Cinéma

Le temps de quelques jours : une passionnante incursion à l’Abbaye de Bonneval

          L’abbaye de Bonneval se situe dans l’Aveyron, sur le plateau de l’Aubrac. Une trentaine de religieuses de l’ordre Cistercien de la Stricte Observance y vivent loin du monde. Pour la première fois, elles ont accepté d’être suivies par une caméra, celle de Nicolas Gayraud.

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          Je connaissais l’Abbaye de nom pour y être allée cet été. Les religieuses y fabriquent du chocolat qu’elles vendent à l’abbaye et dans les commerces des environs. Nous avions manqué les heures d’ouverture et j’en conservais un petit regret. Quand j’ai vu à peine quelques jours plus tard qu’un documentaire leur était consacré, je n’ai pas pu résister à l’envie d’en savoir plus. Je m’attendais à quelque chose d’assez austère, comme c’et souvent le cas dans ce type de reportage. Les réalisateurs ont également tendance lorsqu’il s’agit de religion à faire dans l’esthétique très contemplative, ce qui me fait toujours un peu peur. Pourtant, bien que j’aie vu nombre de films et documentaires se passant dans des couvents, je dois avouer avoir été assez surprise par le résultat.

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          Visuellement, ce film est d’une grande sobriété. Filmé caméra à l’épaule, il se compose essentiellement de déclarations ou de conversations glanées au fil de la visite du réalisateur dans l’abbaye. Il y a passé (le temps de) quelques jours et le documentaire est découpé jour par jour, ce qui permet de voir l’évolution des relations avec les religieuses, un peu réticentes au début à s’épancher. On est donc plus proche du reportage à la Strip-tease qui nous présente des images brutes et non commentées (ou presque) que du film à proprement parler. Il m’a fallu un peu de temps pour m’y faire, préférant les choses un peu plus lissées – oui oui, je l’admets tout à fait, je peux me montrer très conformiste parfois malgré mes bonnes intentions. Pourtant, j’ai fini par me faire à ce rythme particulier et cet univers qui ne l’est pas moins.

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          J’ai été extrêmement surprise par les discours que tenaient ces religieuses, pour le moins impertinentes. Et j’ai beaucoup ri ! Il y a des réflexions tout à fait savoureuses : une première dit qu’elle est rentrée au couvent dans les années 70 et que c’était un acte purement contestataire, une seconde avoue que tout lui manque et qu’elle rêve de chaussettes Shadoks (je ne vous dit pas ce qu’elle veut voir inscrit dessus, vous ne me croiriez pas !), une autre encore refuse d’aller faire le piquer aux Vêpres. Je m’attendais à tout sauf à un discours aussi libéré et décomplexé. Et je ne vous parle pas du chocolatier athée ! Ce qui m’a étonnée, c’est la quasi-absence de discours religieux. Elles parlent de liberté, d’indépendance, de vouloir échapper au monde et ses problèmes mais très peu de Dieu. Un aspect qui m’a presque choquée tant je le trouve surprenant voire incongru. En tout, si ce documentaire est passé largement inaperçu, il ne laisse pas indifférent et mérite largement d’être vu tant il bouscule les clichés. Sautez dessus si vous en avez l’occasion, il m’a fait passer un très bon moment.

Expositions

Les Mayas s’exposent au Quai Branly

          Le musée du Quai Branly propose toujours des expositions très intéressantes, cette fois, ce sont les mayas qui sont à l’honneur. J’ai toujours été fascinée par les civilisations qui ont érigé des pyramides alors qu’on sortait à peine de nos cavernes (j’exagère à peine). Et puis quand notre enfance a été bercée par Les cités d’or, on a forcément une certaine attirance pour les civilisations précolombiennes même si mes connaissances en la matière sont pour le moins sommaires et que j’ai une fâcheuse tendance à tout mélanger. C’était donc l’occasion d’améliorer un peu ma culture ma culture générale.

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          Nous avons fait cette exposition après avoir passé 2h à arpenter l’autre accrochage du moment, Tatoueurs Tatoués. Je dois avouer que je commençais à avoir mal aux pieds, et au dos, et à être fatiguée. Je n’étais donc pas dans des conditions optimales pour en profiter et je savais que je la ferai un eu au pas de course, quitte à revenir la voir plus tard si elle me plaisait vraiment. Je dois avouer que je n’ai pas été emballée-emballée… Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas lu touuus les panneaux mais seulement celui d’introductions puis ceux qui expliquaient des objets qui m’intriguaient ou qui concernaient des aspects qui me parlent plus que les autres comme l’écriture par exemple.

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          Je dois avouer que je n’ai pas trop accroché avec cette exposition. La fatigue et le temps déjà passé dans le musée ce jour-là sont doute en partie responsables mais tout de même, je n’ai pas été aussi subjuguée que je l’espérais. Il y a énormément de poteries dans cet accrochage. Certaines sont de toute beauté, extrêmement bien conservées avec des décors très fins et des couleurs incroyables. Toutefois, leur grand nombre finit par lasser un peu. Il  y a également beaucoup de statuettes, ce qui ne me passionne guère. Le résultat est assez monotone. Certaines pièces sont toutefois splendides, comme certains masques de jade. Malheureusement, ceux-ci apparaissant à la fin, je commençais à être moins disponible, d’autant plus que les gens se ruaient un peu dessus.

Écuelle à couvercle modelé zoomorphe

          Malgré des aspects intéressants et quelques beaux objets vraiment magnifiques, j’ai eu du mal à rentrer dans cette exposition. Je suis assez fascinée par la finesse des sculptures et l’ingéniosité des mayas sur bien des points. Il est également intéressant de voir à quel point cette civilisation était évoluée, à travers son calendrier, ses jeux ou son écriture. Pourtant, j’ai eu le plus grand mal à me représenter leur mode de vie et ça m’a franchement manqué pour apprécier pleinement ce que je voyais. Je crois que j’aurais aimé plus de photos replaçant les objets dans leur contexte ou d’explications sur l’utilisation concrète des objets aux quotidien afin de mieux appréhender cette culture si riche et mystérieuse. Peut-être qu’en refaisant l’exposition avec plus de temps (et moins de monde), je me ferai une idée plus précise du mode de vie maya. Un sujet passionnant et de belles pièces pour une exposition qui m’a un peu laissée sur ma faim.

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Mayas

Musée du Quai Branly

37 quai Branly – 75007 Paris

Tous les jours sauf le lundi de 11h à 19 ou 21h

Plein tarif, 9€ exposition seule, 11€ avec les collections permanentes

Divers

Octobre, le bilan

          En octobre, j’ai repris le travail après un long, long arrêt. Même si ça s’est plutôt bien passé, j’ai eu un peu de mal à retrouver le rythme et à faire autant de choses que j’aurais voulu. Comme si ça ne suffisait pas, c’est le moment que j’ai choisi pour  m’attaquer aux romans les plus longs de la rentrée littéraire que j’ai pu trouve. au final, seulement 4 livres lus, dont deux gros pavés qui m’ont bien occupée, Terminus radieux, d’Antoine Volodine et Hérétiques de Leonardo Padura. Dans des styles très différents, deux romans très denses et parfois déroutants. J’ai aussi bien aimé Tristesse de la Terre d’Eric Vuillards. De bons choix pour cette rentrée littéraire décidément réjouissante.

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          Côté cinéma, seulement 4 films vus, que j’ai tous beaucoup aimés. Saint-LaurentGeronimo, Le temps de quelques jours et Mommy.  Des choses très différentes donc et – mis à part le documentaire – des films assez esthétisants. Je n’apprécie pas toujours ça mais ç’a été un carton plein. On va donc dire que j’ai préféré la qualité à la quantité. Beaucoup de films me tentent en ce moment, j’espère que je ne vais pas trop en rater.

          Pour les autres sorties, j’ai vu 3 pièces de théâtre, toutes très bien. J’ai adoré les décors de La colère du Tigre, au Théâtre Montparnasse et je suis tombée amoureuse de La Cartoucherie. Le Macbeth d’Ariane Mnouchkine m’a bouleversée, il restera sans doute pour moi une référence pendant de très très longtemps. Dans un tout autre style, Combat au Lucernaire m’a agréablement surprise. J’ai également vu 2 expositions après une longue période de disette, toutes deux au Quai Branly. Tatoueurs Tatoués est franchement intéressante. Les plus observateurs noteront également que j’ai recommencé à prendre pas mal de retard dans mes chroniques… En dehors de ça, une balade au Bois de Vincennes, un super week-end à Lyon. Beaucoup de belles rencontres et même du soleil.

Et vous, qu’avez-vous lu/vu ce mois-ci ?

Actualité

L’actu de la semaine – 01/11

Actu

– Des drones survolent des centrales nucléaires laissant tout le monde perplexe. Les autorités ne connaissent ni les responsables ni leurs intentions. Le mystère reste entier.

Rémi Fraisse, un jeune militant écologiste opposant au barrage de Sivens, dans le Tarn, a été tué par une grenade offensive. Les forces de l’ordre sont montrées du doigt. Les manifestations de soutien se multiplient, tournant souvent à l’affrontement. Une semaine après, la tension ne cesse de monter.

Les lycéennes enlevées l’année dernière au Nigéria auraient été converties à l’islam et mariées de force. Cette annonce de Boko Haram fait suite à la rumeur de leur libération prochaine.

La réforme territoriale a été adoptée par le Sénat. Il est question de 15 grandes régions. Les départements pourraient éventuellement quitter leur région et choisir une région limitrophe s’ils le souhaitent.

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Sorties ciné

De l’autre côté du mur : à la mort de son fiancé, Nelly décide de fuir la RDA avec son fils, la jeune femme cherche un nouveau départ mais il n’est pas si simple d’échapper à son passé. La bande-annonce me tentait bien alors pourquoi pas ?

Une nouvelle amie : Claire fait une dépression au décès de sa meilleure amie. Quand elle découvre le secret du mari de celle-ci, elle va retrouver le goût de vivre. Le dernier François Ozon, ça ne se rate pas !

 Interstellar : alors que la Terre court droit à sa perte, un groupes d’hommes part explorer l’espace pour tenter de la sauver. Je ne suis vraiment pas fan du tout des films du genre mais pour ma défense, il n’y a pas grand chose à voir cette semaine et il y a Matthew McConaughey dedans.

Eventuellement aussi A girl at my door, un film dans lequel une jeune commissaire croise la route d’une jeune fille étrange qui un soir va venir se réfugier chez elle. Des relations troubles pour un film qui semble prometteur.

Culture

– Le musée Picasso a rouvert ses portes au cœur de Paris. J’avais oublié de vous en parler la semaine dernière, voilà, c’est chose faite.

– Le mois de la photo se déroule à Paris en ce moment même avec de nombreuses expositions et l’ouverture d’une galerie d’exposition permanente consacrée à la photographie au Centre Pompidou.

– C’est cette semaine que seront dévoilés les lauréats de la plupart des grands prix littéraires. En attendant le verdict, voici la liste des derniers auteurs en lice.

Photo

Un automne à Paris

 

 

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Il y a deux semaines, avec ma maman, nous sommes allées faire une balade ensoleillée au Bois de Vincennes en sortant de la Cartoucherie où nous avons vu le merveilleux Macbeth d’Ariane Mouchkine dont je vous parlerai bientôt. L’occasion de profiter des premières couleurs automnales.

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Nous avons fini cette journée par un passage par les quais de Seine et Notre-Dame, que j’apprécie toujours autant, surtout de nuit. Le parvis est généralement très animé et j’aime bien m’y arrêter quand je suis dans les parages.

 

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