? J’avoue qu’au premier abord, je n’ai pas du tout mais alors pas-du-tout aimé la lecture sur liseuse. J’ai fait des études d’édition et je les ai faites non pas en espérant dégoter le nouveau Proust mais parce que depuis toute petite j’aime passionnément le livre en tant qu’objet : le grain du papier, l’odeur de la colle, une belle reliure et une typo recherchée. C’est une grave addiction depuis mon plus jeune âge. Vous comprendrez donc pourquoi je me hérisse dès qu’on me parle d’édition numérique. Pas que je n’y trouve aucun intérêt, simplement ce n’est pas pour moi.

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          La bonne nouvelle c’est que ça ne tue pas trop les yeux. C’est même plutôt agréable visuellement même si quand on change de page il y a un petit temps de latence avant l’affichage de la suivante. Mais on s’y habitue. Je n’ai ni le modèle le plus onéreux, ni le plus récent, ce défaut a peut-être été corrigé par la suite. Par contre c’est d’une froideur ! J’ai cru que je n’arriverais jamais à m’y faire. Mais bon, quand on s’engage à lire des formats électroniques, on assume. Finalement, sans aller jusqu’à aimer, je me suis peu à peu habituée à cette manière de lire. Le fait de ne pas pouvoir feuilleter me manque. Par contre j’aime bien savoir le temps de lecture estimé pour un chapitre. Pouvoir régler la taille de la police est aussi appréciable. Alors pour résumer :

  • Les points faibles

– La froideur de l’objet qui n’a évidemment pas l’odeur et le toucher d’un « vrai livre »
– L’absence de numérotation des pages peut s’avérer un rien perturbant
– Le temps de latence au chargement d’une nouvelle page
– Le manque de personnalisation du menu

  • Les points forts

– La possibilité de régler la taille de la police
– La capacité de stockage
– La durée de la batterie
– La possibilité d’installer un dictionnaire

          Si je préfère toujours sans conteste le livre papier, il y a quand même un certain confort dans la lecture numérique, en particulier si on n’a pas une très bonne vue (ce qui n’est pas mon cas). Pouvoir transporter sa bibliothèque dans quelques chose de plus léger qu’un roman grand format est appréciable, de plus, la batterie charge rapidement et tient longtemps – 1 mois à raison d’une heure de lecture par jour je crois, soit pour moi 7 à 10 jours. Le wifi est vraiment pratique. Pouvoir partager ses citations préférées en un clic ou vérifier la signification d’un mot inconnu instantanément est très agréable. Pour le confort de lecture, attention à choisir une encre électronique et pas quelque chose plus proche d’une tablette. Ces modèles se multiplient et sont plus agressifs pour les yeux. Je n’ai pas pris une version rétro-éclairée mais si vous êtes prêts à dépenser quelques euros de plus, je pense que ça peut être appréciable en cas de faible luminosité. Si je n’ai pas été franchement conquise par la liseuse, je me suis un peu habituée à elle et loin de remplacer le livre papier, elle offre un bon complément.