Expositions

Persona, une exposition étrange au Quai Branly

          J’ai mis très longtemps à me décider à visiter le Quai Branly, convaincue que les arts premiers ce n’était pas pour moi. Grave erreur. J’adore ce musée ! Il est très bien conçu, tout en courbes et lumières douces avec plein de choses surprenantes dedans. J’étais déçue d’avoir raté successivement L’Inca et le conquistador et Esthétiques de l’amour en Sibérie, quand j’ai reçu une invitation pour le vernissage de cette nouvelle exposition je me suis donc jetée dessus ! Et franchement, c’était génial ! Je n’ai pas pu y rester autant que j’aurais voulu parce que j’ai eu la grande idée de me faire une entorse à la cheville et qu’une expo avec des béquilles, c’est un peu compliqué quand même (surtout quand on pousse le vice jusqu’à prendre ses propres photos quand le musée propose de magnifiques visuels…). Avec beaucoup de retard, voici ce que j’en ai pensé.

Exposition Persona au Quai Branly

          Le titre « Persona » est assez peu parlant je trouve. C’est bien dommage parce que le sujet est passionnant. L’exposition porte sur la personnification des objets : « Comment l’inanimé devient-il animé ? Comment l’homme instaure-t-il une relation insolite ou intime avec des objets ? Un groupe d’anthropologues s’est penché sur ces questions, à l’heure où notre conception de l’humain vacille et que ses frontières ne cessent d’être repoussées. » Je vous fais part de la présentation du musée, qui sera toujours bien meilleure que celle que je pourrais en faire :

Exposition Persona au Quai Branly

          « Nombreux sont les objets qui ont un statut plus proche de celui d’une personne ou d’une créature que d’un simple objet. Objets d’art – occidental ou non occidental, populaire ou contemporain –, ou produits high tech – robots, machines, etc. – se voient régulièrement attribuer, dans leur utilisation, des capacités d’action insoupçonnées, qui en font des quasi-personnes. Comme l’enfant qui voue une passion à son doudou ou celui qui peste contre son ordinateur ou son mobile en lui reprochant d’être incompétent ou têtu. Comme le chamane qui convoque les esprits à travers une statuette prenant les traits des dieux.
Ce transfert ou cette confusion qui s’opère alors entre l’humain et le non-humain, et la relation particulière et personnalisée qui les lie, dans les cultures les plus variées, est le vaste sujet de cette exposition d’anthropologie. Une incursion par la robotique, via l’oeuvre pionnière de Masahiro Mori, permettra de comprendre le rôle de l’anthropomorphisme dans les artefacts les plus divers, et ce qui se joue lorsqu’un robot à l’apparence trop humaine – ou toute autre pièce au réalisme intimidant – croise notre regard, jusqu’à le déstabiliser. » Tout un programme donc !

Exposition Persona au Quai Branly

          Cette exposition comporte des œuvres très variées : ça va des masques indiens aux théâtres de puces en passant par des représentations de divinités ou de la robotique. Difficile parfois d’ailleurs de faire le lien entre des objets aussi hétéroclites. C’est d’ailleurs le point faible de cette exposition. Non seulement son titre n’est pas très parlant mais on peine parfois à en dégager un fil conducteur net. Des panneaux explicatifs permettent toutefois de rattacher chaque section au sujet de l’exposition. J’ai beaucoup aimé les videos qui jalonnent le parcours, avec la présentation d’expériences très intéressantes, notamment une sur les réactions de plusieurs personnes en isolement pendant 48h que j’ai beaucoup aimé découvrir. Il y a également de très beaux objets dans la première partie, qui est consacrée essentiellement aux arts premiers. Pourtant, c’est de loin la seconde partie qui est la plus réussie, avec l’apparition de la robotique qui est vraiment intéressante même si on s’éloigne un peu des arts premiers. Une exposition qui manque parfois un peu de clarté quant à son fil conducteur mais qui s’avère assez fascinante et passionnante à bien des égards. A voir.

Exposition Persona au Quai Branly

Persona, étrangement humain

Musée du quai Branly

37, quai Branly
75007 Paris

Du 26 janvier au 13 novembre 2016

Tous les jours de 11h à 19 ou 21h, fermé le lundi

11€ plein tarif, 9€ tarif réduit

Mes lectures

Rentrée littéraire de janvier : littérature étrangère

          Je viens enfin à bout des sorties de janvier et février, avec comme vous pourrez le constater pas mal de retard. Après la littérature française, voici à présent ce que j’ai lu en littérature étrangère. Il est rare que j’en lise autant et je dois avouer que si je n’ai pas tout aimé, ça fait un bien fou d’y revenir !

          Après la guerre civile, la survie est compliquée pour Manolita qui à 18 ans doit s’occuper de ses quatre frères et sœurs pendant que sa belle-mère en prison et son grand frère dans la résistance. Pour l’aider elle va faire des choses dont elle ne se serait pas crue capable.

Les trois mariages de Manolita

Voilà un roman dense qui mérite un temps de digestion avant de pouvoir en parler. En partie parce qu’il est long, relativement complexe, et que ses différents aspects m’ont inégalement séduite, demandant un temps de réflexion pour faire le tri entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas afin de vous donner un avis un minimum clair et cohérent. Je peux déjà dire que ce n’est pas un gros coup de cœur mais que l’histoire est passionnante, le style un peu lourd, les péripéties nombreuses et que le tout fait un très bon roman. Je connais assez mal l’histoire de la guerre d’Espagne. J’ai lu plusieurs romans sur le sujet, mais je les ai souvent trouvé trop compliqués. Je connais les grandes lignes de l’histoire espagnole mais les détails du contexte politique m’ont toujours échappé. Je craignais donc un peu de me lancer dans cette lecture même si le sujet m’intéresse. J’ai trouvé ici que le contexte était très bien posé et je n’ai pour une fois eu aucune difficulté à comprendre comment les chose s’étaient déroulé (enfin !). Même si c’est forcément un peu ardu, j’ai apprécié la clarté dans la description des événements, qui se fait de manière chronologique. Ca fait un texte parfois un peu lourd mais qui au moins à le mérite de ne pas perdre son lecteur. Le roman commence par la guerre d’Espagne puis on passe au règne de Franco pour s’arrêter un peu après. Ca permet de bien appréhender la période à travers des personnages qui l’ont vécu. Contrairement à ce que le titre laisse penser, c’est bien plus un roman historique qu’un roman d’amour, ce qui n’est pas pour me déplaire ! J’ai bien aimé les relations entre les personnages et leur histoire est intéressante. J’ai simplement trouvé dommage une certaine lourdeur aussi bien dans la structure que dans le rythme. Le tout est un peu pesant et peut sembler indigeste. Un roman qui manque de rythme mais dont l’histoire est passionnante et qui mérite qu’on s’accroche pour la découvrir.

Ils ne le tueront pas, pensais-je, ils ne le tueront pas, même si je ne voulais pas le penser, il est trop jeune, mais ils en avaient tué d’autres d’aussi jeunes, il est trop innocent, mais ils en avaient tué d’autres aussi innocents, il n’a assassiné personne, n’a volé personne, il a juste imprimé des tracts, c’est tout, de l’encre et du papier, mais ils en avaient tué d’autres, aussi, pour leurs mots.

          Déterminée à combattre sa phobie de l’avion pour obtenir le poste dont elle rêve, Sara décide de recourir à l’hypnose. Au fil des séances, la jeune femme est victime d’hallucinations chaque fois plus terrifiantes… D’où viennent-elles ? Face aux terribles découvertes auxquelles elle est confrontée et grâce à l’aide du docteur, Sarah va se lancer dans une quête d’identité effrénée.

Fermez les yeuxJe n’étais particulièrement enthousiaste en commençant ma lecture. J’avais peur de tomber sur de grosses ficelles et un roman manquant de subtilité. D’un autre côté, le sujet lui me tentait bien. Je suis assez fascinée par l’hypnose. J’ai même tenté d’en faire mais il se trouve que je suis tombée sur quelqu’un qui essayait de faire passer de la simple relaxation pour de l’hypnose et en plus était la pire psychologue de tous les temps. Pas très concluant donc mais je retenterai peut-être ma chance un jour. Bref, j’étais donc partagée en entamant cette lecture. Le style n’est pas exceptionnel mais pas mauvais non plus, c’est plutôt agréable à lire. J’ai beaucoup aimé la construction. Le récit se construit de manière parcellaire. Les points de vue se croisent. L’histoire avance à travers le point de vue de très nombreux personnages – liés de plus ou moins près à la victime – qui parlent à un journaliste qui veut écrire sur l’affaire. Chacun ne possède pas le même degré d’information et ne veut pas nécessairement les dévoiler. Des récits croisés, incomplets et qui ne se recoupent pas toujours, ils rendent l’histoire nébuleuse et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce roman ! Le fond de l’intrigue est bien senti mais finalement assez convenu, même si ça fonctionne. Il y a quelques longueurs et ça manque parfois un peu de finesse mais l’originalité de la construction rend cette lecture agréable. Un premier roman prometteur.

Je m’allongeais sur le canapé et j’écoutais les programmes de la journée sans ouvrir les yeux, calculant le nombre d’heures qu’il me fallait encore tenir avant de revoir Stephen.

          Le 31 décembre 1976 à New-York certains habitants s’apprêtent à vivre un réveillon mouvementé. Des ados paumés, des artistes désabusés, de riches héritiers : autant de destins qui s’entremêlent dans une ambiance punk survoltée.

City on fireJe n’avais pas entendu que du bien sur ce livre dont j’avais oui dire qu’il possédait tous les travers du premier roman. Pourtant, je suis assez vite rentrée dans l’histoire même si je n’ai pas trouvé le style exceptionnel (pas mauvais non plus d’ailleurs) et j’ai lu les cinq cents premières pages rapidement, ce qui est en soi un exploit. L’histoire est un peu compliquée, avec pas mal de ramifications, et il est assez difficile de savoir qui en sont les protagonistes principaux – si tant est qu’il y en ait – parmi la dizaine qui reviennent de manière récurrente. C’est un peu déroutant. Passé la première moitié, j’ai trouvé que ça commençait à patiner un peu… Ca tourne en rond, l’histoire peine à avancer, bref, on ne s’ennuie pas vraiment mais presque. J’ai eu le sentiment que l’auteur voulait trop en dire à la fois, y mettre tous les personnages et les idées qui lui avaient un jour traversé l’esprit et qu’il s’y permet un peu. Je me suis même demandé à un moment s’il savait où il allait. Il y a des choses intéressantes par-ci par-là et quelques personnages forts mais c’est parfois un peu confus. Je l’ai lu en version numérique et les nombreux documents annexes qui sont insérés entre les différentes parties étaient illisibles, dommage (même si ça m’a fait gagner pas mal de temps à vrai dire). Un roman qui n’est pas dépourvu de qualités mais qui en voulant trop de choses à la fois perd en clarté. Le tout reste plutôt agréable mais aurait mérité un écrémage sérieux.

L’échec est tellement plus intéressant. Tout porte à croire que Dieu considère l’humanité comme un échec. Les choses deviennent intéressantes juste au moment où elles s’effondrent.

          Tina, malheureuse auprès de son mari violent, découvre une lettre jamais arrivée à son destinataire. Elle se donne pour mission de lui faire parvenir envers et contre tout.

Il était une lettreLa grosse déception de cette rentrée littéraire de janvier. Je me doutais à la lecture de la quatrième de couverture que ce ne serait pas le coup de cœur de l’année mais j’ai toujours une tendresse particulière pour les histoires de lettres ou de romans (mettez-moi les mots « lettre », « livre » ou « bibliothèque » dans un titre, je cours presque à tous les coups, fut-ce à la déception). Et puis un peu de légèreté de temps en temps ne peut pas faire de mal n’est-ce pas ? Sans m’attendre à grand chose, je me disais que ça ferait une pause sympathique entre deux lectures plus ardues. Dès les premières pages, j’ai su que j’allais souffrir. Le style est assez pauvre – même s’il faut admettre que souvent les traductions de l’allemand ne sont pas terribles – et truffé d’images plus éculées les unes que les autres. Du côté de l’histoire, des personnages stéréotypés et des bons sentiments à la pelle. Tout ce que j’aime ! Le personnage qui trouve la lettre en particulier m’a horripilée, le type même de la femme battue qui trouve des excuses à son mari à tout bout de champ. Pourtant, il y aurait pu y avoir des choses intéressantes, notamment sur la vie dans la campagne irlandaise et les couvents ou finissaient les filles-mères mais autant vous dire qu’on est bien loin de Magdalene Sisters. Je suis allée au bout parce que c’est très court (et que ça se lit particulièrement vire) mais j’aurais pu m’épargner cette peine. Un roman sans grande originalité, mièvre et mal écrit, cette lecture fut le calvaire de cette rentrée.

Elle s’émerveilla de la quantité de choses que pouvaient vous apprendre les enfants, de cette sagesse qui était la leur et que si souvent on sous-estimait, ou même ignorait.

          Des loups qui terrorisent un villages indien dans les années 20, une hôtesse de l’air enceinte et la mort d’un jeune enfant maltraité par sa famille : trois histoires cruelles sur ce que l’humanité engendre de pire.

AnomaliaJ’ai demandé ce roman essentiellement parce que je trouvais sa couverture très belle. Le résumé, assez mystérieux, a fini de me convaincre. Je ne savais pas trop s’il s’agissait d’un roman jeunesse, finalement, ce n’est pas le cas. C’est assez loin de ce que j’avais pu imaginer… Ce roman est extrêmement particulier. Je crois qu’on peut dire que le fil conducteur est l’abandon et/ou la maltraitance des enfants, à travers des histoires très différentes. J’ai beaucoup aimé le style que j’ai trouvé très beau, élégant. Les histoires m’ont toutes marqué à leur manière. Elles ne se ressemblent pas (il y en a trois, dont une en deux parties distinctes) mais possèdent toutes une forme de violence. La première reste relativement classique, on commence doucement si on peut dire, mais elle commence à nous initier un peu à la thématique. La deuxième m’a beaucoup plu. On change totalement d’univers et j’ai été fascinée par son étrangeté – je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte. La troisième est de loin la plus traumatisante. C’est d’une très grande violence et pourtant je l’ai trouvée belle à sa manière. Nécessaire en tout cas. Elle a le mérite d’aborder un sujet difficile sous un angle particulier que j’ai trouvé intéressant. On revient ensuite à la deuxième histoire – qui n’est plus tout à fait la même avant une petite conclusion. Les différentes histoires peuvent sembler assez disparates, ce qui donne un côté très bizarre à ce livre. Ca pourrait presque être pris comme trois (ou quatre) nouvelles autour d’un même thème. Un roman un peu décousu qui m’a plutôt fait penser à des variations autour de l’abandon. L’écriture est belle et je pense que la force de ces histoires n’a pas fini de me hanter.

Si l’homme découvre ses obligations morales dans le code civil, il lui manquera l’amour, l’imagination et la volonté.

          A Arepa, le maréchal Belaunzarán arrive au terme de son 4° mandat et ne peut plus se représenter. Il va tenter par tous les moyens de conserver le pouvoir pendant que Pepe Cussirat rentre au pays pour l’en empêcher.

Le tyran meurt au quatrième coupVoilà un texte qui m’avait l’air complètement barré. Eh bien, c’est le cas ! Par le biais d’un humour qui ne fais pas toujours dans la dentelle, l’auteur démasque la dictature. Je dois avouer que je connais très mal (voire pas du tout) l’histoire mexicaine, je ne saurais donc dire à quel point y faut y reconnaître des personnages ayant existé ou même étant encore en activité. Toutefois globalement ça rappelle sans conteste à peu près n’importe quel dictateur sud-américain. J’avais peur de ne pas trop accrocher avec cette histoire mais il y a un côté roman d’aventure complètement déjanté que j’ai bien aimé. Les personnages sont tous plus antipathiques les uns que les autres et j’ai beaucoup l’humour avec lequel ils sont dépeints. Ce côté décalé et loufoque m’a séduite. Si l’ensemble est finalement assez prévisible, les rebondissements s’enchaînent à une telle vitesse qu’on n’a clairement pas le temps de s’ennuyer avec cette lecture. L’auteur n’y va pas de main morte sur la critique sociale à travers ses personnages qui réunissent bon nombre de défauts. Si je n’ai pas saisi toute la portée de ce texte faute d’assez bien connaître la culture mexicaine, j’ai pris un grand plaisir à cette lecture qui ne manque pas de caractère.

Nous ne pouvons pas lui donner notre cou à couper comme ça, dit don Ignacio Redondo, qui ne pense pas à son cou, mais aux revenus que lui procurent les magasins qui portent son nom.

          Un livre qui raconterait l’Amérique et ses dévorantes mythologies : la vitesse qui permet de traverser un paysage sans fin, le désir tenu en laisse comme un chien enragé par une Lolita d’un bled perdu, le succès toujours inattendu et hors de proportion, et toute cette bondieuserie qui dégouline de la bouche des pasteurs noirs et des politiciens blancs.

Mythologies américainesJ’avais hâte de m’attaquer à ce livre, un de ceux de la rentrée littéraire qui me tentait le plus. Le résumait me semblait très alléchant. A vrai dire je n’avais pas saisi qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles (souvent longues) mais ça tombe plutôt bien puisque j’aime beaucoup ça et que ça change agréablement après avoir enchaîné pas mal de romans ces dernières semaines. Je n’avais jamais rien lu de Dany Laferrière mais j’ai entendu des interviews de lui et il est passionnant. De plus, le titre d’un des textes « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » m’avait interpellée par son humour et son côté très politiquement incorrect. Pourtant, ça n’a pas été le coup de foudre que j’aurais cru. Le style est agréable, très léger, avec une pointe de dérision que j’ai beaucoup aimée, mais il m’a manqué quelque chose. Tout semble trop léger, il y a une espèce de nonchalance dans ces textes qui m’a un peu déroutée, je m’attendais à des textes plus forts, plus engagés. Pourtant, il y a bien des réflexions intéressantes qui se cachent sous cette apparente désinvolture. Ce n’est pas aussi futile que ça en a l’air. L’air de rien, il se cache souvent au détour d’une phrase une critique de la société ou une réflexion bien sentie sur le genre humain. C’est terriblement intelligent. Difficile de dire alors pourquoi je n’ai pas trop aimé. C’est agréable à lire mais ça manque de mordant à mon goût. Il faut dire aussi que la subtilité n’est pas trop mon fort… Ce n’est finalement qu’une bête histoire de goûts. J’ai pour le moment laissé ce livre inachevé mais je pense que je le reprendrai à l’occasion pour en lire une nouvelle entre deux textes plus ardus. Une écriture agréable et des textes qui ne manquent ni d’humour ni d’intelligence mais qui m’ont parus malgré tout un peu fade.

L’aube est arrivée, comme toujours, à mon insu. Gracile. Des rayons de soleil à fleurets mouchetés. Comme des pattes de saint-bernard. Le roman me regarde, là, sur la table, à côté de la vieille Remington, dans un classeur rouge. Il est dodu comme un dogue, mon roman. Ma seule chance. Va.

          À douze ans, Gulwali fuit l’Afghanistan. Il traverse l’Europe, surmonte la faim, la maladie, la corruption, la cruauté des passeurs, la noyade à laquelle il échappe de justesse… Mais il fait aussi quelques rencontres formidables, glanant un peu de lumière dans ce cauchemar qui durera près de treize mois.

Moi, Gulwali, réfugié à 12 ansCe témoignage ce lit comme un roman d’aventure des plus haletants. Ca semble totalement irréel tant les péripéties s’enchaînent à un rythme effréné. J’ai beaucoup aimé la distance que le narrateur mettait avec le petit garçon qu’il était avant son départ pour l’Europe. Il ne s’épargne pas franchement dans la description qu’il fait de son caractère au début du livre et si cela le rend un peu agaçant, ça le rend aussi plus humain. J’ai beaucoup aimé voir son évolution, même si elle est assez tragique et que ce sont des épreuves incroyables qui font de ce petit garçon tyrannique un homme ouvert d’esprit et sage bien avant l’heure. Difficile de rester insensible au sort des migrants après un récit pareil ! C’est très bien écrit mais justement le niveau de langue et le style très littéraire semblent en décalage avec l’âge et la condition de l’auteur. Toutefois ça n’a pas grande importance, et c’est aussi ce qui fait que ça se lit avec grand plaisir, plus comme un roman que comme un témoignage – et après tout, il est peut-être tout simplement un excellent conteur (finalement, ça s’explique vers la fin, en partie par la présence d’un co-auteur). Si je craignais au début un témoignage larmoyant (fut-ce à raison) et mal écrit, je me suis bien vite détrompée. Ce témoignage est d’une rare intelligence. Une histoire absolument incroyable et très bien écrite dont il me tardait de connaître le dénouement. Un texte Magnifique qui donne envie de faire plus pour ceux qui sont dans le besoin.

J’étais en train de comprendre que les agents sont les représentants de commerce du monde des passeurs. Ils doivent vous vendre de gros mensonges et de minces espoirs pour vous convaincre de continuer à avancer, ce qui est dans leur intérêt parce que s’ils ne vous emmènent pas jusqu’à votre prochaine destination, ils ne sont pas payés. Ils vous diront n’importe quoi pour vous convaincre.

          Voilà pour les sorties des deux premiers mois de 2016. Des choses très différentes qui m’ont dans l’ensemble plutôt convaincue. J’espère que vous y aurez trouvé un peu d’inspiration. Je vous prépare un article avec les sorties de mars-avril. A paraître si tout va bien d’ici une dizaine de jours, le temps de venir à bout de mes lectures.

Divers

Mars, le bilan

          10 livres lus en mars. Il y avait longtemps que je n’avais pas passé autant de temps à lire. Il faut dire que ne pouvant quasiment pas bouger à cause d’une cheville qui a décidé de faire des siennes, j’ai beaucoup de temps à consacrer à la lecture ! Uniquement des sorties récentes ce mois-ci encore. Vous pouvez en retrouver la plupart ici. J’ai été particulièrement heureuse de retrouver le 4° et dernier tome des Sauvages de Sabri Louatah.

          En revanche, seulement 2 films vus en salles. J’ai un peu honte mais se déplacer au cinéma avec des béquilles est un effort qui me semblait un peu démesuré ces dernières semaines. En revanche, une quinzaine de films vus de chez moi avec pour une fois quasiment que de bonnes surprises dont Imagine ou Les nouveaux sauvages.
J’ai également suivi quelques séries parmi lesquelles la saison 1 de Baron noir qui m’a agréablement surprise ou le début de la saison 3 de Wentworth.
Egalement quelques jeux vidéo et jeux de société même si j’y ai consacré très peu de temps ce mois-ci.

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          Côté sorties, pas mal de choses ratées mais j’ai tout de même vu l’excellent spectacle Traces de la compagnie les 7 doigts de la main et j’ai eu la grande chance manger chez Anne-Sohpie Pic à La dame de Pic pour mon anniversaire. Un repas inoubliable malgré un service peu avenant.
J’ai moins cuisiné ces derniers temps, essentiellement parce qu’il m’est difficile de rester debout mais j’ai quand même testé un gâteau kumkat-châtaigne franchement bon auquel il reste quelques petites améliorations à apporter avant de vous en livrer la recette.

          Enfin, j’ai passé quelques jours à Rome. Partir sur un seul pied me faisait un peu peur mais finalement avec un fauteuil roulant et un pousseur d’une extrême patience, ça s’est plutôt bien passé. J’ai trouvé la ville magnifique et qui plus est très agréable. Je vous raconte ça bientôt. Et vous, quoi de neuf en mars ?

Cinéma·Mes lectures

A la découverte du Moyen-Orient

          François Villon croupit en prison en attendant son exécution quand il reçoit la visite d’un émissaire du roi. Méfiant, il accepte une mission secrète qui le mènera jusqu’aux entrailles de Jérusalem, dans un vaste jeu d’alliances et de complots qui met en marche les forces de l’esprit contre la toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l’humanisme et la liberté.

La confrérie des chasseurs de livres_Quand on m’a offert ce livre, je ne connaissais pas du tout l’auteur mais j’ai de suite été séduite par le titre et la quatrième de couverture. L’auteur imagine ce qu’à fait le poète François Villon après sa disparition et je dois avouer que son arrivée dans une confrérie de chasseurs de livres et son périple au Moyen-Orient à la recherche de manuscrits rares ne pouvaient que me mettre l’eau à la bouche. Si je n’ai pas été déçue par l’histoire, j’ai en revanche eu beaucoup de mal avec le style. Je l’ai trouvé particulièrement pompeux et d’un parfait manque de naturel, dans la plus pure tradition universitaire : chiant à souhait ! A tel point que j’ai à un moment songé à interrompre ma lecture tant j’y prenais peu de plaisir. J’ai continué par intérêt pour l’histoire et j’ai plutôt bien fait. C’est très riche, entre politique, quête spirituelle et aventure. Malheureusement, ça manque cruellement de rythme. Tous les éléments du roman d’aventure sont présents, il y avait de quoi faire un roman palpitant (et non moins intéressant) mais le style figé dessert totalement l’histoire. C’es vraiment dommage et qui plus est extrêmement frustrant. On s’habitue un peu mais de là à y prendre du plaisir… Un bon roman sur le fond et les idées mais qui manque cruellement de vie.

A qui appartient donc la Terre Sainte ? A celui qui la possède ? A celui qui l’occupe ? A celui qui l’aime ? Si elle est vraiment aussi sainte qu’on le dit, une telle terre ne peut être conquise par les armes. Elle ne peut être possession, domaine ou encore territoire.

          Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.

L'arabe du futurJ’avais beaucoup entendu parler de cette BD qui avait fait grand bruit à sa sortie. On m’en avait vanté l’humour corrosif. J’avais résisté lors de la sortie du tome 1 mais l’arrivée du tome 2 a eu raison de ma volonté. Je dois avouer avoir été un peu déçue (mais notez quand même qu’après avoir lu le 1°, j’ai acheté la suite, sans doute mon problème non résolu avec les séries incomplètes y est-il pour quelque chose). Je n’accroche pas trop avec ce type de dessin mais finalement, je me suis plus ou moins habituée au bout de quelques pages. C’est certes drôle mais je ne sais pas, peut-être pas assez cynique à mon goût. J’ai aussi été un peu gênée par le fait qu’une grande partie de l’humour de ce texte repose sur le personnage du père, lâche, hypocrite et au final assez antipathique – même si je dois bien avouer qu’il mérite le détour – et sur le côté souffre-douleur de l’auteur – ce qui me met toujours très mal à l’aise (ah, les souvenirs d’école !). J’ai eu l’impression de ne pas toujours saisir l’humour de ce texte, pourtant bien présent, me donnant l’impression que la distance que prend l’auteur avec son histoire n’est pas celle qui me convient. Mais si j’ai décidé de lire la suite après une légère hésitation, c’est surtout parce que si je n’ai pas ri autant que je l’aurais cru, j’ai trouvé l’histoire intéressante dans le fond et assez instructive sur les mœurs des pays visités. Finalement, c’est cet aspect-là que j’ai préféré. Il y a une belle unité entre les deux tomes et on peut espérer que le(s) prochain(s) soi(en)t à l’avenant. Un roman graphique assez amusant même si je m’attendais à quelque chose de plus franchement drôle mais qui est intéressant par son aspect culturel. Je lirai probablement la suite pour voir comment ça évolue. 

Un homme n’a pas de racines , il a des pied.

          Sous la forme d’une lettre posthume à son grand-père, entremêlée de récits plus proches du reportage, Delphine Minoui raconte ses années iraniennes, de 1997 à 2009. Au fil de cette missive où passé et présent s’entrechoquent, la journaliste franco-iranienne porte un regard neuf et subtil sur son pays d’origine, à la fois rêvé et redouté, tiraillé entre ouverture et repli sur lui-même.

Je vous écris de TéhéranJ’ai acheté ce livre dans une librairie spécialisée dans le monde iranien située rue du Ruisseau à Paris dans le 18° arrondissement. Il m’a fallu les conseils du libraire, n’y connaissant absolument rien en littérature iranienne et perse. J’en suis repartie avec un roman iranien d’une auteur apparemment assez connue (que je n’ai pas encore lu) et ce livre-ci qui venait de sortir et qui est plutôt une vison de l’Iran par une journaliste française. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant. La journaliste a des origines iraniennes mais elle semble avoir découvert Téhéran sur le tard (même s’il me semble qu’elle y avait passé des vacances enfant), partant vers 20 ans en quête de ses origines. Je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai trouvé dans ce témoignage qui est avant tout un cri d’amour pour l’Iran. Arrivée à Téhéran, elle tombe amoureuse de cette ville et décide de s’y installer. Son regard semble extrêmement naïf et même si au fil des années elle se rend compte des difficultés de la vie là-bas et des persécutions dont sont victimes les intellectuels, rien ne semble pouvoir entamer son amour inconditionnel pour son pays – qui si je ne l’ai pas vraiment compris – m’a tout de même touchée d’une certaine manière. J’ai trouvé le style assez moyen même si ça se lit plutôt bien. En raison du ton parfois un peu trop débordant d’enthousiasme et d’optimisme face aux difficultés, j’ai eu du mal à m’enthousiasmer autant que je l’aurais voulu pour cette lecture qui est pourtant une mine d’informations et offre souvent un point de vue inattendu. 

J’ai quitté ton pays sans me retourner. Comment dire adieu à une moitié retrouvée de soi-même ? En ce début d’été 2009, la capitale iranienne pleurait ses martyrs et les cachots débordaient. Le temps d’une élection en trompe-l’œil, nous étions passés du vert espoir au rouge sang.

          Saeedeh, Omid, Leïla, Vahid et tous les autres ont moins de 30 ans. Ils viennent de tous les milieux sociaux, nous les avons rencontrés dans tout le pays. Ces jeunes ne cherchent plus à s’opposer à un régime trop fort pour eux, ils ont désormais un seul objectif, un impératif, une obsession : s’aimer. Malgré le régime. Malgré la tradition.

Love story à l'iranienneCette BD me semblait très prometteuse. Je n’avais pas lu de très près le résumé mais le titre est tout de même assez parlant. Elle se présente comme un reportage (c’en est d’ailleurs un). Les auteurs ont rencontré plusieurs jeunes iraniens qui parlent de leur couple ou de leur manière d’envisager les relations amoureuses. Autant de portraits d’un Iran parfois surprenant. Malheureusement, en raison d’une rupture de stock j’ai reçu cette BD en format numérique. Ca ne s’y prête pas du tout. Impossible de voir une planche dans son intégralité et aucune notion de double page. C’est dommage car la mise en page est ici particulièrement travaillée à ce qu’il m’a semblé. Le dessin m’a plutôt plu avec des choses plus ou moins réussies mais une belle variété dans la mise en images en des choses parfois très réussies. En revanche, je n’ai pas trop aimé le côté un peu « catalogue » de cette BD même si ça permet de découvrir des personnalités et des situations très diverses. J’ai trouvé que ça manquait de liant. Dans l’ensemble, j’ai ben aimé cette lecture qui permet de saisir l’ambivalence iranienne en peu de mots et m’a donné envie d’aller voir ce que les auteurs avaient fait d’autre. 

          Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion…

Taxi TéhéranJ’attendais beaucoup de ce documentaire. Je suis assez férue de cinéma iranien que je trouve souvent très fort voire franchement osé. Là je me suis ennuyée durant une large partie du film. Il faut dire que je ne suis pas très à l’aise avec les huis-clos alors la vie vue depuis un taxi, pas simple pour moi surtout si quelques enguelades viennent s’y ajouter. Il y a des réflexions intéressantes sur la vie iranienne avec des personnalités très diverses qui s’expriment. Je me suis d’ailleurs demandé à quel point certaines de ces rencontres avaient été fortuites tant elles semblent trop belles pour être vraies. L’intérêt du fond ne m’a pas empêché d’avoir une profonde envie de profiter du film pour faire une sieste. J’avais envie de m’intéresser à ce qui se disait et pourtant l’ennui me m’engluait de plus en plus à chaque minute qui passait. Fort heureusement, à un moment le réalisateur va chercher sa nièce d’une dizaine d’années à l’école. Elle est incontestablement l’atout charme de ce film. Vive, intelligente, espiègle, elle met un peu d’ambiance dans ce documentaire qui manquait cruellement de rythme. Une petite qui ira loin si elle arrive à passer entre les griffes du régime ! Un film intéressant mais qui m’a accablée d’ennui. A réserver aux plus motivés (ou patients).

          Pour aller plus loin vous pouvez retrouver sur le blog d’autres articles autour du même thème. En cinéma iranienne, je vous invite à découvrir Noces éphémères sur l’étrange tradition du contrat de mariage à durée déterminée, Les chats persans sur la jeunesse underground iranienne, Les enfants de Belleville sur le pardon ou autour du couple Une séparation et Le passé (qui se passe en France pour le second). On s’éloigne on peu avec Terre et cendres d’Atiq Rahimi en littérature afghane. J’ai également vu de lui Syngué Sabour, pierre de patience, tiré de son propre roman. Il semblerait que j’aie oublié de vous en parler mais j’avais beaucoup aimé L’attentat de Yasmina Khadra qui se passe en Israël. Je me rends compte qu’en littérature, je crois que j’ai à peu près fait le tour de mes maigres connaissances, ce qui me donne envie d’approfondir un peu le sujet.

Jeunesse·Mes lectures

3 albums et BD pour vos enfants

          Voici trois livres pour vos enfants : un album plutôt dédiés aux petits, un conte illustré pour les un peu plus grands et une BD pour tous les âges. Trois styles très différents qui j’espère sauront vous séduire.

Annabelle et les cahiers volants

Annabelle a un gros problème : tous les soirs, ses cahiers s’envolent ! Mais personne ne veut la croire, et surtout pas la maîtresse… Pourquoi est-elle la seule à voir ses feuilles partir vers le ciel ?

Annabelle et les cahiers volantsJ’ai bien aimé cet album que j’ai trouvé assez poétique. Les illustrations à l’aquarelle sont toutes douces. Je crois que c’est le genre d’images que j’aimerais montrer à mes enfants avant qu’ils aillent dormir (enfin, je suppose en tout cas). L’histoire est très mignonne. J’ai bien aimé cette petite fille tête en l’air et ses cahiers qui disparaissent. Je suis sure que beaucoup d’enfants s’y retrouveront. Il y a beaucoup de poésie dans cet album, aussi bien dans le texte que dans les illustrations. Si la conclusion m’a un peu laissée sur ma faim, j’ai tout de même trouvé que c’était un beau livre. Un album très mignon pour endormir vos enfants.

Les derniers géants

C’est au cours d’une promenade sur les docks que j’achetai l’objet qui devait à jamais transformer ma vie : une énorme dent couverte de gravures étranges. L’homme qui me la vendit en demandait un bon prix, prétextant que ce n’était pas une vulgaire dent de cachalot sculptée, mais une  » dent de géant « …

Les derniers géantsJ’aime énormément François Place. Ces talents de conteur sont incroyables et ses illustrations à l’aquarelle sont d’une grande finesse. Il y a toujours une grande place accordée au texte chez lui. J’avais beaucoup aimé Le vieux fou de dessin, un grand album japonisant sur un élève d’Hokusai. Pour les plus grands, Le secret d’Orbae m’avait tout autant convaincue, j’avais donc hâte de commencer cette nouvelle lecture. Comparés à la plupart des albums, ceux de François Place demandent qu’on prenne son temps. Les textes sont longs et le niveau de détail des dessins mérite qu’on s’y arrête. J’ai été assez fascinée par cette histoire de géants. C’est exactement le genre d’histoire que j’aurais aimé qu’on me lise quand j’étais enfants, et que je prends toujours autant de plaisir à découvrir aujourd’hui. Il y a dedans à la fois de l’aventure, de la poésie et une belle profondeur. Un conte magnifique et richement illustré à lire absolument.

Asrérix : Le papyrus de César

César s’apprête à publier ses « Commentaires sur la Guerre des Gaules ». Bonus Promoplus, son conseiller et éditeur, lui conseille d’occulter alors un chapitre intitulé « Revers subis face aux irréductibles gaulois d’Armorique », car selon Promoplus, ce passage fait tache sur le curriculum de César !

Asrérix : Le papyrus de CésarIl y avait longtemps que je n’avais pas lu d’Astérix. Enfant, c’était une de mes séries préférées – avec Lucky Luke et Tintin – mais je n’avais pas du tout été convaincue par ceux sortis dans les années 2000 et j’avais fini par délaisser la série. Je ne comptais pas particulièrement lire celui-ci mais il se trouve que mon père l’a acheté et quand je l’ai vu à la maison, je n’ai bien sûr pas pu résister ! Je dois avouer avoir été ravie de retrouver les héros de mon enfance. Rien que les noms me font toujours autant rire ! Le dessin a un peu changé, sans que j’arrive exactement à définir ce qui n’est plus pareil. En même temps c’est logique puisqu’Uderzo a passé la main en 2013. Que les fans se rassurent, le changement reste toutefois assez subtil pour ne pas être dérangeant. L’histoire ne pouvait que me plaire : c’est ni plus ni moins qu’une intrigue dans le monde de l’édition. J’avoue m’être délectée de cette incursion des mes héros de jeunesse dans ce secteur qui fut le mien. C’est souvent très drôle et particulièrement bien vu. Il y a bien sûr des choses meilleures que d’autres mais j’ai trouvé que dans l’ensemble le scénario se tenait et fonctionnait bien. Et quelle joie de retrouver nos irréductibles gaulois ! Un 36° tome dont j’ai adoré le sujet et qui m’a souvent fait rire : de quoi me réconcilier avec la série.