Cinéma

Whiplash, un film qui frappe fort

Drame musical américain de Damien Chazelle avec Milles Teller, J. K. Simmons, Paul Reiser

         Andrew a 19 ans et fait de la batterie, il rêve de devenir l’un des meilleurs. Pour atteindre son objectif, il veut intégrer l’orchestre du grand Terence Fletcher. Sous la direction de cet homme intraitable, il se lance dans la quête de la perfection.

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          Avec 3 bonnes semaines de retard, je vous présente mon gros coup de cœur de cette fin d’année 2014. Le synopsis me tentait bien – j’aime souvent beaucoup les films autour de la musique – et j’en avais entendu beaucoup de bien sur les quelques blogs qui en avaient parlé avant sa sortie. Je suis donc allée le voir dès que j’ai pu, même s’il m’aura fallu un peu de temps pour vous en parler (au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, j’ai un retard dingue dans mes articles et comme j’en mets moins souvent que d’habitude, ça ne va pas en s’arrangeant). J’y suis allée avec mes parents et si on n’est pas toujours d’accord sur les films, on a tous les 3 adoré celui-là ! On en est ressortis franchement ravis et notre enthousiasme n’a pas faibli depuis. Je l’ai même classé sans hésiter en bonne parmi mes films préférés de 2014 (la liste complète à découvrir ici).

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           Bizarrement, j’ai un peu de mal à écrire sur ce film (oui bon, à écrire tout court, je l’admets). Il faut dire que j’ai tout aimé dans ce film, ce qui n’est pas idéal pour un long argumentaire. Ce n’est pas bon pour la critique de tout aimer, ça me donne toujours moins avis de me justifier que quand je ne pense que du bien de quelque chose. C’est sans doute un peu dommage mais on ne se refait pas. Je vais donc au moins tenter d’énumérer les nombreux points positifs de ce très bon film. Déjà, le sujet ! Je ne suis pas une grande fan de jazz mais franchement, entendre de la bonne musique de bout en bout plutôt que les violons sirupeux que nous sert trop souvent Hollywood, j’adore ça ! J’ai également trouvé que c’était extrêmement bien filmé même si certains diront que la mise en scène est un peu maniérée. Je trouve que c’est assez difficile de filmer la musique, là les instruments sont cadrés de très près, ça m’a donné l’impression de presque pouvoir les entendre vibrer. Vraiment très fort !

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          L’histoire quand à elle a fait débat. J’ai entendu des choses du genre « le prof il est méchant » (bouh, c’est pas bien), « n’importe quoi on n’a pas besoin de souffrir pour être un bon musicien » ou « c’est totalement immoral, j’aime pas ». Bon, autant vous dire que je ne me suis pas fait que des amis en débattant du sujet. Franchement, les héros « gentils » m’ennuient. Je ne suis pas faite pour regarder du Disney à longueur de journée. Je ne pense pas non plus que le cinéma doive être moral. Pour moi, il est plutôt un reflet de la réalité : il fait parfois rêver mais peut aussi être triste ou cruel. C’est bien cette diversité qui fait que j’adore le cinéma. Quant à savoir s’il y a besoin de souffrir pour être le meilleur, dans une certaine mesure je pense que oui. Le talent suffit rarement pour réussir, il faut aussi travailler dur, se dépasser. Évidemment, ça n’a pas besoin d’aller nécessairement aussi loin que dans le cas présent mais je pense que souvent il y a un peu de ça quand même. A mes yeux, le jeu en vaut la chandelle et ceux qui réussissent font oublier le long et dur parcours par lequel ils y sont arrivés.

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          Je comprends cependant que tout le monde n’ait pas ce point de vue. Mais c’est pour ça, parce que je n’ai pas trouvé ce film si dur (même si le prof est complètement ravagé, j’en conviens). Je l’ai surtout trouvé très beau. J’ai vraiment été en apnée de bout en bout, à me demander si ce gamin allait arriver au bout de son rêve. J’ai apprécié que le film ne tombe pas dans la facilité ou le sentimentalisme. Les deux acteurs principaux sont très bien choisis, ils collent parfaitement à leur rôle et sont franchement excellents. La scène finale est époustouflante. Inutile de dire que le bande-son est juste géniale. Les amateurs de jazz se régaleront, et pour ceux qui sont moins fans, rassurez-vous, ça passe on ne peut mieux quand même. Vous l’aurez compris, j’ai tout aimé dans ce film que certains jugeront un peu lisse dans sa réalisation mais qui est très maîtrisé. Avec Whiplash, Damien Chazelle nous offre une des très bonnes surprise de 2014. Ce film est un vrai régal.

Divers

Bilan 2014 : mes coups de coeur ciné, littérature et autres

          Ca y est, 2015 est arrivé, c’est l’heure des bilans. Je me plie à la tradition avec un article fleuve qui en fera somnoler plus d’un. Que chacun aille voir la partie qui l’intéresse pour éviter l’indigestion !

Films

          Avec quelques difficultés, je m’en tiens plus ou moins à mon objectif d’un film par semaine avec 50 films tout pile vus en salles. Pas tout à fait assez à mon goût et un peu moins que l’année dernière mais pas si mal étant donné que j’ai été longtemps malade et que mes horaires de boulot ne sont pas idéaux pour les sorties ciné. J’ai triché en en rattrapant quelques uns en VOD (13 pour être exacte) pour moins avoir l’impression de n’avoir rien vu.
Dans l’ensemble une assez bonne année ciné même si j’ai vu la plupart de mes gros coups de cœur dès le début de l’année et que j’ai perdu un peu de mon entrain par la suite. Une année qui m’a semblé dans la continuité de 2013 avec beaucoup de bonnes choses, même si le classement a été plus difficile pour moi que l’année précédente, avec beaucoup de bons films mais peu de réels coups de cœur ce qui fait que j’ai du mal à les départager. Il faut dire aussi qu’avec ma mémoire qui flanche, jamais faire un classement n’avait été si compliqué. Difficile également de savoir comment intégrer les films vus à la maison à mon classement alors que les conditions son beaucoup moins bonnes et que l’effet est forcément moindre. Je leur ai quand même fait une petite place. Je vous épargne le laïus sur chaque choix mais – à part pour les rares dont je n’ai pas encore parlé – vous pouvez retrouver mes critiques en cliquant sur les titres.

1Mommy
2Dallas Buyer Club
3Ida
4– Whiplash
5Pas son genre
6Le sel de la terre
7Grand Budapest Hotel
8her
9– Valse pour Monica
10Cold in July

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          Je dois dire que ce top allait assez de soi, surtout pour les 5 premiers, que j’ai vraiment adorés. J’ai réalisé un top 20 pour Cinephilia, site ciné auquel je contribue (modestement) depuis le mois d’août. Voici donc mes 10 films favoris suivants et les quelques uns qui sont restés aux portes du classement, de manière assez aléatoire, je dois bien l’admettre. Saint-Laurent, 12 years a slave, Geronimo, Tom à la ferme, Calvary, Timbuktu, Conversation animée avec Noam Chomsky, State of Grace, Black Coal, Boyhood. Auraient aussi pu y figurer Only lovers left alive, Maestro, Le temps de quelques jours, Une nouvelle amie, New-York Melody.

Séries

          Comme à mon habitude, j’ai regardé pas mal de séries cette année. D’autant plus qu’entre mon arrêt maladie et l’arrivée de Canal+ séries, j’ai eu franchement de quoi faire. Beaucoup de bonnes surprises cette année je dois dire. Je devrais en parler plus ici car certaines méritent vraiment le détour. Dans mon top, uniquement les séries que je ne connaissais pas.

1– Halt & catchfire
2– The affair
3– Masters of sex
4– Ray Donovan
5– Panam

          Mais aussi toujours mes chouchoutes : Hannibal, Mad men, Borgia ou Scandal (parce que je suis amoureuse d’Olivia Pope et que je rêve de lui ressembler, mais sans ses parents…).

Livres

          Beaucoup moins de lectures cette année avec environ 80 livres lus contre une centaine les années précédentes soit une baisse de près de 20% quand même. On aurait pu penser qu’étant cloîtrée chez moi j’aurai lu plus mais déjà, j’étais trop crevée pour me concentrer et puis je lis quand même beaucoup dans les transports, à la maison, j’ai plus tendance à me disperser. Ces chiffres sont toutefois faussés par le nombre de pavés que j’ai ingurgités cette année. J’ai aussi l’impression d’avoir lu un peu moins de jeunesse et BD et beaucoup de gros romans. Je délaisse toujours les essais, la poésie et le théâtre mais on ne peut décidément pas tout faire !
Inutile de dire que j’ai oublié le programme lecture que je m’étais concocté presque aussitôt après l’avoir fait… J’ai quand même lu les 2/3 des livres qui y figuraient, ce qui n’est pas si mal, et également 5 ou 6 des romans ou BD que j’avais hésité à mettre. La seule catégorie dans laquelle je n’ai presque rien lu est sans surprise celle des classiques… J’aime pourtant la littérature du XIX° mais je la délaisse un peu ces dernières années. Je ne me suis toujours pas attaquée à Tristes tropiques ni à l’énorme Même les tigres sont chez eux. Quant à mon essai sur L’histoire de la lecture commencé depuis plus d’un an, j’ai lu deux chapitres de plus mais je suis loin de l’avoir terminé. Je n’ai toutefois pas dit mon dernier mot ! J’ai aimé la quasi totalité des livres lus cette année (j’en déduis que je les choisis de mieux en mieux, mais peut-être aussi que je ne prends plus assez de risques ?) mais mon énorme coup de cœur restera celui avec lequel j’avais commencé 2014.

Romans
1Et quelquefois j’ai comme une grande idée
2Aurora, Kentucky
3La horde du Contrevent
4Les sauvages
5L’empreinte de toute chose
6Mille femmes blanches
7S’abandonner à vivre
8L’écrivain national
9Peine perdue
10Les fiancés de l’hiver

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BD / album
1Mauvais genre
2Si j’étais un livre
3Pyongyang
4– La nuit du visiteur
5Lulu femme nue

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          J’avoue que je suis moi-même assez surprise par mon classement romans où il y a énormément de titres qui a priori ne sont pas mon genre. Comme quoi !

Expos

          Parfois je me dis que si j’arrivais à voir une expo par mois, ce serait bien. Et devinez quoi, alors que j’ai l’impression de ne jamais mettre le nez dehors, j’ai quand même vu 12 expositions cette année ! Il faut dire aussi que souvent je les fais par 2, ça aide. J’en ai raté plein qui me tentaient mais quand même, je ne suis pas trop mécontente. Je n’ai pas compté là-dedans les 2 que j’ai vues à Prague d’ailleurs.
Pas de découvertes bouleversantes cette année comme ça avait pu l’être les années précédentes avec Félix Vallotton ou Félix Ziem (oui, j’ai un truc avec les Félix). Toutefois, sans surprises, j’ai beaucoup aimé les expositions Van Gogh/Artaud et Gustave Doré – qui ne figure pas dans mon classement parce que n’ayant réellement apprécié que 4 expositions, je me suis contentée du trio de tête et j’en ai laissé une de côté. Pour la forme, voici mon petit top 3 de l’année.

1Van Gogh/Artaud : le suicidé de la société
2Paris 1900, la ville spectacle
3Tatoueurs/tatoués

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Théâtre

          Beaucoup de pièces vues (23, dont pas mal de danse), avec beaucoup de bonnes surprises et très peu de déceptions. Reprendre un abonnement, de suite, ça motive ! L’année dernière, je n’avais pas pris d’abonnement (enfin, en septembre 2013 quoi) et j’ai passé plusieurs mois sans voir la moindre pièce, ce qui ne m’étais jamais arrivé. Au mois de février, je m’étais forcée à reprendre quelques pièces et là, ç’avait été un festival de bonnes surprises. C’est là, qu’un soir, devant une pièce particulièrement réussie, je me suis rendu compte à quel point j’adorais le théâtre. Je le savais déjà, certes, mais d’un coup, j’ai su que je ne pouvais pas m’en passer, comme des bons restos, des livres ou du cinéma. J’ai donc profité des avantages que me confère mon jeune âge (plus pour longtemps) pour reprendre tout un tas de pièces pour la saison 2014/2015, quitte à en refiler quelques-unes à des amis en cas d’absence. Depuis, ça va beaucoup mieux. Mes gros coups de cœur de l’année sont :

Théâtre/cirque
1Macbeth
2Lucrèce Borgia
3Le roi et moi
4La colère du tigre
5L’art de la fugue

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Danse
1Cendrillon
2Gala d’ouverture des étés de la danse
3Casse-noisette
4Golgota
5Ballet revolucion

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Sorties

          Cette année, j’ai aimé me promener dans Paris, comme quand je n’y habitais pas encore : les berges de Seine, le jardin d’acclimatation, le jardin des Plantes. Un rayon de soleil et il y a plein de balades à faire à deux pas de chez soi. J’ai bougé bien moins que je ne l’aurais voulu et pas toujours dans de très bonnes conditions mais je suis quand même allée à Lyon, en Bourgogne, le magnifique plateau de l’Aubrac dont je suis tombée totalement amoureuse et dans le sud bien sûr, avec Toulouse, mes montagnes et la Côte Vermeille. Et puis quelques jours à Prague. Il y a avait longtemps que je n’étais pas allée à l’étranger, ça m’a fait le plus grand bien de changer d’air !

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Cuisine

          Évidemment, il y a aussi la cuisine dans ma vie. Quelques bons restos découverts en 2014 même si je suis assez peu sortie. Un repas étoilé chez les Bras, j’ai enfin découvert la cheminé de l’Atelier de Maître Albert, j’ai goûté au calme du salon de thé du Thé des écrivains et j’ai succombé aux pâtisseries de Philippe Conticini et à celles du café Pouchkine… Encore tant de bonnes tables à découvrir ! Une amie qui me veut du bien m’a offert un guide des meilleures pâtisseries, ça laisse présager de goûters gourmands en 2015.
J’ai eu à un moment eu des velléités d’essayer plein de nouvelles recettes et si j’en ai testé 2 par semaines en début d’année, j’ai vite délaissé ce rythme infernal pour finalement très peu cuisiner ces derniers mois (incroyable hein ?!). Mais comme j’ai reçu une vraie mallette de pâtissier à Noël et de supers livres de Christophe Michalak et Christophe Adam, je vais vite me remettre aux fourneaux !

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Blog

          Du côté du blog, j’ai beaucoup moins écrit cette année, surtout ces dernières semaines. Parce que trop fatiguée, du mal à me concentrer, pas forcément l’énergie de m’y mettre en rentrant du boulot. Je me demande comment j’ai pu concilier un jour travail, études, sport, vie sociale et blog. J’avais des journées deux fois plus longues ou quoi ? Heureusement, les visites se maintiennent, ce qui m’évite de me décourager de continuer à écrire, même si je suis au ralenti. Le résultat de mon manque d’efficacité, c’est que malgré un nombre de sorties relativement faible et le fait que je sois depuis facilement 3 semaines sur le même livre, j’ai quand même trouvé le moyen de laisser s’accumuler 27 articles dans la liste des choses dont je dois vous parler. Vous n’avez pas fini d’entendre parler de moi…
Un petit résumé rapide en chiffres : 265 articles publiés, soit beaucoup moins que les 360 que je m’étais fixé dans l’idéal. Ou les 320 visés en comptant un jour de flemme hebdomadaire. Ca reste toutefois un joli nombre, surtout dans une année difficile. Il  a eu près de 100 000 visiteurs, soit en moyenne 270 visites par jour. Mes articles sont vus à peu près autant de fois sur Paperblog, même si ce sont rarement les mêmes qui y rencontrent du succès. Les visiteurs sont venus de 1470 pays. Je remercie mes plus fidèles commentateurs qui se reconnaîtront. Je ne comprends pas toujours la logique qui préside au succès de tel ou tel article mais je me réjouis de celui qui récompense ceux sur la culture occitane. Vous trouverez plus d’informations ici.

          Cette année, j’ai également commencé à réellement utiliser Twitter, avec 500 personnes qui me suivent, même si je ne relaie pas assez les articles, ça commence à être une belle devanture tout de même. Je ne suis pas encore franchement au top de la maîtrise mais j’avoue que j’apprécie le côté instantané qui a donné lieu à de nombreuses discussions animées (en 140 caractères, ça tient de l’exploit). Ca m’a permis de découvrir beaucoup de blogs. Bizarrement, ce sont des blogueurs ciné que je suis la plus proche. C’est enrichissant de lire des articles variés autour d’un même film (ou d’un même sujet de manière plus générale), les divergences de point de vue permettent de nourrir la réflexion.

          En 2014, j’ai également fait plein de rencontres, à Paris et ailleurs. Ceux qui me lisent se reconnaîtront et je les remercie pour tous les bons moments passés ensemble.

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          Cet article est déjà interminable (et encore, j’ai décidé de ne pas justifier chaque choix histoire de ne pas le rallonger, les bonnes résolutions seront donc pour plus tard. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter à tous une

Très bonne année !

Cinéma

Timbuktu, un film fort sur l’extrêmisme

Drame franco-mauritanien de Abderrahmane Sissako avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, Abel Jafri

          Kidane vit dans les dunes avec sa femme et sa fille, près de Tombouctou. La ville est tombée sous le joug des extrémistes et toute vie y semble interdite : plus de chants ou de jeux. Sa famille semble un peu épargnée, vivant loin de tout, mais la violence va bientôt les rattraper.

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          On a beaucoup entendu parler de ce film qui a connu un joli succès à Cannes à la Quinzaine des réalisateurs. Je l’attendais avec impatience, d’autant plus que c’est le genre de film que j’apprécie. Et en effet, il y a beaucoup de choses que j’ai aimées dans ce film, même si ça n’a peut-être pas été l’enthousiasme sans partage auquel je me serais attendue. Le sujet est intéressant et j’ai beaucoup aimé la manière dont il est traité. Je ne suis pas une spécialiste mais j’ai eu le sentiment que ce film était très réaliste, avec des personnages aux croyances et réactions les plus diverses. Je n’ai pas eu l’impression de me retrouver face aux stéréotypes habituels et c’est très appréciable. En revanche, si j’ai beaucoup apprécié cet aspect presque documentaire, je n’ai pas vraiment été submergée par l’émotion devant ce film.

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          Difficile d’expliquer parfois pourquoi la magie n’opère pas tout à fait et pourquoi je n’ai pas été aussi touchée qu’on aurait pu s’y attendre. Un mauvais jour peut-être, tout bêtement. Parce que pourtant tout est là. La famille du désert est particulièrement attachante et il y a des scènes que j’ai trouvées splendides, notamment une partie de football mémorable, une scène de coiffage ou encore un chant entre amis. Il y a beaucoup de moments de grâce dans ce film très fort. La violence est bien sûr extrêmement présente, et souvent montrée de manière frontale, mais je ne l’ai pas trouvée gênante dans la mesure où elle n’est jamais gratuite. J’ai aimé cette alternance de moments de violence et de quiétude voire même de gaîté. Ca montre que malgré la peur, la vie continue malgré tout. Il y a souvent une très jolie lumière et dans l’ensemble c’est franchement très beau. Un film empreint de poésie sur un sujet dramatique. Une histoire forte et belle.

Cinéma

Calvary, un film noir très réussi

Comédie dramatique, policier irlando-britannique John Michael McDonagh avec Brendan Gleeson, Chris O’Dowd, Kelly Reilly

437689.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx           La vie du père James bascule le jour où il entend une confession bouleversante. Sa fille revient au même moment dans sa vie et il va commencer à voir les choses sous un nouveau jour.

140894.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx           La fin d’année 2014 a été riche en bonnes surprises cinématographiques parmi lesquelles Calvary. Un film pour le moins austère mais extrêmement fort. Dès les premières minutes, on entre dans le vif du sujet quand le prêtre reçoit une confession très particulière. Suite à ça, sa vie va se trouver bouleversée et il va commencer à envisager les choses sous un autre angle. Sans compter l’arrivée de sa fille après une tentative de suite qui va venir perturber ses habitudes. Difficile je trouve de parler de ce film. Impossible de parler du scénario sans en dévoiler le ressort essentiel, ce qui serait un peu dommage. La trame est très simple et tout tient sur la psychologie des personnages qui est particulièrement réussie. Si certains portraits peuvent sembler caricaturaux, j’ai trouvé qu’ils fonctionnaient à merveille, amenant souvent une touche d’humour à cet univers très sombre.

517168.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx           Calvary, c’est ce genre de film où il ne se passe rien et beaucoup de choses à la fois. L’intérêt du film tient surtout dans l’évolution du personnage. Un homme à la personnalité complexe qui est partagé entre ses ouailles dont il semble proche, et sa (grande) fille, qu’il délaisse. Il va peu à peu être amené à se poser des questions sur le pardon. Le doute est au centre de cette histoire poignante. Je n’ai pas toujours trouvé les cadrages très convaincants mais le récit est filmé de manière très frontale, sans concession, ce qui lui donne une certaine rudesse qui contribue à sa force. L’interprétation de Brendan Gleeson est magistrale et le reste du casting tient également bien la route. Le résultat est un genre de thriller intimiste sur fond de religion. Vraiment surprenant. Si dans l’ensemble le film est assez lent, la fin est à la hauteur du début, ce qui n’est pas peu dire. Un film dur et austère qui n’est pas dénué d’une certaine beauté.

Cinéma·Photo

Le sel de la terre – un documentaire d’une beauté bouleversante

Documentaire, biopic de et avec Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado, avec Sebastião Salgado

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          Le photographe Sebastião Salgado parcourt inlassablement la planète pour immortaliser une humanité en pleine mutation. Wim Wenders et le fils du photographe, Juliano, l’ont accompagné dans ses derniers projets et présentent son travail dans ce documentaire.

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          Même si je n’en vois plus beaucoup par paresse intellectuelle (et aussi un peu parce que les horaires ne m’arrangent pas toujours), j’ai toujours beaucoup aimé ce type de documentaires assez contemplatifs et esthétisants. Le titre me plaisait bien mais j’avoue que les photos que j’avais pu voir dans le métro m’avaient semblé très dures et m’avaient un peu dissuadée d’aller voir ce film – je me laisse facilement décourager en ce moment, je vous le concède. J’ai quand même fini par me décider à aller voir de quoi il retournait. Ne connaissant pas du tout le travail de Sebastião Salgado (oui, je suis inculte en matière de photographie, mais je me soigne), j’avais hâte de découvrir son univers. Quant à Win Wenders, si je le connais bien sûr de nom, je me rends compte que je n’ai pas vu grand chose de lui. Il va falloir y remédier !

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          Je dois dire que j’ai été époustouflée par le travail du photographe qui est ici très bien mis en avant à travers une approche chronologique de son œuvre. Les images sont splendides et souvent très dures. Il a couvert les migrations de populations, notamment au Rwanda, d’où il a ramené des images aussi édifiantes qu’éprouvantes. On se rapproche là du travail de reporter, avec une mise en avant du rôle de passeur. Le discours de cet homme et sa vision du monde sont absolument passionnants ! J’ai également été impressionnée par le soutien inconditionnel de sa femme qui mérite d’être souligné. Difficile de parler de ce documentaire qui est avant tout la rencontre de deux hommes à la personnalité exceptionnelle et la découverte d’un regard acéré sur le monde. Un film difficile mais magnifique. Des images à couper le souffle. Un travail à découvrir absolument.