Cinéma·Mes lectures·Série tv

Histoires de famille

Ah la famille ! Elle doit être après l’amour le sujet le plus couru des écrivains et cinéastes. Source d’inspiration inépuisable, pour le meilleur ou pour le pire. De l’amour à la haine, voici quelques histoires de famille dont je me suis délectée ces dernières semaines (voire ces derniers mois vu le retard dans mes chroniques) en films, livres ou séries, il y en a pour tous les goûts.

Béliers, de Grímur Hákonarson

Comédie dramatique islandaise avec Sigurður Sigurjónsson, Theodór Júlíusson, Charlotte Bøving
Dans une vallée isolée d’Islande, deux frères qui ne se parlent plus depuis quarante ans vont devoir s’unir pour sauver ce qu’ils ont de plus précieux : leurs béliers.

BéliersDepuis quelques années déjà, je suis fascinée par l’Islande, ses paysages grandioses et son folklore à part. Et plus j’en apprends, pire c’est, il va falloir que je finisse par y aller. En attendant, j’essaie de m’intéresser un peu à la littérature et au cinéma du pays, même si jusqu’à présent les occasions n’ont pas été aussi fréquentes que je l’aurais souhaité. Il y a deux ans, j’étais tombée sous le charme de l’excellent La lettre à Helga. Quand j’ai entendu parler de ce film, j’espérais vraiment y retrouver le même univers avec la campagne islandaise, ses moutons et ses querelles intestines. Ca a plus ou moins été le cas. Je m’attendais à plus accrocher avec le paysage qui est ici assez terne. Pour le reste : deux frères qui ne se parlent plus et des histoires de moutons, c’est tout à fait ce qui était attendu. Il y a une certaine rudesse dans ce film très sobre. Elle tient sans doute tant au climat qu’au caractère de ses protagonistes. Pourtant, il est également loin d’être dénué de poésie, ni même d’humour. J’ai beaucoup aimé découvrir le quotidien assez atypique de ces deux éleveurs de moutons et j’ai trouvé que leur relation difficile sonnait très juste. Un film sensible et rude à la fois qui mérite d’être découvert.

Tempête, de Samuel Coollardey

Drame français avec Dominique Leborne, Matteo Leborne, Mailys Leborne
A 36 ans, Dom est marin pêcheur en haute mer et ne rentre que quelques jours par mois à terre. En dépit de ses longues absences, il a la garde de ses deux enfants. Dom fait tout pour être un père à la hauteur. Il rêve même d’avoir sa propre affaire, un petit bateau de pêche à la journée qu’il exploiterait avec son fils.

TempêteTempête, c’est mon énorme coup de cœur ciné de début 2016. A vrai dire, ce film ne me tentait pas du tout. Ni le sujet intimiste, ni le fait qu’il s’agisse d’acteurs amateurs ne m’inspirait confiance. J’y suis allée un peu par dépit, et beaucoup parce que le monsieur à la caisse me l’a vendu avec force enthousiasme. Je ne le remercierai jamais assez tellement j’ai trouvé ce film beau. Le réalisateur a travaillé pendant un an avec un pêcheur et ils ont réfléchi ensemble à comment raconter son histoire. Il joue son propre rôle, avec toute sa famille. C’est à la fois un peu mis en scène et très proche de la réalité, ni fiction ni documentaire, un hybride intriguant. Au début j’ai trouvé que c’était un peu lent mais je suis rentrée dans l’histoire petit à petit. Les galères s’enchaînent et on s’attache terriblement à cette famille en pleine tempête. Le marin est taillé pour être acteur : quel charisme ! Il porte le film à lui seul, même si les autres sont loin de démériter. L’émotion est palpable de bout en bout alors qu’ils rejouent des moments difficile de leur vie, leur donnant une autre mesure. C’est absolument magnifique, le genre de film à vous réconcilier avec un cinéma intimiste à petit budget.

Ma critique complète est à découvrir ici.

Saint-Amour, de Benoît Delépine et Gustave Kervern

Comédie dramatique franco-belge avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste
Tous les ans, Bruno fait la route des vins… sans quitter le salon de l’Agriculture ! Mais cette année, son père, Jean, venu y présenter son taureau champion Nabuchodonosor, décide sur un coup de tête de l’emmener faire une vraie route des vins afin de se rapprocher de lui.

Saint-AmourA l’opposé de Tempête, il y a Saint-Amour, un des pires films vus en 2016 (avec celui dont je vous parle dans la foulée). A vrai dire, je comptais absolument pas le voir. Malheureusement, tête en l’air que je suis je me suis trompée de salle en voulant aller voir Ave, César ! et m’en suis rendu compte trop tard pour corriger mon erreur. J’étais prête à faire un effort pour profiter un minimum du film malgré tout mais franchement, j’ai eu le plus grand mal à rentrer dedans. Je me suis ennuyée à périr et j’ai à peu près tout trouvé mauvais dans ce film au casting pourtant assez imposant (un peu trop justement). J’ai trouvé ça d’une lourdeur ! L’humour n’a absolument pas fait mouche, je n’ai pas souri une seule fois, et j’ai encore moins été touchée par cette relation père-fils pas très subtile. Bon, il faut dire aussi que les vaches je connais un peu et que le côté « paysan dur et tendre à la fois » ne m’apparaît pas comme très exotique. C’est déjà pas mal quand ça ne sombre pas dans la caricature franchement insultante (ce qui est ici limite le cas). Les problèmes relationnels des uns et des autres m’ont tapé sur le système et l’arrivée de Céline Salette – que pourtant j’adore – n’a rien arrangé à l’affaire, l’histoire tournant alors au grand n’importe quoi. Bref, un des pires films qu’il m’ait été donné de voir dernièrement.

L’avenir, de Mia Hansen-Løve

Drame franco-allemand avec Isabelle Huppert, André Marcon, Roman Kolinka
Nathalie est professeur de philosophie dans un lycée parisien. Passionnée par son travail, elle aime par-dessus tout transmettre son goût de la pensée. Mariée, deux enfants, elle partage sa vie entre sa famille, ses anciens élèves et sa mère, très possessive. Un jour, son mari lui annonce qu’il part vivre avec une autre femme.

L'avenirTant qu’on en est aux ratés cinématographiques, parlons donc de L’avenir, film encensé par la critique et qui m’a agacée à un point assez extraordinaire. Dès les premières minutes j’ai senti qu’il y avait bien peu de chances que j’accroche avec cette histoire intello bien pensante. J’aime beaucoup Isabelle Huppert mais je l’avais rarement trouvée aussi maniérée. Je crois qu’il va me falloir un certain temps avant d’arriver à apprécier de nouveau ses performances d’actrice. Le sujet ne m’a pas intéressée le moins du monde. Deux profs de philo, à l’approche de la retraite et qui ont l’air de s’emmerder sérieusement. Bon, bon, bon, voilà quoi, c’est pas qu’on s’en fout mais… ah ben si, c’est exactement ça en fait ! Il la trompe, elle craque pour un jeunot qui a décidé d’aller faire du fromage de chèvre dans un trou paumé, ça aligne cliché sur cliché avec un aplomb déconcertant, rien ne nous est épargné. Visuellement, j’ai trouvé ça plat et sans grand intérêt. Je ne garde aucun souvenir de la musique, à part me semble-t-il un peu de classique par-ci par-là. C’est pompeux et le discours des personnages est absolument imbuvable. Ca pue la pédanterie de l’intello bourgeois parisien. De la même réalisatrice, j’avais détesté Un amour de jeunesse et j’ai retrouvé exactement les mêmes défauts. Des personnages antipathiques, une histoire convenue, un immense moment d’ennui et d’exaspération.

D’autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère

À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari.
Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ?

D'autres vies que la mienneJe n’avais jusque-là lu qu’un seul livre d’Emmanuel Carrère (Limonov) que j’avais beaucoup apprécié, j’avais donc hâte d’entamer celui-ci. Malheureusement j’ai été assez déçue. J’ai beaucoup aimé le début, la partie qui se passe en Thaïlande suite au tsunami. J’ai trouvé que ça posait des questions intéressantes et que l’effort d’honnêteté était des plus louables. Dommage que ça ne continue pas sur cette lancée. La partie plus axée sur la famille, beaucoup plus intime, m’a profondément ennuyée. Malheureusement elle représente la quasi-totalité du livre. Ce sont souvent des sujets qui m’inspirent assez peu et ça n’a pas vraiment fait exception à la règle. Même le style m’a moins emballée que ce que j’aurais cru. C’est très bien écrit pourtant mais j’y ai trouvé une certaine froideur qui m’a surprise étant donné le sujet (question d’éducation en l’occurrence je pense). Finalement mon intérêt s’est émoussé au fil de la lecture. J’ai trouvé que ce texte manquait d’unité, tant dans le style que dans le sujet du récit. Il y a toutefois quelques moments de grâce au milieu de ce texte assez inégal. Malgré certaines qualités, une lecture très mitigée et plutôt décevante.

Il y a, dit-il, deux espèces d’hommes: ceux qui font souvent le rêve de tomber dans le vide et puis les autres. Les seconds ont été portés, et bien portés, ils vivent sur la terre ferme, s’y meuvent avec confiance. Les premiers au contraire souffriront toute leur vie de vertige et d’angoisse, du sentiment de ne pas exister réellement.

Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong Cuong

Un après-midi d’été, alors qu’il se promène à vélo sur une route de campagne, Milo, douze ans, chute et se blesse grièvement.
Ses parents Céleste et Lino et sa grand-mère Jeanne se précipitent à son chevet. Très vite, chacun va chercher les raisons de l’accident. Ou plutôt le coupable.

Pardonnable impardonnableJe n’attendais pas grand chose de ce roman. Le titre ne m’inspirait pas outre mesure et je ne connaissais pas du tout l’auteur. Finalement, je m’y suis assez laissée prendre. Le style n’est pas exceptionnel mais il fait le boulot. C’est simple et plutôt efficace. Quant à l’histoire, bien que ce ne soit a priori pas trop mon genre (un peu trop intime à mon goût), j’ai pris beaucoup de plaisir à la découvrir. J’ai bien aimé l’alternance des points de vue et j’ai trouvé que les sentiments des uns et des autres étaient particulièrement bien décrits. On se retrouve forcément un peu dans au moins une de ces réactions très différentes face au drame qui touche cette famille. L’accident avec lequel commence cette histoire fait éclater cette famille en apparence sans histoires en faisant ressortir des secrets depuis longtemps enfouis. J’ai particulièrement apprécié la première partie, le moment où les tensions se nouent sans qu’on sache encore vraiment de quoi il retourne. La deuxième partie m’a moins emballée, ça va un peu loin je trouve et perd au passage en crédibilité. Heureusement, quand on arrive à ce moment-là de l’histoire, on est suffisamment curieux d’en savoir plus pour pardonner quelques imperfections. Sans être un grand roman, Pardonnable, impardonnable n’est pas dénué d’un certain charme.

J’ignorais, à l’époque, qu’il ne faut jamais accepter l’aide financière d’une mère fusionnelle : une fois le capital remboursé, les intérêts restent dus à vie.

Même les pêcheurs ont le mal de mer, Diane Peylin

Sur une île méditerranéenne, trois pêcheurs d’une même famille affrontent le passé, les regrets et le silence : Valente Orozco, le père, incapable de se remettre de la mort de sa femme Rocio, Rafa, le grand-père, inflexible avec Valente, et Salvi, le fils, qui a quitté l’île pour fuir un métier ingrat et une société patriarcale.

Même les pêcheurs ont le mal de merUne deuxième histoire de mer et de famille et là encore, un énorme coup de cœur. J’aimais beaucoup le titre de ce roman, pour le reste, j’étais moins sure de moi. J’ai de suite beaucoup accroché avec le style. Il y a un côté un peu rude et en même temps une grande sensibilité. Le récit commence par les doutes d’un jeune homme qui a quitté son île et qui à la mort de son grand père se voit assailli par les regrets. Assez vite, on sent poindre des secrets de famille bien cachés même s’il est difficile de mettre le doigt dessus. On découvre par la suite que le roman se divise en 3 parties (arrêtez de lire si vous voulez garder la surprise, même si ça n’a rien d’indispensable) : la seconde est consacrée au père et la dernière au grand-père (je ne compte pas la dernière, qui fait office d’épilogue). On se rend compte peu à peu que chacun a connu des moments de doutes et a eu une vie qui ne lui correspondait sans doute pas. Une famille de taiseux, qui se ressemblent plus qu’il y paraît et n’ont jamais su se parler. C’est beau, c’est très beau, dur aussi parfois, terriblement juste et émouvant. Un énorme coup de cœur.

J’avais du respect pour eux, pour leur travail éreintant, pour cette existence de misère, mais je ne voulais pas de cette vie-là.

Shameless

Série, comédie dramatique américaine avec William H. Macy, Emmy Rossum, Jeremy Allen White
La famille Gallagher est pour le moins tourmentée. La mère, Monica, a abandonné ses enfants pour refaire sa vie avec une femme. Le père, Frank est alcoolique et complètement paumé. Pendant ce temps, Fiona, l’aînée, élève à 20 ans ses 5 frères et sœurs.

ShamelessShameless est le remake américain d’une série anglaise du même nom. Je n’ai pas vu la version anglaise (qui paraît-il est meilleure mais que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir) mais la version américaine me fait beaucoup rire. Sans parler d’une grande série, elle est pour le moins divertissante. Ca part dans tous les sens, parents, amis, voisins, tous ont des caractères très différents mais sont aussi ravagés les uns que les autres. On suit leurs très nombreux déboires avec une certaine délectation. Ca y va fort en rebondissements, et plus on avance dans les saisons, pire c’est ! Un joyeux bordel assez jouissif. Sexe, drogue et mauvais esprit à volonté. Du point de vue de la réalisation, rien de bien original, c’est assez classique. La bande son en revanche est assez réussie et donne pas mal de peps à l’ensemble. Le rythme est sans nul doute le point fort de cette série complètement déjantée. Les acteurs sont également très bien choisis. Si cette série ne sort pas du lot par sa profondeur ou son esthétique comme certaines de ses consœurs, elle fait le boulot et nous divertit depuis 6 saisons.

Spotless

Série, comédie, drame, thriller franco-britannique d’Ed McCardie et Corinne Marrinan avec Marc-André Grondin, Denis Ménochet, Miranda Raison
Jean est un français installé à Londres, père de famille, il a monté une entreprise de nettoyage de scènes de crime. Quand son frère Martin débarque chez lui, il ne l’a pas vu depuis des années. Il ramène les problèmes avec lui.

SpotlessPas toujours simple de composer avec sa famille… Spotless en est le parfait exemple. Si la famille n’est pas tout à fait au centre de l’histoire, elle est le cœur du problème. Un frère complètement paumé qui débarque, quelques mauvaises décisions et notre père de famille discret se retrouve plongé dans l’univers du crime organisé. C’est à la fois sombre, caustique et complètement délirant. Cette série franco-britannique a pour elle un sujet original même si le développement est parfois un peu convenu. Le rythme est inégal, alternant entre des rebondissements farfelus et des moments plus intimes qui permettent aux personnages d’acquérir une certaine épaisseur. Sans être une grande série, elle se défend toutefois. Le mélange des genres fonctionne, on se laisse prendre au jeu de cette histoire improbable et on finit même par s’attacher un peu à ces personnages assez particuliers. C’est noir, c’est glauque, c’est drôle, et malgré quelques faiblesses ça fonctionne au final plutôt bien.

Un peu d’humour… en série toujours

Les séries humoristiques sur la famille fleurissent en ce moment. Parmi elles, About a boy, Casual ou encore Catastrophe. Je leur trouve pas mal de points communs : format court et famille déstructurée pour commencer. Elles s’avèrent toutes trois plutôt sympathiques sans arriver à convaincre vraiment. Les intentions de départ sont bonnes mais ça manque un peu de verve. About aboy, c’est l’histoire d’une mère célibataire hippie qui aménage avec son petit garçon assez spécial à côté de chez un musicien oisif. Les personnages sont caricaturaux, pourtant ils sont étrangement attachants et on se prend à sourire à cette amitié improbable. Casual, c’est une mère de famille fraîchement divorcée qui débarque avec sa fille adolescente chez son frère qui a créé un site de rencontres. Le point de départ est plutôt prometteur, les personnages sont sympathiques mais c’est trop sage et ça tourne un peu en rond dès la saison 2. Une rencontre, du sexe et une grossesse non désirée pour Catastrophe. Ca reste malheureusement assez prévisible et retombe assez vite dans la famille « classique » bien que quelque peu névrosée. Trois séries qui jouent un peu sur la même corde de la famille atypique et dysfonctionnelle, avec un résultat plutôt mitigée.

Cinéma·Mes lectures

Quelques moments de perplexité…

          Parmi les dernières choses lues/vues, malgré une majorité de bonnes surprises, quelques beaux ratés, parce qu’il en faut bien de temps en temps je suppose…

Bridget Jones : Folle de lui , Helen Fielding

Veuve, 51 ans, mère de deux enfants en bas âge, mais toujours en quête de l’homme idéal: Bridget is back !
Elle n’est plus obsédée par ses kilos, plutôt par les réseaux sociaux, le nombre d’amis qu’elle a sur Facebook (ce qui ne peut que mal se passer, vu son niveau en informatique) et ses enfants qui la font tourner en bourrique.

Bridget Jones, Folle de lui, couvertureJ’avais lu les tomes 1 et 2 à l’adolescence et j’avais beaucoup aimé. Pas forcément de la grande littérature mais ça fonctionne : un style léger et plein d’humour, une anti-héroïne très attachante et une construction assez originale en avaient fait un best-seller. Difficile de ne pas s’y retrouver un peu quelque part. Le film (vu avant de lire le livre d’ailleurs) m’avait aussi bien fait rire. Une sorte d’anti-coup de blues du tonnerre. J’étais donc ravie d’entamer la lecture de ce 3° tome 10 ans après avoir lu les premiers. Malheureusement, dès les premières phrases, ç’a été la douche froide. Le style est d’une pauvreté ! Je me suis dit que je ne devais pas être dans un bon jour, que ce n’était peut-être pas si nul mais vraiment, avec toute la bonne volonté du monde, je n’ai pas pu… Le style est infect et du côté de l’histoire, ça a bien changé aussi. Elle a des gamins et son problème principal est de savoir si elle doit parler des poux de ses mioches à son plan cul plus jeune qu’elle. Palpitant, vraiment. Un vrai calvaire. J’en suis même venue à me demander si ç’avait bien été écrit par la même personne mais oui, elle n’a pas changé. Je ne peux pas m’empêcher maintenant de me dire que s’il le faut je détesterais les 2 premiers tomes si je devais les lire aujourd’hui. Je ne sais pas si j’ai envie d’aller y jeter un oeil pour vérifier, j’ai peur de gâcher de bons souvenirs inutilement. En attendant ce tome 3 restera définitivement une lecture inachevée je pense. Une lecture atterrante sans commune mesure avec ce que l’auteur nous avait jusque-là proposé.

Enfin, c’est normal de chercher une excuse pour annuler le rendez-vous avec votre toy boy parce qu’il y a des poux chez vous, non ? Pourquoi est-ce que je persiste à me mettre dans des situations impossibles ?

Le génie des alpages, t2 : Comme des bêtes, F’Murr

Prenez un berger. Un chien. Des moutons. Un aigle. Des touristes. Un lion.
Secouez le tout et vous obtiendrez un curieux assemblage.

Le génie des alpages, couvertureVoilà une BD humoristique qui m’a laissée… hum… sans voix ! J’avais déjà vu cette série à plusieurs occasions mais je n’avais pas le souvenir de l’avoir déjà ouverte, j’étais donc plutôt contente d’avoir l’occasion d’améliorer ma culture BD. Le 1° tome de cette série de F’murr est sorti en 1973 et le plus récent en 2007. Les personnages de ces albums qui se déroulent dans les alpages sont un berger rêveur, sont chien adepte de calembours et de mécanique de précision et son troupeau de brebis autogéré qui passent leur temps à faire de mauvaises blagues aux touristes et aduler le bélier Romuald qui se la coule douce. Dans l’idée, il y avait de quoi me séduire avec cette BD pleine de références littéraires, philosophiques ou historiques. Malheureusement, non seulement celles-ci m’ont souvent échappé mais surtout je n’ai absolument pas compris ce qu’il pouvait bien y avoir de drôle dans ces saynètes dont l’humour m’a totalement échappé. J’ai eu beau m’acharner, je suis totalement passée à côté, il y avait longtemps que je ne m’étais pas sentie autant en décalage avec un truc sensément drôle. Grand moment de solitude…

Bon ça y est ! Full de brelan à la dame roquée … et mat. Tu perds !! Voilà !

La minute de silence, Francis Masse

La flottille d’entretien, armée d’astiqueurs voguant sur des maisons en pierre, est confrontée à deux dangers : les renégats Crassignols, véritables doubles maléfiques qui menacent de plus en plus la propreté du monde, et les tire-larfeuilles, monstres sous-marins aux allures de Dupon(t)d hergéens. Pour faire face à ces ennemis, la flottille, véritable chantre de l’Art Ménager, n’a d’autre choix que de braver « La minute de silence », zone maritime honnie par les marins, qui étouffe et rature les discours et palabres…

La minute de silence, couvertureAutre grand moment de solitude, dans un genre très différent, La minute de silence. Le moins qu’on puisse dire c’est que cette BD est très très originale. Les dessins sont de qualité, avec un énorme degré de précision, et l’histoire sort franchement de l’ordinaire. Elle sort tellement de l’ordinaire qu’à vrai dire je n’ai à peu près rien compris ! C’est inventif, bourré de références mais ça reste quand même assez obscur (à mes yeux tout du moins). Il y a une histoire de monde de bateaux de pierre qui avancent à la propreté, c’est à peu près tout ce que j’ai saisi… Même le résumé est plus précis, c’est dire ! J’ai apprécié le soin apporté au dessin et le style très soutenu du texte ainsi que son humour mais je n’ai quand même pas réussi à venir à bout de cette BD pour le moins déconcertante. Une explication de texte n’aurait pas été de trop ! Difficile à suivre mais on ne pourra pas lui reprocher son manque d’originalité au moins !

Théo et Hugo dans le même bateau

Drame français de Olivier Ducastel, Jacques Martineau avec Geoffrey Couët, François Nambot, Mario Fanfani
Dans un sex-club, les corps de Théo et de Hugo se rencontrent, se reconnaissent, se mêlent en une étreinte passionnée. Passé l’emportement du désir et l’exaltation de ce premier moment, les deux jeunes hommes, dégrisés, dans les rues vides du Paris nocturne, se confrontent à leur amour naissant.

Théo et Hugo dans le même bateau, afficheJ’avais plutôt entendu dire du bien de ce film et ayant consacré mon mémoire à Hervé Guibert et la littérature sur le sida, le sujet m’intéressait particulièrement. Malheureusement j’ai bien vite déchanté. Le début est interminable. Les mecs à poils qui se draguent m’intéressent assez peu (ou n’importe qui d’autre d’ailleurs, ce n’est pas une question de genre). Les 5 premières minutes ça allait, ensuite je me suis lassée, d’autant plus que la lumière rouge et la musique techno n’avaient rien pour me séduire. La rencontre est filmée de manière totalement ridicule, avec un espèce de halo de lumière autour de la tête des deux hommes. Kitch au possible. Ensuite, c’est encore pire. Les dialogues sont incroyablement creux (mon passage préféré, c’est un grand moment de poésie à bord d’un Vélib’). J’ai trouvé relativement improbable le déroulé des événements, sans compter que c’est extrêmement mal joué. Vers la moitié j’ai lâché l’affaire et, fait rare, j’ai quitté le cinéma pour aller me réconforter avec une crêpe (par ailleurs dégueulasse, mauvais karma). Je n’ai absolument pas compris d’où sortaient les bonnes critiques sur ce film parfaitement insipide. Dommage, l’histoire avait pourtant un certain potentiel.

Mes lectures

Les vieux fourneaux, le BD qui réconcilie avec la vieillesse

          Pierrot, Mimile et Antoine sont trois amis d’enfance septuagénaires qui ne comptent pas laisser la mort les rattraper tout de suite. Un peu nostalgiques du passé, ils ne se laissent pas abattre pour autant et sont toujours aussi engagés dans la lutte sociale qu’à l’aube de leurs 20 ans. 

Les vieux fourneaux, couvertures

          J’avais beaucoup entendu parler de cette BD de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet – dans la presse, sur les réseaux sociaux, à travers la pub – sans vraiment savoir de quoi il retournait. Vu de loin, ça ne m’inspirait pas tant que ça. Une histoire de vieux, bon voilà quoi, pas de quoi m’enthousiasmer outre mesure (c’est de la discrimination, je sais). Quand j’ai vu que la bibliothèque d’amis comportait les 3 tomes publiés, j’en ai profité. Il pleuvait, je n’avais rien de mieux à faire avec ma jambe foireuse, c’était le moment où jamais de partir à la découverte de cette BD dont tout le monde parle (ou a parlé vu mon train de retard, peu importe).

Les vieux fourneaux, extrait

          Assez vite j’ai plutôt accroché avec le style : tant du point de vue de l’écriture que du visuel. Par contre, je n’étais pas très convaincue par cette bande de vieux qui se retrouvent à un enterrement. Pas sure de me sentir beaucoup d’affinités avec eux. Pourtant, passées les premières pages, mes réserves se sont peu à peu envolées. Il faut dire qu’ils sont quand même sacrément drôles les papys ! Ah ça, la joyeuse troupe ne manque ni d’humour ni de mauvais esprit ! Tout pour me plaire en somme. Et une fois n’est pas coutume, j’ai trouvé le tome 2 encore meilleur que le 1°, plus incisif encore et décalé. Le 3° reste d’ailleurs dans la même lignée.

Les vieux fourneaux, extrait

          Sous ses airs légers, cette BD aborde tout de même quelques thèmes plus graves, avec bien évidemment en toile de fond la place des personnes âgées dans la société, leur infantilisation notamment, mais aussi des sujets de société comme l’écologie ou l’engagement politique. De ce point de vue-là, j’ai d’ailleurs trouvé qu’il y avait quelques idées absolument géniales ! Et le ton irrévérencieux n’est pas pour me déplaire. Ces retraités anars m’auront en tout cas bien fait rire. J’ai lu les 3 tomes d’une traite et j’espère avoir l’occasion de les ajouter bientôt à ma bibliothèque pour les partager autour de moi. Une BD diablement intelligente et sacrément drôle qui donnerait presque envie de vieillir.

Les vieux fourneaux

– Tu comptes faire chier le monde encore longtemps?
– Le plus longtemps possible, oui. Qu’est ce que tu veux faire d’autre? A nos âges, il n’y a plus guère que le système qu’on peut encore besogner. Du coup, ma libido s’est reportée sur la subversion. C’est ça ou moisir du bulbe.

Jeunesse·Mes lectures

Dernières lectures jeunesse

Max et les Maximonstres, Maurice Sendak

Max et les MaximonstresJ’avais beau en avoir entendu parler en cours lors de mes études d’édition, je n’avais jamais lu ce grand classique de la littérature jeunesse. Il est connu surtout par les professionnels pour ses illustrations qui prennent une place croissante de page en page pendant toute la première moitié du livre, avant de décroître de la même manière dans la seconde partie. Malheureusement, je n’ai pas trop accroché avec le dessin, trop terne à mon goût, et qui manque de poésie. L’histoire ne m’a pas emballée plus que ça non plus. Je dois avouer que je n’ai pas vraiment compris où l’auteur voulait en venir. Je dois être trop vieille pour comprendre. Si la mise en page a fait date, elle a depuis vieilli et on fait aujourd’hui des choses plus dynamiques en terme d’intégration des illustrations. Une petite déception. 

Gruffalo et Petit Gruffalo, Julia Donaldson

GruffaloJe suis un peu vieille pour avoir lu Gruffalo dans mon enfance et je suis loin d’être une experte en littérature jeunesse, secteur que je délaisse très largement. J’étais donc passée totalement à côté. Même si je lui reconnais des qualités, ce livre ne m’a pas non plus totalement convaincue. C’est l’histoire d’une petite souris qui fait peur à toute la forêt avec la légende du Gruffalo. Jusqu’au jour où elle le rencontre. Elle va devoir ruser pour en venir à bout. Les dessins sont classiques mais efficaces. L’histoire quand à elle est mignonne et met en avant le côté très rusé de la petite souris. Pour ma part, je l’ai trouvée assez méchante à vrai dire. Le tome 2 reprend un peu la même trame avec une réussite moindre je trouve : même si on reste dans la même lignée, il manque l’effet de surprise. Deux livres plutôt mignons à lire à vos enfants.

Les coulisses du livre jeunesse, Gilles Bachelet

Les coulisses de la littérature jeunesseDe mes dernières lectures jeunesse, clairement celle que j’ai préférée. Quasi que des illustrations ici (et leur titre), chacune faisant référence à un ou plusieurs classiques jeunesse (dont Gruffalo justement, ce qui m’a poussé à le lire). On s’amuse à chercher les références, plus ou moins facile à dénicher. Heureusement pour moi qui ne suis pas très douée pour ce genre d’exercice, elles sont répertoriées en fin d’ouvrage. Une manière d’aborder la littérature jeunesse très ludique et qui ne peux que ravir les grands enfants que nous sommes. Ca convient sans doute moins au plus petits, à moins de les avoir abreuvés d’albums dès leur plus jeune âge et qu’ils ne soient incollables sur les héros préférés. Personnellement, j’aurais adoré étant enfant retrouver tous mes albums préférés dans un livre où j’aurais dû les reconnaître, je ne dois pas être la seule dans ce cas. Un petit amusant pour les petits et grands incollables en albums jeunesse.

Cinéma·Mes lectures

A la découverte du Moyen-Orient

          François Villon croupit en prison en attendant son exécution quand il reçoit la visite d’un émissaire du roi. Méfiant, il accepte une mission secrète qui le mènera jusqu’aux entrailles de Jérusalem, dans un vaste jeu d’alliances et de complots qui met en marche les forces de l’esprit contre la toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l’humanisme et la liberté.

La confrérie des chasseurs de livres_Quand on m’a offert ce livre, je ne connaissais pas du tout l’auteur mais j’ai de suite été séduite par le titre et la quatrième de couverture. L’auteur imagine ce qu’à fait le poète François Villon après sa disparition et je dois avouer que son arrivée dans une confrérie de chasseurs de livres et son périple au Moyen-Orient à la recherche de manuscrits rares ne pouvaient que me mettre l’eau à la bouche. Si je n’ai pas été déçue par l’histoire, j’ai en revanche eu beaucoup de mal avec le style. Je l’ai trouvé particulièrement pompeux et d’un parfait manque de naturel, dans la plus pure tradition universitaire : chiant à souhait ! A tel point que j’ai à un moment songé à interrompre ma lecture tant j’y prenais peu de plaisir. J’ai continué par intérêt pour l’histoire et j’ai plutôt bien fait. C’est très riche, entre politique, quête spirituelle et aventure. Malheureusement, ça manque cruellement de rythme. Tous les éléments du roman d’aventure sont présents, il y avait de quoi faire un roman palpitant (et non moins intéressant) mais le style figé dessert totalement l’histoire. C’es vraiment dommage et qui plus est extrêmement frustrant. On s’habitue un peu mais de là à y prendre du plaisir… Un bon roman sur le fond et les idées mais qui manque cruellement de vie.

A qui appartient donc la Terre Sainte ? A celui qui la possède ? A celui qui l’occupe ? A celui qui l’aime ? Si elle est vraiment aussi sainte qu’on le dit, une telle terre ne peut être conquise par les armes. Elle ne peut être possession, domaine ou encore territoire.

          Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.

L'arabe du futurJ’avais beaucoup entendu parler de cette BD qui avait fait grand bruit à sa sortie. On m’en avait vanté l’humour corrosif. J’avais résisté lors de la sortie du tome 1 mais l’arrivée du tome 2 a eu raison de ma volonté. Je dois avouer avoir été un peu déçue (mais notez quand même qu’après avoir lu le 1°, j’ai acheté la suite, sans doute mon problème non résolu avec les séries incomplètes y est-il pour quelque chose). Je n’accroche pas trop avec ce type de dessin mais finalement, je me suis plus ou moins habituée au bout de quelques pages. C’est certes drôle mais je ne sais pas, peut-être pas assez cynique à mon goût. J’ai aussi été un peu gênée par le fait qu’une grande partie de l’humour de ce texte repose sur le personnage du père, lâche, hypocrite et au final assez antipathique – même si je dois bien avouer qu’il mérite le détour – et sur le côté souffre-douleur de l’auteur – ce qui me met toujours très mal à l’aise (ah, les souvenirs d’école !). J’ai eu l’impression de ne pas toujours saisir l’humour de ce texte, pourtant bien présent, me donnant l’impression que la distance que prend l’auteur avec son histoire n’est pas celle qui me convient. Mais si j’ai décidé de lire la suite après une légère hésitation, c’est surtout parce que si je n’ai pas ri autant que je l’aurais cru, j’ai trouvé l’histoire intéressante dans le fond et assez instructive sur les mœurs des pays visités. Finalement, c’est cet aspect-là que j’ai préféré. Il y a une belle unité entre les deux tomes et on peut espérer que le(s) prochain(s) soi(en)t à l’avenant. Un roman graphique assez amusant même si je m’attendais à quelque chose de plus franchement drôle mais qui est intéressant par son aspect culturel. Je lirai probablement la suite pour voir comment ça évolue. 

Un homme n’a pas de racines , il a des pied.

          Sous la forme d’une lettre posthume à son grand-père, entremêlée de récits plus proches du reportage, Delphine Minoui raconte ses années iraniennes, de 1997 à 2009. Au fil de cette missive où passé et présent s’entrechoquent, la journaliste franco-iranienne porte un regard neuf et subtil sur son pays d’origine, à la fois rêvé et redouté, tiraillé entre ouverture et repli sur lui-même.

Je vous écris de TéhéranJ’ai acheté ce livre dans une librairie spécialisée dans le monde iranien située rue du Ruisseau à Paris dans le 18° arrondissement. Il m’a fallu les conseils du libraire, n’y connaissant absolument rien en littérature iranienne et perse. J’en suis repartie avec un roman iranien d’une auteur apparemment assez connue (que je n’ai pas encore lu) et ce livre-ci qui venait de sortir et qui est plutôt une vison de l’Iran par une journaliste française. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant. La journaliste a des origines iraniennes mais elle semble avoir découvert Téhéran sur le tard (même s’il me semble qu’elle y avait passé des vacances enfant), partant vers 20 ans en quête de ses origines. Je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai trouvé dans ce témoignage qui est avant tout un cri d’amour pour l’Iran. Arrivée à Téhéran, elle tombe amoureuse de cette ville et décide de s’y installer. Son regard semble extrêmement naïf et même si au fil des années elle se rend compte des difficultés de la vie là-bas et des persécutions dont sont victimes les intellectuels, rien ne semble pouvoir entamer son amour inconditionnel pour son pays – qui si je ne l’ai pas vraiment compris – m’a tout de même touchée d’une certaine manière. J’ai trouvé le style assez moyen même si ça se lit plutôt bien. En raison du ton parfois un peu trop débordant d’enthousiasme et d’optimisme face aux difficultés, j’ai eu du mal à m’enthousiasmer autant que je l’aurais voulu pour cette lecture qui est pourtant une mine d’informations et offre souvent un point de vue inattendu. 

J’ai quitté ton pays sans me retourner. Comment dire adieu à une moitié retrouvée de soi-même ? En ce début d’été 2009, la capitale iranienne pleurait ses martyrs et les cachots débordaient. Le temps d’une élection en trompe-l’œil, nous étions passés du vert espoir au rouge sang.

          Saeedeh, Omid, Leïla, Vahid et tous les autres ont moins de 30 ans. Ils viennent de tous les milieux sociaux, nous les avons rencontrés dans tout le pays. Ces jeunes ne cherchent plus à s’opposer à un régime trop fort pour eux, ils ont désormais un seul objectif, un impératif, une obsession : s’aimer. Malgré le régime. Malgré la tradition.

Love story à l'iranienneCette BD me semblait très prometteuse. Je n’avais pas lu de très près le résumé mais le titre est tout de même assez parlant. Elle se présente comme un reportage (c’en est d’ailleurs un). Les auteurs ont rencontré plusieurs jeunes iraniens qui parlent de leur couple ou de leur manière d’envisager les relations amoureuses. Autant de portraits d’un Iran parfois surprenant. Malheureusement, en raison d’une rupture de stock j’ai reçu cette BD en format numérique. Ca ne s’y prête pas du tout. Impossible de voir une planche dans son intégralité et aucune notion de double page. C’est dommage car la mise en page est ici particulièrement travaillée à ce qu’il m’a semblé. Le dessin m’a plutôt plu avec des choses plus ou moins réussies mais une belle variété dans la mise en images en des choses parfois très réussies. En revanche, je n’ai pas trop aimé le côté un peu « catalogue » de cette BD même si ça permet de découvrir des personnalités et des situations très diverses. J’ai trouvé que ça manquait de liant. Dans l’ensemble, j’ai ben aimé cette lecture qui permet de saisir l’ambivalence iranienne en peu de mots et m’a donné envie d’aller voir ce que les auteurs avaient fait d’autre. 

          Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion…

Taxi TéhéranJ’attendais beaucoup de ce documentaire. Je suis assez férue de cinéma iranien que je trouve souvent très fort voire franchement osé. Là je me suis ennuyée durant une large partie du film. Il faut dire que je ne suis pas très à l’aise avec les huis-clos alors la vie vue depuis un taxi, pas simple pour moi surtout si quelques enguelades viennent s’y ajouter. Il y a des réflexions intéressantes sur la vie iranienne avec des personnalités très diverses qui s’expriment. Je me suis d’ailleurs demandé à quel point certaines de ces rencontres avaient été fortuites tant elles semblent trop belles pour être vraies. L’intérêt du fond ne m’a pas empêché d’avoir une profonde envie de profiter du film pour faire une sieste. J’avais envie de m’intéresser à ce qui se disait et pourtant l’ennui me m’engluait de plus en plus à chaque minute qui passait. Fort heureusement, à un moment le réalisateur va chercher sa nièce d’une dizaine d’années à l’école. Elle est incontestablement l’atout charme de ce film. Vive, intelligente, espiègle, elle met un peu d’ambiance dans ce documentaire qui manquait cruellement de rythme. Une petite qui ira loin si elle arrive à passer entre les griffes du régime ! Un film intéressant mais qui m’a accablée d’ennui. A réserver aux plus motivés (ou patients).

          Pour aller plus loin vous pouvez retrouver sur le blog d’autres articles autour du même thème. En cinéma iranienne, je vous invite à découvrir Noces éphémères sur l’étrange tradition du contrat de mariage à durée déterminée, Les chats persans sur la jeunesse underground iranienne, Les enfants de Belleville sur le pardon ou autour du couple Une séparation et Le passé (qui se passe en France pour le second). On s’éloigne on peu avec Terre et cendres d’Atiq Rahimi en littérature afghane. J’ai également vu de lui Syngué Sabour, pierre de patience, tiré de son propre roman. Il semblerait que j’aie oublié de vous en parler mais j’avais beaucoup aimé L’attentat de Yasmina Khadra qui se passe en Israël. Je me rends compte qu’en littérature, je crois que j’ai à peu près fait le tour de mes maigres connaissances, ce qui me donne envie d’approfondir un peu le sujet.