Confiteor – Jaume Cabré

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          Adrià grandit à Barcelone dans les années 50, entre une mère effacée qui veut qu’il étudie le violon et un père autoritaire qui le pousse vers l’apprentissage des langues. Dans leur appartement empli d’œuvres d’art, il n’y a pas de place pour la fantaisie. Au fil du temps, le jeune garçon va découvrir la provenance des trésors qui l’entourent.

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          On m’avait grandement vanté les mérites de ce roman dont le sujet me tentait bien. J’avais donc hâte de m’y atteler bien que j’aie un peu traîné en raison de la taille du pavé (plus de 700 pages tout de même !). J’étais pour le moins enthousiaste en m’y attelant mais les premières pages m’ont très sérieusement refroidie. En effet, l’écriture est pour le moins déroutante ! Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est mal écrit puisque le style est très travaillé et même plutôt agréable d’un point de vue purement syntaxique, en revanche, c’est extrêmement confus. Le narrateur, atteint d’Alzheimer, raconte ses souvenirs. Il les raconte donc dans le désordre, s’y perdant souvent, et passant sans cesse du coq à l’âne. Mais plus que cela, c’est le changement constant d’énonciation qui m’a gênée. Il arrive fréquemment qu’il passe du « je » au « il » dans une même phrase, toujours parlant de lui-même. Pas toujours simple pour s’y retrouver…

          Du côté de l’histoire, il y a des choses passionnantes. Toutefois, là aussi c’est pour le moins brouillon. Tout en racontant son histoire, le narrateur raconte celle des objets qui l’entourent. Parfois, on passe d’une histoire à l’autre, d’une époque à l’autre, au sein du même paragraphe et il n’est pas toujours simple de s’y retrouver. Certes, cela rappelle constamment la maladie du narrateur mais ç’aurait sans doute pu être fait de manière un peu plus subtile, sans perdre le lecteur en route. Fort heureusement, ces histoires dans l’histoire sont très intéressantes, retraçant divers pans de l’Histoire à travers des destinées pour le moins diverses. C’est la culture qui transpire de ce texte qui m’a donné envie de le continuer malgré quelques difficultés à suivre le fil du récit. J’ai parfois eu l’impression que ce roman était un peu fourre-tout, avec des connaissances très diverses entassées qui m’ont parfois agacée en me donnant le sentiment que l’auteur en faisait trop. Cependant, c’est justifié par l’histoire et le plus souvent j’ai simplement

          Beaucoup se sont enflammés à la lecture de ce livre, sur sa beauté, son intelligence, sa finesse… Je dois avouer que pour ma part, si je lui reconnais certaines qualités de style comme de fond, j’ai eu du mal à réellement entrer dedans. Je l’ai lu avec un certain plaisir mais il n’a pas éveillé en moi la moindre émotion. Le personnage n’a pas suscité ma sympathie outre mesure et si certains événements relatés sont tragiques, je les ai trouvé plus intéressants qu’émouvants. Bref, rien à faire, j’ai eu beau m’intéresser à l’histoire d’un point de vue purement intellectuel, elle ne m’a pas bouleversée. Dans l’ensemble, j’ai trouvé ce roman extrêmement nébuleux de par sa construction assez anarchique ce qui le rend assez difficile, d’autant plus qu’il est particulièrement long. Si cela m’a un peu moins agacée au fil des pages, je n’irais pas jusqu’à dire que je m’y suis habituée. Je pense que ça en découragera plus d’un ! Malgré un fond passionnant, le style confus rend la lecture laborieuse, pour un résultat en demie-teinte. Si on en vient à bout, on referme toutefois ce livre en se sentant un peu moins bête.

Photo de Xabier Mikel Luburu Van Woudenberg

Photo de Xabier Mikel Luburu Van Woudenberg

Le musicien veut l’instrument pour en jouer. Quand il l’a, il en joue. Le collectionneur n’a pas à jouer : il peut avoir dix instruments et il les caresse de la main. Ou des yeux. Le collectionneur ne joue pas de l’instrument : il joue avec.

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L’art véritable naît toujours d’une frustration. A partir du bonheur, on ne crée rien.

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Je crois que nous faisons tout un trajet aller et qu’ensuite nous faisons le trajet retour vers le point de départ. Dans la vie de l’homme, il y a toujours un retour aux origines. A condition que la mort ne se soit pas interposée avant.

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  1. Bon, tu tempères un peu tous les éloges qu’on entend de ce livre et qui commençaient à me donner une furieuse envie de m’y attaquer prochainement. Le tenter mais avec des pincettes, donc… 🙂

    • Oui, il faut s’armer de patience (à moins d’arriver à entrer dans ce style complètement décousu). C’est un énorme pavé, plein de références en tous sens et très confus, ça fait un drôle de mélange ! C’est intéressant, on ne peut pas dire que ce n’est pas bien mais ça demande pas mal d’efforts quand même.

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