Mes lectures

BD et romans graphiques

Tyler cross, Fabien Nury et Brüno

Tyler Cross vient de braquer 17 kilos d’héroïne pure appartenant à la Mafia. Il a 20 dollars en poche, un fusil à pompe, un Colt à la ceinture, et il est à pied, seul, au fin fond du Texas.

Tyler CrossUne des excellentes découvertes BD de ces derniers mois. J’ai gagné cette BD il y a quelques temps et je ne savais pas trop de quoi il s’agissait. Le dessin ne m’attirait pas plus que ça et j’ai donc mis pas mal de temps à me mettre à cette lecture. Je suis pourtant vite tombée sous le charme de ce personnage haut en couleur. Je m’attendais à un esprit western mais finalement ça sent plus la mafia version ensablée. Le dessin n’est pas exactement mon genre (je reste très très classique, je le répète) mais les traits taillés à la serpe vont parfaitement au personnage et à l’ambiance générale. C’est particulièrement réussi. Quant à l’histoire, elle nous amène de surprise en surprise. Les rebondissements s’enchaînent, ça va loin, très loin. C’est tout sauf prévisible et cette débauche de violence est absolument jouissive et certaines scènes sont tout simplement inoubliables. Un univers visuellement très marqué, un personnage fort et une histoire efficace pour cette excellente BD qui a été un gros coup de cœur.

Tyler Cross tome 2 : Angola, Fabien Nury et Brüno

Un coup sans risque se transforme en descente aux enfers pour Tyler Cross. Un enfer qui porte le doux nom d' »Angola », la plus grande prison de haute sécurité des États-Unis. Si Tyler sort un jour de cet enfer carcéral, ce ne sera pas pour bonne conduite.

Tyler Cross AngolaJ’attendais avec impatience la sortie de ce deuxième tome, après mon coup de foudre pour le premier. J’ai été heureuse de retrouver ce personnage complètement barré et l’univers graphique très particulier de cette série. Pourtant, j’ai été un peu déçue par cette suite (comme souvent). Pas que je n’aie pas aimé mais ce n’est pas aussi fou que le premier tome. Il manque le plaisir de la découverte, certes, mais pas que, il y manque la folie de précédent. L’histoire est classique : Tyler Cross va en prison après un braquage qui tourne mal. Il veut s’enfuir. Sur place, d’anciens ennemis veulent lui faire la peau : il va devoir lutter pour sa survie. Scénario simple et terriblement efficace mais qui manque un peu de surprises. On est passé du héros poissard au héros tout court et quelque part c’est un peu dommage, ça perd de son charme. Ca n’en demeure pas moins une très bonne BD, si on arrive à faire un peu abstraction des attentes démesurées créées par la première. Nouvelle histoire, nouveau ton, ça fonctionne moins bien, il n’y a pas cet effet coup de poing dans l’estomac, mais l’ensemble tient la route, et plutôt très bien même. Il n’y a plus qu’à attendre le tome 3.

Biotope 1 et 2, Appollo et Brüno

Trois flics sont envoyés sur Biotope pour enquêter sur un assassinat. Une fois arrivés à la base, ils sont accueillis par des scientifiques peu coopératifs et ont interdiction de sortir pour ne pas risquer de modifier l’écosystème. Commence alors une enquête difficile au milieu d’une base hostile.

biotope-1-couvAprès Tyler Cross, on retrouve les dessins de Brüno dans Biotope. Le style graphique est moins « sec » que dans la BD susnommée mais si à première vue il m’attirait plus, j’ai finalement trouvé que ça fonctionnait moins bien, il ne parvient pas à créer un univers aussi fort. Du côté du scénario, j’ai moyennement accroché. Les personnages ne sont pas vraiment forts ni particulièrement attachants et l’histoire est peut-être un peu trop survolée. Les tomes fonctionnent ensemble et ne sont pas dissociables. Cette enquête policière sur fond d’écologie et de science-fiction part un peu dans tous les sens : il y a du très bon et du un peu moins moins bon. Dans l’ensemble j’ai plutôt bien aimé cet univers déjanté mais je ne pense pas que ce soit une lecture marquante malgré un humour assez corrosif. Sans être un gros coup de cœur, cette BD m’a fait passer un sympathique moment.

Cases blanches, Sylvain Runberg et Olivier Martin

Vincent est un auteur de BD en panne d’inspiration depuis plusieurs années après l’énorme succès qu’a eu le tome 1 de sa série. Pressé par son éditeur qui veut voir l’album terminé, attendu par ses nombreux fans, délaissé par son scénariste qui n’en peut plus de ses blocages, Vincent est désorienté.

Cases blanchesJe n’attendais pas grand chose de ce roman graphique dont je ne savais d’ailleurs rien et j’ai bien traîné des pieds pour la lire. Finalement ç’a été une bonne surprise. « Cases blanches » fait référence à la peur de la page blanche, transposée ici au milieu de la BD. C’est l’histoire d’un auteur de BD justement, qui après un gros succès est en total manque d’inspiration et n’arrive pas à livrer les dessins qu’il a promis et que tout le monde attend avec impatience. C’est l’histoire de ses mensonges, de ses doutes. J’ai bien accroché avec cet univers somme toute assez classique mais qui aborde un sujet intéressant. L’histoire m’a de suite embarquée et j’ai pris un grand plaisir à cette lecture, à la fois parce que l’univers dans lequel elle se déroule me plaisait bien mais aussi parce que j’ai trouvé ce personnage un peu paumé très sympathique. Un roman graphique avec lequel j’ai beaucoup accroché, tant visuellement que par son histoire, une très bonne surprise.

Le retour de la Bondrée, Aimée de Jongh

C’est l’histoire de Simon, un jeune libraire au bord de la faillite. Marqué par un événement dramatique, il va devoir faire face à ses souvenirs pour trouver une issue.

Le retour de la bondréeLe résumé de ce roman graphique m’intriguait vraiment. Le personnage principal est un libraire, ça a suffit à attirer mon attention (je sais, je suis prévisible). Pour le reste, ça me semblait assez mystérieux. Je dois avouer que je ne sais pas trop que penser de cette lecture. J’ai bien aimé l’univers graphique, assez sombre et assez sobre. L’histoire m’a sans doute un peu laissée sur ma faim. Etant donné ce que j’en avais entendu dire, je m’attendais à quelque chose de très original et décale, finalement, l’histoire d’un libraire dépressif qui met la clef sous la porte et  se remet en question n’est pas franchement révolutionnaire. A défaut d’être vraiment surprenante, l’histoire pose quand même des questions intéressantes et fonctionne assez bien. Si je n’ai trouvé dans ce roman graphique ce que j’attendais, j’ai quand même été assez séduite par cet univers tourmenté où la psychologie des personnages est poussée. Une belle découverte.

Cinéma·Mes lectures

A la découverte du Moyen-Orient

          François Villon croupit en prison en attendant son exécution quand il reçoit la visite d’un émissaire du roi. Méfiant, il accepte une mission secrète qui le mènera jusqu’aux entrailles de Jérusalem, dans un vaste jeu d’alliances et de complots qui met en marche les forces de l’esprit contre la toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l’humanisme et la liberté.

La confrérie des chasseurs de livres_Quand on m’a offert ce livre, je ne connaissais pas du tout l’auteur mais j’ai de suite été séduite par le titre et la quatrième de couverture. L’auteur imagine ce qu’à fait le poète François Villon après sa disparition et je dois avouer que son arrivée dans une confrérie de chasseurs de livres et son périple au Moyen-Orient à la recherche de manuscrits rares ne pouvaient que me mettre l’eau à la bouche. Si je n’ai pas été déçue par l’histoire, j’ai en revanche eu beaucoup de mal avec le style. Je l’ai trouvé particulièrement pompeux et d’un parfait manque de naturel, dans la plus pure tradition universitaire : chiant à souhait ! A tel point que j’ai à un moment songé à interrompre ma lecture tant j’y prenais peu de plaisir. J’ai continué par intérêt pour l’histoire et j’ai plutôt bien fait. C’est très riche, entre politique, quête spirituelle et aventure. Malheureusement, ça manque cruellement de rythme. Tous les éléments du roman d’aventure sont présents, il y avait de quoi faire un roman palpitant (et non moins intéressant) mais le style figé dessert totalement l’histoire. C’es vraiment dommage et qui plus est extrêmement frustrant. On s’habitue un peu mais de là à y prendre du plaisir… Un bon roman sur le fond et les idées mais qui manque cruellement de vie.

A qui appartient donc la Terre Sainte ? A celui qui la possède ? A celui qui l’occupe ? A celui qui l’aime ? Si elle est vraiment aussi sainte qu’on le dit, une telle terre ne peut être conquise par les armes. Elle ne peut être possession, domaine ou encore territoire.

          Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile.

L'arabe du futurJ’avais beaucoup entendu parler de cette BD qui avait fait grand bruit à sa sortie. On m’en avait vanté l’humour corrosif. J’avais résisté lors de la sortie du tome 1 mais l’arrivée du tome 2 a eu raison de ma volonté. Je dois avouer avoir été un peu déçue (mais notez quand même qu’après avoir lu le 1°, j’ai acheté la suite, sans doute mon problème non résolu avec les séries incomplètes y est-il pour quelque chose). Je n’accroche pas trop avec ce type de dessin mais finalement, je me suis plus ou moins habituée au bout de quelques pages. C’est certes drôle mais je ne sais pas, peut-être pas assez cynique à mon goût. J’ai aussi été un peu gênée par le fait qu’une grande partie de l’humour de ce texte repose sur le personnage du père, lâche, hypocrite et au final assez antipathique – même si je dois bien avouer qu’il mérite le détour – et sur le côté souffre-douleur de l’auteur – ce qui me met toujours très mal à l’aise (ah, les souvenirs d’école !). J’ai eu l’impression de ne pas toujours saisir l’humour de ce texte, pourtant bien présent, me donnant l’impression que la distance que prend l’auteur avec son histoire n’est pas celle qui me convient. Mais si j’ai décidé de lire la suite après une légère hésitation, c’est surtout parce que si je n’ai pas ri autant que je l’aurais cru, j’ai trouvé l’histoire intéressante dans le fond et assez instructive sur les mœurs des pays visités. Finalement, c’est cet aspect-là que j’ai préféré. Il y a une belle unité entre les deux tomes et on peut espérer que le(s) prochain(s) soi(en)t à l’avenant. Un roman graphique assez amusant même si je m’attendais à quelque chose de plus franchement drôle mais qui est intéressant par son aspect culturel. Je lirai probablement la suite pour voir comment ça évolue. 

Un homme n’a pas de racines , il a des pied.

          Sous la forme d’une lettre posthume à son grand-père, entremêlée de récits plus proches du reportage, Delphine Minoui raconte ses années iraniennes, de 1997 à 2009. Au fil de cette missive où passé et présent s’entrechoquent, la journaliste franco-iranienne porte un regard neuf et subtil sur son pays d’origine, à la fois rêvé et redouté, tiraillé entre ouverture et repli sur lui-même.

Je vous écris de TéhéranJ’ai acheté ce livre dans une librairie spécialisée dans le monde iranien située rue du Ruisseau à Paris dans le 18° arrondissement. Il m’a fallu les conseils du libraire, n’y connaissant absolument rien en littérature iranienne et perse. J’en suis repartie avec un roman iranien d’une auteur apparemment assez connue (que je n’ai pas encore lu) et ce livre-ci qui venait de sortir et qui est plutôt une vison de l’Iran par une journaliste française. Je me suis dit que ça pouvait être intéressant. La journaliste a des origines iraniennes mais elle semble avoir découvert Téhéran sur le tard (même s’il me semble qu’elle y avait passé des vacances enfant), partant vers 20 ans en quête de ses origines. Je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai trouvé dans ce témoignage qui est avant tout un cri d’amour pour l’Iran. Arrivée à Téhéran, elle tombe amoureuse de cette ville et décide de s’y installer. Son regard semble extrêmement naïf et même si au fil des années elle se rend compte des difficultés de la vie là-bas et des persécutions dont sont victimes les intellectuels, rien ne semble pouvoir entamer son amour inconditionnel pour son pays – qui si je ne l’ai pas vraiment compris – m’a tout de même touchée d’une certaine manière. J’ai trouvé le style assez moyen même si ça se lit plutôt bien. En raison du ton parfois un peu trop débordant d’enthousiasme et d’optimisme face aux difficultés, j’ai eu du mal à m’enthousiasmer autant que je l’aurais voulu pour cette lecture qui est pourtant une mine d’informations et offre souvent un point de vue inattendu. 

J’ai quitté ton pays sans me retourner. Comment dire adieu à une moitié retrouvée de soi-même ? En ce début d’été 2009, la capitale iranienne pleurait ses martyrs et les cachots débordaient. Le temps d’une élection en trompe-l’œil, nous étions passés du vert espoir au rouge sang.

          Saeedeh, Omid, Leïla, Vahid et tous les autres ont moins de 30 ans. Ils viennent de tous les milieux sociaux, nous les avons rencontrés dans tout le pays. Ces jeunes ne cherchent plus à s’opposer à un régime trop fort pour eux, ils ont désormais un seul objectif, un impératif, une obsession : s’aimer. Malgré le régime. Malgré la tradition.

Love story à l'iranienneCette BD me semblait très prometteuse. Je n’avais pas lu de très près le résumé mais le titre est tout de même assez parlant. Elle se présente comme un reportage (c’en est d’ailleurs un). Les auteurs ont rencontré plusieurs jeunes iraniens qui parlent de leur couple ou de leur manière d’envisager les relations amoureuses. Autant de portraits d’un Iran parfois surprenant. Malheureusement, en raison d’une rupture de stock j’ai reçu cette BD en format numérique. Ca ne s’y prête pas du tout. Impossible de voir une planche dans son intégralité et aucune notion de double page. C’est dommage car la mise en page est ici particulièrement travaillée à ce qu’il m’a semblé. Le dessin m’a plutôt plu avec des choses plus ou moins réussies mais une belle variété dans la mise en images en des choses parfois très réussies. En revanche, je n’ai pas trop aimé le côté un peu « catalogue » de cette BD même si ça permet de découvrir des personnalités et des situations très diverses. J’ai trouvé que ça manquait de liant. Dans l’ensemble, j’ai ben aimé cette lecture qui permet de saisir l’ambivalence iranienne en peu de mots et m’a donné envie d’aller voir ce que les auteurs avaient fait d’autre. 

          Installé au volant de son taxi, Jafar Panahi sillonne les rues animées de Téhéran. Au gré des passagers qui se succèdent et se confient à lui, le réalisateur dresse le portrait de la société iranienne entre rires et émotion…

Taxi TéhéranJ’attendais beaucoup de ce documentaire. Je suis assez férue de cinéma iranien que je trouve souvent très fort voire franchement osé. Là je me suis ennuyée durant une large partie du film. Il faut dire que je ne suis pas très à l’aise avec les huis-clos alors la vie vue depuis un taxi, pas simple pour moi surtout si quelques enguelades viennent s’y ajouter. Il y a des réflexions intéressantes sur la vie iranienne avec des personnalités très diverses qui s’expriment. Je me suis d’ailleurs demandé à quel point certaines de ces rencontres avaient été fortuites tant elles semblent trop belles pour être vraies. L’intérêt du fond ne m’a pas empêché d’avoir une profonde envie de profiter du film pour faire une sieste. J’avais envie de m’intéresser à ce qui se disait et pourtant l’ennui me m’engluait de plus en plus à chaque minute qui passait. Fort heureusement, à un moment le réalisateur va chercher sa nièce d’une dizaine d’années à l’école. Elle est incontestablement l’atout charme de ce film. Vive, intelligente, espiègle, elle met un peu d’ambiance dans ce documentaire qui manquait cruellement de rythme. Une petite qui ira loin si elle arrive à passer entre les griffes du régime ! Un film intéressant mais qui m’a accablée d’ennui. A réserver aux plus motivés (ou patients).

          Pour aller plus loin vous pouvez retrouver sur le blog d’autres articles autour du même thème. En cinéma iranienne, je vous invite à découvrir Noces éphémères sur l’étrange tradition du contrat de mariage à durée déterminée, Les chats persans sur la jeunesse underground iranienne, Les enfants de Belleville sur le pardon ou autour du couple Une séparation et Le passé (qui se passe en France pour le second). On s’éloigne on peu avec Terre et cendres d’Atiq Rahimi en littérature afghane. J’ai également vu de lui Syngué Sabour, pierre de patience, tiré de son propre roman. Il semblerait que j’aie oublié de vous en parler mais j’avais beaucoup aimé L’attentat de Yasmina Khadra qui se passe en Israël. Je me rends compte qu’en littérature, je crois que j’ai à peu près fait le tour de mes maigres connaissances, ce qui me donne envie d’approfondir un peu le sujet.

Jeunesse·Mes lectures

3 albums et BD pour vos enfants

          Voici trois livres pour vos enfants : un album plutôt dédiés aux petits, un conte illustré pour les un peu plus grands et une BD pour tous les âges. Trois styles très différents qui j’espère sauront vous séduire.

Annabelle et les cahiers volants

Annabelle a un gros problème : tous les soirs, ses cahiers s’envolent ! Mais personne ne veut la croire, et surtout pas la maîtresse… Pourquoi est-elle la seule à voir ses feuilles partir vers le ciel ?

Annabelle et les cahiers volantsJ’ai bien aimé cet album que j’ai trouvé assez poétique. Les illustrations à l’aquarelle sont toutes douces. Je crois que c’est le genre d’images que j’aimerais montrer à mes enfants avant qu’ils aillent dormir (enfin, je suppose en tout cas). L’histoire est très mignonne. J’ai bien aimé cette petite fille tête en l’air et ses cahiers qui disparaissent. Je suis sure que beaucoup d’enfants s’y retrouveront. Il y a beaucoup de poésie dans cet album, aussi bien dans le texte que dans les illustrations. Si la conclusion m’a un peu laissée sur ma faim, j’ai tout de même trouvé que c’était un beau livre. Un album très mignon pour endormir vos enfants.

Les derniers géants

C’est au cours d’une promenade sur les docks que j’achetai l’objet qui devait à jamais transformer ma vie : une énorme dent couverte de gravures étranges. L’homme qui me la vendit en demandait un bon prix, prétextant que ce n’était pas une vulgaire dent de cachalot sculptée, mais une  » dent de géant « …

Les derniers géantsJ’aime énormément François Place. Ces talents de conteur sont incroyables et ses illustrations à l’aquarelle sont d’une grande finesse. Il y a toujours une grande place accordée au texte chez lui. J’avais beaucoup aimé Le vieux fou de dessin, un grand album japonisant sur un élève d’Hokusai. Pour les plus grands, Le secret d’Orbae m’avait tout autant convaincue, j’avais donc hâte de commencer cette nouvelle lecture. Comparés à la plupart des albums, ceux de François Place demandent qu’on prenne son temps. Les textes sont longs et le niveau de détail des dessins mérite qu’on s’y arrête. J’ai été assez fascinée par cette histoire de géants. C’est exactement le genre d’histoire que j’aurais aimé qu’on me lise quand j’étais enfants, et que je prends toujours autant de plaisir à découvrir aujourd’hui. Il y a dedans à la fois de l’aventure, de la poésie et une belle profondeur. Un conte magnifique et richement illustré à lire absolument.

Asrérix : Le papyrus de César

César s’apprête à publier ses « Commentaires sur la Guerre des Gaules ». Bonus Promoplus, son conseiller et éditeur, lui conseille d’occulter alors un chapitre intitulé « Revers subis face aux irréductibles gaulois d’Armorique », car selon Promoplus, ce passage fait tache sur le curriculum de César !

Asrérix : Le papyrus de CésarIl y avait longtemps que je n’avais pas lu d’Astérix. Enfant, c’était une de mes séries préférées – avec Lucky Luke et Tintin – mais je n’avais pas du tout été convaincue par ceux sortis dans les années 2000 et j’avais fini par délaisser la série. Je ne comptais pas particulièrement lire celui-ci mais il se trouve que mon père l’a acheté et quand je l’ai vu à la maison, je n’ai bien sûr pas pu résister ! Je dois avouer avoir été ravie de retrouver les héros de mon enfance. Rien que les noms me font toujours autant rire ! Le dessin a un peu changé, sans que j’arrive exactement à définir ce qui n’est plus pareil. En même temps c’est logique puisqu’Uderzo a passé la main en 2013. Que les fans se rassurent, le changement reste toutefois assez subtil pour ne pas être dérangeant. L’histoire ne pouvait que me plaire : c’est ni plus ni moins qu’une intrigue dans le monde de l’édition. J’avoue m’être délectée de cette incursion des mes héros de jeunesse dans ce secteur qui fut le mien. C’est souvent très drôle et particulièrement bien vu. Il y a bien sûr des choses meilleures que d’autres mais j’ai trouvé que dans l’ensemble le scénario se tenait et fonctionnait bien. Et quelle joie de retrouver nos irréductibles gaulois ! Un 36° tome dont j’ai adoré le sujet et qui m’a souvent fait rire : de quoi me réconcilier avec la série. 

Cinéma·Mes lectures

Histoires de croque-morts

          Je sais, ce titre est bizarre, mais on fait les rapprochements qu’on peut. Et comme le sujet est revenu sur le tapis deux fois de suite, hop, voilà, un article.

Fun home : une tragicomédie familiale, d’Alison Bechde

 

          Bruce Bechdel enseigne l’anglais dans une petite ville de Pennsylvanie tout en dirigeant le  » Fun Home « , le salon funéraire familial. Sa sensibilité, sa passion des livres, son raffinement s’expriment tant dans l’embaumement des corps que dans la restauration obsessionnelle de sa maison et la dictature esthétique à laquelle il soumet sa femme et ses trois enfants. La jeunesse d’Alison, sa fille, est envahie par l’ombre de ce père aux secrets brûlants, ogre des sentiments à la fois distant et infiniment proche.

51s0XKge3yL._SX346_BO1,204,203,200_Ca faisait un moment que je lorgnais sur ce livre sur l’étal de ma librairie et je dois avouer que j’ai été assez surprise, je n’avais pas dû lire attentivement la quatrième de couverture. J’avais retenu l’aspect tragi-comédie familiale (c’est le sous-titre en même temps me direz-vous) mais pas du tout que le père gérait un funérarium. Mais comme j’aime bien les surprises… Et puis il faut bien admettre que ce n’est pas commun au moins ! J’ai beaucoup aimé cette BD qui pourtant était assez différente de mes attentes. J’ai de suite accroché avec le dessin, au crayon, en noir et blanc. Côté écriture, c’est tout aussi bien. J’ai beaucoup aimé l’humour grinçant de l’auteur. Elle parle de sa famille avec un recul et une ironie tout à fait délectables. Il faut dire qu’il y a de quoi raconter, elle n’a pas exactement eu une enfance « classique ». Elle a une manière de parler d’elle-même assez savoureuse. Il se dégage pourtant une certaine tristesse de ce roman graphique plus sérieux qu’il n’y paraît. Une très bonne lecture qui vous rassurera sur votre famille.

Mes frères et moi nous ne pouvions pas rivaliser avec les lampes astrales, les girandoles et les chaises Hepplewhite. Elles étaient parfaites. J’en vins à détester sa façon de traiter ses meubles comme des enfants et ses enfants comme des meubles. Très tôt, une préférence marquée pour l’épuré et le fonctionnel apparut chez moi.

Une belle fin, d’Uberto Pasolini

 

          Modeste fonctionnaire dans une banlieue de Londres, John May se passionne pour son travail. Quand une personne décède sans famille connue, c’est à lui de retrouver des proches. Malgré sa bonne volonté, il est toujours seul aux funérailles, à rédiger méticuleusement les éloges des disparus… Jusqu’au jour où atterrit sur son bureau un dossier qui va bouleverser sa vie : celui de Billy Stoke, son propre voisin.

402409Ce film me tentait bien. Je ne sais pas trop pourquoi, peut-être en raison de ces bonnes critiques. Peut-être aussi parce que je crois que je l’associais un peu à Joyeuses funérailles dont l’humour grinçant m’avait séduite. Je m’attendais à quelque chose de plus… drôle. Allez donc savoir pourquoi ! Ce film est au contraire très sombre. Très sobre aussi. C’est étrange, je me suis ennuyée une bonne partie du temps et pourtant je l’ai trouvé intéressant. Le personnage principal est terne, un petit fonctionnaire à la vie bien rangée. La réalisation est un peu à son image : irréprochable mais franchement tristounette. Un film gris et triste mais qui soulève pourtant des questions intéressantes. Il est remarquablement interprété par Eddie Marsan qui lui donne une certaine profondeur dont il aurait sinon sans doute un peu manqué. Malgré son côté un peu trop sage et morose, ce film s’avère émouvant par moments. Si la forme manque de fantaisie, il n’y a pas grand chose à redire sur le fond. Un beau film sur la solitude.

Jeunesse·Mes lectures

Quelques BD jeunesse

Pas mal de BD jeunesse lue dernièrement (ou moins dernièrement d’ailleurs) dont je ne vous ai pas parlé, essentiellement parce qu’il s’agit en grande majorité de suite de séries et que je n’avais pas grand chose à ajouter à mes avis précédents. Voici donc un petit résumé rapide de ces lectures.

CVT_Chimeres1887-tome-3_1341Chimère(s) 1887, t3 La furie de Saint-Lazare

J’avais bien aimé les deux premiers tomes même s’ils m’avaient un peu laissée sur ma faim (mes critiques ici et ). Les graphismes sont très beaux mais l’histoire est un peu longue à démarrer. Je trouve le personnage principal très sympathique et l’univers des maisons closes ne manque pas de piquant. J’ai retrouvé dans ce tome 3 ce que j’avais aimé dans les deux premiers et l’histoire prend peu à peu de l’ampleur même si j’avoue que j’ai trouvé par moment qu’elle s’écartait un peu de son sujet avec une trame policière assez compliquée. J’attends de lire le tome 4 pour voir ce qu’il advient de la petite Chimère qui a bien grandi. Affaire à suivre.

Saiina, t1 MémoglioCouv_35390

Voilà une BD qui m’a pas mal déçue. Je m’attendais à quelque chose qui mette en scène les arts martiaux avec des dessins un peu style manga. Pour les dessins c’est plus ou moins ça, même s’ils m’ont moyennement convaincue, ils sont un peu « plats ». Du côté de l’histoire, je n’ai pas du tout accroché. Les monstres que l’héroïne tue à tout va genre jeu video m’ont assez peu inspirée. J’avoue que j’ai beaucoup de mal avec ce type d’univers. J’ai peiné à m’intéresser à l’histoire vengeresse de notre jeune héroïne. Une BD ultra violente au scénario assez simpliste qui ne m’a pas emballée.

9782205063578Pico Bogue, t3 Question d’équilibre

J’avais beaucoup aimé les premiers tomes de Pico Bogue, qui avait été un gros coup de cœur (mes critiques des tomes 1 et 2). C’est un humour fin et plein de tendresse. On se délecte de ses bêtises et on retrouve dans ce troisième tome la recette gagnante des deux premiers. J’aime beaucoup les dessins à l’aquarelle qui donnent une certaine douceur à l’ensemble. Je ne me lasse pas des aventures de ce petit garçon espiègle. La bonne nouvelle c’est que je n’ai pas encore tout lu !

Mortelle Adèle, t7 Pas de pitié pour les nazebroques et 8 Parents à vendre51zSiXWUAQL._AC_UL320_SR240,320_

Mortelle Adèle est également un de mes gros coups de cœur – ma critique du tome que j’ai préféré est à découvrir ici. L’humour est un peu moins fin que pour Pico Bogue mais cette gamine est une vraie tornade et elle est tellement attachante ! Le dessin est très coloré et assez réussi. J’adore son humour caustique : un peu de mauvais esprit ne fait pas de mal. Le tome 7 se passe à l’extérieur et si je l’ai trouvé très drôle il n’est pourtant pas mon favori, je préfère quand elle martyrise ses parents. Ca tombe bien, ils reviennent dans le tome 8.  Une série pleine d’humour que j’apprécie toujours autant.

9782203089754_1_75_1La mythologue en BD, t2 Le retour à Ithaque

J’avais beaucoup aimé le premier tome des aventures d’Ulysse. Le dessin ne me plaisait pas plus que ça au début mais j’ai fini par m’habituer. J’ai retrouvé dans ce second tome la recette gagnante du premier. C’est une manière ludique de découvrir la mythologie et commencer par l’Odyssée m’a semblé très judicieux. Les aventures d’Ulysse sont un vrai régal. J’ai adoré les redécouvrir dans ces pages. Une collection pour le moins prometteuse.