Mes lectures

Cow-boys et indiens

          Les cow-boys et les indiens gardent toujours pour moi ce même pouvoir de fascination, même si avec le temps mon regard sur la question a forcément beaucoup évolué. Je vous présente ici 3 histoires sur lesquelles je suis tombée récemment. J’aurais aimé un article plus fourni mais je n’ai malheureusement pas réussi à me plonger assez dans le sujet pour cela. Bientôt peut-être.

Le dernier des Mohicans

          1757, État de New York. Français et Anglais se battent pour l’appropriation des territoires indiens. Au cœur de cette guerre, un jeune officier anglais, Duncan Heyward, est chargé de conduire deux sœurs, Cora et Alice Munro jusqu’à leur père. Victimes d’une embuscade, les deux jeunes femmes et leur escorte sont sauvées par Hawkeye, un Européen élevé par le Mohican Chingachgook, et son fils Uncas, qui acceptent de les escorter jusqu’à leur destination…

Le dernier des MohicansJ’avais vu le film il y a fort longtemps et je l’avais beaucoup aimé. Le genre qui fait battre le cœur et pleurer à la fin. La première fois que je devais avoir 10 ans, j’étais alors très impressionnable. J’ai donc décidé de le revoir. Inutile de dire que ce film de 1992 a tout de même un peu vieilli. Disons qu’il est très marqué par son époque. C’était la grande période du mélo d’aventure. Si j’étais adepte du genre dans mon adolescence je dois avouer qu’il passe un peu moins bien aujourd’hui. Les ficelles sont un peu grosses et on voit tout venir à des kilomètres. La musique m’a insupportée et m’a vraiment empêchée de rentrer dans le film. Si je reconnais à ce film un certain charme, j’ai été moins sensible à son romantisme effréné et ses bons sentiments que lors des premiers visionnages. Je m’endurcis avec l’âge… Il n’en reste pas moins qu’il a marqué une génération et mérite le coup d’oeil.

Le dernier des MohicansEn revanche, si le film m’a un peu laissée sur ma faim, j’ai vraiment adoré la BD – ou plutôt le roman graphique – que j’ai trouvée vraiment magnifique. Le texte est réduit au maximum pour une histoire assez condensée même si la trame est toujours bien présente. Les illustrations ont ainsi la place de s’épanouir et sont merveilleusement mises en valeur. Elles sont très belles et la mise en page est particulièrement réussie. Le dessin est fort et j’ai passé un temps fou sur chaque page, elles sont autant d’œuvres d’art devant lesquelles on a envie de s’arrêter. Ca m’a donné très envie de lire le roman. J’ai été vraiment convaincue par cette très jolie adaptation. Une belle découverte.

La légende de la femme-louve : Cheveux de feu et Traque sauvage, de Sylvie Wolfs

         1845. Jewell O’Connor et Zuzeca Cik’ala Iyasni ne sont encore que des enfants, mais déjà ils luttent pour leur survie dans un monde qui s’effondre. Pour elle, la famine. Pour lui, la guerre. Pour eux deux, la barbarie. Au fil des bonheurs, des apprentissages, des drames et des épreuves, ils cheminent l’un vers l’autre.

Cheveux de feuVoilà deux romans que j’aurais adoré lire quand j’étais adolescente. Une héroïne au fort caractère et aux cheveux de feu, c’est un peu le type idéal pour me séduire. Et si ça se passe chez les indiens c’est encore mieux ! Je suis de suite tombée amoureuse de ce personnage haut en couleur et particulièrement sympathique. Le style est simple et efficace, dans la plus pure tradition du roman d’aventure. J’ai dévoré le premier tome que j’ai vraiment pris un grand plaisir à lire. Il y a dedans tous les ingrédients qui font le charme du roman d’aventure : une héroïne forte, des rebondissements à la pelle, des rencontres malheureuses et d’autres qui le sont plus, un soupçon d’amour. Sans être de la grande littérature, il n’y a pas à dire, ça fonctionne. Je me suis totalement laissée embarquer par cette histoire. J’ai un peu moins aimé le second tome, qui vire plus mystique. J’avoue avoir toujours un peu de mal avec ça. Même si ce n’est pas totalement hors sujet étant donné que c’est rattaché à la culture indienne, j’ai trouvé que c’était un peu tomber dans la facilité de régler certaines situations conflictuelles en faisant intervenir des esprits. J’aurais aimé qu’au moins un doute soit permis quant à la nature des événements, ça manque de subtilité. Si le second tome m’a moins convaincue que le second, j’ai quand même dans l’ensemble bien aimé cette lecture pour le moins divertissante.

 

Psychanalyse du héros de westernde Wandrille

          Dans l’Ouest aussi, on peut résoudre des problèmes personnels en parlant à un homme médecine pour guérir ce qui se cache sous votre scalp.

Psychanalyse du héros de westernQuand j’ai vu ce petit livre (plutôt un petit carnet même), j’avais déjà prévu d’écrire cet article depuis un bon moment, il m’a donc semblé indispensable de l’y ajouter. Je l’avais feuilleté et ça m’avait l’air plutôt drôle, je n’ai donc pas hésité à me le procurer. J’ai finalement été assez déçue. Je n’ai pas toujours trouvé ce qu’il y avait de drôle dans ces saynètes. Ni même ce qui était sensé être drôle d’ailleurs. En revanche d’autres sont plus réussies. C’est un peu inégal. J’ai bien aimé le dessin et j’ai trouvé certaines choses assez bien vues. Dommage que ce soit un peu court. De plus, 5€ le fascicule de 10 pages, ce n’est franchement pas donné. Une bonne idée de départ mais une réalisation plutôt moyenne, dommage.

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          Je pensais faire un article bien plus fourni sur le sujet. J’avais même fait le stock de westerns en prévision. Et puis finalement j’ai trop traîné à les regarder, ça donnera peut-être lieu à un autre article dans quelques temps. J’ai quand même enfin vu The Salvation que je vous recommande. Déjà parce que Mads Mikkelsen est égal à lui-même, à savoir, absolument parfait. Ah, quel homme ce Mads ! Et l’image est d’un esthétisme époustouflant. C’est très sombre et extrêmement violent mais d’une telle beauté. Un film élégant à l’histoire classique mais à la photographie impeccable. D’une efficacité redoutable.

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          Sinon vous pouvez retrouver l’ambiance far-west sur mon blog à travers quelques anciens articles. Je vous propose l’exposition Indiens des plaines au Quai Branly, qui m’avait d’ailleurs moyennement séduite malgré sa richesse, elle offrait toutefois une mine d’informations que vous pouvez retrouver dans le catalogue d’exposition. Il y a également l’excellent Mille femmes blanches de Jim Fergus sur un échange femmes-chevaux des plus édifiants. On y apprend beaucoup sur les traditions de différentes tribus. Du même auteur, je vous conseille également La fille Sauvage. Eric Vuillard quant à lui nous amène à la découverte de Buffalo Bill dans Tristesse de la terre. Pas d’indiens mais des cow-boys dans Lonesome Dove où les troupeaux font des milliers de kilomètres à la conquête de l’ouest. Plaies infinies encore dans True Grit, le western des frères Coen. Enfin, Little Bird nous amène au coeur d’une réserve indienne à travers une sombre enquête sur un viol.

Actualité·Mes lectures

Romans : sortis en mars

          Depuis janvier, je suis plongée jusqu’au yeux dans les sorties du moment. Il est bien rare que je lise autant de littérature contemporaine. Heureusement que je voulais me remettre aux classiques ! Voici quatre romans parus en mars. J’ai un peu (hum… hum… beaucoup ?) de retard dans mes lectures, les essais, biographies, témoignages et compagnie suivront donc dans un prochain article. Du bon, du moins bon, cette fournée est assez mitigé. Faites votre choix. Sur ce, je cours me plonger dans les sorties du mois d’avril.

          En 1917, Wilma a onze ans quand son père lui rapporte un cadeau : Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède. Cette lecture va bouleverser à jamais la vie simple et rude de la jeune fille, qui se lance dans un combat héroïque pour la sauvegarde du plus grand oiseau migrateur d’Amérique du Nord.

Elles sont parties pour le NordJe trouvais le titre de ce roman très prometteur. J’espérais y retrouver un esprit d’aventure. Les premières pages m’ont plutôt séduite : une petite fille dans une cabane de trappeurs, c’était prometteur. J’ai un peu décroché ensuite, quand on suit ses rêveries, puis qu’on la voit grandir en ville. Décrite comme « animiste », elle apparaît comme très sensible, pourtant j’ai trouvé que le personnage aurait mérité d’être plus fouillé pour gagner en émotion, on reste un peu trop à la surface des choses. Toutefois, m’ont intérêt s’est accru quand Wilma commence à se lancer dans un combat pour la sauvegarde de la grue blanche. Assez sensibles aux questions d’écologie, c’est un type de sujet qui m’intéresse toujours. J’ai trouvé les différentes étapes de la mise en place d’un programme de protection très intéressante. En revanche, le côté un peu nunuche de ce personnage par ailleurs décrit comme très fort m’a beaucoup gênée. Une sensiblerie qui se retrouve également dans l’écriture qui a tendance à verser un peu trop dans le bon sentiment et la facilité. C’est dommage, l’histoire avait un fort potentiel qui n’est pas suffisamment développé. Ce récit aurait pu être très fort choisit un angle d’approche qui frôle un peu trop souvent la mièvrerie à mon goût. Si cette lecture est relativement agréable dans son ensemble, un texte qui manque de caractère.

J’avais onze ans lorsque j’ai rencontré pour la première fois la grue blanche d’Amérique, à son départ de Canada pour Aransas. Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Il y avait d’un côté la débâcle d’une rivière en furie et de l’autre le vol majestueux, hors du temps, irréel, de trois oiseaux en route pour une migration de trois mille cinq cents kilomètres.

          La Bibliothèque des Refusés est un établissement des plus singuliers : elle recueille plus encore, elle sauvegarde tout texte ayant essuyé refus sur refus de la part des éditeurs. Mais de nombreuses mésaventures vont venir perturber l’ordre tranquille de la Bibliothèque.

Au paradis des manuscrits refusésCette lecture aura été une torture sans nom. On a rarement l’occasion de lire quelque chose d’aussi mauvais. Etrangement, malgré une forte envie de laisser tomber ce roman dès les premières lignes, je suis pourtant aller au bout (tant bien que mal). Il faut dire qu’à défaut d’avoir le moindre intérêt, ce livre ne se lit pas trop mal. Le style est d’une rare pauvreté. Il y a quelques mots savants disséminés deci-delà mais ça ne suffit pas à masquer l’insignifiance de cette prose. L’histoire n’est pas en reste. Je trouvais l’idée d’une bibliothèque des manuscrits refusés assez prometteuse. Cette sorte de dépôt légal pour écrivains ratés me semblait offrir pas mal de possibilités. Sauf que d’histoire il n’y a pas vraiment. C’est mal construit, prévisible et insignifiant. Les maigres rebondissements ne sont absolument pas développés, leur ôtant toute consistance. Ce niveau de platitude est presque un exploit en soi. Je crois avoir déjà trouvé le plus mauvais livre de l’année.

Le manque d’accessibilité a toujours été l’une des qualités les plus reconnues de l’établissement.

          1967. Dans un bar de Los Angeles, Johnny Cash livre ses états d’âme à un inconnu. Le chanteur, pourtant au sommet de sa gloire, dit ne plus se reconnaître et rêver d’un endroit tranquille où il pourrait oublier « tout ce cirque ». Thomas, un jeune peintre underground, va s’engager à lui trouver.

Jukebox MotelJe ne savais pas trop quoi attendre de ce roman mais ça avait un lien avec Johnny Cash alors ça m’inspirait bien. Je n’en attendais pas grand chose mais j’ai été très agréablement surprise. J’ai beaucoup accroché avec le style qui possède une sorte de fraîcheur très agréable. Ca se laisse lire tout seul. L’histoire est assez sympa aussi. Un peintre qui ne croît pas vraiment à son talent, une histoire d’amour qui n’en est pas une (ou peut-être que si), des rencontres improbables et un lieu plein de musiciens. A la fois crédible et incroyable, et pourtant simple comme une histoire d’amitié. J’ai trouvé ça très réussi. On apprend à apprécier les personnages qui ont tous des caractères bien trempés et les stars qui traversent ce roman ne prennent jamais toute la place. Il y a une ambiance particulière dans ces pages qui ont un petit air de vacances. J’ai été très surprise d’apprendre qu’il s’agissait d’un premier roman : franchement prometteur. Une lecture qui possède une légèreté très agréable mais qui est loin d’être inconsistante pour autant. Un très bon moment.

Il faut croire que, même au bout de la vérité, on a besoin de garder quelque chose à avouer, qu’au bout de nos aveux, il reste un dépôt, une lie au fond de la bouteille. Cette vérité impossible à donner à l’autre, ce double fond, c’est encore un mensonge, le dernier, et on préfère l’appeler secret.

          Irlande du Nord, fin des années 80, en plein conflit entre catholiques et protestants à Ardoyne, quartier difficile de Belfast. Mickey, le narrateur, vit sa dernière journée à l’école primaire avant les vacances d’été.

Un bon garçonJe ne sais pas trop comment aborder cette lecture. Je suis toujours intéressée par les romans ou les films sur les troubles en Irlande, je partais donc avec un a priori positif. Pourtant j’ai eu beaucoup de mal avec le style. C’est bien écrit mais le fait de suivre cette histoire à travers les yeux d’un petit garçon m’a gênée. Ca ne me dérange pas toujours mais en l’occurrence ce petit garçon ne m’a pas particulièrement sympathique et m’a surtout mise très mal à l’aise. Difficile de dire pourquoi. Je ne suis simplement pas rentrée dans son monde je crois. Ses rêves, sa manière de raconter, rien ne m’a touchée, pourtant j’aurais sans doute pu me retrouver son rapport conflictuel aux autres mais rien à faire, aucune empathie ne s’est mise en place. Ca a forcément rendu ma lecture un peu compliquée, même si je me suis peu à peu habituée et que ça allait mieux sur la fin. L’histoire est touchante : celle d’un petit garçon à part sur fond de conflit religieux. Le fait que la narration soit faite par un enfant donne un point de vue intéressant. Si j’ai eu du mal avec le style du récit, je lui ai toutefois trouvé de nombreuses qualités. Un roman qui mérite qu’on s’y arrête.

Je regarde M’man pour qu’elle me soutienne, mais elle a les yeux fixés sur Mr Bown, qui se lève et va tripoter les stores tout en continuant à parler. J’entends ma respiration. Je ne comprends toujours pas ce qu’il raconte.

Mes lectures

Ma liseuse Kindle et moi

          Certains le savent, je suis absolument réfractaire au livre électronique. J’ai beau passer mon temps en lire, je n’en possédais pas jusqu’à très récemment. Je suis donc la fille qui se trimbale toujours avec un pavé dans son sac de montagne et qui part en vacances avec plus de bouquins que de tee-shirts. D’ailleurs je m’étais toujours dit que le jour où je basculerais du côté obscur de la force, ce serait pour de longues vacances où je ne pourrais pas faire suivre la moitié de ma bibliothèque. Et puis finalement, les choses se sont passées autrement. J’ai beau tenir ce blog depuis des lustres, je reçois peu de livres en service de presse et presque toujours de petites maisons d’édition. Ca ne me dérange pas mais il se trouve qu’en ce moment je suis fauchée alors quand j’ai eu l’opportunité de recevoir des nouveautés en format électronique j’ai accepté. Comme lire sur un PC est franchement pénible, j’ai craqué pour une liseuse. Et voilà. La faute à la rentrée littéraire de janvier en somme.

          Il a fallu commencer par choisir une liseuse. Kindle, Kobo, aucune des deux ? Les prix sont relativement élevés et je ne comptais pas vendre un rein pour me procurer ce qui pour moi n’était qu’un mal nécessaire. Autant vous dire que j’ai passé quelques heures sur les prix des liseuses d’occasion (qui sont étonnement rares – et chères). Je n’avais pas de préférence sur la marque mais je tenais à l’encre électronique pour le confort de lecture et au wifi pour faciliter le téléchargement des ouvrages (et la pub, à mon plus grand regret…). Je tenais pas franchement à donner des sous à Amazon mais la Fnac me convainc guère plus. J’y allais un peu à reculons quoi. Finalement c’est le prix qui m’a décidé. J’ai trouvé une liseuse Kindle pas trop chère : hop voilà, mon choix était fait.

          Et le verdict ? J’avoue qu’au premier abord, je n’ai pas du tout mais alors pas-du-tout aimé la lecture sur liseuse. J’ai fait des études d’édition et je les ai faites non pas en espérant dégoter le nouveau Proust mais parce que depuis toute petite j’aime passionnément le livre en tant qu’objet : le grain du papier, l’odeur de la colle, une belle reliure et une typo recherchée. C’est une grave addiction depuis mon plus jeune âge. Vous comprendrez donc pourquoi je me hérisse dès qu’on me parle d’édition numérique. Pas que je n’y trouve aucun intérêt, simplement ce n’est pas pour moi.

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          La bonne nouvelle c’est que ça ne tue pas trop les yeux. C’est même plutôt agréable visuellement même si quand on change de page il y a un petit temps de latence avant l’affichage de la suivante. Mais on s’y habitue. Je n’ai ni le modèle le plus onéreux, ni le plus récent, ce défaut a peut-être été corrigé par la suite. Par contre c’est d’une froideur ! J’ai cru que je n’arriverais jamais à m’y faire. Mais bon, quand on s’engage à lire des formats électroniques, on assume. Finalement, sans aller jusqu’à aimer, je me suis peu à peu habituée à cette manière de lire. Le fait de ne pas pouvoir feuilleter me manque. Par contre j’aime bien savoir le temps de lecture estimé pour un chapitre. Pouvoir régler la taille de la police est aussi appréciable. Alors pour résumer :

  • Les points faibles

– La froideur de l’objet qui n’a évidemment pas l’odeur et le toucher d’un « vrai livre »
– L’absence de numérotation des pages peut s’avérer un rien perturbant
– Le temps de latence au chargement d’une nouvelle page
– Le manque de personnalisation du menu

  • Les points forts

– La possibilité de régler la taille de la police
– La capacité de stockage
– La durée de la batterie
– La possibilité d’installer un dictionnaire

          Si je préfère toujours sans conteste le livre papier, il y a quand même un certain confort dans la lecture numérique, en particulier si on n’a pas une très bonne vue (ce qui n’est pas mon cas). Pouvoir transporter sa bibliothèque dans quelques chose de plus léger qu’un roman grand format est appréciable, de plus, la batterie charge rapidement et tient longtemps – 1 mois à raison d’une heure de lecture par jour je crois, soit pour moi 7 à 10 jours. Le wifi est vraiment pratique. Pouvoir partager ses citations préférées en un clic ou vérifier la signification d’un mot inconnu instantanément est très agréable. Pour le confort de lecture, attention à choisir une encre électronique et pas quelque chose plus proche d’une tablette. Ces modèles se multiplient et sont plus agressifs pour les yeux. Je n’ai pas pris une version rétro-éclairée mais si vous êtes prêts à dépenser quelques euros de plus, je pense que ça peut être appréciable en cas de faible luminosité. Si je n’ai pas été franchement conquise par la liseuse, je me suis un peu habituée à elle et loin de remplacer le livre papier, elle offre un bon complément. 

Mes lectures

Rentrée littéraire de janvier : littérature étrangère

          Je viens enfin à bout des sorties de janvier et février, avec comme vous pourrez le constater pas mal de retard. Après la littérature française, voici à présent ce que j’ai lu en littérature étrangère. Il est rare que j’en lise autant et je dois avouer que si je n’ai pas tout aimé, ça fait un bien fou d’y revenir !

          Après la guerre civile, la survie est compliquée pour Manolita qui à 18 ans doit s’occuper de ses quatre frères et sœurs pendant que sa belle-mère en prison et son grand frère dans la résistance. Pour l’aider elle va faire des choses dont elle ne se serait pas crue capable.

Les trois mariages de Manolita

Voilà un roman dense qui mérite un temps de digestion avant de pouvoir en parler. En partie parce qu’il est long, relativement complexe, et que ses différents aspects m’ont inégalement séduite, demandant un temps de réflexion pour faire le tri entre ce qui est important et ce qui ne l’est pas afin de vous donner un avis un minimum clair et cohérent. Je peux déjà dire que ce n’est pas un gros coup de cœur mais que l’histoire est passionnante, le style un peu lourd, les péripéties nombreuses et que le tout fait un très bon roman. Je connais assez mal l’histoire de la guerre d’Espagne. J’ai lu plusieurs romans sur le sujet, mais je les ai souvent trouvé trop compliqués. Je connais les grandes lignes de l’histoire espagnole mais les détails du contexte politique m’ont toujours échappé. Je craignais donc un peu de me lancer dans cette lecture même si le sujet m’intéresse. J’ai trouvé ici que le contexte était très bien posé et je n’ai pour une fois eu aucune difficulté à comprendre comment les chose s’étaient déroulé (enfin !). Même si c’est forcément un peu ardu, j’ai apprécié la clarté dans la description des événements, qui se fait de manière chronologique. Ca fait un texte parfois un peu lourd mais qui au moins à le mérite de ne pas perdre son lecteur. Le roman commence par la guerre d’Espagne puis on passe au règne de Franco pour s’arrêter un peu après. Ca permet de bien appréhender la période à travers des personnages qui l’ont vécu. Contrairement à ce que le titre laisse penser, c’est bien plus un roman historique qu’un roman d’amour, ce qui n’est pas pour me déplaire ! J’ai bien aimé les relations entre les personnages et leur histoire est intéressante. J’ai simplement trouvé dommage une certaine lourdeur aussi bien dans la structure que dans le rythme. Le tout est un peu pesant et peut sembler indigeste. Un roman qui manque de rythme mais dont l’histoire est passionnante et qui mérite qu’on s’accroche pour la découvrir.

Ils ne le tueront pas, pensais-je, ils ne le tueront pas, même si je ne voulais pas le penser, il est trop jeune, mais ils en avaient tué d’autres d’aussi jeunes, il est trop innocent, mais ils en avaient tué d’autres aussi innocents, il n’a assassiné personne, n’a volé personne, il a juste imprimé des tracts, c’est tout, de l’encre et du papier, mais ils en avaient tué d’autres, aussi, pour leurs mots.

          Déterminée à combattre sa phobie de l’avion pour obtenir le poste dont elle rêve, Sara décide de recourir à l’hypnose. Au fil des séances, la jeune femme est victime d’hallucinations chaque fois plus terrifiantes… D’où viennent-elles ? Face aux terribles découvertes auxquelles elle est confrontée et grâce à l’aide du docteur, Sarah va se lancer dans une quête d’identité effrénée.

Fermez les yeuxJe n’étais particulièrement enthousiaste en commençant ma lecture. J’avais peur de tomber sur de grosses ficelles et un roman manquant de subtilité. D’un autre côté, le sujet lui me tentait bien. Je suis assez fascinée par l’hypnose. J’ai même tenté d’en faire mais il se trouve que je suis tombée sur quelqu’un qui essayait de faire passer de la simple relaxation pour de l’hypnose et en plus était la pire psychologue de tous les temps. Pas très concluant donc mais je retenterai peut-être ma chance un jour. Bref, j’étais donc partagée en entamant cette lecture. Le style n’est pas exceptionnel mais pas mauvais non plus, c’est plutôt agréable à lire. J’ai beaucoup aimé la construction. Le récit se construit de manière parcellaire. Les points de vue se croisent. L’histoire avance à travers le point de vue de très nombreux personnages – liés de plus ou moins près à la victime – qui parlent à un journaliste qui veut écrire sur l’affaire. Chacun ne possède pas le même degré d’information et ne veut pas nécessairement les dévoiler. Des récits croisés, incomplets et qui ne se recoupent pas toujours, ils rendent l’histoire nébuleuse et c’est ce qui fait tout l’intérêt de ce roman ! Le fond de l’intrigue est bien senti mais finalement assez convenu, même si ça fonctionne. Il y a quelques longueurs et ça manque parfois un peu de finesse mais l’originalité de la construction rend cette lecture agréable. Un premier roman prometteur.

Je m’allongeais sur le canapé et j’écoutais les programmes de la journée sans ouvrir les yeux, calculant le nombre d’heures qu’il me fallait encore tenir avant de revoir Stephen.

          Le 31 décembre 1976 à New-York certains habitants s’apprêtent à vivre un réveillon mouvementé. Des ados paumés, des artistes désabusés, de riches héritiers : autant de destins qui s’entremêlent dans une ambiance punk survoltée.

City on fireJe n’avais pas entendu que du bien sur ce livre dont j’avais oui dire qu’il possédait tous les travers du premier roman. Pourtant, je suis assez vite rentrée dans l’histoire même si je n’ai pas trouvé le style exceptionnel (pas mauvais non plus d’ailleurs) et j’ai lu les cinq cents premières pages rapidement, ce qui est en soi un exploit. L’histoire est un peu compliquée, avec pas mal de ramifications, et il est assez difficile de savoir qui en sont les protagonistes principaux – si tant est qu’il y en ait – parmi la dizaine qui reviennent de manière récurrente. C’est un peu déroutant. Passé la première moitié, j’ai trouvé que ça commençait à patiner un peu… Ca tourne en rond, l’histoire peine à avancer, bref, on ne s’ennuie pas vraiment mais presque. J’ai eu le sentiment que l’auteur voulait trop en dire à la fois, y mettre tous les personnages et les idées qui lui avaient un jour traversé l’esprit et qu’il s’y permet un peu. Je me suis même demandé à un moment s’il savait où il allait. Il y a des choses intéressantes par-ci par-là et quelques personnages forts mais c’est parfois un peu confus. Je l’ai lu en version numérique et les nombreux documents annexes qui sont insérés entre les différentes parties étaient illisibles, dommage (même si ça m’a fait gagner pas mal de temps à vrai dire). Un roman qui n’est pas dépourvu de qualités mais qui en voulant trop de choses à la fois perd en clarté. Le tout reste plutôt agréable mais aurait mérité un écrémage sérieux.

L’échec est tellement plus intéressant. Tout porte à croire que Dieu considère l’humanité comme un échec. Les choses deviennent intéressantes juste au moment où elles s’effondrent.

          Tina, malheureuse auprès de son mari violent, découvre une lettre jamais arrivée à son destinataire. Elle se donne pour mission de lui faire parvenir envers et contre tout.

Il était une lettreLa grosse déception de cette rentrée littéraire de janvier. Je me doutais à la lecture de la quatrième de couverture que ce ne serait pas le coup de cœur de l’année mais j’ai toujours une tendresse particulière pour les histoires de lettres ou de romans (mettez-moi les mots « lettre », « livre » ou « bibliothèque » dans un titre, je cours presque à tous les coups, fut-ce à la déception). Et puis un peu de légèreté de temps en temps ne peut pas faire de mal n’est-ce pas ? Sans m’attendre à grand chose, je me disais que ça ferait une pause sympathique entre deux lectures plus ardues. Dès les premières pages, j’ai su que j’allais souffrir. Le style est assez pauvre – même s’il faut admettre que souvent les traductions de l’allemand ne sont pas terribles – et truffé d’images plus éculées les unes que les autres. Du côté de l’histoire, des personnages stéréotypés et des bons sentiments à la pelle. Tout ce que j’aime ! Le personnage qui trouve la lettre en particulier m’a horripilée, le type même de la femme battue qui trouve des excuses à son mari à tout bout de champ. Pourtant, il y aurait pu y avoir des choses intéressantes, notamment sur la vie dans la campagne irlandaise et les couvents ou finissaient les filles-mères mais autant vous dire qu’on est bien loin de Magdalene Sisters. Je suis allée au bout parce que c’est très court (et que ça se lit particulièrement vire) mais j’aurais pu m’épargner cette peine. Un roman sans grande originalité, mièvre et mal écrit, cette lecture fut le calvaire de cette rentrée.

Elle s’émerveilla de la quantité de choses que pouvaient vous apprendre les enfants, de cette sagesse qui était la leur et que si souvent on sous-estimait, ou même ignorait.

          Des loups qui terrorisent un villages indien dans les années 20, une hôtesse de l’air enceinte et la mort d’un jeune enfant maltraité par sa famille : trois histoires cruelles sur ce que l’humanité engendre de pire.

AnomaliaJ’ai demandé ce roman essentiellement parce que je trouvais sa couverture très belle. Le résumé, assez mystérieux, a fini de me convaincre. Je ne savais pas trop s’il s’agissait d’un roman jeunesse, finalement, ce n’est pas le cas. C’est assez loin de ce que j’avais pu imaginer… Ce roman est extrêmement particulier. Je crois qu’on peut dire que le fil conducteur est l’abandon et/ou la maltraitance des enfants, à travers des histoires très différentes. J’ai beaucoup aimé le style que j’ai trouvé très beau, élégant. Les histoires m’ont toutes marqué à leur manière. Elles ne se ressemblent pas (il y en a trois, dont une en deux parties distinctes) mais possèdent toutes une forme de violence. La première reste relativement classique, on commence doucement si on peut dire, mais elle commence à nous initier un peu à la thématique. La deuxième m’a beaucoup plu. On change totalement d’univers et j’ai été fascinée par son étrangeté – je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte. La troisième est de loin la plus traumatisante. C’est d’une très grande violence et pourtant je l’ai trouvée belle à sa manière. Nécessaire en tout cas. Elle a le mérite d’aborder un sujet difficile sous un angle particulier que j’ai trouvé intéressant. On revient ensuite à la deuxième histoire – qui n’est plus tout à fait la même avant une petite conclusion. Les différentes histoires peuvent sembler assez disparates, ce qui donne un côté très bizarre à ce livre. Ca pourrait presque être pris comme trois (ou quatre) nouvelles autour d’un même thème. Un roman un peu décousu qui m’a plutôt fait penser à des variations autour de l’abandon. L’écriture est belle et je pense que la force de ces histoires n’a pas fini de me hanter.

Si l’homme découvre ses obligations morales dans le code civil, il lui manquera l’amour, l’imagination et la volonté.

          A Arepa, le maréchal Belaunzarán arrive au terme de son 4° mandat et ne peut plus se représenter. Il va tenter par tous les moyens de conserver le pouvoir pendant que Pepe Cussirat rentre au pays pour l’en empêcher.

Le tyran meurt au quatrième coupVoilà un texte qui m’avait l’air complètement barré. Eh bien, c’est le cas ! Par le biais d’un humour qui ne fais pas toujours dans la dentelle, l’auteur démasque la dictature. Je dois avouer que je connais très mal (voire pas du tout) l’histoire mexicaine, je ne saurais donc dire à quel point y faut y reconnaître des personnages ayant existé ou même étant encore en activité. Toutefois globalement ça rappelle sans conteste à peu près n’importe quel dictateur sud-américain. J’avais peur de ne pas trop accrocher avec cette histoire mais il y a un côté roman d’aventure complètement déjanté que j’ai bien aimé. Les personnages sont tous plus antipathiques les uns que les autres et j’ai beaucoup l’humour avec lequel ils sont dépeints. Ce côté décalé et loufoque m’a séduite. Si l’ensemble est finalement assez prévisible, les rebondissements s’enchaînent à une telle vitesse qu’on n’a clairement pas le temps de s’ennuyer avec cette lecture. L’auteur n’y va pas de main morte sur la critique sociale à travers ses personnages qui réunissent bon nombre de défauts. Si je n’ai pas saisi toute la portée de ce texte faute d’assez bien connaître la culture mexicaine, j’ai pris un grand plaisir à cette lecture qui ne manque pas de caractère.

Nous ne pouvons pas lui donner notre cou à couper comme ça, dit don Ignacio Redondo, qui ne pense pas à son cou, mais aux revenus que lui procurent les magasins qui portent son nom.

          Un livre qui raconterait l’Amérique et ses dévorantes mythologies : la vitesse qui permet de traverser un paysage sans fin, le désir tenu en laisse comme un chien enragé par une Lolita d’un bled perdu, le succès toujours inattendu et hors de proportion, et toute cette bondieuserie qui dégouline de la bouche des pasteurs noirs et des politiciens blancs.

Mythologies américainesJ’avais hâte de m’attaquer à ce livre, un de ceux de la rentrée littéraire qui me tentait le plus. Le résumait me semblait très alléchant. A vrai dire je n’avais pas saisi qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles (souvent longues) mais ça tombe plutôt bien puisque j’aime beaucoup ça et que ça change agréablement après avoir enchaîné pas mal de romans ces dernières semaines. Je n’avais jamais rien lu de Dany Laferrière mais j’ai entendu des interviews de lui et il est passionnant. De plus, le titre d’un des textes « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » m’avait interpellée par son humour et son côté très politiquement incorrect. Pourtant, ça n’a pas été le coup de foudre que j’aurais cru. Le style est agréable, très léger, avec une pointe de dérision que j’ai beaucoup aimée, mais il m’a manqué quelque chose. Tout semble trop léger, il y a une espèce de nonchalance dans ces textes qui m’a un peu déroutée, je m’attendais à des textes plus forts, plus engagés. Pourtant, il y a bien des réflexions intéressantes qui se cachent sous cette apparente désinvolture. Ce n’est pas aussi futile que ça en a l’air. L’air de rien, il se cache souvent au détour d’une phrase une critique de la société ou une réflexion bien sentie sur le genre humain. C’est terriblement intelligent. Difficile de dire alors pourquoi je n’ai pas trop aimé. C’est agréable à lire mais ça manque de mordant à mon goût. Il faut dire aussi que la subtilité n’est pas trop mon fort… Ce n’est finalement qu’une bête histoire de goûts. J’ai pour le moment laissé ce livre inachevé mais je pense que je le reprendrai à l’occasion pour en lire une nouvelle entre deux textes plus ardus. Une écriture agréable et des textes qui ne manquent ni d’humour ni d’intelligence mais qui m’ont parus malgré tout un peu fade.

L’aube est arrivée, comme toujours, à mon insu. Gracile. Des rayons de soleil à fleurets mouchetés. Comme des pattes de saint-bernard. Le roman me regarde, là, sur la table, à côté de la vieille Remington, dans un classeur rouge. Il est dodu comme un dogue, mon roman. Ma seule chance. Va.

          À douze ans, Gulwali fuit l’Afghanistan. Il traverse l’Europe, surmonte la faim, la maladie, la corruption, la cruauté des passeurs, la noyade à laquelle il échappe de justesse… Mais il fait aussi quelques rencontres formidables, glanant un peu de lumière dans ce cauchemar qui durera près de treize mois.

Moi, Gulwali, réfugié à 12 ansCe témoignage ce lit comme un roman d’aventure des plus haletants. Ca semble totalement irréel tant les péripéties s’enchaînent à un rythme effréné. J’ai beaucoup aimé la distance que le narrateur mettait avec le petit garçon qu’il était avant son départ pour l’Europe. Il ne s’épargne pas franchement dans la description qu’il fait de son caractère au début du livre et si cela le rend un peu agaçant, ça le rend aussi plus humain. J’ai beaucoup aimé voir son évolution, même si elle est assez tragique et que ce sont des épreuves incroyables qui font de ce petit garçon tyrannique un homme ouvert d’esprit et sage bien avant l’heure. Difficile de rester insensible au sort des migrants après un récit pareil ! C’est très bien écrit mais justement le niveau de langue et le style très littéraire semblent en décalage avec l’âge et la condition de l’auteur. Toutefois ça n’a pas grande importance, et c’est aussi ce qui fait que ça se lit avec grand plaisir, plus comme un roman que comme un témoignage – et après tout, il est peut-être tout simplement un excellent conteur (finalement, ça s’explique vers la fin, en partie par la présence d’un co-auteur). Si je craignais au début un témoignage larmoyant (fut-ce à raison) et mal écrit, je me suis bien vite détrompée. Ce témoignage est d’une rare intelligence. Une histoire absolument incroyable et très bien écrite dont il me tardait de connaître le dénouement. Un texte Magnifique qui donne envie de faire plus pour ceux qui sont dans le besoin.

J’étais en train de comprendre que les agents sont les représentants de commerce du monde des passeurs. Ils doivent vous vendre de gros mensonges et de minces espoirs pour vous convaincre de continuer à avancer, ce qui est dans leur intérêt parce que s’ils ne vous emmènent pas jusqu’à votre prochaine destination, ils ne sont pas payés. Ils vous diront n’importe quoi pour vous convaincre.

          Voilà pour les sorties des deux premiers mois de 2016. Des choses très différentes qui m’ont dans l’ensemble plutôt convaincue. J’espère que vous y aurez trouvé un peu d’inspiration. Je vous prépare un article avec les sorties de mars-avril. A paraître si tout va bien d’ici une dizaine de jours, le temps de venir à bout de mes lectures.

Cinéma·Mes lectures

A la découverte du Moyen-Orient

          François Villon croupit en prison en attendant son exécution quand il reçoit la visite d’un émissaire du roi. Méfiant, il accepte une mission secrète qui le mènera jusqu’aux entrailles de Jérusalem, dans un vaste jeu d’alliances et de complots qui met en marche les forces de l’esprit contre la toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l’humanisme et la liberté.

La confrérie des chasseurs de livres_Quand on m’a offert ce livre, je ne connaissais pas du tout l’auteur mais j’ai de suite été séduite par le titre et la quatrième de couverture. L’auteur imagine ce qu’à fait le poète François Villon après sa disparition et je dois avouer que son arrivée dans une confrérie de chasseurs de livres et son périple au Moyen-Orient à la recherche de manuscrits rares ne pouvaient que me mettre l’eau à la bouche. Si je n’ai pas été déçue par l’histoire, j’ai en revanche eu beaucoup de mal avec le style. Je l’ai trouvé particulièrement pompeux et d’un parfait manque de naturel, dans la plus pure tradition universitaire : chiant à souhait ! A tel point que j’ai à un moment songé à interrompre ma lecture tant j’y prenais peu de plaisir. J’ai continué par intérêt pour l’histoire et j’ai plutôt bien fait. C’est très riche, entre politique, quête spirituelle et aventure. Malheureusement, ça manque cruellement de rythme. Tous les éléments du roman d’aventure sont présents, il y avait de quoi faire un roman palpitant (et non moins intéressant) mais le style figé dessert totalement l’histoire. C’es vraiment dommage et qui plus est extrêmement frustrant. On s’habitue un peu mais de là à y prendre du plaisir… Un bon roman sur le fond et les idées mais qui manque cruellement de vie.

A qui appartient donc la Terre Sainte ? A celui qui la possède ? A celui qui l’occupe ? A celui qui l’aime ? Si elle est vraiment aussi sainte qu’on le dit, une telle terre ne peut être conquise par les armes. Elle ne peut être possession, domaine ou encore territoire.

          Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.

L'arabe du futurJ’avais beaucoup entendu parler de cette BD qui avait fait grand bruit à sa sortie. On m’en avait vanté l’humour corrosif. J’avais résisté lors de la sortie du tome 1 mais l’arrivée du tome 2 a eu raison de ma volonté. Je dois avouer avoir été un peu déçue (mais notez quand même qu’après avoir lu le 1°, j’ai acheté la suite, sans doute mon problème non résolu avec les séries incomplètes y est-il pour quelque chose). Je n’accroche pas trop avec ce type de dessin mais finalement, je me suis plus ou moins habituée au bout de quelques pages. C’est certes drôle mais je ne sais pas, peut-être pas assez cynique à mon goût. J’ai aussi été un peu gênée par le fait qu’une grande partie de l’humour de ce texte repose sur le personnage du père, lâche, hypocrite et au final assez antipathique – même si je dois bien avouer qu’il mérite le détour – et sur le côté souffre-douleur de l’auteur – ce qui me met toujours très mal à l’aise (ah, les souvenirs d’école !). J’ai eu l’impression de ne pas toujours saisir l’humour de ce texte, pourtant bien présent, me donnant l’impression que la distance que prend l’auteur avec son histoire n’est pas celle qui me convient. Mais si j’ai décidé de lire la suite après une légère hésitation, c’est surtout parce que si je n’ai pas ri autant que je l’aurais cru, j’ai trouvé l’histoire intéressante dans le fond et assez instructive sur les mœurs des pays visités. Finalement, c’est cet aspect-là que j’ai préféré. Il y a une belle unité entre les deux tomes et on peut espérer que le(s) prochain(s) soi(en)t à l’avenant. Un roman graphique assez amusant même si je m’attendais à quelque chose de plus franchement drôle mais qui est intéressant par son aspect culturel. Je lirai probablement la suite pour voir comment ça évolue. 

Un homme n’a pas de racines , il a des pied.

          Sous la forme d’une lettre posthume à son grand-père, entremêlée de récits plus proches du reportage, Delphine Minoui raconte ses années iraniennes, de 1997 à 2009. Au fil de cette missive où passé et présent s’entrechoquent, la journaliste franco-iranienne porte un regard neuf et subtil sur son pays d’origine, à la fois rêvé et redouté, tiraillé entre ouverture et repli sur lui-même.

Je vous écris de TéhéranJ’ai acheté ce livre dans une librairie spécialisée dans le monde iranien située rue du Ruisseau à Paris dans le 18° arrondissement. Il m’a fallu les conseils du libraire, n’y connaissant absolument rien en littérature iranienne et perse. J’en suis repartie avec un roman iranien d’une auteur apparemment assez connue (que je n’ai pas encore lu) et ce livre-ci qui venait de sortir et qui est plutôt une vison de l’Iran par une journaliste française. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant. La journaliste a des origines iraniennes mais elle semble avoir découvert Téhéran sur le tard (même s’il me semble qu’elle y avait passé des vacances enfant), partant vers 20 ans en quête de ses origines. Je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai trouvé dans ce témoignage qui est avant tout un cri d’amour pour l’Iran. Arrivée à Téhéran, elle tombe amoureuse de cette ville et décide de s’y installer. Son regard semble extrêmement naïf et même si au fil des années elle se rend compte des difficultés de la vie là-bas et des persécutions dont sont victimes les intellectuels, rien ne semble pouvoir entamer son amour inconditionnel pour son pays – qui si je ne l’ai pas vraiment compris – m’a tout de même touchée d’une certaine manière. J’ai trouvé le style assez moyen même si ça se lit plutôt bien. En raison du ton parfois un peu trop débordant d’enthousiasme et d’optimisme face aux difficultés, j’ai eu du mal à m’enthousiasmer autant que je l’aurais voulu pour cette lecture qui est pourtant une mine d’informations et offre souvent un point de vue inattendu. 

J’ai quitté ton pays sans me retourner. Comment dire adieu à une moitié retrouvée de soi-même ? En ce début d’été 2009, la capitale iranienne pleurait ses martyrs et les cachots débordaient. Le temps d’une élection en trompe-l’œil, nous étions passés du vert espoir au rouge sang.

          Saeedeh, Omid, Leïla, Vahid et tous les autres ont moins de 30 ans. Ils viennent de tous les milieux sociaux, nous les avons rencontrés dans tout le pays. Ces jeunes ne cherchent plus à s’opposer à un régime trop fort pour eux, ils ont désormais un seul objectif, un impératif, une obsession : s’aimer. Malgré le régime. Malgré la tradition.

Love story à l'iranienneCette BD me semblait très prometteuse. Je n’avais pas lu de très près le résumé mais le titre est tout de même assez parlant. Elle se présente comme un reportage (c’en est d’ailleurs un). Les auteurs ont rencontré plusieurs jeunes iraniens qui parlent de leur couple ou de leur manière d’envisager les relations amoureuses. Autant de portraits d’un Iran parfois surprenant. Malheureusement, en raison d’une rupture de stock j’ai reçu cette BD en format numérique. Ca ne s’y prête pas du tout. Impossible de voir une planche dans son intégralité et aucune notion de double page. C’est dommage car la mise en page est ici particulièrement travaillée à ce qu’il m’a semblé. Le dessin m’a plutôt plu avec des choses plus ou moins réussies mais une belle variété dans la mise en images en des choses parfois très réussies. En revanche, je n’ai pas trop aimé le côté un peu « catalogue » de cette BD même si ça permet de découvrir des personnalités et des situations très diverses. J’ai trouvé que ça manquait de liant. Dans l’ensemble, j’ai ben aimé cette lecture qui permet de saisir l’ambivalence iranienne en peu de mots et m’a donné envie d’aller voir ce que les auteurs avaient fait d’autre. 

          Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion…

Taxi TéhéranJ’attendais beaucoup de ce documentaire. Je suis assez férue de cinéma iranien que je trouve souvent très fort voire franchement osé. Là je me suis ennuyée durant une large partie du film. Il faut dire que je ne suis pas très à l’aise avec les huis-clos alors la vie vue depuis un taxi, pas simple pour moi surtout si quelques enguelades viennent s’y ajouter. Il y a des réflexions intéressantes sur la vie iranienne avec des personnalités très diverses qui s’expriment. Je me suis d’ailleurs demandé à quel point certaines de ces rencontres avaient été fortuites tant elles semblent trop belles pour être vraies. L’intérêt du fond ne m’a pas empêché d’avoir une profonde envie de profiter du film pour faire une sieste. J’avais envie de m’intéresser à ce qui se disait et pourtant l’ennui me m’engluait de plus en plus à chaque minute qui passait. Fort heureusement, à un moment le réalisateur va chercher sa nièce d’une dizaine d’années à l’école. Elle est incontestablement l’atout charme de ce film. Vive, intelligente, espiègle, elle met un peu d’ambiance dans ce documentaire qui manquait cruellement de rythme. Une petite qui ira loin si elle arrive à passer entre les griffes du régime ! Un film intéressant mais qui m’a accablée d’ennui. A réserver aux plus motivés (ou patients).

          Pour aller plus loin vous pouvez retrouver sur le blog d’autres articles autour du même thème. En cinéma iranienne, je vous invite à découvrir Noces éphémères sur l’étrange tradition du contrat de mariage à durée déterminée, Les chats persans sur la jeunesse underground iranienne, Les enfants de Belleville sur le pardon ou autour du couple Une séparation et Le passé (qui se passe en France pour le second). On s’éloigne on peu avec Terre et cendres d’Atiq Rahimi en littérature afghane. J’ai également vu de lui Syngué Sabour, pierre de patience, tiré de son propre roman. Il semblerait que j’aie oublié de vous en parler mais j’avais beaucoup aimé L’attentat de Yasmina Khadra qui se passe en Israël. Je me rends compte qu’en littérature, je crois que j’ai à peu près fait le tour de mes maigres connaissances, ce qui me donne envie d’approfondir un peu le sujet.