Expositions

Mille et une nuits

          Les contes des Mille et une nuits sont connus de par le monde entier ; traduits dans de nombreuses langues, il en existe des versions très diverses. Ils sont un mélange des mythes et croyances orientales et d’images, réelles ou rêvées, façonnées par l’Occident. L’Institut du monde arabe nous invite à découvrir les origines de ce recueil universel et les images que depuis des siècles il a inspirées. 

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          Les Mille et une nuits est un recueil de contes orientaux célèbre dans le monde entier. Shéhérazade est mariée à un sultan cruel qui épouse chaque soir une femme et la tue au matin après leur nuit de noce, afin d’être sûr de ne jamais être trompé. Pour retarder le moment de sa mort, elle le tient en haleine avec des histoires fabuleuses. Il existe de nombreuses versions de ce texte dont certaines sont très anciennes (on trouve des traces du recueil portant ce nom au X° siècle mais son origine est sans doute bien antérieure). Si les contes sont essentiellement originaires d’Inde et de Perse, le texte s’est surtout développé dans le monde arabe. Issus de la tradition orale, ces contes se sont transformés et enrichis au fil des siècles. Fixés pour la première fois à l’écrit au XIII° s., ils ont été traduits dans presque toutes les langues. Considérés comme une littérature mineure car née de la culture populaire, les textes ne seront illustrés que tardivement, sous l’influence de l’Occident.

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           En effet, dès leur traduction au début du XVIII° s., les Mille et une nuits connaîtront en France et dans le reste de l’Europe un grand engouement qui nourrira bien des fantasme et inspirera les artistes. Les textes les plus célèbres comme la légende d’Aladin et la lampe magique, de Sinbad le marin ou d’Ali Baba et les 40 voleurs, bien qu’issues de la mythologie orientale, ont été fixés à l’écrit en français pour être intégrés au récit de Shéhérazade avant d’être traduit en arabe ! La plupart des versions du recueil contiennent environ 200 contes (certains sont récités sur plusieurs nuits) et un seul parvient exactement au total de mille et une nuits, bien que plusieurs tentatives pour atteindre ce nombre symbolique aient été faites. Les éditions occidentales du texte sont richement illustrées et inspireront à leur tour les artistes orientaux. Un texte qui s’est enrichi au contact de différentes cultures : ancré dans la tradition orientale, il fait rêver l’Occident.

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          L’exposition propose environ 300 oeuvres autour de ce texte mythique. Au rez-de-chaussée, sont exposés des recueils des Mille et une nuits de différentes périodes et d’origines géographiques diverses. Du manuscrit au texte imprimé, illustré ou non, oriental ou occidental, nombreux ont été les ouvrages qui ont compilé ces contes orientaux. Un très bel échantillon nous en est présenté parmi lequel quelques textes richement illustrés et de très anciens manuscrits, souvent très bien conservés. Les panneaux explicatifs replacent bien ces oeuvres dans leur contexte et expliquent de manière passionnante et détaillée la naissance de ce monument de la littérature. Si les murs sombres et l’éclairage tamisé nous plongent dans une ambiance orientale, ça rend en revanche la lecture parfois un peu ardue, ce qui est dommage. Une ambiance un peu austère qui aurait mérité un peu plus de chaleur. La quantité de texte est assez importante et pourrait en décourager certains, ce qui serait fort dommage étant donnée la richesse du contenu. On regrette un peu l’absence de musique pour nous accompagner. Toutefois, par endroits, des contes lus ponctuent le parcours. Malheureusement, en bas, on ne les entend guère à moins de passer par hasard sous l’enceinte qui les diffuse et en cas d’affluence, celle-ci étant placée au-dessus des panneaux explicatifs, on empêche les autres de lire si l’on s’arrête pour écouter. Un petit défaut de conception qui ne gène pas la visite mais s’avère un peu frustrant.

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         L’étage est beaucoup plus ludique, avec une très belle scénographie. Ici on trouve essentiellement des illustrations, aussi bien occidentales qu’orientales, qui recouvrent une période très vaste. Une pièce permet d’écouter une quinzaine de contes grâce à un casque, en français ou en arabe. Le lieu est bien conçu et très agréable. On peut également découvrir dans la suite de l’exposition des photographies, des objets orientaux peuplent notre imaginaire (quelques sabres notamment), des costumes ou encore des extraits d’adaptations cinématographiques du recueil. Comme au rez-de-chaussée, des contes sont diffusés mais la scénographie est mieux conçues et on peut plus facilement s’arrêter les écouter (il faut dire aussi que les lieux sont plus vastes). Il y a une belle diversité dans les oeuvres proposées et certaines illustrations anciennes sont absolument magnifiques et impressionnent par leurs couleurs chatoyantes que les siècles n’ont pas ternis. Les ouvrages du rez-de-chaussée auraient peut-être mérité d’être intégré au reste, afin que les textes soient mieux répartis et la lecture moins fastidieuse. Une belle exposition au contenu extrêmement intéressant, une invitation au voyage qui n’est pas sans rappeler des rêves enfantins. 

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Mille et une nuits

Institut du Monde arabe

1, rue des Fossés Saint-Bernard

75005 Paris

Jusqu’au 28 avril 2013

Fermé le lundi, horaires et tarifs ici

Une web série pleine d’humour est consacrée à l’exposition, à découvrir sur le site de l’IMA

Actualité

L’actu de la semaine (02/03)

Quelles nouvelles cette semaine ? 

La démission du pape est effective depuis le 28 février 20 h après 8 ans d’exercice. Il est très rare qu’un souverain pontife renonce à ses fonctions. Il aurait pu s’y résoudre en raison d’un possible nouveau scandale au Vatican concernant un réseau d’influence homosexuel. Un nouveau pape sera élu dans les prochains jours. Un sujet qui rend d’actualité le très beau film de Nanni Moretti, Habemus papam

– Cette semaine a également permis de constater la tension qui règne dans les relations entre Vladimir Poutine et François Hollande. En visite en Russie, le président français a marqué son désaccord sur de nombreux points avec son homologue russe. Une rencontre qui ne fut toutefois pas dénué d’un certain humour, quelque peu glacial.

Au Mali, la lutte contre les islamistes au Nord du pays continue. L’armée tchadienne affirme avoir tué Abdelhamid Abou Zeid, le principal chef d’Aqmi au Maghreb islamique. L’information n’a pas encore été confirmée et un test ADN est en cours. Le Tcahd affirme également avoir abattu Mokhtar Belmokhtar, ancien membre important d’Aqmi, qui était entrée en dissidence en octobre dernier pour créer son propre groupe combattant.

Un nouveau scandale alimentaire éclabousse les grossistes de viande. Cette fois, il n’est plus question de cheval mais de viande avariée qui aurait été vendue au groupe Flunch. Les cas de ce type se multiplient, pas seulement en France ou en Europe mais bien dans le monde entier. Des scandales à répétition qui j’espère, pousseront à plus de transparence et surtout à une réorganisation de notre aberrant mode de consommation.

–  On déplore la mort de Stéphane Hessel, ancien résistant et auteur du célèbre Indignons-nous, à l’âge respectable de 95 ans. Quant à la musique, elle perd Daniel Darc, le rockeur avait été connu grâce au groupe Taxi Girl avant de se lancer dans une carrière solo ; il avait 54 ans.

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          Le mot de la semaine sera AFFETERIE : « Manière pleine d’affectation par laquelle, dans le dessein de plaire, on s’éloigne du naturel et tombe dans un excès de recherche superficielle ou contraire au bon goût. »

Les sorties ciné

Möbius : un agent des services secrets russes, Grégory, est envoyé à Monaco pour surveiller un homme d’affaires, son équipe recrute Alice, agent infiltré ; soupçonnant une trahison, Grégory va entrer en contact avec elle bien que le protocole l’interdise ; va alors naître une passion impossible. Au départ le film me tentait moyennement mais j’en ai eu plutôt de bons échos et la bande-annonce donne vraiment envie, je crois donc que je vais me laisser convaincre.

Week-end Royal : en 1939, Roosevelt reçoit Georges VI, c’est la première visite d’un monarque britannique aux Etats-Unis ; la Grande-Bretagne s’apprête en entrer en guerre contre l’Allemagne et espère obtenir le soutien américain, pourtant, Roosevelt semble bien plus intéressé par sa cousine Daisy que par les relations internationales. Un film qui me semble léger et agréable, sans doute pas un chef-d’oeuvre mais qui peut s’avérer un agréable divertissement.

Zaytoun : la rencontre improbable entre un jeune réfugié palestinien et un pilote de chasse israélien dont l’avion s’est écrasé ; une belle amitié va naître et il vont ensemble traverser le Liban en guerre pour rejoindre leur terre natale. J’aime généralement ce genre de films et bien que celui-ci soit sans doute bien trop dégoulinant de bons sentiments à mon goût, il méritait quand même une petite place dans ma sélection ciné.

          A noter aussi, La porte du paradis en version restaurée. Un film américain sorti en 1981 que je n’ai jamais vu et qui me tente bien.

Bonne semaine et rendez-vous samedi prochain !

Divers

Février, le bilan

          Comme tous les 1° du mois, l’heure du bilan des semaines passées a sonné. Un mois de février bien plus riche culturellement que les précédents avec 5 films vus, 8 livres lus, 2 expositions vues (et 2 revues) ainsi qu’une pièce de théâtre, de la danse et le spectacle d’un duo humoristes. Il y avait longtemps que je n’étais tant sortie ! Malgré un certain retard dans mes chroniques, j’ai donc plein de choses à vous raconter !

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          Côté lectures, aucun doute quant à mon coup de coeur du mois : il s’agit bien sûr d’Une femme aimée d’Andréï Makine. Celui qui figure depuis bien longtemps dans la restreinte liste de mes auteurs favoris signe ici encore un très beau roman, tout en finesse et en subtilité.

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          Au cinéma, pas de réel coup de coeur, malgré de bons films. Je pense que si je ne devais en choisir qu’un se serait Lincolnde Spielberg, qui malgré quelques petits défauts et un côté peut-être un peu trop lisse reste un très bon film. En revanche, le film qui m’a le plus marquée ce mois-ci est BlancanievesUn film très original qui s’il ne m’a pas embarquée dans son univers de bout en bout offre quelques passages de toute beauté.

visuel_affiche_mun          Enfin, les sorties diverses et variées. Concernant les expositions, la plus belle vue en février sent un peu le réchauffé puisqu’il s’agit des trois expositions consacrées au Japon à la Pinacothèque avec Hiroshige, L’art du Voyage – Van Gogh, Rêves de Japon – Denis Rouvre, Low Tide – Le Japon du Chaos. Dans les nouveautés, j’ai assez apprécié Mille et une nuits, à l’Institut du monde arabe, dont je vous parlerai très prochainement.

Les Bodins 40x60 PARIS.inddQuant aux arts de la scène, c’est un duo qui l’emporte avec Les Bodin’s, retour au pays. Depuis le temps que je voulais les voir, c’est enfin fait ! et autant vous dire que je n’ai pas été déçue ! J’ai ri de bout en bout devant ce qui restera sans doute le meilleur spectacle comique de l’année.

          Espérons que le mois de mars sera du même acabit et continuera sur cette bonne lancée. Le livre que je lis en ce moment est d’ailleurs bien parti pour se retrouver dans le bilan du mois prochain, mais « chut », je ne vous ai rien dit…

Et vous, quelles belles découvertes avez-vous faites ce mois-ci ? 

Photo

Le printemps aux Batignolles

Comme un petit air de printemps au square des Batignolles… Un rayon de soleil et quelques fleurs en attendant des températures plus clémentes.

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Un tout petit coin de verdure au coeur du XVII° où aller regarder les canards quand le soleil veut bien montrer son nez.

Cuisine

Mousse banane, speculoos et crème au citron vert

Pour 6 personnes

4 bananes bien mures

1 noix de beurre

1 c. à café de rhum

2 c. à soupe de fromage blanc

60 g de sucre

3 oeufs

1 citron vert non traité

10 spéculoos

1 pincée de sel

2 g d’agar agar

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Pelez 2 bananes, détaillez-les en petits cubes et faites-les revenir à la poêle avec une noix de beurre. Lorsqu’elles commencent à avoir la consistance d’une compote et à dorer, faites-les flamber au rhum ; pour cela, à feu vif, versez le rhum et enflammez immédiatement à l’aide d’une allumette. Laissez l’alcool se consumer en remuant légèrement au besoin. Sortez les bananes du feu et réservez.

Dans un saladier, mixez les deux bananes restantes avec le fromage blanc. Goûtez et sucrez selon votre goût (pour ma part, j’ai utilisé environ 15 g de sucre pour cette partie de la préparation).

Prenez les oeufs et séparez les jaunes des blancs. Réservez les blancs dans un saladier et mettez les jaunes dans un bol à fond rond de préférence. Ajoutez-y 30 g de sucre ainsi que le zeste et le jus du citron vert. Faites cuire au bain-marie : mettez un fond d’eau dans une petite casserole, lorsque celle-ci est frémissante, posez le bol dessus, de manière à ce que le fond du bol ne soit pas en contact avec le liquide. Remuez au fouet pendant environ 10 min, jusqu’à ce que le mélange épaississe et prenne une consistance crémeuse. Sortez alors le bol de la casserole et versez la préparation dans un autre bol afin d’arrêter la cuisson. Laissez refroidir.

Émiettez les spéculoos à l’aide d’un rouleau à pâtisserie et répartissez-les dans 6 verrines en en réservant un peu pour la décoration. Ajoutez un peu de banane flambée puis de crème au citron vert.

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Ajoutez une pincée de sel aux blancs d’oeufs et battez-les en neige. Lorsqu’ils commencent à être fermes, ajoutez-y un peu de sucre et continuez à fouetter jusqu’à ce que les blancs forment des « becs d’oiseaux » (lorsque vous sortez le fouet de la préparation, une pointe se forme).

Mélangez l’agar agar à un peu d’eau (le moins possible, une ou deux cuillerées à soupe suffisent) et portez à ébullition. Ajoutez-le au mélange banane/fromage blanc puis incorporez-y la moitié des blancs en neige. Remuez délicatement et ajoutez le reste. Répartissez la préparation dans vos verrines et réservez au frais au moins 2 h afin que la mousse prenne. Vous pouvez éventuellement vous passez d’agar agar mais vos mousses resteront fermes moins longtemps.

Au moment de servir, saupoudrez les mousses des spéculoos émiettés restant avec éventuellement une rondelle de banane ou des zestes de citron vert. Dégustez bien frais.

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Bon appétit !