Cinéma

Roschdy Zem réabilite le clown Chocolat

Drame, biopic français de Roschdy Zem avec Omar Sy, James Thiérrée, Thibault de Montalembert

Le clown Chocolat est devenu le premier artiste noir de la scène française grâce à son duo avec Footit qui le fera passer de l’anonymat à la gloire. Mais l’argent facile ne suffira peut-être pas à lui faire supporter le racisme ambiant.

Chocolat, affiche

          Je ne vous en avais pas parlé au moment de sa sortie (heureusement, j’ai un peu rattrapé depuis le scandaleux retard dans mes articles, il fait partie des derniers retardataires qui traînent encore dans mes brouillons…) et n’ai pas réussi à lui trouver des partenaires pour un article groupé, je profite donc de sa sortie en DVD – le 8 juin – pour vous donner mon avis sur ce film. Je dois avouer que j’étais assez mitigée à l’idée de le voir. J’aime beaucoup le cirque, mais les clowns me font très rarement rire. C’est sans doute une des disciplines circassiennes que j’aime le moins, ma préférence allant très largement aux acrobates. D’autre part, j’avais peur d’un film très grand public qui gommerait un peu trop les coups durs, se concentrant sur le rire. Finalement, j’ai été assez agréablement surprise par ce film plus dense que je ne l’imaginais.

Image extraite de Chocolat

          Le duo d’acteurs est sans doute son point fort : ils sont tous deux très convaincants. Je ne connaissais pas James Thierrée et je l’ai trouvé vraiment excellent. Enfant de la balle, il faut dire aussi que chez lui, le cinéma est un peu une histoire de famille : il n’est rien moins que le petit fils de Charlie Chaplin ! Omar Sy est parfait dans le rôle du clown qui en fait des tonnes même si son personnage ne se résume pas à ça. Véritable bout-en-train sur scène, il est dans la vraie vie joueur et irascible quand j’ai trouvé à son condisciple sensé être raciste plus de qualités humaines au fond. Comme quoi, les gens, c’est vraiment compliqué (au cas où on en aurait douté). L’histoire est très prenante, de la misère à la gloire, avant de retourner à la case départ. Il semblerait que les passages les plus durs de l’histoire du clown Chocolat aient été gommés et que la fin ait été un peu revue version grand public mais que dans l’ensemble on ne s’éloigne pas trop de la vérité, même si l’accent est plus mis sur la réussite que sur la chute.

Image extraite de Chocolat

          Du point de vue la mise en scène, j’ai beaucoup aimé également, avec notamment de très belles images et une musique des plus entraînantes. Si l’ensemble s’avère donc plutôt convaincant, quelques petites réserves tout de même (le contraire vous aurait étonné hein ?). Le racisme est très appuyé dans le film. L’époque l’était fondamentalement et il n’y avait sans doute pas besoin de mettre autant l’accent dessus pour qu’il soit largement perceptible, ça alourdit un peu le film. Dans un même temps, l’aspect politique est quasi-inexistant, ça reste un peu de l’ordre de l’anecdote, ce qui est dommage. Malgré tout, Roschdy Zem a le mérite de remettre sur le devant de la scène ce clown qui après un succès fulgurant était peu à peu tombé dans l’oubli. Les numéros de cirque conçus par James Thierrée sont convaincants et le rire autant que l’émotion sont au rendez-vous. Un film classique mais impeccablement réalisé porté par deux acteurs qui signent une belle performance. L’histoire émeut et si elle aurait mérité d’être traité avec un peu plus de verve, on en ressort tout de même conquis. 

Cinéma

Dalton Trumbo : Hollywood dans toute sa splendeur

          Hollywood, la Guerre Froide bat son plein. Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste. Avec d’autres artistes, il devient très vite infréquentable, puis est emprisonné et placé sur la Liste Noire : il lui est désormais impossible de travailler. Grâce à son talent et au soutien inconditionnel de sa famille, Il va contourner cette interdiction. En menant dans l’ombre un long combat vers sa réhabilitation, il forgera sa légende.

Biopic américain de Jay Roach avec Bryan Cranston, Diane Lane et Helen Mirren

Dalton Trumbo, affiche

          J’avais entendu dire du bien de ce film, sans savoir au juste de quoi il retournait. L’histoire d’un scénariste hollywoodien des années 50 (enfin, à vue de nez, je n’étais pas bien sure de l’époque), ça me tentait forcément. Je n’en savais pas plus et je m’attendais à un film divertissant. J’y allais sans grande conviction quoi. Eh bien je me trompais. Bon, j’avais tout bon sur le pitch de base mais c’est loin de se résumer à ça. Certes c’est l’histoire d’un scénariste ultra célèbre dans le milieu à l’époque mais ce qui est passionnant c’est le fond historique et politique avec la grande chasse au communiste très à la mode aux Etats-Unis en ces temps-là. Je ne connaissais pas cette histoire des 10 scénaristes emprisonnés pour leurs idées « communistes ». Il faut dire que mes connaissances en histoire sont pour le moins limitées et j’ai vraiment trouvé le contexte passionnant.

Dalton Trumbo, image du film

          Pour la peine on s’éloigne un peu du film léger. Ca grouille de références, pour notre plus grand plaisir. Je suis très loin d’être une experte en cinéma « classique » mais il se trouve que parmi les œuvres les plus célèbres de Dalton Trumbo durant sa mauvaise passe, se trouvent Vacances romaines – vu il y a peu et que j’ai franchement adoré – et Spartacus qui est quelque chose comme un de mes films préférés de tous les temps (à tel point que je crains de le revoir, de peur que mon amour des péplums ait sérieusement baissé depuis le dernier visionnage, mais peut-on vraiment sa lasser de Kurk Douglas en tenue de gladiateur ?). Cette découverte a été une très bonne surprise. Je ne regarde jamais le nom du scénariste quand je vais voir un film et ça m’a donné envie de m’intéresser à leur travail de beaucoup plus près et de voir ce que Dalton Trumbo avait écrit d’autre comme films.

Dalton Trumbo, image du film

          J’ai tout trouvé impeccable dans ce film qui est très bien écrit et s’avère vite extrêmement prenant. C’est très rythmé et bien qu’il soit assez long on ne s’ennuie pas une seconde. Visuellement, c’est réussi également, bien que relativement classique. Le casting quant à lui est impeccable avec entre autres le génial Bryan Cranston. J’ai aimé apprendre des choses devant ce film et découvrir ce personnage à la fois très charismatique et pas toujours très sympathique, même si j’aurais peut-être préféré un côté plus engagé. J’apprécie beaucoup quand un film – ou un livre – me donne envie d’en apprendre plus sur le contexte ou de voir ou lire des choses qui s’y rapportent pour prolonger l’histoire ou apporter un complément. C’est le cas ici. J’ai à la fois eu envie de voir les autres films écrits par ce scénariste et de m’intéresser de plus près à ce métier. La biographie dont a été tirée le film me fait également de l’œil. Un film très riche qui a été une excellente surprise : à la fois instructif et divertissant du grand cinéma.

Cinéma

Cinéma et condition de la femme

          Des films sur la condition de la femme : c’est à un gros morceau que je m’attaque aujourd’hui. Bien sûr, ils sont légion, mais il se trouve que j’en ai vu pas mal ces derniers mois, c’est eux que je voulais mettre à l’honneur. Certains ont été vu il y a maintenant un certain temps mais j’attendais un peu pour vous en parler (vous voyez, finalement je m’habitue aux articles groupés). Ils ne sont donc plus en salle depuis plus ou moins longtemps mais vous pouvez bien sûr pour la plupart les retrouver un DVD – et pour les autres ça ne saurait tarder. Voici donc 8 films très différents, venus du monde entier, mais qui ont en commun de porter à l’écran des femmes fortes avec qui la vie n’a pas toujours été tendre.

A 14 ans, Hirut est kidnappée sur le chemin de l’école. Une tradition contre laquelle elle se révolte en tuant son agresseur pour s’enfuir. Une jeune avocate qui milite pour le droit des femmes va la soutenir face aux accusations de meurtre qui pèsent contre elle.

Difret, afficheSi le résumé de ce film me plaisait bien, je n’en attendais pas grand chose pour autant. Pourtant, ç’a été un de mes gros coups de cœur de 2015. La réalisation est classique. On a parfois l’impression d’être assez proche du documentaire. Mais l’histoire est incroyablement forte et le casting extrêmement convaincant. Difret c’est l’histoire d’une adolescente qui a osé se révolter contre l’ordre établi, contre la culture ancestrale de l’enlèvement et du viol, et surtout, l’histoire de la première éthiopienne a avoir gagné ce combat contre les traditions, contribuant à faire évoluer les lois et les mentalités. Difret veut dire « courage ». Un film magnifique sur une jeune femme au courage immense, appuyée par une avocate décidée à défendre ses droits. Une volonté qui force le respect et de grands moments d’émotion. On ressort un peu abasourdi à l’idée que ces traditions perdurent aujourd’hui encore. En effet, cette histoire a réellement eu lieu en Ethiopie il y a à peine 20 ans ! Ce petit film en partie produit par Angelina Jolie, très engagée en Ethiopie, aurait mérité une mise en scène moins banale pour attirer un plus large public mais son histoire à elle seule mérite amplement le déplacement.

 

Film indien de Neeraj Ghaywan avec Richa Chadda, Vicky Kaushal, Sanjay Mishra

Le père de Devi est en prise avec la corruption depuis que sa fille a été surprise avec un homme, qui s’est ensuite suicidé. Deepak lui, aime une femme qui n’est pas de sa caste. A Bénarès, ville sacrée au bord de Gange, il ne fait pas bon vivre en dehors de la tradition. 

Masaan, afficheJ’avais entendu dire le plus grand bien de ce film et j’ai été heureuse d’avoir l’occasion de le voir au cinéma. J’en attendais surement un trop car bien que j’aie aimé ce film, j’ai été un peu déçue. Toutefois, il est loin d’être sans qualités. Le film est très sobre dans sa réalisation et je l’ai trouvé un peu lent par moments. Le point de départ est intéressant, avec une histoire forte, c’est dommage qu’une autre histoire qui n’a pas vraiment de rapport vienne se greffer à la première, ça n’aide pas à rendre le propos très clair et ça donne un résultat qui a tendance à être brouillon. On a l’impression que le réalisateur a voulu trop en dire et n’a pas su choisir. Cependant, le film reste intéressant sur la place de la femme en Inde mais aussi sur les coutumes ancestrales ou les problèmes de corruption. On en ressort avec la nette impression qu’il ne fait pas bon être une femme ! Les relations entre cette jeune fille et son père sont touchantes. Malgré tout, ça manque un peu d’émotion. Un film brouillon sur un sujet intéressant, le résultat est un peu lisse mais tout de même attachant.

 

Film italo-albanais de Laura Bispuri avec Alba Rohrwacher, Flonja Kodheli, Lars Eidinger

En Albanie, pour ne pas vivre sous la tutelle masculine, Hana se plie à une tradition ancestrale : elle fait le serment de rester vierge et de vivre comme un homme afin d’acquérir son indépendance.

Vierge sous serment, afficheVoici sans doute l’histoire la plus originale de cette sélection. En effet, j’ignorais totalement qu’en Albanie, une femme qui ne souhaitait pas se marier pouvait « devenir » un homme – en cachant sa féminité et en adoptant un comportement et un prénom masculins – à condition de faire le serment de rester vierge. Je dois avouer que j’ai trouvé ça assez fou (ça m’avait fait le même effet quand j’avais découvert le mariage temporaire en Iran dans Noces éphémères). C’est quand cette jeune femme décide de quitter ses montagnes pour aller en ville chez sa sœur en Italie que tout va se compliquer. Le film est avant tout basé sur la psychologie de cette jeune femme : comment le vit-elle ? peut-elle se défaire du carcans de traditions ? peut-elle s’adapter à la société ? C’est extrêmement intéressant. On est plus dans l’analyse que dans l’émotion même s’il y a quelques beaux moments. La réalisation est à première vue proche du documentaire, toutefois, visuellement l’austérité de l’Albanie s’oppose aux couleurs chatoyantes de l’Italie, appuyant les clivages entre les deux sociétés. Ce film assez austère met en avant une tradition méconnue et traite le sujet avec une certaine finesse et beaucoup de retenue.

 

Film marocain de Nabil Ayouch avec Loubna Abidar, Asmaa Lazrak, Halima Karaouane

A Marrakech, Noha, Randa, Soukaina et Hlima vivent en vendant leur corps. Ensemble, elles surmontent tant bien que mal la violence du quotidien, dans une société qui les utilise et les condamne tout à la fois.

Much loved, afficheEncore un film qui m’intriguait, d’autant qu’on en disait beaucoup de bien. Pourtant j’avais un peu peur de ce que j’allais y trouver. Une fois de plus, le sujet est difficile et le film aurait pu aussi bien être très glauque que carrément vulgaire, voire même les deux à la fois. Il n’en est rien. Bien sûr, il y a des passages durs, difficile d’y échapper étant donné le sujet, mais le film est loin de se résumer à ça (il y a quand même 2 ou 3 scènes assez violentes, âmes sensibles s’abstenir). C’est finalement assez lent comme rythme, on suit le quotidien de prostituées qui partagent un appartement et travaillent parfois ensemble. Il y a à la fois les moments où elles travaillent mais aussi les autres, ceux où elles restent en pyjama à la maison, où elles discutent, où elles s’engueulent. Le film ne joue pas la carte du sexe à tout va et du voyeurisme. S’il y a des scènes de sexe, c’est qu’elles sont indispensables au récit. Ca commence d’ailleurs très fort avec une soirée folle où il est « obligatoire » de s’amuser. C’est bien réalisé et surtout très bien joué. C’est à la fois triste et joyeux et il s’en dégage autant d’humanité que d’espoir. J’en suis ressortie assez chamboulée. Un film lumineux sur un quotidien plutôt sombre : une belle tranche de vie.

 

Film guatémaltèque de Jayro Bustamante avec María Mercedes Croy, Maria Telon, Manuel Antún

Maya a 17 ans. Elle vit avec ses parents sur une plantation de café au Guatemala et rêve d’ailleurs, de la ville et de la modernité. Mais sa vie va basculer et elle va se retrouver enfermée dans le carcan des traditions.

Ixcanul, afficheJ’avais très envie de voir ce film dont – une fois de plus – on m’avait dit beaucoup de bien. J’aime beaucoup le cinéma sud-américain même si j’en vois trop peu et les coutumes indiennes m’attirent toujours. Il y a pourtant eu comme un malentendu. Le synopsis laissait entendre quelque chose qui n’arrive jamais vraiment. J’ai limite eu l’impression qu’il n’y avait aucun rapport entre le film et son résumé, ou en tout cas qu’il faisait d’un détail la trame essentielle. La conséquence fâcheuse, c’est que j’ai passé tout le film à attendre quelque chose qui ne vient pas. Très frustrant. J’ai mis très longtemps (trop longtemps) à le comprendre et c’est un peu dommage. Mais une fois mes attentes révisées, je n’en ai pas moins trouvé que c’était un très bon film. Bien qu’on soit proche du documentaire, le réalisateur parvient à rendre une ambiance particulière et assez étrange, à la fois sombre et empreinte de mystère. Les paysages à couper le souffle n’y sont pas étrangers et il y a quelques scènes fascinantes. L’histoire quant à elle est très poignante, elle nous immerge dans la tradition, et j’ai trouvé la jeune actrice impressionnante. Un premier film fort et beau qui est loin de laisser indifférent.

 

Film franco-polonais d’Anne Fontaine avec Lou de Laâge, Vincent Macaigne, Agata Buzek

Mathilde, jeune interne à la Croix Rouge, est appelée au secours par une religieuse polonaise. Dans le couvent, elle va découvrir que plusieurs de ces Bénédictines coupées du monde sont sur le point d’accoucher après leur viol par des soldats. Elle va essayer de gagner leur confiance pour leur venir en aide.

Les innocentes, afficheVoilà un film que j’attendais avec une certaine impatience. Le sujet est très fort et ça m’a donné envie d’en savoir plus sur cette histoire atroce. J’ai beaucoup aimé le film mais il m’a déçue par certains aspects. Le film commence au moment où la jeune infirmière découvre que des bonnes sœurs sont enceintes après avoir été violées. Il occulte ainsi le début de l’histoire si l’on peut dire. C’est logique en un sens puisqu’il s’agit de l’adaptation du récit de l’infirmière en question qui ne pouvait donc pas relater ce qu’elle n’a pas vu. Toutefois la réalisatrice aurait pu choisir de combler les lacunes du récit. J’ai trouvé ces femmes très attachantes et le casting très convaincant. Quant à l’esthétique, elle est très travaillée avec des plans vraiment splendides, d’une froideur qui tend presque au monochrome. Pourtant, le résultat est un peu lisse au vu de l’horreur de l’histoire. Le viol est à peine évoqué et on ne suit finalement que leur grossesse à travers cette jeune infirmière. Leurs sentiments sont esquissés mais auraient pu être mis plus en avant. Un beau film qui aurait à mon sens mérité un engagement plus important pour marquer durablement.

 

  • Carol – Etats-Unis (1950)

Film américain de Todd Haynes avec Cate Blanchett, Rooney Mara, Kyle Chandler

La rencontre de Carol, femme distinguée et malheureuse dans son mariage, et de Therese, employée d’un grand magasin, va bouleverser leurs vies. Les deux femmes vont se retrouver coincées entre leur attirance et le respect des conventions. Un choix difficile va s’imposer à elles.

Carol, afficheOn m’avait dit le plus grand bien de Carol et j’en attendais beaucoup, d’autant plus que Cate Blanchet a souvent de très beaux rôles. C’est d’ailleurs le cas ici aussi, même si j’ai trouvé son personnage très froid et pas du tout dans l’émotion malgré une histoire qui s’y prêtait. Rooney Mara a un rôle plus nuancé (mais beaucoup moins glam’) qu’elle tient avec un certain brio. Contrairement à beaucoup, j’ai trouvé son prix d’interprétation parfaitement justifié. L’histoire est très forte et montre une femme indépendante tiraillée entre son amour pour sa fille et son envie de vivre sa vie comme elle l’entend, en essayant de se défaire du carcan de la société. Visuellement ce film est très beau : impeccablement réalisé, il porte un grand soin à la photographie. La musique est également très bien choisie. Bien que cela s’y prête assez, on ne sombre jamais dans le pathos. Malheureusement, on tombe un peu dans l’excès inverse. Tout en retenue, j’ai trouvé que ce film manquait d’émotion. Un film classique mais élégant qui aborde un sujet fort avec une certaine distance : beau mais un peu froid.

 

Film américain de Tom Hooper avec Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Ben Whishaw

En 1930, quand Einar Wegener, peintre danois marié à Gerda, se transforme peu à peu en Lili Elbe, c’est tout leur univers qui bascule. Malgré les tensions, Gerda soutiendra son mari envers et contre-tout dans sa lutte pour devenir une femme. Il sera le premier de l’histoire à user de la chirurgie pour changer de sexe.

The Danish girl, afficheBon, on s’éloigne peut-être un brin de la condition de la femme à proprement parler avec le premier transsexuel de l’histoire mais je ne voyais pas meilleur hommage que de le mettre dans cet article. Il y a dans ce film un très beau casting, les deux acteurs principaux sont très convaincants dans des rôles qui sont loin d’être faciles. L’histoire est magnifique. On ne sait ce qui est le plus touchant : le parcours du combattant pour cet homme qui souhaite devenir une femme ou celui de sa femme qui le soutient malgré tout. D’ailleurs cette partie semble parfois trop belle pour être vrai. Il y a bien quelques distensions au début mais elles auraient mérité d’être plus appuyée pour ajouter au réalisme du film qui là semble presque trop lisse. Visuellement, c’est irréprochable. Je ne connaissais pas ce peintre mais j’ai eu la sensation de me retrouver plongée dans un tableau d’un maître flamand. Mais si ce film est impeccable, il manque de caractère et joue trop sur la corde sensible à mon goût. A vouloir trop en faire, cette histoire qui aurait pu faire un grand film se transforme en mélo sympathique et très esthétique mais quelque peu insipide.

 

          Un dossier qui me tenait beaucoup à cœur, j’espère qu’il vous aura plu. Les pays que j’ai indiqués sont ceux où se déroule l’histoire (ainsi que l’époque quand elle n’est pas contemporaine). J’espère que vous aurez l’occasion de voir quelques-uns de ces films dont certains sont très forts et qui offrent tous un éclairage intéressant sur la condition de la femme. En espérant qu’à force de temps et de persévérance, ils contribueront à faire avancer les choses et nous paraîtront dans un futur pas trop lointain quelque peu dépassés.

Cinéma·Mes lectures

A la découverte du Moyen-Orient

          François Villon croupit en prison en attendant son exécution quand il reçoit la visite d’un émissaire du roi. Méfiant, il accepte une mission secrète qui le mènera jusqu’aux entrailles de Jérusalem, dans un vaste jeu d’alliances et de complots qui met en marche les forces de l’esprit contre la toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l’humanisme et la liberté.

La confrérie des chasseurs de livres_Quand on m’a offert ce livre, je ne connaissais pas du tout l’auteur mais j’ai de suite été séduite par le titre et la quatrième de couverture. L’auteur imagine ce qu’à fait le poète François Villon après sa disparition et je dois avouer que son arrivée dans une confrérie de chasseurs de livres et son périple au Moyen-Orient à la recherche de manuscrits rares ne pouvaient que me mettre l’eau à la bouche. Si je n’ai pas été déçue par l’histoire, j’ai en revanche eu beaucoup de mal avec le style. Je l’ai trouvé particulièrement pompeux et d’un parfait manque de naturel, dans la plus pure tradition universitaire : chiant à souhait ! A tel point que j’ai à un moment songé à interrompre ma lecture tant j’y prenais peu de plaisir. J’ai continué par intérêt pour l’histoire et j’ai plutôt bien fait. C’est très riche, entre politique, quête spirituelle et aventure. Malheureusement, ça manque cruellement de rythme. Tous les éléments du roman d’aventure sont présents, il y avait de quoi faire un roman palpitant (et non moins intéressant) mais le style figé dessert totalement l’histoire. C’es vraiment dommage et qui plus est extrêmement frustrant. On s’habitue un peu mais de là à y prendre du plaisir… Un bon roman sur le fond et les idées mais qui manque cruellement de vie.

A qui appartient donc la Terre Sainte ? A celui qui la possède ? A celui qui l’occupe ? A celui qui l’aime ? Si elle est vraiment aussi sainte qu’on le dit, une telle terre ne peut être conquise par les armes. Elle ne peut être possession, domaine ou encore territoire.

          Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.

L'arabe du futurJ’avais beaucoup entendu parler de cette BD qui avait fait grand bruit à sa sortie. On m’en avait vanté l’humour corrosif. J’avais résisté lors de la sortie du tome 1 mais l’arrivée du tome 2 a eu raison de ma volonté. Je dois avouer avoir été un peu déçue (mais notez quand même qu’après avoir lu le 1°, j’ai acheté la suite, sans doute mon problème non résolu avec les séries incomplètes y est-il pour quelque chose). Je n’accroche pas trop avec ce type de dessin mais finalement, je me suis plus ou moins habituée au bout de quelques pages. C’est certes drôle mais je ne sais pas, peut-être pas assez cynique à mon goût. J’ai aussi été un peu gênée par le fait qu’une grande partie de l’humour de ce texte repose sur le personnage du père, lâche, hypocrite et au final assez antipathique – même si je dois bien avouer qu’il mérite le détour – et sur le côté souffre-douleur de l’auteur – ce qui me met toujours très mal à l’aise (ah, les souvenirs d’école !). J’ai eu l’impression de ne pas toujours saisir l’humour de ce texte, pourtant bien présent, me donnant l’impression que la distance que prend l’auteur avec son histoire n’est pas celle qui me convient. Mais si j’ai décidé de lire la suite après une légère hésitation, c’est surtout parce que si je n’ai pas ri autant que je l’aurais cru, j’ai trouvé l’histoire intéressante dans le fond et assez instructive sur les mœurs des pays visités. Finalement, c’est cet aspect-là que j’ai préféré. Il y a une belle unité entre les deux tomes et on peut espérer que le(s) prochain(s) soi(en)t à l’avenant. Un roman graphique assez amusant même si je m’attendais à quelque chose de plus franchement drôle mais qui est intéressant par son aspect culturel. Je lirai probablement la suite pour voir comment ça évolue. 

Un homme n’a pas de racines , il a des pied.

          Sous la forme d’une lettre posthume à son grand-père, entremêlée de récits plus proches du reportage, Delphine Minoui raconte ses années iraniennes, de 1997 à 2009. Au fil de cette missive où passé et présent s’entrechoquent, la journaliste franco-iranienne porte un regard neuf et subtil sur son pays d’origine, à la fois rêvé et redouté, tiraillé entre ouverture et repli sur lui-même.

Je vous écris de TéhéranJ’ai acheté ce livre dans une librairie spécialisée dans le monde iranien située rue du Ruisseau à Paris dans le 18° arrondissement. Il m’a fallu les conseils du libraire, n’y connaissant absolument rien en littérature iranienne et perse. J’en suis repartie avec un roman iranien d’une auteur apparemment assez connue (que je n’ai pas encore lu) et ce livre-ci qui venait de sortir et qui est plutôt une vison de l’Iran par une journaliste française. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant. La journaliste a des origines iraniennes mais elle semble avoir découvert Téhéran sur le tard (même s’il me semble qu’elle y avait passé des vacances enfant), partant vers 20 ans en quête de ses origines. Je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai trouvé dans ce témoignage qui est avant tout un cri d’amour pour l’Iran. Arrivée à Téhéran, elle tombe amoureuse de cette ville et décide de s’y installer. Son regard semble extrêmement naïf et même si au fil des années elle se rend compte des difficultés de la vie là-bas et des persécutions dont sont victimes les intellectuels, rien ne semble pouvoir entamer son amour inconditionnel pour son pays – qui si je ne l’ai pas vraiment compris – m’a tout de même touchée d’une certaine manière. J’ai trouvé le style assez moyen même si ça se lit plutôt bien. En raison du ton parfois un peu trop débordant d’enthousiasme et d’optimisme face aux difficultés, j’ai eu du mal à m’enthousiasmer autant que je l’aurais voulu pour cette lecture qui est pourtant une mine d’informations et offre souvent un point de vue inattendu. 

J’ai quitté ton pays sans me retourner. Comment dire adieu à une moitié retrouvée de soi-même ? En ce début d’été 2009, la capitale iranienne pleurait ses martyrs et les cachots débordaient. Le temps d’une élection en trompe-l’œil, nous étions passés du vert espoir au rouge sang.

          Saeedeh, Omid, Leïla, Vahid et tous les autres ont moins de 30 ans. Ils viennent de tous les milieux sociaux, nous les avons rencontrés dans tout le pays. Ces jeunes ne cherchent plus à s’opposer à un régime trop fort pour eux, ils ont désormais un seul objectif, un impératif, une obsession : s’aimer. Malgré le régime. Malgré la tradition.

Love story à l'iranienneCette BD me semblait très prometteuse. Je n’avais pas lu de très près le résumé mais le titre est tout de même assez parlant. Elle se présente comme un reportage (c’en est d’ailleurs un). Les auteurs ont rencontré plusieurs jeunes iraniens qui parlent de leur couple ou de leur manière d’envisager les relations amoureuses. Autant de portraits d’un Iran parfois surprenant. Malheureusement, en raison d’une rupture de stock j’ai reçu cette BD en format numérique. Ca ne s’y prête pas du tout. Impossible de voir une planche dans son intégralité et aucune notion de double page. C’est dommage car la mise en page est ici particulièrement travaillée à ce qu’il m’a semblé. Le dessin m’a plutôt plu avec des choses plus ou moins réussies mais une belle variété dans la mise en images en des choses parfois très réussies. En revanche, je n’ai pas trop aimé le côté un peu « catalogue » de cette BD même si ça permet de découvrir des personnalités et des situations très diverses. J’ai trouvé que ça manquait de liant. Dans l’ensemble, j’ai ben aimé cette lecture qui permet de saisir l’ambivalence iranienne en peu de mots et m’a donné envie d’aller voir ce que les auteurs avaient fait d’autre. 

          Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion…

Taxi TéhéranJ’attendais beaucoup de ce documentaire. Je suis assez férue de cinéma iranien que je trouve souvent très fort voire franchement osé. Là je me suis ennuyée durant une large partie du film. Il faut dire que je ne suis pas très à l’aise avec les huis-clos alors la vie vue depuis un taxi, pas simple pour moi surtout si quelques enguelades viennent s’y ajouter. Il y a des réflexions intéressantes sur la vie iranienne avec des personnalités très diverses qui s’expriment. Je me suis d’ailleurs demandé à quel point certaines de ces rencontres avaient été fortuites tant elles semblent trop belles pour être vraies. L’intérêt du fond ne m’a pas empêché d’avoir une profonde envie de profiter du film pour faire une sieste. J’avais envie de m’intéresser à ce qui se disait et pourtant l’ennui me m’engluait de plus en plus à chaque minute qui passait. Fort heureusement, à un moment le réalisateur va chercher sa nièce d’une dizaine d’années à l’école. Elle est incontestablement l’atout charme de ce film. Vive, intelligente, espiègle, elle met un peu d’ambiance dans ce documentaire qui manquait cruellement de rythme. Une petite qui ira loin si elle arrive à passer entre les griffes du régime ! Un film intéressant mais qui m’a accablée d’ennui. A réserver aux plus motivés (ou patients).

          Pour aller plus loin vous pouvez retrouver sur le blog d’autres articles autour du même thème. En cinéma iranienne, je vous invite à découvrir Noces éphémères sur l’étrange tradition du contrat de mariage à durée déterminée, Les chats persans sur la jeunesse underground iranienne, Les enfants de Belleville sur le pardon ou autour du couple Une séparation et Le passé (qui se passe en France pour le second). On s’éloigne on peu avec Terre et cendres d’Atiq Rahimi en littérature afghane. J’ai également vu de lui Syngué Sabour, pierre de patience, tiré de son propre roman. Il semblerait que j’aie oublié de vous en parler mais j’avais beaucoup aimé L’attentat de Yasmina Khadra qui se passe en Israël. Je me rends compte qu’en littérature, je crois que j’ai à peu près fait le tour de mes maigres connaissances, ce qui me donne envie d’approfondir un peu le sujet.

Cinéma·Musique

Quand la musique fait son cinéma

          Voici trois documentaires vus récemment au cinéma et qui traitent tous de musique. Le premier retrace la vie d’une icone du rock, les deux autres évoquent la musique traditionnelle sud-américaine. Les mélomanes y trouveront sans nul doute leur bonheur.

          Janis Joplin est l’une des artistes les plus impressionnantes et une des plus mythiques chanteuses de rock et de blues de tous les temps. Mais elle était bien plus que cela : au-delà de son personnage de rock-star, de sa voix extraordinaire et de la légende, le documentaire Janis nous dépeint une femme sensible, vulnérable et puissante. C’est l’histoire d’une vie courte, mouvementée et passionnante qui changea la musique pour toujours.

Janis, afficheMême s’il ne faisait pas partie de mes priorités cinématographiques de ce début d’année, ce documentaire sur Janis Joplin me tentait assez. C’est une chanteuse que j’écoutais pas mal à une époque (je me demande bien pourquoi j’ai arrêté d’ailleurs) mais je ne connaissais à peu près rien de sa vie. Pour moi, ça se résumait à une voix surpuissante, Woodstock et une overdose à 27 ans. Ca manquait cruellement de nuances et ce documentaire était l’occasion rêvée d’arranger ça. J’ai beaucoup aimé ce film qui mêle archives (photos, vidéos, lettres…) et témoignages des proches de l’artiste. Sa famille, ses amis, les musiciens avec qui elle a joué, les hommes qui ont croisé sa route, nombreux sont ceux qui ont été interrogés afin de dresser son portrait. J’ai trouvé ce documentaire passionnant. Il met l’accent sur les failles de la chanteuse. Il retrace aussi bien sa vie privée que sa carrière. On ne peut qu’être impressionné par la puissance de sa voix et par son charisme. Les témoignages de ses proches sont extrêmement touchants. J’ai été un peu interpellée par le fait qu’il n’y ait quasiment que des éloges à son sujet, impossible pourtant d’en tirer la moindre conclusion quant au côté délibéré ou non de la chose. Elle semble avoir marqué durablement tous ceux qui ont croisé son chemin. Un documentaire touchant qui met en avant la part d’ombre de cette femme fascinante. 

 

          De la Pampa aux Andes, de l’univers des indiens Mapuche á celui des villageois qui chantent leur nostalgie dans les cafés, du monde des Gauchos à celui des grandes villes d’aujourd’hui… ARGENTINA nous propose un voyage musical et sensoriel dans l’espace et le temps composé des chants, des danses et des couleurs qui font toute l’âme de l’Argentine.

Argentina, afficheDe Carlos Saura je garde le souvenir de l’excellent Tango il y a… longtemps. Je ne suis pas sure pas sur d’avoir vu d’autres films de lui après (allez donc savoir pourquoi) mais quand celui-ci est sorti, je me suis dit que je ne devais pas le rater. Ce documentaire sur la musique argentine est assez particulier : que de la musique et de la danse filmées en studio, aucune parole ou presque. J’ai beaucoup aimé la musique d’introduction, un bailecito au piano. Ensuite certaines choses m’ont touchée plus que d’autres. Il y a un hommage à une chanteuse indienne dans une classe de primaire particulièrement émouvant. Certaines danses sont également très belles (j’ai été assez interpellée par une danse où les femmes ont des chaussures plates et semblent simplement accompagner les hommes qui eux ont des talonnettes, bien sûr, impossible de me rappeler du nom). La plupart des morceaux sont très dansants et on regrette presque de devoir rester sagement dans son siège. A côté de moi un monsieur applaudissait à tout rompre après chaque morceau. Malheureusement, j’étais particulièrement crevée le jour où j’ai vu ce film et j’ai fait un petit somme, ratant la partie consacrée au tango… J’ai trouvé que l’enchaînement des morceaux était bien choisi et que la variété de la sélection était intéressante : je connaissais quasiment rien dans les musiques proposées (en même ma culture musicale est bien piètre, il faut l’admettre). J’ai beaucoup aimé ce documentaire qui permet de découvrir toute la variété de la musique argentine et j’en suis ressortie avec l’envie de réécouter une bonne moitié des morceaux que j’avais entendus.

 

          Embarquez dans un étonnant périple au coeur des paysages musicaux du Pérou : des chants quechua hérités des Incas aux rythmes endiablés afro-cubains… Au travers des rêves et de la vie de ses musiciens, SIGO SIENDO esquisse un trépidant portrait sonore du pays. ¡Que la danza comience !

Sigo Siendo, afficheCe documentaire sur la musique des indiens du Pérou me tentait bien. Je suis toujours curieuse d’autres cultures et souvent celles de la Cordillère me rappellent un peu la vie dans mes montagnes. Je trouvais en plus ce titre magnifique. Le film s’ouvre sur de très belles images et un chant très étrange, assez hypnotique. C’est d’ailleurs un des moments que j’ai préféré – un peu gâché par les deux crétins à côté de moi qui ont ricané pendant tout le film. Je dois avouer à grand regret que j’ai eu plus de mal avec la suite même si j’ai trouvé le sujet très intéressant et que j’ai été touchée par la manière dont la question de la transmission était abordée. Je suis hyper sensibles aux aigus. Ca a tendance à s’arranger vaguement avec le temps mais beaucoup de sons sont encore extrêmement douloureux pour mes pauvres oreilles, à la limite bien souvent du supportable. Malheureusement pour moi, ces musiques surexploitent les hyper-aigus, notamment dans la voix. Je soupçonne vaguement ce que ça peut avoir de fascinant mais ç’a été pour moi une vraie souffrance et m’a complètement empêchée de profiter du film. Heureusement, il y a quand même des moments que j’ai trouvés de toute beauté. On croise dans ce film des personnages forts et extrêmement sympathiques, de  beaux paysages et une musique singulière. Un documentaire lent mais passionnant dont j’ai trop peu profité.

          Si le croisement entre la musique et le cinéma vous intéresse, vous pouvez retrouver des long-métrages de fiction où elle tient une place de choix. Parmi eux ces dernières années, le très bon Inside Lewyn Devis, l’étrange Love and Mercy ou  le sublime Whiplash pour les premiers qui me viennent à l’esprit.