Divers

Octobre, le bilan

          Un mois d’octobre un peu compliqué histoire de changer. Pas mal de choses faites au final mais c’a été un peu laborieux. Seulement 5 livres lus alors que je n’avais pas grand chose d’autre à faire que de bouquiner toute la journée. J’ai beaucoup ri avec Des 1001 façons de quitter la Moldavie de Vladimir Lortchenkov. Dans un tout autre style, j’ai également beaucoup aimé Carthage de Joyce Carol Oates.

          Bilan pas terrible non plus côté cinéma avec 4 films vus en salles. J’ai particulièrement apprécié Much loved et j’ai trouvé le sujet de Vierge sous serment intéressant. Une douzaine de films vus à la maison également avec à peu près que des déceptions. Quelques séries en revanche, rien de bien faramineux, de vieilles séries et le retour notable tout de même de Scandal et The affair.

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          Pour le reste, les affaires reprennent doucement. 1 concert (Emilie Loizeau, hommage à Lou Reed, très très bien), 1 expo (Fragonard amoureux), 1 visite au Petit Palais, un ballet (Millepied, Robbins, Balanchine) et quelques restos qui ne resteront pas dans les anales. Je me suis également un peu remise à cuisiner même si j’ai connu plus grands succès en la matière. J’ai également profité des derniers jours d’octobre pour aller admirer les couleurs automnales dans mes Pyrénées natales : un vrai bonheur.

Et vous, qu’avez-vous fait ce mois-ci ?

Expositions

Fragonard amoureux au musée du Luxembourg

          Le musée du Luxembourg à Paris propose cet automne une exposition consacrée à Fragonard, peintre emblématique du XVIII° s. Le sous-titre « Galant et Libertin » en dit long sur le programme. Et en effet, c’est l’amour qui est à l’honneur, avec des mœurs plus ou moins légères peintes par l’artiste. Découverte. 

Fragonard amoureux galant et libertin

          J’aime beaucoup Fragonard et j’ai été ravie de voir qu’une exposition lui était consacrée cet automne au musée du Luxembourg. Je ne connaissais rien de sa vie et c’est vrai que j’avais surtout en tête ses toiles les plus connues. Je suis loin d’être une spécialiste de l’artiste et c’était l’occasion d’en apprendre un peu plus sur lui et de découvrir des toiles moins célèbres. Inutile de dire que j’ai été conquise même s’il y a forcément des choses que j’ai aimées plus que d’autres. Sans surprise, il y avait un peu trop de monde pour apprécier cet accrochage à sa juste valeur. Paris, les musées, les expos, toujours la même histoire. Ca m’a un peu empêchée d’en profiter pleinement, j’aurais sans doute flâné un peu plus s’il n’y avait pas eu foule. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’évite les expositions depuis quelques temps. Je n’avais pas pris l’audioguide mais j’ai trouvé les panneaux explicatifs suffisants – et assez intéressants dans l’ensemble. Ils permettent une première approche qui ne noie pas trop sous les informations tout en permettant d’appréhender les grandes lignes de la période.

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          Il semblerait que l’artiste ait eu une vie plutôt rangée, bien qu’il ait consacré une bonne partie de sa carrière aux peintures libertines qui l’ont rendu célèbre. Je dois d’ailleurs avouer que c’est la partie de son travail que j’ai préférée, et de loin ! Il y a dans ses toiles un mélange de frâicheur et de malice que je trouve pour le moins séduisant. Cette période de sa peinture est plutôt osée pour son temps (quoi que le XVIII° a été très libéré avant le retour de la morale puritaine) même s’il est un peu revenu dessus à la fin de sa vie pour se tourner vers une peinture de l’amour autrement plus niaise, à mon grand regret. Si beaucoup de toiles de Fragonard sont plutôt classiques dans la réalisation, certaines dénotent toutefois d’une certaine modernité dans le style. J’aime la douceur qui se dégage de ces toiles et qui est à mes yeux le fil conducteur de son travail. J’aurais aimé une exposition un peu plus étoffée mais elle m’a donné envie de me replonger dans la littérature libertine du XVIII° s. (Les liaisons dangereuses, souvent illustrées pas un tableau de Fragonard, est un de mes romans favoris). Une exposition intéressante mais un peu courte à mon goût qui a le mérite de mettre en avant une peinture intemporelle, délicate et impertinente à la fois. 

Fragonnard, l'instant désiré

Fragonard amoureux. Galant et libertin

Musée du Luxembourg

19 rue de Vaugirard

75006 Paris

Du 16 septembre 2015 au 24 janvier 2016

Ouvert tous les jours, 12€

Cinéma·Mes lectures

Histoires de croque-morts

          Je sais, ce titre est bizarre, mais on fait les rapprochements qu’on peut. Et comme le sujet est revenu sur le tapis deux fois de suite, hop, voilà, un article.

Fun home : une tragicomédie familiale, d’Alison Bechde

 

          Bruce Bechdel enseigne l’anglais dans une petite ville de Pennsylvanie tout en dirigeant le  » Fun Home « , le salon funéraire familial. Sa sensibilité, sa passion des livres, son raffinement s’expriment tant dans l’embaumement des corps que dans la restauration obsessionnelle de sa maison et la dictature esthétique à laquelle il soumet sa femme et ses trois enfants. La jeunesse d’Alison, sa fille, est envahie par l’ombre de ce père aux secrets brûlants, ogre des sentiments à la fois distant et infiniment proche.

51s0XKge3yL._SX346_BO1,204,203,200_Ca faisait un moment que je lorgnais sur ce livre sur l’étal de ma librairie et je dois avouer que j’ai été assez surprise, je n’avais pas dû lire attentivement la quatrième de couverture. J’avais retenu l’aspect tragi-comédie familiale (c’est le sous-titre en même temps me direz-vous) mais pas du tout que le père gérait un funérarium. Mais comme j’aime bien les surprises… Et puis il faut bien admettre que ce n’est pas commun au moins ! J’ai beaucoup aimé cette BD qui pourtant était assez différente de mes attentes. J’ai de suite accroché avec le dessin, au crayon, en noir et blanc. Côté écriture, c’est tout aussi bien. J’ai beaucoup aimé l’humour grinçant de l’auteur. Elle parle de sa famille avec un recul et une ironie tout à fait délectables. Il faut dire qu’il y a de quoi raconter, elle n’a pas exactement eu une enfance « classique ». Elle a une manière de parler d’elle-même assez savoureuse. Il se dégage pourtant une certaine tristesse de ce roman graphique plus sérieux qu’il n’y paraît. Une très bonne lecture qui vous rassurera sur votre famille.

Mes frères et moi nous ne pouvions pas rivaliser avec les lampes astrales, les girandoles et les chaises Hepplewhite. Elles étaient parfaites. J’en vins à détester sa façon de traiter ses meubles comme des enfants et ses enfants comme des meubles. Très tôt, une préférence marquée pour l’épuré et le fonctionnel apparut chez moi.

Une belle fin, d’Uberto Pasolini

 

          Modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, John May se passionne pour son travail. Quand une personne décède sans famille connue, c’est à lui de retrouver des proches. Malgré sa bonne volonté, il est toujours seul aux funérailles, à rédiger méticuleusement les éloges des disparus… Jusqu’au jour où atterrit sur son bureau un dossier qui va bouleverser sa vie : celui de Billy Stoke, son propre voisin.

402409Ce film me tentait bien. Je ne sais pas trop pourquoi, peut-être en raison de ces bonnes critiques. Peut-être aussi parce que je crois que je l’associais un peu à Joyeuses funérailles dont l’humour grinçant m’avait séduite. Je m’attendais à quelque chose de plus… drôle. Allez donc savoir pourquoi ! Ce film est au contraire très sombre. Très sobre aussi. C’est étrange, je me suis ennuyée une bonne partie du temps et pourtant je l’ai trouvé intéressant. Le personnage principal est terne, un petit fonctionnaire à la vie bien rangée. La réalisation est un peu à son image : irréprochable mais franchement tristounette. Un film gris et triste mais qui soulève pourtant des questions intéressantes. Il est remarquablement interprété par Eddie Marsan qui lui donne une certaine profondeur dont il aurait sinon sans doute un peu manqué. Malgré son côté un peu trop sage et morose, ce film s’avère émouvant par moments. Si la forme manque de fantaisie, il n’y a pas grand chose à redire sur le fond. Un beau film sur la solitude.

Cinéma

Vivre la cité : deux films sur l’intégration

Patries, de Cheyenne Carron

 

          Sébastien et ses parents viennent d’emménager en banlieue parisienne. A son arrivée, il essaie de se faire accepter par un groupe de jeunes issus de l’immigration Africaine. Malgré le rejet qu’il subit, une amitié complexe se noue avec Pierre, un jeune Camerounais en quête d’identité.

patries-cheyenne-carronLe sujet de ce film me tentait bien même si je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’ai extrêmement surprise par le choix du noir et blanc pour lequel j’ai un parti-pris clairement positif. Ca commençait bien. La première scène est assez déroutante, et ce sentiment de ne pas bien comprendre les tenants et les aboutissants du film a perduré jusqu’à la fin. Le film traite d’intégration, un sujet brûlant. Un petit blanc qui peine à s’intégrer dans une cité craignos, ceux qui le rejettent qui peinent eux-même à s’intégrer en France, le problème est complexe et les préjugés nombreux. Le noir et blanc vient appuyer cette fracture entre noirs et blanc d’une manière assez simpliste qui m’a à vrai dire un peu choquée quand j’en ai pris conscience. Ca fonctionne mais ça manque de subtilité. Certains le savent déjà, je suis très sensible aux engueulades au cinéma qui m’angoissent fortement. Si ici ça ne gueule pas à proprement parler (enfin pas trop), il y a quand même beaucoup de moments où le ton monte et les longs « débats » inutiles ne manquent pas. Autant dire que ça n’a pas toujours été simple pour moi… En revanche, je tiens à signaler la très belle bande-son, une des grandes réussites du film. Les acteurs aussi sont franchement bons, rien à dire de ce côté-là. La question des racines et de l’intégration est très intéressante mais j’ai trouvé que le propos manquait de clarté. Un film au sujet fort qui comporte de très belles scènes mais dont le fond du propos m’a un peu échappé.

Fatima, de Philippe Faucon

 

          Fatima vit seule avec ses deux filles : Souad, 15 ans, adolescente en révolte, et Nesrine, 18 ans, qui commence des études de médecine. Fatima maîtrise mal le français et le vit comme une frustration dans ses rapports quotidiens avec ses filles. Toutes deux sont sa fierté, son moteur, son inquiétude aussi. Afin de leur offrir le meilleur avenir possible, Fatima travaille comme femme de ménage avec des horaires décalés. Un jour, elle chute dans un escalier. En arrêt de travail, Fatima se met à écrire en arabe ce qu’il ne lui a pas été possible de dire jusque-là en français à ses filles.

Fatima affiche film

J’avais entendu du dire du bien de ce film et j’étais assez curieuse de voir ce que ça donnait. Je dois quand même admettre que je craignais un peu les engueulades familiales que laissait supposer le synopsis. Ce n’est pas si terrible que je le craignais. Il y a certes quelques moments de tension mais dans l’ensemble ça reste plutôt serein. Pourtant, même si je trouvais que le sujet de l’intégration à travers une famille était intéressant, je n’ai été que moyennement convaincue. J’ai trouvé le jeu d’acteur assez inégal et parfois agaçant. La réalisation est classique et très minimaliste, ça se rapprocherait presque du documentaire, avec peu d’acteurs et une histoire d’un grand réalisme, ce qui n’est pas pour me déplaire, on se sent ainsi plus proches des personnages. Malheureusement, j’ai trouvé que ça manquait un peu d’émotion (je sais, je suis sans cœur), j’ai eu un peu de mal à me passionner pour l’histoire de cette famille qui finalement m’a semblé assez banale. J’aurais aimé que la place de l’écriture dans la vie de la mère soit plus mise en avant. La sobriété, c’est bien, mais là c’est un peu trop à mon goût. Cela dit, le film demeure sympathique, j’ai juste trouvé qu’il manquait un peu de corps. Ca m’a donné envie de lire un des livres écrits par la femme de ménage qui a inspiré ce scénario. Une petite déception, je m’attendais à une histoire plus forte, la faute sans doute à une réalisation un peu trop sage. Dommage.

Jeunesse·Mes lectures

Quelques BD jeunesse

Pas mal de BD jeunesse lue dernièrement (ou moins dernièrement d’ailleurs) dont je ne vous ai pas parlé, essentiellement parce qu’il s’agit en grande majorité de suite de séries et que je n’avais pas grand chose à ajouter à mes avis précédents. Voici donc un petit résumé rapide de ces lectures.

CVT_Chimeres1887-tome-3_1341Chimère(s) 1887, t3 La furie de Saint-Lazare

J’avais bien aimé les deux premiers tomes même s’ils m’avaient un peu laissée sur ma faim (mes critiques ici et ). Les graphismes sont très beaux mais l’histoire est un peu longue à démarrer. Je trouve le personnage principal très sympathique et l’univers des maisons closes ne manque pas de piquant. J’ai retrouvé dans ce tome 3 ce que j’avais aimé dans les deux premiers et l’histoire prend peu à peu de l’ampleur même si j’avoue que j’ai trouvé par moment qu’elle s’écartait un peu de son sujet avec une trame policière assez compliquée. J’attends de lire le tome 4 pour voir ce qu’il advient de la petite Chimère qui a bien grandi. Affaire à suivre.

Saiina, t1 MémoglioCouv_35390

Voilà une BD qui m’a pas mal déçue. Je m’attendais à quelque chose qui mette en scène les arts martiaux avec des dessins un peu style manga. Pour les dessins c’est plus ou moins ça, même s’ils m’ont moyennement convaincue, ils sont un peu « plats ». Du côté de l’histoire, je n’ai pas du tout accroché. Les monstres que l’héroïne tue à tout va genre jeu video m’ont assez peu inspirée. J’avoue que j’ai beaucoup de mal avec ce type d’univers. J’ai peiné à m’intéresser à l’histoire vengeresse de notre jeune héroïne. Une BD ultra violente au scénario assez simpliste qui ne m’a pas emballée.

9782205063578Pico Bogue, t3 Question d’équilibre

J’avais beaucoup aimé les premiers tomes de Pico Bogue, qui avait été un gros coup de cœur (mes critiques des tomes 1 et 2). C’est un humour fin et plein de tendresse. On se délecte de ses bêtises et on retrouve dans ce troisième tome la recette gagnante des deux premiers. J’aime beaucoup les dessins à l’aquarelle qui donnent une certaine douceur à l’ensemble. Je ne me lasse pas des aventures de ce petit garçon espiègle. La bonne nouvelle c’est que je n’ai pas encore tout lu !

Mortelle Adèle, t7 Pas de pitié pour les nazebroques et 8 Parents à vendre51zSiXWUAQL._AC_UL320_SR240,320_

Mortelle Adèle est également un de mes gros coups de cœur – ma critique du tome que j’ai préféré est à découvrir ici. L’humour est un peu moins fin que pour Pico Bogue mais cette gamine est une vraie tornade et elle est tellement attachante ! Le dessin est très coloré et assez réussi. J’adore son humour caustique : un peu de mauvais esprit ne fait pas de mal. Le tome 7 se passe à l’extérieur et si je l’ai trouvé très drôle il n’est pourtant pas mon favori, je préfère quand elle martyrise ses parents. Ca tombe bien, ils reviennent dans le tome 8.  Une série pleine d’humour que j’apprécie toujours autant.

9782203089754_1_75_1La mythologue en BD, t2 Le retour à Ithaque

J’avais beaucoup aimé le premier tome des aventures d’Ulysse. Le dessin ne me plaisait pas plus que ça au début mais j’ai fini par m’habituer. J’ai retrouvé dans ce second tome la recette gagnante du premier. C’est une manière ludique de découvrir la mythologie et commencer par l’Odyssée m’a semblé très judicieux. Les aventures d’Ulysse sont un vrai régal. J’ai adoré les redécouvrir dans ces pages. Une collection pour le moins prometteuse.