Cinéma·Mes lectures

A la découverte du Moyen-Orient

          François Villon croupit en prison en attendant son exécution quand il reçoit la visite d’un émissaire du roi. Méfiant, il accepte une mission secrète qui le mènera jusqu’aux entrailles de Jérusalem, dans un vaste jeu d’alliances et de complots qui met en marche les forces de l’esprit contre la toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l’humanisme et la liberté.

La confrérie des chasseurs de livres_Quand on m’a offert ce livre, je ne connaissais pas du tout l’auteur mais j’ai de suite été séduite par le titre et la quatrième de couverture. L’auteur imagine ce qu’à fait le poète François Villon après sa disparition et je dois avouer que son arrivée dans une confrérie de chasseurs de livres et son périple au Moyen-Orient à la recherche de manuscrits rares ne pouvaient que me mettre l’eau à la bouche. Si je n’ai pas été déçue par l’histoire, j’ai en revanche eu beaucoup de mal avec le style. Je l’ai trouvé particulièrement pompeux et d’un parfait manque de naturel, dans la plus pure tradition universitaire : chiant à souhait ! A tel point que j’ai à un moment songé à interrompre ma lecture tant j’y prenais peu de plaisir. J’ai continué par intérêt pour l’histoire et j’ai plutôt bien fait. C’est très riche, entre politique, quête spirituelle et aventure. Malheureusement, ça manque cruellement de rythme. Tous les éléments du roman d’aventure sont présents, il y avait de quoi faire un roman palpitant (et non moins intéressant) mais le style figé dessert totalement l’histoire. C’es vraiment dommage et qui plus est extrêmement frustrant. On s’habitue un peu mais de là à y prendre du plaisir… Un bon roman sur le fond et les idées mais qui manque cruellement de vie.

A qui appartient donc la Terre Sainte ? A celui qui la possède ? A celui qui l’occupe ? A celui qui l’aime ? Si elle est vraiment aussi sainte qu’on le dit, une telle terre ne peut être conquise par les armes. Elle ne peut être possession, domaine ou encore territoire.

          Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.

L'arabe du futurJ’avais beaucoup entendu parler de cette BD qui avait fait grand bruit à sa sortie. On m’en avait vanté l’humour corrosif. J’avais résisté lors de la sortie du tome 1 mais l’arrivée du tome 2 a eu raison de ma volonté. Je dois avouer avoir été un peu déçue (mais notez quand même qu’après avoir lu le 1°, j’ai acheté la suite, sans doute mon problème non résolu avec les séries incomplètes y est-il pour quelque chose). Je n’accroche pas trop avec ce type de dessin mais finalement, je me suis plus ou moins habituée au bout de quelques pages. C’est certes drôle mais je ne sais pas, peut-être pas assez cynique à mon goût. J’ai aussi été un peu gênée par le fait qu’une grande partie de l’humour de ce texte repose sur le personnage du père, lâche, hypocrite et au final assez antipathique – même si je dois bien avouer qu’il mérite le détour – et sur le côté souffre-douleur de l’auteur – ce qui me met toujours très mal à l’aise (ah, les souvenirs d’école !). J’ai eu l’impression de ne pas toujours saisir l’humour de ce texte, pourtant bien présent, me donnant l’impression que la distance que prend l’auteur avec son histoire n’est pas celle qui me convient. Mais si j’ai décidé de lire la suite après une légère hésitation, c’est surtout parce que si je n’ai pas ri autant que je l’aurais cru, j’ai trouvé l’histoire intéressante dans le fond et assez instructive sur les mœurs des pays visités. Finalement, c’est cet aspect-là que j’ai préféré. Il y a une belle unité entre les deux tomes et on peut espérer que le(s) prochain(s) soi(en)t à l’avenant. Un roman graphique assez amusant même si je m’attendais à quelque chose de plus franchement drôle mais qui est intéressant par son aspect culturel. Je lirai probablement la suite pour voir comment ça évolue. 

Un homme n’a pas de racines , il a des pied.

          Sous la forme d’une lettre posthume à son grand-père, entremêlée de récits plus proches du reportage, Delphine Minoui raconte ses années iraniennes, de 1997 à 2009. Au fil de cette missive où passé et présent s’entrechoquent, la journaliste franco-iranienne porte un regard neuf et subtil sur son pays d’origine, à la fois rêvé et redouté, tiraillé entre ouverture et repli sur lui-même.

Je vous écris de TéhéranJ’ai acheté ce livre dans une librairie spécialisée dans le monde iranien située rue du Ruisseau à Paris dans le 18° arrondissement. Il m’a fallu les conseils du libraire, n’y connaissant absolument rien en littérature iranienne et perse. J’en suis repartie avec un roman iranien d’une auteur apparemment assez connue (que je n’ai pas encore lu) et ce livre-ci qui venait de sortir et qui est plutôt une vison de l’Iran par une journaliste française. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant. La journaliste a des origines iraniennes mais elle semble avoir découvert Téhéran sur le tard (même s’il me semble qu’elle y avait passé des vacances enfant), partant vers 20 ans en quête de ses origines. Je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai trouvé dans ce témoignage qui est avant tout un cri d’amour pour l’Iran. Arrivée à Téhéran, elle tombe amoureuse de cette ville et décide de s’y installer. Son regard semble extrêmement naïf et même si au fil des années elle se rend compte des difficultés de la vie là-bas et des persécutions dont sont victimes les intellectuels, rien ne semble pouvoir entamer son amour inconditionnel pour son pays – qui si je ne l’ai pas vraiment compris – m’a tout de même touchée d’une certaine manière. J’ai trouvé le style assez moyen même si ça se lit plutôt bien. En raison du ton parfois un peu trop débordant d’enthousiasme et d’optimisme face aux difficultés, j’ai eu du mal à m’enthousiasmer autant que je l’aurais voulu pour cette lecture qui est pourtant une mine d’informations et offre souvent un point de vue inattendu. 

J’ai quitté ton pays sans me retourner. Comment dire adieu à une moitié retrouvée de soi-même ? En ce début d’été 2009, la capitale iranienne pleurait ses martyrs et les cachots débordaient. Le temps d’une élection en trompe-l’œil, nous étions passés du vert espoir au rouge sang.

          Saeedeh, Omid, Leïla, Vahid et tous les autres ont moins de 30 ans. Ils viennent de tous les milieux sociaux, nous les avons rencontrés dans tout le pays. Ces jeunes ne cherchent plus à s’opposer à un régime trop fort pour eux, ils ont désormais un seul objectif, un impératif, une obsession : s’aimer. Malgré le régime. Malgré la tradition.

Love story à l'iranienneCette BD me semblait très prometteuse. Je n’avais pas lu de très près le résumé mais le titre est tout de même assez parlant. Elle se présente comme un reportage (c’en est d’ailleurs un). Les auteurs ont rencontré plusieurs jeunes iraniens qui parlent de leur couple ou de leur manière d’envisager les relations amoureuses. Autant de portraits d’un Iran parfois surprenant. Malheureusement, en raison d’une rupture de stock j’ai reçu cette BD en format numérique. Ca ne s’y prête pas du tout. Impossible de voir une planche dans son intégralité et aucune notion de double page. C’est dommage car la mise en page est ici particulièrement travaillée à ce qu’il m’a semblé. Le dessin m’a plutôt plu avec des choses plus ou moins réussies mais une belle variété dans la mise en images en des choses parfois très réussies. En revanche, je n’ai pas trop aimé le côté un peu « catalogue » de cette BD même si ça permet de découvrir des personnalités et des situations très diverses. J’ai trouvé que ça manquait de liant. Dans l’ensemble, j’ai ben aimé cette lecture qui permet de saisir l’ambivalence iranienne en peu de mots et m’a donné envie d’aller voir ce que les auteurs avaient fait d’autre. 

          Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion…

Taxi TéhéranJ’attendais beaucoup de ce documentaire. Je suis assez férue de cinéma iranien que je trouve souvent très fort voire franchement osé. Là je me suis ennuyée durant une large partie du film. Il faut dire que je ne suis pas très à l’aise avec les huis-clos alors la vie vue depuis un taxi, pas simple pour moi surtout si quelques enguelades viennent s’y ajouter. Il y a des réflexions intéressantes sur la vie iranienne avec des personnalités très diverses qui s’expriment. Je me suis d’ailleurs demandé à quel point certaines de ces rencontres avaient été fortuites tant elles semblent trop belles pour être vraies. L’intérêt du fond ne m’a pas empêché d’avoir une profonde envie de profiter du film pour faire une sieste. J’avais envie de m’intéresser à ce qui se disait et pourtant l’ennui me m’engluait de plus en plus à chaque minute qui passait. Fort heureusement, à un moment le réalisateur va chercher sa nièce d’une dizaine d’années à l’école. Elle est incontestablement l’atout charme de ce film. Vive, intelligente, espiègle, elle met un peu d’ambiance dans ce documentaire qui manquait cruellement de rythme. Une petite qui ira loin si elle arrive à passer entre les griffes du régime ! Un film intéressant mais qui m’a accablée d’ennui. A réserver aux plus motivés (ou patients).

          Pour aller plus loin vous pouvez retrouver sur le blog d’autres articles autour du même thème. En cinéma iranienne, je vous invite à découvrir Noces éphémères sur l’étrange tradition du contrat de mariage à durée déterminée, Les chats persans sur la jeunesse underground iranienne, Les enfants de Belleville sur le pardon ou autour du couple Une séparation et Le passé (qui se passe en France pour le second). On s’éloigne on peu avec Terre et cendres d’Atiq Rahimi en littérature afghane. J’ai également vu de lui Syngué Sabour, pierre de patience, tiré de son propre roman. Il semblerait que j’aie oublié de vous en parler mais j’avais beaucoup aimé L’attentat de Yasmina Khadra qui se passe en Israël. Je me rends compte qu’en littérature, je crois que j’ai à peu près fait le tour de mes maigres connaissances, ce qui me donne envie d’approfondir un peu le sujet.

Cinéma·Musique

Quand la musique fait son cinéma

          Voici trois documentaires vus récemment au cinéma et qui traitent tous de musique. Le premier retrace la vie d’une icone du rock, les deux autres évoquent la musique traditionnelle sud-américaine. Les mélomanes y trouveront sans nul doute leur bonheur.

          Janis Joplin est l’une des artistes les plus impressionnantes et une des plus mythiques chanteuses de rock et de blues de tous les temps. Mais elle était bien plus que cela : au-delà de son personnage de rock-star, de sa voix extraordinaire et de la légende, le documentaire Janis nous dépeint une femme sensible, vulnérable et puissante. C’est l’histoire d’une vie courte, mouvementée et passionnante qui changea la musique pour toujours.

Janis, afficheMême s’il ne faisait pas partie de mes priorités cinématographiques de ce début d’année, ce documentaire sur Janis Joplin me tentait assez. C’est une chanteuse que j’écoutais pas mal à une époque (je me demande bien pourquoi j’ai arrêté d’ailleurs) mais je ne connaissais à peu près rien de sa vie. Pour moi, ça se résumait à une voix surpuissante, Woodstock et une overdose à 27 ans. Ca manquait cruellement de nuances et ce documentaire était l’occasion rêvée d’arranger ça. J’ai beaucoup aimé ce film qui mêle archives (photos, vidéos, lettres…) et témoignages des proches de l’artiste. Sa famille, ses amis, les musiciens avec qui elle a joué, les hommes qui ont croisé sa route, nombreux sont ceux qui ont été interrogés afin de dresser son portrait. J’ai trouvé ce documentaire passionnant. Il met l’accent sur les failles de la chanteuse. Il retrace aussi bien sa vie privée que sa carrière. On ne peut qu’être impressionné par la puissance de sa voix et par son charisme. Les témoignages de ses proches sont extrêmement touchants. J’ai été un peu interpellée par le fait qu’il n’y ait quasiment que des éloges à son sujet, impossible pourtant d’en tirer la moindre conclusion quant au côté délibéré ou non de la chose. Elle semble avoir marqué durablement tous ceux qui ont croisé son chemin. Un documentaire touchant qui met en avant la part d’ombre de cette femme fascinante. 

 

          De la Pampa aux Andes, de l’univers des indiens Mapuche á celui des villageois qui chantent leur nostalgie dans les cafés, du monde des Gauchos à celui des grandes villes d’aujourd’hui… ARGENTINA nous propose un voyage musical et sensoriel dans l’espace et le temps composé des chants, des danses et des couleurs qui font toute l’âme de l’Argentine.

Argentina, afficheDe Carlos Saura je garde le souvenir de l’excellent Tango il y a… longtemps. Je ne suis pas sure pas sur d’avoir vu d’autres films de lui après (allez donc savoir pourquoi) mais quand celui-ci est sorti, je me suis dit que je ne devais pas le rater. Ce documentaire sur la musique argentine est assez particulier : que de la musique et de la danse filmées en studio, aucune parole ou presque. J’ai beaucoup aimé la musique d’introduction, un bailecito au piano. Ensuite certaines choses m’ont touchée plus que d’autres. Il y a un hommage à une chanteuse indienne dans une classe de primaire particulièrement émouvant. Certaines danses sont également très belles (j’ai été assez interpellée par une danse où les femmes ont des chaussures plates et semblent simplement accompagner les hommes qui eux ont des talonnettes, bien sûr, impossible de me rappeler du nom). La plupart des morceaux sont très dansants et on regrette presque de devoir rester sagement dans son siège. A côté de moi un monsieur applaudissait à tout rompre après chaque morceau. Malheureusement, j’étais particulièrement crevée le jour où j’ai vu ce film et j’ai fait un petit somme, ratant la partie consacrée au tango… J’ai trouvé que l’enchaînement des morceaux était bien choisi et que la variété de la sélection était intéressante : je connaissais quasiment rien dans les musiques proposées (en même ma culture musicale est bien piètre, il faut l’admettre). J’ai beaucoup aimé ce documentaire qui permet de découvrir toute la variété de la musique argentine et j’en suis ressortie avec l’envie de réécouter une bonne moitié des morceaux que j’avais entendus.

 

          Embarquez dans un étonnant périple au coeur des paysages musicaux du Pérou : des chants quechua hérités des Incas aux rythmes endiablés afro-cubains… Au travers des rêves et de la vie de ses musiciens, SIGO SIENDO esquisse un trépidant portrait sonore du pays. ¡Que la danza comience !

Sigo Siendo, afficheCe documentaire sur la musique des indiens du Pérou me tentait bien. Je suis toujours curieuse d’autres cultures et souvent celles de la Cordillère me rappellent un peu la vie dans mes montagnes. Je trouvais en plus ce titre magnifique. Le film s’ouvre sur de très belles images et un chant très étrange, assez hypnotique. C’est d’ailleurs un des moments que j’ai préféré – un peu gâché par les deux crétins à côté de moi qui ont ricané pendant tout le film. Je dois avouer à grand regret que j’ai eu plus de mal avec la suite même si j’ai trouvé le sujet très intéressant et que j’ai été touchée par la manière dont la question de la transmission était abordée. Je suis hyper sensibles aux aigus. Ca a tendance à s’arranger vaguement avec le temps mais beaucoup de sons sont encore extrêmement douloureux pour mes pauvres oreilles, à la limite bien souvent du supportable. Malheureusement pour moi, ces musiques surexploitent les hyper-aigus, notamment dans la voix. Je soupçonne vaguement ce que ça peut avoir de fascinant mais ç’a été pour moi une vraie souffrance et m’a complètement empêchée de profiter du film. Heureusement, il y a quand même des moments que j’ai trouvés de toute beauté. On croise dans ce film des personnages forts et extrêmement sympathiques, de  beaux paysages et une musique singulière. Un documentaire lent mais passionnant dont j’ai trop peu profité.

          Si le croisement entre la musique et le cinéma vous intéresse, vous pouvez retrouver des long-métrages de fiction où elle tient une place de choix. Parmi eux ces dernières années, le très bon Inside Lewyn Devis, l’étrange Love and Mercy ou  le sublime Whiplash pour les premiers qui me viennent à l’esprit.

Cinéma

Cinéma : 5 films d’action à gros budget

          Avec un peu de retard pour certains, et beaucoup pour d’autres, voici quelques films à gros budget vus plus ou moins récemment au cinéma : de l’action et du divertissement en perspective.

Lors d’une expédition sur Mars, l’astronaute Mark Watney est laissé pour mort par ses coéquipiers, obligés de décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre.

Seul sur Mars, afficheJe dois avouer que malgré la présence de Matt Damon, j’étais assez mitigée en allant voir ce film dont le casting et la bande-annonce ma rappelaient très étrangement certains aspects d’Interstellar. J’avais peur de m’ennuyer un peu étant donné qu’à part attendre trois plombes sur une planète déserte, notre pauvre héros n’a pas grand chose à faire. La bonne surprise c’est que je me suis plutôt laissée prendre au jeu – malgré une totale absence de suspens qui a rarement atteint un niveau aussi bas dans un film catastrophe. En revanche, bien que des scientifiques ce soient penchés sur la question et assurent que l’essentiel du film est crédible, j’ai de sérieux doutes à émettre sur certains aspects de l’histoire. Je suis très pénible avec la science-fiction, je peux crois à la vie sur Mars, des lézards géants ou des hommes violets mais le moindre détail a priori insignifiant suffit à me faire décrocher.
Ici on commence par une tempête monumentale qui menace de faire se coucher un vaisseau de plusieurs tonnes mais dans laquelle l’équipe de scientifiques gambade allègrement : non mais sérieusement ?! On est quelque part loin sous le niveau 0 de la crédibilité. Mais mon vrai problème est survenu plus tard dans le film. Je sais que je vais passer pour complètement tarée (si ce n’est pas déjà fait depuis le temps) mais le truc qui m’a totalement empêché de croire à l’histoire, c’est la manière dont il fait pousser des patates. En supposant que la terre martienne permette cet exploit, vous avez déjà vu des patates pousser dans 20 cm de terres vous ? Moi non. Voilà, ça m’a perturbé jusqu’à la fin. Bon, quelques soucis de vraisemblance mis à part, c’est bien joué. Le scénario mériterait un peu plus d’originalité mais ça passe. Ca manque de rythme mais la musique disco comble un peu cette lacune et donne une touche décalée au film qui lui va bien. Au final, un film sympathique bien que plutôt moyen ; ça manque d’adrénaline mais se laisse regarder sans déplaisir.

 

Le chasseur de primes John Ruth, dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren, un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix, le nouveau shérif de Red Rock.

Les 8 salopards, afficheLa déception ciné de ce début d’année. J’aime Tarantino, ses excès, son humour trash, ses choix de musicaux improbables et ses références cinématographiques balancées à tout va. Un cinéma fourre tout totalement jouissif. Vu le pitch, je m’attendais à des personnages plus fous les uns que les autres et à beaucoup d’action. Grave erreur. Ce film met un temps fou à démarrer. La première heure et demie est d’un ennui mortel. Certains diront que c’est pour poser le décor, mettre dans l’ambiance, tout ça. Mais une heure et demie quand même… c’est déjà aussi long d’un film normal ! Les personnages m’ont assez peu convaincue. Qu’ils soient profondément antipathiques n’est pas très surprenant étant donné le titre (le contraire aurait même été décevant) mais je me serais bien passée de l’agacement croissant à leur vue.
Il faut dire aussi que je suis tout sauf une adepte des huis clos. Ils ont la fâcheuse tendance à m’angoisser profondément et à me taper sur les nerfs tout à la fois. Rares sont les exemples qui ont su me convaincre (tellement rares qu’il ne m’en vient spontanément aucun). Du côté de l’histoire, j’ai trouvé qu’elle était assez anecdotique, même si ce n’est pas un problème en soi tant l’ambiance prime dans ce film. Ici la violence est gratuite et comme surgie de nulle part. Visuellement, c’est très réussi, comme toujours chez Tarantino. Et comme toujours aussi, les références cinématographiques sont légion. Malheureusement, mes connaissances en westerns sont proches du néant, je n’en ai donc saisi à peu près aucune même si je pouvais sentir leur présence roder. Il m’a manqué dans ce film l’énergie débordante et le côté jouissif des autres Tarantino (vous pouvez retrouver ma critique de Django ici). Un film qui m’a semblé s’adresser plus aux cinéphiles avertis ou aux plans grands fans du réalisateur et m’a laissée un peu sur la touche. Dommage.

 

James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé.

Le pont des espions, afficheSi je n’irais pas comme certains jusqu’à mettre ce film tout en haut de la liste des meilleurs films de 2015, je l’ai toutefois énormément apprécié. Le sujet me tentait beaucoup et je n’ai pas été déçue. Le film a beau être aussi long que lent, on ne s’ennuie pas une seconde. Ayant malencontreusement entendu parler de l’histoire (réelle) au moment de la sortie du film, je savais comment cela allait se terminer et pourtant j’ai eu l’impression que ça n’écornait pas le suspens pour un sou. J’ai été tendue jusqu’au dénouement en me demandant comment les choses allaient se dérouler. J’avais oublié à quel point Tom Hanks pouvait être bon acteur. Je ne sais pas pourquoi j’en ai toujours une image d’un acteur un peu fade alors qu’il incarne simplement à la perfection des gens « normaux » au destin exceptionnel. Le reste du casting ne démérite pas.
C’est ce qui m’a accrochée dans ce film, cet avocat spécialisé en assurance et a priori sans histoires qui se retrouve embarqué dans une affaire d’espionnage au cœur de la guerre froide. Un personnage profondément humain et incarné à la perfection dont on parvient sans peine à appréhender les doutes et les craintes. Le film est très bien écrit (sur un scénario signé par les frères Coen) et extrêmement bien réalisé. Les images sont superbes et la tension monte sans jamais nous lâcher jusqu’à la scène finale. Steven Spielberg n’en fait pas trop avec une réalisation tout en sobriété. J’ai beaucoup aimé cette retenue qui met vraiment en valeur les personnages. On peut trouver le film un peu lent mais ça permet de s’installer dans cette ambiance si particulière de la guerre froide. Mais peut-être que tout est un peu trop impeccable dans ce film. Il m’a manqué la petite touche de folie qui fait les grands films. C’est beau, c’est impeccablement réalisé, mais c’est un peu fade. Un très beau film et une histoire intéressante, ça manque sans doute un peu d’émotion mais ça reste tout de même du grand cinéma.

 

Bond réussit à infiltrer une réunion secrète révélant une redoutable organisation baptisée Spectre. Pendant ce temps, à Londres, Max Denbigh, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale, remet en cause les actions de Bond et l’existence même du MI6.

007, Spectre, affichePlus encore que Les 8 salopards, le nouveau James Bond était pour moi un des films les plus attendus de ces derniers mois. J’avais adoré Skyfall et j’attendais avec impatience la suite. Très vite, les premières critiques m’ont fait déchanter et je ne me suis finalement pas trop précipitée pour aller le voir. J’ai adoré la scène d’introduction pendant le fêtes des morts au Mexique. L’une des plus réussie depuis longtemps je trouve. Malheureusement, c’est à peu près là la seule véritable réussite de ce film qui par la suite se traîne un peu… J’ai un peu de mal à analyser ce que je n’ai pas aimé, ce qui me frustre un peu. Je crois que j’ai juste trouvé ça assez convenu finalement et plutôt plat comme film. Ca manque de suspens, de rythme, de surprise. De vie quoi.
Daniel Craig est toujours parfait – je trouve même qu’il se bonifie avec l’âge – en revanche Léa Seydoux… Bon voilà quoi. Elle est mignonne mais on a connu plus sexy comme James Bond girl. J’ai trouvé louable la tentative de faire une intrigue très actuelle avec la la question du contrôle de l’information mais il y a pas mal d’incohérences et l’histoire tombe souvent dans la facilité. Quant au Spectre, j’ai été mitigée sur le lien fait avec d’autres films de la série qui m’a semblé un peu artificiel. James Bond prenait beaucoup d’épaisseur dans Skyfall, avec une psychologie bien plus poussée que d’habitude dans la franchise et un univers plus sombre. Ici, on revient à quelque chose de bien plus superficiel et on ne peut que le déplorer. Ca m’a un peu donné la même impression de « régression » qu’entre Casino Royale et Quantum of Solace. Malgré de bonnes intentions, un film qui reste à la surface des choses et manque autant de profondeur que d’audace. A défaut d’autre un bon film, il demeure un divertissement plutôt plaisant.

 

L’agent de la CIA Solo et de l’agent du KGB Kuryakin, contraints de laisser de côté leur antagonisme, s’engagent dans une mission conjointe : mettre hors d’état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial.

Agents très spéciaux : code U.N.C.L.E, afficheJe suis allée voir ce film sans grande conviction. Je n’en avais quasiment pas entendu parler et je ne m’attendais à franchement rien d’exceptionnel. Mais je suis bon public pour les films d’espionnage ou leurs parodies et après Kingsman (que j’ai a-do-ré) et Spy (que j’ai beaucoup moins aimé) je ne pouvais pas rater cette sortie dans la même veine humoristique. J’ai finalement été agréablement surprise, malgré des critiques plus que mitigées – et parfois assassines. Je suis de suite rentrée dans cet univers un peu décalé. On retrouve tous les codes du film d’espionnage classique : les américains contre les russes, la jolie fille qui fait perdre la tête, le complot international. Tout y est ! Ca se passe durant la guerre froide et ça m’a rappelé les vieux James Bond par certains aspects. Si l’ironie point dans chaque scène ou presque, ça n’en demeure pas moins un film d’espionnage efficace.
Tant par le scénario que dans le visuel, le film est très années 60 (il est d’ailleurs adapté d’une série de l’époque). Peut-être un poil trop parfois mais j’aime assez ce style surchargé et très coloré. Le duo d’acteur est un peu lisse, mais il fonctionne bien. Les personnages sont caricaturaux et l’intrigue téléphonée mais le réalisateur s’amuse avec les stéréotypes du genre et, au passage, le spectateur aussi. Il manque sans doute l’inventivité débridée d’un Kingsman pour en faire un grand film mais on passe un bon moment et le côté nostalgique a beaucoup de charme. L’intrigue aurait mérité un peu plus de tenue mais l’action, elle, ne manque pas. J’ai souvent souri devant cette parodie assez convenue mais réussie dans son genre. Un film léger et efficace qui fait le plus grand bien.

Cinéma·Mes lectures

Un peu d’exotisme

          Parmi les dizaines d’articles en retard qui m’attendent (parfois depuis très longtemps), voici pour vous les 5 plus exotiques dans des styles éclectiques. Envie d’évasion ? Faites votre choix !

Là où les tigres sont chez eux, Jean-Marie Blas de Roblès

Lorsque le correspondant de presse Eléazard von Wogau reçoit la biographie inédite d’Athanase Kircher, célèbre savant jésuite de l’époque baroque, il se lance sur ses traces, entraînant avec lui maints personnages aussi surprenants qu’extravagants. Véritable épopée, grand roman d’aventures, fresque étrange et flamboyante, où de minuscules intrigues se répondent et tissent une histoire du Brésil à l’aube du XXIe siècle.

Là où les tigres sont chez euxCe livre est resté très très longtemps dans ma bibliothèque avant d’en sortir. Il est imposant et me faisait quand même un peu peur, autant par sa taille qu’à cause de son titre très mystérieux. Je ne savais pas trop où je mettais les pieds mais j’avais l’impression de quelque chose d’assez compliqué. Finalement, si en effet l’histoire est plutôt complexe avec ses ramifications autour du personnage principal, le style est agréable et plutôt accessible. Une écriture travaillée mais pas trop lourde : classique somme toute. Le rythme est assez lent mais agréable. J’ai bien aimé ce roman en ayant l’étrange impression qu’il était toujours sur le point de démarrer sans jamais vraiment parvenir à son rythme de croisière. Je n’ai pas eu des affinités particulières avec les personnages mais chacun a un univers bien défini, qui recoupe vaguement celui des autres tout en gardant une identité forte et j’ai bien aimé passer de l’un à l’autre. Même si la mélancolie et la langueur qui dominent dans ces pages ne sont pas ce que je préfère, j’ai bien aimé l’ambiance particulière de ce livre. Je l’ai d’ailleurs lu plus vite que je n’aurais cru et avec grand plaisir. Il y a des longueurs et la fin m’a un peu déçue mais dans l’ensemble, j’ai bien aimé cette lecture exotique.

Transgresser une règle, toutes les règles, revient toujours à s’en choisir de nouvelles, et donc à revenir dans le giron de l’obédience. On a l’impression de se libérer, de changer son être en profondeur, alors qu’on a simplement changé de maître.

Kamasutra : exactement comme un cheval fou

Ceci est si intime et secret notre imagination si fantaisiste qui pourrait savoir qui devrait faire quoi quand pourquoi et comment ? Dans une nouvelle traduction originale du sanscrit, voici cet étonnant rendez-vous avec une grammaire du désir, conjuguée à l’idée pratique d’une existence sensuelle, théâtralisée, vécue à coups de formules, de ruses, de syllogismes, de recettes ou de techniques diverses, et de poèmes.

Kâmasûtra : exactement comme un cheval fouComme la plupart des gens je suppose, je pensais grosso modo que le Kamasutra était une sorte de traité de sexologie aux positions improbables, qui a été au fil des siècle illustré et ré-illustré pour mettre du piment dans la vie de couple. Quand je suis tombée sur cette nouvelle traduction de Frédéric Boyer faite à partir du texte original (nullement illustré donc), avec un titre des plus poétiques, j’ai eu très envie de voir de quoi il retournait. Je l’ai feuilleté quelque peu, lu des passages très énigmatiques, et ma curiosité l’emportant, je l’ai finalement acheté. J’ai sauté la préface pour aller directement au cœur de texte, qui se présente comme une sorte de long poème découpé en chapitres. Si ce texte est un précis sur le couple, la séduction et les relations amoureuses, il loin de ne parler que de sexe. Ce texte m’a beaucoup surprise. A la fois par sa forme, quasi-mystique à mes yeux (sans doute accentuée par la traduction d’ailleurs) et par un contenu souvent d’une incroyable modernité même si certaines pratiques peuvent nous sembler on ne peut plus étrangères. Un mélange déroutant. C’est étrange comme certains passages prônent le respect de la femme (voire sa vénération), quand d’autres peuvent s’avérer autrement plus machistes. Si j’ai beaucoup aimé cette lecture (parcellaire, je dois l’admettre), j’ai en revanche été extrêmement déçue par la préface qui est pour moi un contre-sens total – ce qui est gênant vu qu’elle est écrite par le traducteur. Ca a un peu terni ma vision de ce livre. Ce texte m’est finalement plus apparu comme un traité de vie et de bien-être universel qui dans l’ensemble n’a pas tellement vieilli.

Revenons sur les raisons de coucher avec les femmes des autres et comment y arriver sans effort.

Le gourmet solitaire, de Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi

On ne sait presque rien de lui. Il travaille dans le commerce, mais ce n’est pas un homme pressé ; il aime les femmes, mais préfère vivre seul ; c’est un gastronome, mais il apprécie par-dessus tout la cuisine simple des quartiers populaires… Cet homme, c’est le gourmet solitaire. Chaque histoire l’amène à goûter un plat typiquement japonais, faisant renaître en lui des souvenirs enfouis, émerger des pensées neuves, ou suscitant de furtives rencontres.

Le gourmet solitaireJe ne lis quasiment aucun manga. Je n’y connais absolument rien, alors quand mes pas me portent par hasard dans le rayon, je me contente de regarder les titres et celui-ci m’a forcément tapé dans l’œil. Je savais pas trop à quoi m’attendre mais ça parlait de nourriture, c’était déjà un bon début ! J’ai été étonnée de ne pas accrocher tant que ça. Je ne saurais pas trop expliquer ce qui s’est passé avec ce livre. Je lui ai trouvé un certain charme. Chaque chapitre correspond à une découverte culinaire du personnage. On découvre ainsi page après page des spécialités japonaises bien souvent inconnues dans nos contrées. Tout ou presque m’a fait envie ! Ce livre donne terriblement faim et laisse comme une envie d’aller explorer les bas fonds de Tokyo. Toutefois, j’ai assez vite saturé. Ce texte se déguste. Je me suis arrêtée en route, ne voyant pas trop passés quelques passages, ce que je pourrais y trouver de plus hormis une intense frustration. Peut-être que je m’y replongerai un jour. Un texte que je n’ai sans doute pas su apprécier à sa juste valeur mais qui m’aura tout de même fait saliver.

Provoquer une certaine appréhension, en fait, c’est le premier critère pour qu’un restaurant soit « bon ». Un restaurant doit conserver une part d’ombre, des recoins peu clairs, une atmosphère plus ou moins tendue, une aura mystérieuse et sombre.

Port-au-Prince : dimanche 4 janvier, de François Marthouret

4 janvier 2004, Haïti. Célébration du bicentenaire de la déclaration d’indépendance. Depuis des mois, des manifestations étudiantes et populaires protestent contre la dictatuire du « Prophète », le Président Aristide. Tout oppose Lucien, étudiant en philosophie convaincu du succès de la manifestation vers la démocratie, à son jeune frère Little Joe, voyou recruté par les Chimères pour réprimer la marche des étudiants. Ce jour va sceller le destin des deux frères.

Port au Prince dimanche 4 janvierVoilà un film que j’ai énormément aimé et dont j’ai malencontreusement oublié de vous parler. Je vais donc corriger cette fâcheuse erreur de ce pas. Je dois avouer que si j’avais lu le synopsis et qu’il me tentait bien, je n’en attendais finalement pas grand chose. J’ai donc été très agréablement surprise de découvrir une petite pépite. Il est vrai que j’aime les films engagés et j’ai ici été servie ! Je ne connais pas du tout l’histoire d’Haïti et je dois avouer avoir été choquée par la répression sanglante de manifestations étudiantes et populaires contre la dictature. On suit l’histoire à travers les yeux d’étudiants qui se battent pour la liberté. Ca peut donner un côté un peu manichéen au film mais la sympathie qu’on éprouve pour les personnages compense amplement ce défaut.  Plus que ses qualités cinématographiques (le tout reste assez linéaire et plutôt classique), c’est l’aspect historique de ce film qui m’a vraiment séduite. Il a le mérite de mettre en lumière des événements importants qui m’avaient totalement échappés. Un film assez classique dans sa forme mais intéressant et touchant à la fois. Une belle découverte. 

Les Mille et une nuits – L’inquiet, Miguel Gomez

Où Schéhérazade raconte les inquiétudes qui s’abattent sur le pays : « Ô Roi bienheureux, on raconte que dans un triste pays parmi les pays où l’on rêve de baleines et de sirènes, le chômage se répand. En certains endroits la forêt brûle la nuit malgré la pluie et en d’autres hommes et femmes trépignent d’impatience de se jeter à l’eau en plein hiver. »

Les Mille et une nuits - L'inquietUne des grosses déceptions de 2015. On disait le plus grand bien de ce film fleuve en 3 parties qui se sert des légendes des Mille et unes nuits pour dénoncer les travers de la société portugaise actuelle. Une idée assez géniale, un potentiel à peu près infini et une presse unanime : ça commençait bien ! J’étais on ne peut plus curieuse de découvrir le résultat. Dès les premières images, j’ai su que ce film n’allait pas être pour moi. C’est lent, mais leeeent… J’ai trouvé que c’était très long à démarrer, avec une sorte d’explication du projet et de sa mise en oeuvre assez lourde et artificielle. D’autant plus que l’esthétique n’est pas franchement folle. Pas que j’aie beaucoup plus accroché avec les contes en eux-même cela dit. Si je continue à trouver l’idée géniale et que certains fonctionnent assez bien, d’autre sont un peu plus obscurs. Le trait est forcé, étiré, déformé, avec plus ou moins de réussite. Je n’accroche pas du tout avec le côté absurde, ce qui explique en grande partie que ce film ait été pour moi une torture. Il ne manque ni d’humour, ni d’inventivité mais m’a profondément ennuyée. Un projet original et inventif qui avait sur le papier tout pour me plaire mais que j’ai trouvé au final d’un mortel ennui.

Cinéma

Trois films en demi-teinte sur le blog

Le grand jeu, de Nicolas Pariser

Pierre Blum, un écrivain de quarante ans qui a connu son heure de gloire au début des années 2000, rencontre, un soir, sur la terrasse d’un casino, un homme mystérieux, Joseph Paskin. Influent dans le monde politique, charismatique, manipulateur, il passe bientôt à Pierre une commande étrange qui le replongera dans un passé qu’il aurait préféré oublier et mettra sa vie en danger.

Le grand jeu, afficheJe n’avais pas entendu parler de ce film mais j’y suis allée pour l’affiche : j’aime beaucoup André Dussolier et on voit trop rarement Melvil Poupaud au cinéma. Je ne pouvais pas rater ça. Je ne savais absolument pas de quoi il retournait, ce qui en général m’aide à vrai dire à apprécier un film : pas d’attentes spécifiques et disproportionnées, je me contente de découvrir. Pourtant malgré ces excellentes dispositions, j’ai été déçue. L’histoire m’a laissée un peu perplexe. Je l’ai trouvée fortement improbable et assez alambiquée ; pas au point de décrocher totalement du film non plus, mais je suis restée circonspecte. Je n’ai trouvé aucun des personnages vraiment attachants et les situations périlleuses dans lesquelles ils se mettent par leurs magouilles m’ont laissée de marbre. Le propos en soi est plutôt intéressant même s’il peut paraître sombrer légèrement dans la paranoïa. Les jeux de pouvoir et les hommes de l’ombre exercent toujours sur moi une certaine fascination. Ce qu’il manque ici, c’est un point de départ un peu plus solide pour nous faire rentrer dans l’histoire et surtout du rythme ! Ce film en manque cruellement. Pas qu’il ne se passe rien mais pourtant le spectateur reste passif et s’ennuie pour tout dire un peu. Ce sont les acteurs qui tiennent ce film et l’empêchent de sombrer mais ils ne parviennent pas tout à fait à le rendre convaincant. De bonnes idées, un bon casting mais une réalisation un peu mollassonne pour un résultat mitigé.

Youth, de Paolo Sorrentino

Fred et Mick, deux vieux amis approchant les quatre-vingts ans, profitent de leurs vacances dans un bel hôtel au pied des Alpes. Fred, compositeur et chef d’orchestre désormais à la retraite, n’a aucune intention de revenir à la carrière musicale qu’il a abandonnée depuis longtemps, tandis que Mick, réalisateur, travaille toujours, s’empressant de terminer le scénario de son dernier film. Les deux amis savent que le temps leur est compté et décident de faire face à leur avenir ensemble.

Youth, afficheJ’avais a-do-ré le dernier film de Paolo Sorrentino, La grande Bellezza. J’en étais ressortie totalement envoûtée, avec l’impression d’avoir fait un long voyage dans une Rome totalement hors du temps. Etrangement, je me suis dit plus tard que j’aurais aussi bien pu détester ce film démesurément esthétisant, intello et parfois abscons. Mais j’en suis immédiatement tombée amoureuse et que voulez-vous, l’amour, ça ne se commande pas. J’attendais donc avec impatience de retrouver ce réalisateur. Le miracle ne s’est pas produit deux fois. J’ai pourtant retrouvé dans ce film ce que j’avais aimé dans le précédent : une photo hyper travaillée, un rythme particulier, un côté foncièrement absurde et un désespoir non teinté d’ironie. Tout y est, mais en moins bien. J’ai beaucoup aimé les acteurs, j’ai trouvé qu’il y avait dans ce film de très bonnes choses, mais je me suis ennuyée. Un peu. J’ai eu du mal à rentrer dedans. C’était un peu étrange ce mélange d’ennui léger et curiosité. Pas vraiment désagréable à vrai dire. Malgré des qualités de réalisation indéniables ce film ne m’a qu’à demi-convaincue, sans doute en raison d’un sujet qui ne me passionne pas vraiment.

Les cowboys, de Tom Bidegain

Une grande prairie, un rassemblement country western quelque part dans l’est de la France. Alain est l’un des piliers de cette communauté. Il danse avec Kelly, sa fille de 16 ans sous l’oeil attendri de sa femme et de leur jeune fils Kid. Mais ce jour là Kelly disparaît. La vie de la famille s’effondre. Alain n’aura alors de cesse que de chercher sa fille, au prix de l’amour des siens et de tout ce qu’il possédait.

Les cowboys, afficheVoici un des films de la fin d’année dont on a pas mal parlé. J’en avais entendu dire beaucoup de bien et j’étais très curieuse d’aller voir ce film au sujet fort et à l’univers à part. Si dans l’ensemble j’ai bien aimé – en grande partie en raison de l’excellente performance de François Damiens, assez inattendu dans ce rôle – j’ai quand même trouvé à ce film un certain nombre de défauts. L’ambiance western belge est un peu curieuse mais j’ai bien aimé (le problème, c’est cette envie furieuse que ça m’a donné de comparer avec Alabama Monroe qui 1) n’a rien à voir et 2) est incomparable). L’histoire prend le temps de se mettre en place sans trop traîner en longueur et la détresse des parents est très bien rendue. Jusque-là, tout va bien. C’est ensuite que les choses se corsent. J’ai continué à aimer ce film très prenant mais je dois avouer que j’aurais un léger doute à émettre sur la crédibilité de l’histoire. Je comprends qu’un père (ou un frère) soit prêt à tout pour retrouver sa fille mais là ça va quand même très très loin. Un peu trop loin même sans doute. Malgré le capital sympathie énorme de ce film certains épisodes m’ont un peu gênée : trop c’est trop. Ceci dit, ils permettent de développer sur le fanatisme religieux et l’embrigadement, qui sont finalement les vrais sujets de ce films. C’est passionnant, c’est d’actualité, mais le propos est parfois un peu lourd dans sa forme. Quoiqu’il y ait quelques longueurs et que l’histoire soit un peu extrême sur certains points, ce film très bien joué a le mérite de s’attaquer à un sujet terriblement actuel. Malgré des maladresses, les bonnes intentions et le côté généreux l’emportent.