Cinéma

Dans les forêts de Sibérie, le film

Film d’aventure français de Safy Nebbou avec Raphaël Personnaz et Evgueni Sidikhine

Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal.
Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années.
Entre ces deux hommes que tout oppose, l’amitié va naître aussi soudaine qu’essentielle.

Dans les forêts de Sibérie, affiche

          Dans les forêts de Sibérie est un livre de Sylvain Tesson que j’avais adoré. Il y raconte les 6 mois qu’il a passé dans une cabane en Sibérie, en plein hiver. Il ne s’y passe pas grand chose mais il parvient à nous faire voyager avec lui, à nous faire imaginer le froid e la solitude et partager ses pensées est loin d’être inintéressant. Pour ceux qui n’auraient pas encore lu mon article sur le sujet, vous pouvez le retrouver ici. Quand j’ai vu que ce livre que j’avais énormément aimé avait été adapté au cinéma, j’ai forcément eu envie d’aller voir de quoi il retournait. Je dois admettre que Raphael Personnaz dans le rôle de Sylvain Tesson me laissait un peu perplexe. Je trouvais qu’il manquait franchement de charisme (et surtout de carrure) pour jouer les baroudeurs. Finalement, il ne s’en sort pas si mal ! D’autant plus que l’histoire a été adaptée et que notre écrivain-voyageur s’est transformé en… impossible de me rappeler – un truc à la mode en lien avec les médias – en besoin de solitude, expliquant ainsi son côté résolument citadin.

Dans les forêts de Sibérie, image du film

          J’avoue que la performance de l’acteur principal est la bonne surprise de ce film. Je n’avais jamais remarqué que Raphaël Personnaz était beau, je l’avais jusque-là toujours trouvé un peu fade. Comme quoi, être seul au bord d’un lac gelé lui réussit plutôt bien. Même si je trouve que son apprentissage de la vie dans la nature est peut-être un peu rapide pour un citadin. Il patine sans peine 5h sur la glace (l’expérience du roller dans les rues parisiennes peut-être ?), fend du bois comme si c’était du beurre, ça aurait mérité un peu plus de sueur pour en arriver là. Mais bon, dans l’ensemble, ça se tient à peu près et le film ne pouvait pas non plus durer 4h. La rencontre avec un braconnier est elle aussi un peu improbable : un repris de justice qui se cache dans la taïga vient tout à coup faire un brin de causette avec un parfait inconnu. Mouais… M’enfin, là aussi, pourquoi pas, il faut bien qu’il y ait une histoire. Leur amitié est plutôt touchante. Je ne me rappelle pas les détails mais je crois que cette histoire vient (en partie du moins) d’un recueil de nouvelles de l’auteur.

Dans les forêts de Sibérie, image du film

          Si le film reste fidèle au livre dans les grandes lignes, avec le même univers et la même lenteur, il prend pas mal de liberté avec l’histoire sans pour autant la trahir. Ce que j’avais beaucoup aimé dans le livre de Sylvain Tesson, c’est avant tout les réflexions qu’il nous livre page après page. Une mine d’aphorismes en tous genres ! Sans compter un certain cynisme que j’apprécie particulièrement. On ne retrouve pas cet aspect-là dans le film qui nous a épargné une voix off incessante, trop indigeste ; si elle est présente, une grande place n’en est pas moins réservée au silence. Ca fonctionne tout à fait mais ça n’a bien sûr pas la même profondeur. Les paysages sont à couper le souffle, pourtant j’ai trouvé que le réalisateur filmait de manière assez brute, sans faire dans le côté carte postale. Côté musique, j’attendais beaucoup d’Ibrahim Malouff et j’ai été cruellement déçue. Une musique trop marquée et stéréotypée qui a mon sens tue un peu le film : vas-y que te mets un escadron de violons quand il faut être ému et tout le tralala. Raté quoi. Ce n’est pas non plus catastrophique mais c’est vrai que plus le film avançait, plus ça m’a dérangée. Dans l’ensemble, avec ses paysages grandioses et son interprétation assez convaincante, cette adaptation s’en tire tout à fait honorablement. Il manque un petit quelque chose pour en faire un grand film mais ce n’est quand même pas mal du tout.

Mes lectures

Romans : sorties du mois de mai

Snjor, de Ragnar Jonasson

 

Siglufjördur, la ville où il ne se passe rien, où personne ne ferme jamais sa porte à clef. Mais voilà : une jeune femme est retrouvée morte, à moitié nue dans la neige ; un vieil écrivain renommé fait une chute mortelle dans le théâtre local… Ari Thor se retrouve plongé au cœur d’une petite communauté où chacun tient l’autre par ses mensonges et ses secrets.

Snorj, couvertureQuand j’ai trouvé ce roman dans ma boîte aux lettres, j’étais absolument ravie ! Je n’avais jamais lu de polar islandais mais j’aime à la fois les polars et la littérature islandaise – enfin le peu que j’en connais : ça démarrait bien. Sans compter la maison d’édition plutôt prestigieuse qui me semblait être une valeur sure (oui, je suis snob). J’ai été cruellement déçue. Le style est d’une pauvreté sidérante.  On dirait par moment un mauvais roman à l’eau de rose. Pourtant, je suis généralement plus encline à la clémence avec les romans policiers, que je lis avant tout pour l’intrigue. Il faut dire aussi qu’il ne s’agit pas d’une traduction de l’islandais directement mais depuis l’anglais, ce qui peut expliquer une déperdition assez énorme. Plus gênants encore sont quelques non-sens (18 janv, « le printemps n’arrive-t-il jamais jusqu’ici ? »… en France non plus, janvier ce n’est pas le printemps alors au nord de l’Islande, je vous laisse imaginer). Je lui ai tout me même laissé une chance, espérant que l’intrigue allait rattraper le coup. Déjà, c’est long à démarrer, et puis franchement… ça n’a rien de bien palpitant. C’est très convenu. Les personnages sont creux et stéréotypés et l’enquête traîne en longueur. Heureusement que ça se lit vite parce que c’est d’un ennui ! Bref, pas le grand coup de cœur du printemps quoi, passez votre chemin.

Ses parents lui offraient toujours un livre à Noël. La tradition islandaise de lire un nouveau livre la veille de Noël jusqu’aux petites heures du matin tenait un rôle important dans sa famille.

A l’orée du verger, de Tracy Chevalier

 

1838, les Goodenough sont une famille nombreuse qui vit dans les marais de l’Ohio qui tente tant bien que mal de survivre grâce à son verger. Mais la vie est dure dans le Black Swamp, surtout pour les hommes comme James, qui ne rêvent que de reinette dorée.

A l'orée du verger, couvertureJe dois bien avouer que je n’avais rien lu de Tracy Chevalier, même si je la connaissais de nom depuis l’adaptation cinématographique de son roman La jeune fille à la perle il y a quelques années. J’avais très envie de découvrir son univers mais je ne sais pas, j’ai lu d’autres choses et je n’ai finalement jamais vraiment eu l’occasion. J’ai donc été comblée de recevoir son dernier roman. Je dois avouer que je n’ai pas été déçue ! J’ai beaucoup aimé le style, classique et élégant, presque désuet par moment mais qui a tellement de charme : un vrai régal. L’histoire m’a tout autant séduite. Même si les pommiers ne sont pas franchement ma spécialité, j’ai trouvé quelque chose de familier dans cette famille qui peine à survivre du fruit de son labeur à la ferme. La psychologie des personnages est assez complexe et si tous ne sont pas sympathiques, ça rend leurs relations intéressantes. J’ai également pris un grand plaisir à suivre la part d’aventure qui vient donner un nouveau souffle en court de récit. J’ai trouvé que sur la fin certains événements manquaient peut-être un peu de crédibilité dans leur enchaînement mais à ce stade de ma lecture je dévorais tellement ce roman que ça ne m’a pas gênée outre mesure. Ca contribue même au charme de l’histoire d’une certaine manière. Pour le reste, d’un point de vue historique, ça m’a eu l’air particulièrement bien documenté (si je ne m’abuse, l’auteur est d’ailleurs réputée pour ça). Un roman aux multiples facettes qui a su me séduire de bout en bout. A dévorer sans modération.

Ils se disputaient encore à propos des pommes. Lui voulait cultiver davantage de pommes de table, pour les manger ; elle voulait des pommes à cidre, pour les boire. Cette querelle s’était répétée si souvent qu’ils jouaient désormais leurs rôles à la perfection ; leurs arguments s’écoulaient fluides et monotones autour d’eux car il les avaient l’un comme l’autre entendus assez fréquemment pour ne plus avoir à écouter.

Le reste de leur vie, de Jean-Paul Didierlaurent

 

Comment, au fil de hasards qui n’en sont pas, Ambroise, le thanatopracteur amoureux des vivants et sa grand-mère Beth vont rencontrer la jolie Manelle et le vieux Samuel, et s’embarquer pour un joyeux road trip en corbillard, à la recherche d’un improbable dénouement ?

Le reste de leur vie, couvertureJe n’avais pas lu le premier roman de l’auteur, dont on avait pourtant beaucoup parlé, en revanche j’avais lu un recueil de nouvelles paru en septembre dernier et qui, je dois le dire, m’avait très peu convaincue (ma critique ici). Autant avouer que je n’étais pas hyper enthousiaste au moment d’entamer cette lecture. Finalement, j’ai été plutôt agréablement surprise – quand on n’attend rien aussi, forcément, on ne risque moins d’être déçu. J’ai beaucoup aimé le début. Le style est léger mais agréable et les personnages plutôt sympathiques. J’ai pris plaisir à les découvrir. On alterne essentiellement entre un jeune homme et une jeune femme, on se doute donc qu’ils vont finir par se croiser mais tant qu’on ne sait pas comment, j’ai trouvé ça plaisant. J’ai un peu moins accroché avec la suite, plus prévisible et surtout trop pleine de bons sentiments à mon goût. Heureusement, comme ça se lit très vite et que j’avais bien aimé le début, j’étais encore dans de bonnes dispositions et je suis arrivée à la fin de l’histoire avant que l’ennui ne me rattrape. Vous le savez, les bons sentiments et moi… S’il y a des choses assez classiques dans ce roman – son style et certains ressorts de l’histoire notamment – d’autres le sont beaucoup moins. La vraie réussite tient à l’originalité des personnages, qui n’en demeurent pas moins attachants. Même si elle manque de caractère à mon goût, une lecture légère et agréable qui devrait plaire au plus grand nombre.

Alors si vous me demandez pourquoi je fais ce métier,je vais vous répondre d’un exemple:parce que c’est plus facile pour une mère d’embrasser le front d’un fils qui paraît dormir dans une éternité paisible que de rester hantée tout le reste de sa vie par l’image d’un visage ravagé par la mort.

Lettres à Stella, d’Iona Grey

 

Jess s’enfuit et n’a n’a nulle part où aller. Surgissant dans une ruelle déserte, elle trouve refuge dans une maison abandonnée. Le lendemain matin, le facteur glisse une lettre mystérieuse par la porte. Incapable de résister à la tentation, Jess ne peut s’empêcher de la lire et se retrouve plongée dans une histoire d’amour d’un autre temps.

Lettre à Stella, couvertureCeux qui me lisent régulièrement le savent, les histoires d’amour et moi, ça fait généralement deux. Je craignais donc un peu cette lecture, d’autant plus que le traumatisme du très mièvre Il était une  lettre était encore bien présent dans mon esprit. Je me suis tout de même lancée, un peu à contre-cœur donc. Finalement, ç’a plutôt été une jolie surprise. On alterne entre l’histoire de Jess, une jeune femme un peu paumée, et celle de Stella, malheureuse dans son mariage et qui va s’éprendre de Dan, un soldat américain. Le lien entre les deux univers se fait à travers la lecture de la correspondance (enfin, une moitié seulement) des deux amants. J’ai trouvé que pour une fois le procédé ne faisait pas trop artificiel d’autant plus que les deux histoires se font plus ou moins écho. J’ai beaucoup aimé la première moitié du roman, j’ai trouvé les tâtonnements et les doutes bien retranscrits. Ca vire un peu plus mélodramatique sur la fin. Un peu trop à mon goût, mais on est alors suffisamment attaché aux personnages pour s’en accommoder, voire même par moments se laisser prendre au jeu. Si dans l’ensemble ce roman ne réserve pas de grande surprise, j’ai beaucoup aimé les personnages et la peinture de l’Angleterre pendant la guerre. Un roman agréable à lire, bien moins mièvre que ce que je craignais.

Je t’ai promis un amour infini, à une époque où il m’était impossible de savoir si je survivrais une semaine de plus. Aujourd’hui, il semblerait que l’éternité touche à son terme. Pas un instant je n’ai cessé de t’aimer.

Gangsterland, de Todd Goldberg

 

Tueur à la solde de la mafia de Chicago, Sal Cupertine est ce qui se fait de mieux dans le genre. Il se retrouve obligé de fuir après avoir tué trois agents du FBI. Un peu de chirurgie plus tard, on le retrouve à Las Vegas sous le nom de David Cohen, rabbin de son état. Mais sa vie risque bien de ne pas être plus facile pour autant…

Gangsterland, couvertureUne bonne vieille histoire de mafia : voilà qui avait de quoi me réjouir. Si les bases de l’histoire sont assez classiques avec des histoires de clan, de loyauté et de règlements de comptes, j’ai trouvé la mise en oeuvre très originale. On s’éloigne de l’univers classique de la mafia italienne pour découvrir un monde bien plus feutré mais non moins pourri. Le personnage principal va devoir s’adapter à son changement de fonction et va s’avérer surprenant dans ce changement radical, avec bien plus de profondeur que ce qu’on aurait pu attendre de lui. J’ai beaucoup aimé cet aspect là du roman, où chacun est amené à méditer sur ses actes et le sens qu’il veut donner à sa vie. La distinction entre le bien et le mal y est souvent assez fluctuante, ce qui n’est pas pour me déplaire. On met à peu près aussi longtemps que le personnage à comprendre les tenants et les aboutissants de son changement de statut et ce flou artistique contribue largement à la réussite de l’histoire. Par ailleurs, c’est plutôt bien écrit, ce qui ne gâche rien. Une base classique, une plume efficace, un développement original et une touche d’introspection en font un thriller original et très prenant.

Selon les usages, il valait mieux éviter de tuer un agent du FBI. Mauvais pour les affaires. Alors trois, voire quatre, si le Mexicain en était, lui aussi… On pouvait abattre un flic véreux, ou un conseiller municipal qui s’apprêtait à aller porter plainte pour ne pas payer ses dettes, mais on ne dézinguait pas comme ça un agent fédéral.

Les élues, de Maggie Mitchell

 

L’été de leurs douze ans, Loïs et Carly May ont été kidnappées et séquestrées dans un pavillon de chasse pendant six semaines. Vingt ans plus tard, Loïs enseigne la littérature britannique au sein d’une petite université de New York, et Carly May peine à relancer sa carrière d’actrice à Los Angeles. Mais le destin pourrait bien une fois de plus les rapprocher.

Les élues, couvertureAutre thriller, autre bonne surprise (quand je vous dis que je suis sur une bonne lancée !). Ici on a affaire à deux enfants qui ont été enlevées l’été de leur 12 ans et qui s’en sont sorties indemnes. Une fois adultes, elles affrontent les conséquences assez troubles de ce kidnapping chacune à leur manière. On alterne le point de vue des deux jeunes femmes, l’une professeur à l’université et l’autre actrice. Elles ont eu des parcours très différents et n’ont pas gardé contact, pourtant un lien ténu persiste entre elles. J’ai beaucoup aimé les questionnements psychologiques autour de la question de l’enlèvement et de ses conséquences. Les fillettes n’ont pas cherché à fuir et c’est finalement cette absence de traumatisme tangible qui les hante. Les choses sont abordées de manière originale et ça sonne terriblement juste. Si dans l’ensemble la trame du roman est assez prévisible, c’est vraiment sur le fond que la différence se fait, avec un angle d’approche intéressant. L’écriture est assez légère mais agréable. Les personnages ne sont pas toujours très sympathiques mais leur côté un peu dingue les rend bien plus humains. Un thriller psychologique efficace qui traite d’un sujet délicat avec sensibilité et une certaine profondeur, difficile de le lâcher une fois la lecture entamée.

En fait, ce n’était pas du tout dramatique (…). De mon point de vue, un enlèvement en plein jour, dans la rue principale d’une bourgade paumée du Nebraska, était loin d’être la pire chose qui pouvait m’arriver.

Divers

Juin, le bilan

          Encore un peu la galère en juin. Je marche avec une canne comme une petite vieille, inutile de vous dire donc que je ne fais pas trop de folies. Donc comme depuis 6 mois maintenant, pas mal de lectures, pas grand chose d’autre. Heureusement, avec le temps pourri, l’enfermement est moins pesant. Quasiment que des nouveautés au programme mais je compte bien faire une pause avec les sorties en attendant la rentrée littéraire (qui arrive à grands pas). 15 livres lus en juin. Je crois bien que j’ai autant lu en 6 mois que durant toute l’année 2015. Essentiellement des romans ce mois-ci avec quasi que des bonnes surprises. J’ai beaucoup aimé A l’orée du verger, le dernier Tracy Chevalier, j’ai succombé au charme de l’excellent Les putes voilées n’iront jamais au Paradis ! de Chahdortt Djavann et j’ai également beaucoup aimé Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, d’Harper Lee, classique de la littérature américaine.

          Très peu de films vus au cinéma en revanche (je marche mal, les escaliers me dépriment et je ne tiens pas en place sur mon fauteuil, le cinéma a arrêté momentanément de me faire rêver…). Seulement 2 films vus en juin. Pas d’énorme coup de cœur mais j’ai bien aimé Dans les forêts de Sibérie, inspiré de l’excellent livre de Sylvain Tesson du même nom. Je crois bien que je n’étais jamais allée aussi peu au cinéma depuis… euh… presque toujours ! Je commence à être en sérieux manque et à me sentir franchement larguée avec les nouveautés. Espérons que la fin de l’année sera plus productive !

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          Une vingtaine de films vus depuis chez moi. Peu de coups de cœur histoire de changer, hormis Mustang, que j’ai adoré et que j’ai vraiment regretté de ne pas avoir vu au cinéma. En revanche, de bonnes surprises dans les séries avec la très bonne saison 2 du Bureau des légendes et la touchante mini-séries Olive Kitteridge.
Un nouveau jeu de société testé, Dead of winter, que j’ai beaucoup aimé (merci les zamis pour ce super cadeau d’anniversaire !). Peu de jeux vidéo en revanche, la patience me fait défaut depuis quelques jours, ça reviendra.

          Côté sorties, c’est un peu le néant. J’ai tout de même passé une journée à Rouen pour aller découvrir l’exposition d’art urbain Rouen impressionnée. Je n’ai pas vraiment eu le loisir de visiter la ville mais j’ai beaucoup aimé les réalisations que j’ai pu voir. Je vous recommande d’aller y faire un tour cet été si vous en avez la possibilité. L’aller-retour en train se fait très bien dans la journée depuis Paris et l’escapade a comme un goût de vacances. Pas d’autres expos, faute de pouvoir marcher correctement. Pas de concerts, pas de théâtre et pas de ballet puisque j’ai lamentablement raté Giselle. Bref, ce n’est pas ce mois-ci que je me suis beaucoup cultivée. Je doute faire mieux en juillet, mais sait-on jamais ? Et vous, quoi de neuf ce mois-ci ?

Expositions·Photo

Rouen impressionnée

          Pour sa 3° édition, Rouen Impressionnée invite des graffeurs du monde entier à redessiner le visage de la ville. L’exposition qui s’intègre au festival Normandie Impressionniste – dont les affiches pullulent dans Paris – propose 3 parcours dans différents quartiers de la ville. Il y aura en tout 25 œuvres monumentales inédites, certaines temporaires, d’autres amenées à rester. Des œuvres existantes ont également été intégrées à ces parcours avec des acteurs de la scène locale. Le parcours est conçu comme une exposition à l’échelle de la ville. Le commissaire d’expo, Olivier Landes, n’en est pas à son coup d’essai puisque c’est lui qui avait créé In situ au fort d’Aubervilliers. Au programme Bault, Brusk, Ramon Martins, Robert Proch, Satone et bien d’autres pour l’un des événements majeurs de l’art urbain en Europe en 2016.

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          Trois quartiers sont concernés par cet événement : le quartier des Sapins – qui est un quartier populaire sur les hauteurs de Rouen, le centre-ville et les docks. Dans le quartier des Sapins, la population a été consultée afin de savoir ce qu’elle attendait des fresques. Elles doivent représenter l’identité du quartier. Les fresques peuvent ainsi se lire comme une sorte de portrait chinois du quartier et de ses habitants. J’ai trouvé cet aspect du travail des artistes très intéressant : une part de social essentielle pour que leurs œuvres soient acceptées et s’intègrent à leur environnement. Le pari semble réussi puisque des jeunes se sont proposés spontanément pour organiser des visites guidées de leur quartier cet été.

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          Au centre-ville, le travail des artistes se fait plus discret. En effet, le centre de Rouen est classé et une contrainte chromatique a été imposée afin que les oeuvre ne tranchent pas trop dans ce quartier historique. Tout n’était pas encore en place au moment où j’y suis allée (il devrait notamment y avoir des choses à voir du côté de la gare) mais j’ai vu un beau collage et surtout une oeuvre monumentale sur la façade technique d’un cinéma. Le dégradé de couleurs et l’aspect abstrait du dessin sur une si grande surface sont tout bonnement fascinants. L’artiste joue avec les volumes de manière magistrale et sa peinture semble se fondre avec le ciel. C’est époustouflant, le gros coup de cœur de la journée.

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          Du côté des docks, la liberté était plus grande du fait de l’absence d’habitants. Les œuvres se font moins figuratives et on assiste à une véritable explosion de couleurs. La promenade le long de la Seine, en cours d’aménagement, est très agréable et permet de découvrir des styles de peinture éclectiques. La calamar géant est une oeuvre éphémère particulièrement impressionnante. Même si je n’ai pas tout aimé, j’ai également trouvé que la peinture des portes du musée maritime lui donnait un sacré cachet ! Le quartier est en plein mouvement et j’ai trouvé que ça participait à sa dynamique avec des choses moins sages, même si dans l’ensemble ça me correspond aussi un peu moins.

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          Tout n’était pas fini au moment de mon passage à Rouen mais j’ai trouvé le parcours vraiment sympa, avec des choses très différentes. Deux artistes travaillaient ce jour-là et j’ai beaucoup aimé voir comment ils bossaient, leurs inspirations, etc… On peut tout voir dans la journée – même si ça demande un peu d’organisation, ou décider de ne faire qu’une partie du parcours, ce qui à vrai dire serait un peu dommage vu le diversité qui est offerte. Des modules où seront réalisées des œuvres éphémères seront à voir tout l’été devant le musée des beaux-arts. Je m’y connais très peu en street-art mais j’ai aimé quasiment tout ce que j’ai vu et ça m’a donné envie de me pencher de plus près sur ce qui se faisait dans le domaine. Une belle exposition qui redessine le visage de la ville et permet de l’appréhender autrement.

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Rouen impressionnée

Du 2 juillet au 26 septembre 2016

Inauguration le 2 juillet dans le quartier des Sapins

Informations auprès de l’office de tourisme

25 place de la Cathédrale
76 000 ROUEN

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Cinéma·Mes lectures

Honneur aux femmes

          Il y a peu, je consacrais un article à la condition de la femme au cinéma (à retrouver ici). Voici un petit complément avec un film vu depuis (sur les conseils de Bernieshoot suite à mon article justement), un roman et un livre photo où les femmes sont à l’honneur.

Drame indien de Leena Yadav avec Tannishtha Chatterjee, Radhika Apte, Surveen Chawla

Dans l’état du Gujarat, en Inde, les femmes sont de nos jours encore largement sous l’emprise des hommes. Elles sont quatre, une veuve, une femme stérile, une prostituée et une jeune mariée. Le chemin de la liberté est semé d’embûches mais leur amitié va les aider à s’affranchir d’une société qui les étouffe.

La saison des femmes, afficheCe film est mon gros coup de cœur de cette première moitié de l’année. S’il n’est pas exempt de défauts, j’ai trouvé son énergie communicative et j’en suis ressortie euphorique. Dès les premières images, j’ai été totalement happé par l’univers de ce film : les couleurs de l’Inde, ses traditions ancestrales, ses femmes malmenées. Le film retranscrit très bien le poids des traditions dont les personnages essaient tant bien que mal de s’affranchir. Le film s’inspire de récits fait par des femmes de cette région reculée de l’Inde. Les quatre femmes au centre du récit ont des personnalités exceptionnelles et j’ai trouvé les deux qu’on voit dès le début particulièrement attachantes. Les actrices sont assez incroyables. La complexité des personnages se révèle peu à peu, laissant apparaître les failles de chacune. Les hommes sont en retrait dans le film et n’ont pas franchement le beau rôle mais cela ne m’a pas gênée outre mesure et l’histoire ne m’a pas donné l’impression d’être caricaturale. Un film que j’ai vraiment adoré : plein de couleurs, d’énergie et porteur d’un message universel. Un magnifique films de femmes et un énorme coup de cœur.

 

En Iran, de nos jours, l’histoire de deux gamines extraordinairement belles, séparées pour être mariées, avec qui la vie ne va pas être facile. Et celle de prostituées assassinées qui offrent un regard surprenant sur le plus vieux métier du monde.

Les putes voilées n'iront jamais au Paradis ! couvertureAllez savoir pourquoi je m’étais convaincue que ce livre était un essai. J’avais un peu tardé à m’y mettre, le genre n’étant pas particulièrement celui qui m’attire le plus spontanément. J’ai donc été ravie de découvrir qu’il s’agissait en réalité d’un roman : et quel roman ! Je suis de suis tombée sous le charme de ce style riche et enlevé, particulièrement maîtrisé. Un vrai coup de foudre ! L’histoire m’a tout autant absorbée. L’auteur s’inspire d’un fait réel : une série de meurtres de prostituées en Iran. Partant de là, elle imagine l’histoire de chacune et leur donne la parole. L’intention est louable et parfaitement menée à bien. On passe du rire à l’émotion en lisant leur récit, oubliant parfois même qu’il est fictif, tant ces femmes semblent vivantes. Les incursions de l’auteur dans le récit ont un côté ludique qui vient casser un peu l’aspect tragique du texte. Mais sous la légèreté de la plume, c’est un portrait très sombre de la société iranienne que dresse l’auteur, une société qui étouffe la femme et l’exploite à la moindre occasion. Un roman qui se lit d’une traite avec un réel plaisir mais n’en cache pas moins un engagement profond : un énorme coup de cœur.

Vous voulez connaître une société ? faites parler ses prostituées ! Vous découvrez tout sur les gens, sur leur culture, leurs coutumes, leurs préjugés, leurs croyances, sur les violences sociales, sur le commerce, la politique et même sur le système judiciaire…Parmi les clients des putes, il y a des hommes de tout rang et de out milieu.

Pendant plus de trente ans, les plus belles femmes ont été saisies par l’objectif de Jeanloup Sieff. Ses photographies – qu’il s’agisse de portraits, de nus ou de séries de mode – révèlent une femme impertinente, sensuelle, infiniment consciente de son pouvoir de séduction.

Femmes, Jeanloup Sieff, couvertureOn m’a offert ce livre l’année dernière pour mon anniversaire. Je ne connaissais pas du tout ce photographe – il faut dire que ma culture en matière de photo est proche du néant – et j’avais hâte de découvrir son travail. J’ai toujours beaucoup aimé les nus féminins, que ce soit en photo ou en peinture, j’ai donc été ravie de me voir offrir cet ouvrage qui y est en partie consacré – alternant avec des portraits ou des photos de mode. Tous les clichés que contient ce petit livre au format carré sont en noir et blanc et souvent très contrastés. Je me suis d’ailleurs rendu compte que certains étaient célèbres. C’est un peu inégal mais j’ai trouvé qu’il y avait des clichés vraiment magnifiques avec en particulier de très beaux jeux de contre-jour et de clair-obscur ainsi que des jeux d’ombres intéressants. Il y a également quelques belles constructions, assez originales. Il y a des choses plutôt classiques, d’autres drôles ou poétiques. Le femme est le trait d’union entre ces univers assez disparates. Ca m’a donné envie de voir ce qu’il avait fait d’autre même si je n’en ai pas encore eu l’occasion. Il y a une certaine élégance dans ce travail qui n’est jamais vulgaire. Un bel hommage à la femme.

Le violoncelle, Jeanloup Sieff, 1985
Le violoncelle, Jeanloup Sieff, 1985