Bars, restaurants·Divers

Khao Thaï

          Envie d’un peu d’exotisme à Paris ? Khao Thaï est un très bon restaurant thaï qui propose le midi des formules très attractives avec un large choix qui devrait satisfaire toutes les envies.

l

          J’adore la cuisine thaï mais m’en méfie toujours un peu. Elle est en effet extrêmement pimentée et absolument pas comestible par un palais occidental normalement constitué si elle n’est pas un peu édulcorée. C’est là que se situe tout le problème : certains restaurants thaïs proposent une cuisine très fine mais un peu trop adaptée aux standards européens à mon goût, sans piment ou presque, d’autres au contraire sont plus authentiques au risque de vous insensibiliser la bouche pour plusieurs jours.  Le juste milieu est une denrée rare. Le Khao Thaï s’en sort très bien, avec un curry très relevé (tout ce que j’aime !) et un choix de mets un peu plus doux. Chacun peut ainsi y trouver son compte.

9559efa3ebae9fbe2419a68e807126ab

          Le menu du midi propose une formule entrée/plat à 14€50, ce qui étant donné les quantités (et la qualité), est fort raisonnable. En plat, vous aurez le choix entre boeuf et poulet, au curry, au gingembre (le boeuf au gingembre, un de mes plats préférés !), aux oignons et j’en passe ! Vous pouvez découvrir la liste ici. Pour un dessert ou un café en plus, la formule est à 17€. Et pour plus de choix, vous pouvez également choisir à la carte. Le restaurant étant très prisé, il se peut qu’il y ait la queue aux heures de pointe. Quant à la porte d’entrée, si elle est fermée à clef mais que vous voyez du monde dedans, pas de panique, on viendra vous ouvrir ! La décoration raffinée est agréable et les plats aussi bons que copieux. Une très bonne adresse.

anaicc88s-voyage-dans-son-assiette_012_thailande_01-khao-thaiï, Paris

Khao Thaï

13 rue Dauphine

75006 Paris

Expositions

Les expos du printemps

          C’est le printemps, plein de nouvelles expositions fleurissent dans la capitale. Pas toujours facile de s’y retrouver dans cette offre des plus vastes. Loin de moi l’idée de me montrer exhaustive, j’en serais bien incapable, mais voici 20 expositions en cours ou à venir à découvrir dans les principaux musées parisiens d’ici l’été.

523605_10151439929904926_1059412746_nGiotto e compagni : loué par ses contemporains, Giotto di Bondone a initié une véritable révolution picturale. L’exposition réunit une trentaine d’oeuvres afin de mettre en avant les innovations du peintre. Du 18 avril au 15 juillet au Musée du Louvre.

7759875547_l-affiche-de-la-nouvelle-exposition-du-louvre-a-paris– De l’Allemagne, 1800-1939. De Friedrich à Beckmann :  plus de 200 oeuvres qui retracent les thèmes majeurs de la pensée allemande au XIX° siècle. Une analyse de la façon dont les Beaux-Arts ont participé au renouveau de la tradition allemande. Du 28 mars au 24 juin au Musée du Louvre.

90388-exposition-macchiaioli-musee-orangerie– Les Macchiaioli, 1850-1874, des impressionnistes italiens ? : Les Macchiaioli sont un groupe d’artistes italiens réunis à Florence qui rompent avec le néoclassicisme et le romantisme. Ils ont insufflé une énergie nouvelle et initié le modernisme en Italie. Du 10 avril au 22 juillet au Musée de l’Orangerie.

affichel'ange du bizarreL’ange du bizarre. Le romantisme noir de Goya à Max Ernst : l’exposition s’intéresse à la face sombre du romantisme. Peintures, arts graphiques, sculpture, cinéma… plus de 200 oeuvres pour explorer le côté obscur de ce mouvement. Du 5 mars au 9 juin au Musée d’Orsay.

7760081509_l-exposition-eugene-boudin-au-musee-jacquemart-andre-du-22-mars-au-22-juilletEugène Boudin :  le peintre qui s’est particulièrement attaché à rendre compte des changements atmosphériques est un des précurseurs de l’impressionnisme. La première rétrospective parisienne du « roi des ciels » depuis 1899. Du 22 mars au 22 juillet au Musée Jacquemart André.

affiche-ziemJ’ai rêvé le beau, Félix Ziem : ce grand voyageur du XIX° siècle a peint l’Orient et ses merveilles. Une centaine d’oeuvres permet de constater la place du ciel et de l’eau dans sa peinture. Du 14 février au 4 août au Petit Palais.

86208-exposition-marie-laurencin-musee-marmottan-monet-2013Marie-Laurencin :  l’une des femmes peintres les plus célèbres du XX° siècle. 90 oeuvres pour la plupart conservées au Japon sont rassemblées pour mettre en avant son style tout en fraîcheur et rêveries. Du 21 février au 30 juin au Musée Marmottan-Monet.

affiche_chagall_def-8b272Chagall entre guerre et paix : le peintre a traversé le XX° siècle et connu les deux guerres, qui ont bien sûr trouvé une place dans son oeuvre. Une centaine de toiles sont ici réunies autour des thèmes de la guerre et la paix. Du 21 février au 21 juillet au Musée du Luxembourg.

paul-jacoulet-musee-quai-branly-L-jFSv01Un artiste voyageur en Micronésie, l’univers flottant de Paul Jacoulet : cet artiste français a passé la majorité de sa vie au Japon mais a également voyagé en Chine ou en Micronésie. 160 dessins, croquis et estampes retracent son parcours. Du 26 février au 19 mai au Musée du Quai Branly.

thumb-keith-haring---une-exposition-evenement-au-musee-d-art-moderne-7032Keith Haring : Le MAM s’associe au Centquatre pour cette rétrospective de l’artiste américain. Une exposition de grande ampleur pour mettre en avant l’aspect profondément politique de son oeuvre. Du 19 avril au 18 août au Musée d’art moderne.

Centre Pompidou affiche Eileen GrayEileen Gray : entre arts décoratifs et architecture, le travail d’Eileen Gray semble scindé en deux. Cette exposition propose de lire au contraire son oeuvre dans la continuité afin de tenter de mieux le comprendre. du 20 février au 20 mai au Centre Pompidou.

sous-influences_xlSous influences : les oeuvres de cette exposition explorent les relations entre création artistique et psychotropes. Une recherche de transgression et de créativité qui existe depuis la nuit des temps et est ici mise à l’honneur. Du 15 février au 19 mai à La Maison Rouge.

200x150-paciV5Adrian Paci, vies en transit : le travail d’Andrian Paci est fait de tensions, réel/irréel, conflictuel/merveilleux.  Le travail de l’artiste albanais est présenté à travers des oeuvres diverses, aussi bien photos, vidéos, sculptures ou peintures. Du 26 février au 12 mai au Jeu de Paume.200x150-LAGuillotV4

Laure Albin Guillot, l’enjeu classique : cette photographe a marqué de son empreinte le milieu du XX° siècle. Plus de 200 documents – tirages originaux, magazines, documents – lui rendent hommage et nous font découvrir ou redécouvrir son travail. Du 26 février au 12 mai au Jeu de Paume.

img_3033Rodin, la chair, le marbre : Rodin a beaucoup travaillé le marbre, cherchant à donner à la froideur de ce matériau la chaleur de la chair. C’est cet aspect de son travail que cette exposition met avant. Voir ma critique ici. Du 8 juin 2012 au 1° septembre 2013 au Musée Rodin.

214637_tresors-de-la-chine-ancienne-bronzes-rituels-de-la-collection-meiyintangTrésors de la Chine ancienne : cette exposition présente des bronzes archaïques chinois de la collection Meiyintang. Une importante collection de bronzes rituels présentée au public pour la première fois. Du 13 mars au 10 juin au Musée Guimet.

166297_cheveux-cherisCheveux chéris : entre art et ethnologie, la place du cheveu dans la société et ses représentations. Une exposition riche et passionnante à voir absolument ! Voir ma critique ici. Du 18 septembre 2012 au 14 juillet 2013 au Musée du Quai Branly.

209143_fragile-murano-de-la-renaissance-au-xxie-siecle-paris-07Fragile- Murano : les chefs-d’oeuvres des maîtres verriers de Murano, de la Renaissance à aujourd’hui. Deux cents pièces de différentes époques pour retracer l’histoire de ce verre d’exception. Du 27 mars au 28 juillet au Musée Maillol.

89100-exposition-paris-haute-couture-a-lhotel-de-ville-de-parisParis Haute Couture : la ville célèbre pour ses grands couturiers leur consacre une exposition. Des modèles, dessins et photographies pour rendre hommage à cette industrie synonyme de charme et d’élégance. Du 2 mars au 6 juillet à l’Hôtel de Ville.

exposition-monde-enchante-jacques-demy-L-hh5w41Le monde enchanté de Jacques Demy :  des extraits de films, photographies, peintures ou sculptures du cinéaste ou par des artistes qui ont revendiqué son influence. De quoi se replonger dans son univers coloré et musical. Du 10 avril au 4 août à la Cinémathèque.

En espérant que vous trouverez votre bonheur dans cette petite sélection. Bonnes visites !

Photo

Le printemps aux Batignolles

Comme un petit air de printemps au square des Batignolles… Un rayon de soleil et quelques fleurs en attendant des températures plus clémentes.

     DSC_1247     DSC_1251     DSC_1254

Un tout petit coin de verdure au coeur du XVII° où aller regarder les canards quand le soleil veut bien montrer son nez.

Mes lectures

Chimère(s) 1887, tome 1 – Melanÿn, Peling, Vincent

          Paris, 1887, les tuteurs de Chimère, jeune fille de 13 ans, décident de la céder à la Perle Pourpre, un tripot de luxe où les messieurs en vue viennent prendre du plaisir. Mais sous ses airs de petite fille innocente, Chimère sait mener sa barque et est prête à tout pour conquérir la liberté qu’elle n’a jamais eu…

CHIMERE T01[BD].indd.pdf

          J’avais reçu cette BD dans le cadre du Swap BD et chocolat. Je dois admettre que l’histoire me tentait assez et même si je l’avais un peu oubliée dans ma bibliothèque, j’étais plutôt enthousiaste en entamant cette lecture. La première impression fut très bonne, avec un dessin d’excellente qualité. J’ai beaucoup aimé l’univers visuel de cette BD, vraiment très réussi. Du côté de l’histoire en revanche, j’ai été un peu moins emballée, en grande partie parce qu’elle met du temps à se mettre en place.

pl1

          Je n’ai par exemple pas bien compris ce que la construction du canal de Panama venait faire là (mais ça s’explique par la suite je suppose). Quand à Chimère, on la voit finalement assez peu dans ce premier tome et on n’a donc pas beaucoup l’occasion de s’attacher au personnage, même si on commence à la découvrir un peu mieux dans les dernières pages. C’est dommage car le personnage a l’air intéressant et on regrette que l’histoire s’arrête juste quand on aurait voulu en savoir plus. J’attends donc le second tome pour vérifier cette bonne impression. Une BD un peu longue à se mettre en place mais aux très beaux graphismes qui donnent envie de connaître la suite.

chimere-extrait

Mes lectures

Les fidélités successives – Nicolas d’Estienne d’Orves

Attention, coup de coeur de cette fin d’année !

 

          Guillaume Berkeley a grandit à Malderney, petite île anglo-normande au régime féodal où il passe une enfance coupée de monde et de ses réalités. Avec son frère, Victor, ils rêvent de Paris, que leur décrit amoureusement leur ami Simon Bloch, qui vient leur rendre visite chaque été. Mais l’arrivée de la jeune Pauline dans leur vie va déranger cette belle harmonie et Guillaume va quitter son havre de paix pour rejoindre la Ville Lumière à l’aube de la guerre. Dans le Paris occupé, il sera tour à tour collabo et résistant, avec pourtant une rare fidélité à ses valeurs. Un parcours sinueux qui lui vaudra une condamnation à mort. 

Neo-OK1-193x300

          Le « héros » de Nicolas d’Estienne d’Orves est d’une rare humanité. On a beaucoup écrit sur la Seconde Guerre Mondiale : on a loué la résistance et condamné la collaboration, on a décrit parfois, jugé souvent, mais jamais on n’a dépeint de la sorte la difficulté de se positionner dans un monde où tous les repères vacillent. Ici, personne n’est épargné et les résistants ne sont pas toujours plus tendres que les collabos. Le personnage n’est pas dénué de principes, de valeurs, et à sa manière se tient à un code d’honneur qui lui est propre, et sera largement incompris. Il suit une ligne sinueuse, guidé par une logique propre et qui peut sembler étrange, voire absurde. La collaboration, il y est venu presque par hasard, non pas par conviction mais par facilité, par lâcheté aussi, au fil des rencontres. Et puis la résistance, par amour pour une femme qui lui a demandé d’agir et de sortir de son apathie. Un parcours décousu, fait d’incertitudes, de doutes, d’envies et de peurs contradictoires. Des « fidélités successives », un titre qui décrit bien ces tâtonnements.

occupation-400

          Nicolas d’Estienne d’Orves décrit la nature humaine avec brio. Si le personnage agace parfois, s’il nous prend l’envie de le secouer, on le comprend pourtant ; chacun de nous aurait pu être à sa place, qu’aurions-nous fait alors ? L’écriture est fluide et on se retrouve happés par cette histoire pleine de rebondissements, où le drame familial, l’amour déçu et l’Histoire avec un grand « H » s’entremêlent. On dévore littéralement ce livre tout à la fois bien documenté, bien écrite et d’une incroyable profondeur psychologique. Ce livre pourrait presque servir de définition au romanesque tant il déborde de vie et excite l’imagination. On est plongé dans un Paris en pleine guerre, avec ses couleurs, ses odeurs, ses sensations. On doute en même temps que le personnage, on attend avec impatience un dénouement qu’on redoute. Je ne sais pas vraiment à quoi je m’attendais en ouvrant ce livre, mais certainement pas à ça ! Il y a fort longtemps que je n’avais pas pris pareil plaisir à la lecture, n’arrivant qu’à grand peine à lâcher l’ouvrage le temps de me sustenter ou dormir un peu. Un livre passionnant qui se lit d’une traite avec avidité et dont l’impression nous marque bien après qu’on l’ait refermé. A la fois intelligent, cultivé et franchement délectable, s’il fallait le décrire en un mot : brillant.

large_609536

Jusqu’à présent les diatribes antisémites ne me dérageaient pas outre mesure. Elles faisaient « partie du paysage », comme on dit. Partie des meubles, de l’air du temps. Mais n’était-ce pas là l’attitude la plus dangereuse ? Une tolérance doucereuse et attentiste. Un état d’esprit et de fait, intégré à une morale consensuelle, flottante, impalpable. Tout cela devenait atrocement normal. 

_______________

– Et le plus triste, c’est qu’en réaction toute l’Europe va finir par finir par s’américaniser.

– Vous n’aimez pas beaucoup votre pays…

– C’est l’un des plus beaux du monde… vu du ciel. Pour le reste, les esprits y sont aussi creux que les espaces infinis…

_______________

Un gamin qui pleure, c’est horripilant. Un homme qui pleure, c’est tragique.

Et pour découvrir le blog de l’auteur, c’est par ici.