Culture en vrac

Novembre, le bilan

          Un mois de novembre mitigé. N’étant pas en grande forme, peu de sorties et pas grande envie de lecture. Pas grand chose à se mettre sous la dent ces dernières semaines donc. Quelques belles surprises tout de même. Côté cinéma, peu de films mais beaucoup de belles surprises. Quatre m’ont particulièrement plu, je ne vous parle que des deux sur lesquels j’ai déjà écrit un article, les deux autres attendront donc le bilan de décembre (une petite tricherie que vous me pardonnerez). Un choix de coeur tout d’abord, Dans la maisonde François Ozon, film plein de fraîcheur et particulièrement enthousiasmant ; et choix de raison, César doit mourirdernière merveille des frère Taviani, complexe, sobre et intelligent. Deux styles totalement différents, mais deux grands films.

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          Côté lecture, très agréable surprise avec Avant la chute de Fabrice Humbert, roman sombre et profond que j’ai beaucoup apprécié. Sans aucun aucun doute ma meilleure lecture ce mois-ci. Enfin, de belles expos parmi lesquelles une petite merveille : Bohèmes au Grand Palais. Un petit bout d’évasion et une splendide mise en scène. A noter aussi les deux très belles expositions consacrées au Japon à la Pinacothèque (dont je vous parlerai dans les prochains jours), Hiroshige, l’art du voyage et Van Gogh, rêves de Japon auxquelles viennent s’ajouter les magnifiques photographies de Denis Rouvre. Un petit bout de Japon en plein Paris. Et vous, quelles découvertes avez-vous fait ce mois-ci ?

Actualité·Patrimoine·Théâtre

Théâtre éphémère

          Aujourd’hui, c’est une salle de théâtre que je vous présente. Comme son nom l’indique, elle est un peu particulière, n’étant pas faite pour durer. Mais qu’est-ce que ce projet de théâtre éphémère ? et comment a-t-il poussé en plein coeur de Paris ? Réponses dans quelques instants…

Salle Richelieu

          A la Comédie Française, la célèbre salle Richelieu, avec ses fauteuils de velours rouge, ses boiseries et ses dorures, doit fermer ses portes pour rénovation. Mais peut-on priver Paris de son théâtre le plus prestigieux ? Bien sûr non ! Enfin, vu l’attention portée à la culture – surtout quand l’Etat doit payer – on aurait pu en douter, mais ils reste visiblement quelques forteresses de l’esprit qui demeurent encore imprenables. Mais quelle solution offrir alors pour reloger les comédiens dans une ville déjà surchargée ? Le tout sans décourager les vieilles dames habituées des lieux par un déplacement en banlieue (horreur, horreur, horreur, et pourquoi ne pas prendre le métro tant qu’on y est !).

Théâtre éphémère, intérieur

          Un petit génie a alors eu une idée originale : une salle éphémère. Cette structure en bois, située à quelques pas à peine de la salle Richelieu, allie des qualités écologiques, acoustiques et thermiques. Près de 750 places à bonne visibilité, grâce à des gradins assez en pente (pas de têtes gênantes devant, même quand on est petit) et une absence de poteaux ou autres éléments visuels gênants. Il devrait rester en service un an. Entièrement démontable, ce légo géant sera revendu à la réouverture de la salle principale. Une initiative intéressante et innovante.

Théâtre éphémère, extérieur

Théâtre éphémère

Comédie Française

Place Colette

75001 Paris

Théâtre

Un chapeau de paille d’Italie

          Alors que Fadinard s’apprête à se marier, son cheval mange le chapeau de paille d’une femme en plein rendez-vous galant avec son amant. Celui va demander au jeune homme de trouver un couvre-chef semblable pour tromper les soupçons du mari de la dame. Le futur marié va avoir le plus grand mal à trouver l’accessoire de mode, d’autant que la noce le suit partout où il va. Une journée pleine de péripéties et de malentendus. Le mariage se fera-t-il malgré tout ?

          Cette pièce a été un des grands succès d’Eugène Labiche, grand nom du vaudeville. Ponctuée d’intermèdes musicaux, elle a été montée de nombreuses fois à la Comédie Française. Elle est présentée cette année par un metteur en scène italien, Giorgio Barberio Corsetti, qui a souhaité lui donner une nouvelle jeunesse. Il a choisi de placer ses personnages dans les années 60/70 : rock, mini jupes et costumes colorés. Les musiciens pour les parties musicales accompagnent les comédiens sur des airs à la Kusturica, à la guitare, entre rock et musique tsigane. L’idée aurait pu être assez bonne, donnant à l’énergie de la pièce de Labiche un aspect plus moderne. Malheureusement, je n’ai été qu’à moitié convaincue, d’autant que la musique s’avère finalement assez fade, les parties chantées sans grand intérêt et les acteurs de bien piètres chanteurs, ce qui est un peu dommage.

          Il faut dire que le vaudeville n’est pas spécialement ma tasse de thé. L’histoire en elle-même est complètement tirée par les cheveux et comme toujours dans ce genre de pièce, tout repose sur l’énergie des acteurs : s’ils n’en font pas assez, on s’ennuie, s’ils en font trop, ça devient ridicule ; un équilibre particulièrement à trouver et une sauce qui sur moi peine bien souvent à prendre. Là j’ai étrangement trouvé qu’ils en faisaient à la fois trop et pas assez, les acteurs se démènent sur scène sans vraiment nous transmettre leur énergie. La mise en scène est assez originale mais pas particulièrement réussie pour autant, un peu plus de simplicité aurait peut-être allégé l’ensemble. La pièce est trèèèès trèèèès longue et l’histoire un peu lassante, on peine à franchement se passionner pour les aventures du jeune Fadinard. Au final une pièce un peu longuette qui se laisse regarder sans déplaisir mais qui malgré quelques bonnes idées et beaucoup de bonne volonté ne parvient pas réellement à nous enthousiasmer. 

Un chapeau de paille d’Italie, d’Eugène Labiche

Du 31 octobre au 7 janvier

Comédie Française – Théâtre éphémère

Place Colette (Jardins du palais Royal)

27 à 39€

Série tv

Weeds

          A la mort de son mari, Nancy Botwin, doit subvenir seule aux besoins de ses deux enfants. Cette jeune mère au foyer d’une banlieue calme de San Francisco bien sous tous rapports va quitter ses habits de petites bourgeoise pour se lancer dans le trafic de marijuana. Un changement d’activité qui amènera son lot de conséquences, souvent inattendues. 

          L’idée de départ est plutôt originale, cette jeune mère de famille respectable qui ne sait rien faire de ses 10 doigts et cherche de l’argent facile n’est pas dénuée de charme. Evidemment, elle va de catastrophes en déconvenues. Le gros atout de cette série, c’est le panel de personnages, plus barrés les uns que les autres. Nancy, mère poule hystérique, peut se montrer à la fois agaçante et hyper attachante (j’adore cette actrice, juste géniale, ici comme ailleurs) ; Andy, son beau-frère est un grand ado amoureux d’elle qui la suit dans tous ses projets foireux et ne l’aide pas franchement ; son fils aîné, Silas, est un ado à belle gueule pas toujours très vif mais plutôt équilibré (c’est bien le seul) ; Sean, son second fils a franchement un grain, ce qui va empirer avec l’âge pour en faire un psychopathe violent ; enfin, les voisins et amis représentent à eux seuls un panel de névroses assez impressionnant. Comme dans d’autres séries américaines, la classe moyenne avec ses jolies pavillons de banlieue et son apparence lisse en prend un sacré coup…

          Si les premières saisons sont axées sur ce changement de vie improbable, le commerce finit par se rôder et on pourrait craindre l’ennui. Heureusement, les scénaristes ont de l’imagination à revendre et parviennent à relancer sans cesse la série par de nouveaux rebondissements toujours plus improbables. Sans compter bien sûr le suspens autour de l’éternel risque de se faire prendre quand on est englué dans le mensonge. J’ai trouvé que sur la fin l’histoire commençait à aller un peu trop loin. Pour ne pas tourner en rond, les réalisateurs ont dû y aller fort sur les évènements qui finissent par perdre en crédibilité. Ceci dit, on continue à vouloir connaître la suite, ce qui est après tout l’essentiel. 8 saisons survoltées et pleines d’humour. Une série totalement addictive. 

Actualité·Culture en vrac

Le Goncourt des lycéens

          Le célèbre prix Goncourt est accompagné depuis des années déjà le jeudi suivant son annonce de son cousin germai, le Goncourt des lycéens. Les deux prix récompensent rarement le même ouvrage, même si cela est déjà arrivé par le passé. Cette année, l’heureux élu a déjà pas mal fait parler de lui. l s’agit de Joël Dicker pour La vérité sur l’affaire Harry KleberUn second roman dont on a déjà beaucoup parlé et qui a notamment reçu le Prix de l’Académie Française il y a quelques semaines.

          Cette seconde récompense me donne encore plus envie de lire le jeune auteur (qui a d’ailleurs rejoint ma bibliothèque depuis peu). En effet, le Goncourt des lycéens est souvent d’assez bonne qualité et a par le passé fréquemment récompensé des livres que j’apprécie. Un joli doublet pour cet auteur suisse visiblement prometteur dont vous pouvez découvrir l’ouvrage ici.