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Un peu d’exotisme

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          Parmi les dizaines d’articles en retard qui m’attendent (parfois depuis très longtemps), voici pour vous les 5 plus exotiques dans des styles éclectiques. Envie d’évasion ? Faites votre choix !

Là où les tigres sont chez eux, Jean-Marie Blas de Roblès

Lorsque le correspondant de presse Eléazard von Wogau reçoit la biographie inédite d’Athanase Kircher, célèbre savant jésuite de l’époque baroque, il se lance sur ses traces, entraînant avec lui maints personnages aussi surprenants qu’extravagants. Véritable épopée, grand roman d’aventures, fresque étrange et flamboyante, où de minuscules intrigues se répondent et tissent une histoire du Brésil à l’aube du XXIe siècle.

Là où les tigres sont chez euxCe livre est resté très très longtemps dans ma bibliothèque avant d’en sortir. Il est imposant et me faisait quand même un peu peur, autant par sa taille qu’à cause de son titre très mystérieux. Je ne savais pas trop où je mettais les pieds mais j’avais l’impression de quelque chose d’assez compliqué. Finalement, si en effet l’histoire est plutôt complexe avec ses ramifications autour du personnage principal, le style est agréable et plutôt accessible. Une écriture travaillée mais pas trop lourde : classique somme toute. Le rythme est assez lent mais agréable. J’ai bien aimé ce roman en ayant l’étrange impression qu’il était toujours sur le point de démarrer sans jamais vraiment parvenir à son rythme de croisière. Je n’ai pas eu des affinités particulières avec les personnages mais chacun a un univers bien défini, qui recoupe vaguement celui des autres tout en gardant une identité forte et j’ai bien aimé passer de l’un à l’autre. Même si la mélancolie et la langueur qui dominent dans ces pages ne sont pas ce que je préfère, j’ai bien aimé l’ambiance particulière de ce livre. Je l’ai d’ailleurs lu plus vite que je n’aurais cru et avec grand plaisir. Il y a des longueurs et la fin m’a un peu déçue mais dans l’ensemble, j’ai bien aimé cette lecture exotique.

Transgresser une règle, toutes les règles, revient toujours à s’en choisir de nouvelles, et donc à revenir dans le giron de l’obédience. On a l’impression de se libérer, de changer son être en profondeur, alors qu’on a simplement changé de maître.

Kamasutra : exactement comme un cheval fou

Ceci est si intime et secret notre imagination si fantaisiste qui pourrait savoir qui devrait faire quoi quand pourquoi et comment ? Dans une nouvelle traduction originale du sanscrit, voici cet étonnant rendez-vous avec une grammaire du désir, conjuguée à l’idée pratique d’une existence sensuelle, théâtralisée, vécue à coups de formules, de ruses, de syllogismes, de recettes ou de techniques diverses, et de poèmes.

Kâmasûtra : exactement comme un cheval fouComme la plupart des gens je suppose, je pensais grosso modo que le Kamasutra était une sorte de traité de sexologie aux positions improbables, qui a été au fil des siècle illustré et ré-illustré pour mettre du piment dans la vie de couple. Quand je suis tombée sur cette nouvelle traduction de Frédéric Boyer faite à partir du texte original (nullement illustré donc), avec un titre des plus poétiques, j’ai eu très envie de voir de quoi il retournait. Je l’ai feuilleté quelque peu, lu des passages très énigmatiques, et ma curiosité l’emportant, je l’ai finalement acheté. J’ai sauté la préface pour aller directement au cœur de texte, qui se présente comme une sorte de long poème découpé en chapitres. Si ce texte est un précis sur le couple, la séduction et les relations amoureuses, il loin de ne parler que de sexe. Ce texte m’a beaucoup surprise. A la fois par sa forme, quasi-mystique à mes yeux (sans doute accentuée par la traduction d’ailleurs) et par un contenu souvent d’une incroyable modernité même si certaines pratiques peuvent nous sembler on ne peut plus étrangères. Un mélange déroutant. C’est étrange comme certains passages prônent le respect de la femme (voire sa vénération), quand d’autres peuvent s’avérer autrement plus machistes. Si j’ai beaucoup aimé cette lecture (parcellaire, je dois l’admettre), j’ai en revanche été extrêmement déçue par la préface qui est pour moi un contre-sens total – ce qui est gênant vu qu’elle est écrite par le traducteur. Ca a un peu terni ma vision de ce livre. Ce texte m’est finalement plus apparu comme un traité de vie et de bien-être universel qui dans l’ensemble n’a pas tellement vieilli.

Revenons sur les raisons de coucher avec les femmes des autres et comment y arriver sans effort.

Le gourmet solitaire, de Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi

On ne sait presque rien de lui. Il travaille dans le commerce, mais ce n’est pas un homme pressé ; il aime les femmes, mais préfère vivre seul ; c’est un gastronome, mais il apprécie par-dessus tout la cuisine simple des quartiers populaires… Cet homme, c’est le gourmet solitaire. Chaque histoire l’amène à goûter un plat typiquement japonais, faisant renaître en lui des souvenirs enfouis, émerger des pensées neuves, ou suscitant de furtives rencontres.

Le gourmet solitaireJe ne lis quasiment aucun manga. Je n’y connais absolument rien, alors quand mes pas me portent par hasard dans le rayon, je me contente de regarder les titres et celui-ci m’a forcément tapé dans l’œil. Je savais pas trop à quoi m’attendre mais ça parlait de nourriture, c’était déjà un bon début ! J’ai été étonnée de ne pas accrocher tant que ça. Je ne saurais pas trop expliquer ce qui s’est passé avec ce livre. Je lui ai trouvé un certain charme. Chaque chapitre correspond à une découverte culinaire du personnage. On découvre ainsi page après page des spécialités japonaises bien souvent inconnues dans nos contrées. Tout ou presque m’a fait envie ! Ce livre donne terriblement faim et laisse comme une envie d’aller explorer les bas fonds de Tokyo. Toutefois, j’ai assez vite saturé. Ce texte se déguste. Je me suis arrêtée en route, ne voyant pas trop passés quelques passages, ce que je pourrais y trouver de plus hormis une intense frustration. Peut-être que je m’y replongerai un jour. Un texte que je n’ai sans doute pas su apprécier à sa juste valeur mais qui m’aura tout de même fait saliver.

Provoquer une certaine appréhension, en fait, c’est le premier critère pour qu’un restaurant soit « bon ». Un restaurant doit conserver une part d’ombre, des recoins peu clairs, une atmosphère plus ou moins tendue, une aura mystérieuse et sombre.

Port-au-Prince : dimanche 4 janvier, de François Marthouret

4 janvier 2004, Haïti. Célébration du bicentenaire de la déclaration d’indépendance. Depuis des mois, des manifestations étudiantes et populaires protestent contre la dictatuire du « Prophète », le Président Aristide. Tout oppose Lucien, étudiant en philosophie convaincu du succès de la manifestation vers la démocratie, à son jeune frère Little Joe, voyou recruté par les Chimères pour réprimer la marche des étudiants. Ce jour va sceller le destin des deux frères.

Port au Prince dimanche 4 janvierVoilà un film que j’ai énormément aimé et dont j’ai malencontreusement oublié de vous parler. Je vais donc corriger cette fâcheuse erreur de ce pas. Je dois avouer que si j’avais lu le synopsis et qu’il me tentait bien, je n’en attendais finalement pas grand chose. J’ai donc été très agréablement surprise de découvrir une petite pépite. Il est vrai que j’aime les films engagés et j’ai ici été servie ! Je ne connais pas du tout l’histoire d’Haïti et je dois avouer avoir été choquée par la répression sanglante de manifestations étudiantes et populaires contre la dictature. On suit l’histoire à travers les yeux d’étudiants qui se battent pour la liberté. Ca peut donner un côté un peu manichéen au film mais la sympathie qu’on éprouve pour les personnages compense amplement ce défaut.  Plus que ses qualités cinématographiques (le tout reste assez linéaire et plutôt classique), c’est l’aspect historique de ce film qui m’a vraiment séduite. Il a le mérite de mettre en lumière des événements importants qui m’avaient totalement échappés. Un film assez classique dans sa forme mais intéressant et touchant à la fois. Une belle découverte. 

Les Mille et une nuits – L’inquiet, Miguel Gomez

Où Schéhérazade raconte les inquiétudes qui s’abattent sur le pays : « Ô Roi bienheureux, on raconte que dans un triste pays parmi les pays où l’on rêve de baleines et de sirènes, le chômage se répand. En certains endroits la forêt brûle la nuit malgré la pluie et en d’autres hommes et femmes trépignent d’impatience de se jeter à l’eau en plein hiver. »

Les Mille et une nuits - L'inquietUne des grosses déceptions de 2015. On disait le plus grand bien de ce film fleuve en 3 parties qui se sert des légendes des Mille et unes nuits pour dénoncer les travers de la société portugaise actuelle. Une idée assez géniale, un potentiel à peu près infini et une presse unanime : ça commençait bien ! J’étais on ne peut plus curieuse de découvrir le résultat. Dès les premières images, j’ai su que ce film n’allait pas être pour moi. C’est lent, mais leeeent… J’ai trouvé que c’était très long à démarrer, avec une sorte d’explication du projet et de sa mise en oeuvre assez lourde et artificielle. D’autant plus que l’esthétique n’est pas franchement folle. Pas que j’aie beaucoup plus accroché avec les contes en eux-même cela dit. Si je continue à trouver l’idée géniale et que certains fonctionnent assez bien, d’autre sont un peu plus obscurs. Le trait est forcé, étiré, déformé, avec plus ou moins de réussite. Je n’accroche pas du tout avec le côté absurde, ce qui explique en grande partie que ce film ait été pour moi une torture. Il ne manque ni d’humour, ni d’inventivité mais m’a profondément ennuyée. Un projet original et inventif qui avait sur le papier tout pour me plaire mais que j’ai trouvé au final d’un mortel ennui.

Thrillers et polars au rdv

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D’un mauvais œil, de Jessica Treadway

D'un mauvais oeilAu milieu de la nuit, Hanna et son mari sont attaqués sauvagement dans leur lit. Il ne survit pas aux coups et Hanna est défigurée, elle ne conservera aucun souvenir de cet épisode tragique. Tous les soupçons se portent sur le seul intrus présent dans la maison ce soir-là : Rud, le petit ami de Dawn, la cadette, qui dormait avec elle. Trois ans plus tard, Rud, emprisonné, fait appel. Un nouveau procès va s’ouvrir. Alors que Hanna tente désespérément de se rappeler les événements du drame, Dawn revient vivre chez sa mère.

Le titre de ce roman ne m’inspirait pas des masses (on ne parlera jamais assez de l’importance d’un bon titre !), je dois donc admettre que je traînais un peu des pieds en commençant ma lecture. Pourtant, j’ai été agréablement surprise. L’écriture est efficace et je me suis laissée prendre à cette histoire familiale pour le moins tordue. Même si on sent venir la fin assez rapidement, le flou autour des détails de l’histoire demeure suffisant pour que le lecteur ait envie de continuer jusqu’au bout. On se met assez facilement à la place du personnage principal et on partage son angoisse. La tension monte au fil des pages et on attend le dénouement avec une certaine impatience. Même si le style aurait peut-être mérité d’être un peu plus travaillé et qu’il aurait été bon de semer un peu plus le trouble dans l’esprit du lecteur, j’ai trouvé cette histoire très intéressante d’un point de vue psychologique. Un roman prenant malgré quelques faiblesses. Une bonne surprise. 

Prête à tout, de Joyce Maynard

Prête à toutJeune, belle, mariée à un homme qui la vénère, installée dans une jolie maison, Suzanne Stone ressemble à ces filles trop parfaites des magazines. Mais elle veut davantage, elle veut la célébrité, elle décide que la télévision sera son royaume et, à force de persuasion, obtient un petit poste dans la station locale. Quand son époux est retrouvé mort, la veuve éplorée, point de mire des caméras, devient rapidement suspecte. 

J’avais beaucoup aimé le dernier Joyce Maynard, L’homme de la montagne. J’étais donc impatiente de découvrir celui-ci. J’ai été très heureuse de retrouver son style, simple mais terriblement efficace. Je m’attendais à un polar et j’ai été assez étonnée de me retrouver face à une sorte de thriller ou de roman psychologique où finalement on sait l’essentiel dès le début même si les détails restent flous et que le doute persiste. Le personnage de Suzanne est assez antipathique et m’a très vite agacée. Même si c’est le but et qu’à travers elle l’auteur fait une critique acerbe du milieu de la télévision et de l’obsession pour la célébrité, ça a quand même rendu cette lecture un peu longue. Le sujet ne m’a pas passionnée et je n’ai pas trop aimé son côté malsain. Même si j’ai moins accroché qu’avec le précédant roman de l’auteur, une lecture qui est loin d’être dénuée d’intérêt. 

Carthage, de Joyce Carol Oates

CarthageTout semble aller comme il se doit dans la petite ville de Carthage en ce début de juillet 2005, si ce n’est que Juliet Mayfield, la ravissante fille de l’ancien maire a rompu ses fiançailles avec le caporal Brett Kincaid, héros de retour de la guerre d’Irak. Or, ce soir-là, Cressida disparaît, ne laissant en fait de traces que quelques gouttes de son sang dans la jeep de Brett.

Bien que j’aie eu envie depuis longtemps de découvrir cette auteur, je n’avais encore jamais rien lu d’elle. J’ai été assez surprise par la sobriété du style. Toutefois, il est plus travaillé qu’il n’y paraît et parfaitement efficace. J’ai beaucoup aimé la première partie de ce roman. Les personnages sont clairement le point fort de ce roman. J’ai trouvé la détresse des parents de la jeune disparue parfaitement bien dépeinte et très touchante. Mais ce roman aborde aussi à travers le caporal Kincaid le problème du stress post-traumatique. Sans doute l’aspect du roman que j’ai préféré. La deuxième moitié m’a un peu moins emballée, même si l’histoire et la personnalité de Cressida sont loin d’être inintéressantes, ça traîne tout de même un peu en longueur. Finalement, j’ai trouvé que la disparition était avant tout un prétexte à la peinture des différentes strates de la société américaine dans une petite ville. Malgré quelques faiblesses, un roman prenant dont les aspects psychologiques sont passionnants.

Au bout du tunnel : nouvelles du noir au gris, de Claire Gilbert

Au bout du tunnelVingt nouvelles qui varient les registres autour des émotions de leurs personnages dans des moments clef de leur existence. L’auteur construit un monde noir où subsiste pourtant toujours une issue.

J’ai lu ce recueil de nouvelles il y a peu et je dois avouer que si j’étais assez enthousiaste à l’idée de découvrir cet auteur, j’ai été plutôt déçue. L’écriture n’est pas folichonne et les nouvelles assez prévisibles. Je dois dire que je suis assez difficile en matière de nouvelles (comment ça pour le reste aussi ?). J’aime les nouvelles à chute et forcément, ce que j’aime dans la chute, c’est la surprise. Or là elle a rarement été au rendez-vous. Le plus souvent, j’ai vu la fin arriver assez rapidement, et quand ça n’a pas été le cas, j’ai trouvé la fin était amenée de manière maladroite. Bref, je n’ai vraiment pas accroché. J’ai trouvé le tout banal et plat. Dommage.

Le mort aux 4 tombeaux, de Peter May

Le mort aux quatre tombeauxUn pari lors d’une soirée trop alcoolisée amène Enzo MacLeod, ancien légiste de la police écossaise établi en France, à entreprendre une enquête autour de la mystérieuse disparition de Jacques Gaillard, ancien conseiller du Premier ministre devenu star de la télévision et dont on n’a plus aucune trace depuis le mois d’août 1996.

Le premier tome de la série d’enquêtes d’Enzo MacLeod : un ancien conseiller du premier ministre devenu star de la télévision a disparu sans laisser de traces, des années plus tard, après un pari entre amis, Enzo, ancien légiste, va mener l’enquête. J’avais beaucoup aimé L’homme de Lewis et j’étais contente de découvrir cette nouvelle série. Le personnage principal est très sympathique. L’enquête est un peu tordue et même si la fin est trop sentimentale à mon goût, j’ai beaucoup aimé ce roman dans son ensemble. Ce n’est pas tout à fait du niveau de L’homme de Lewis du côté de la psychologie des personnages mais j’ai bien aimé la complexité de l’intrigue. Le style est toujours aussi agréable, on dévore les romans de Peter May plus qu’on ne les lit. Cette série devrait comporter 7 tomes, j’ai hâte de lire la suite.

Temps glaciaires, de Fred Vargas

Temps glaciairesCette fois-ci, l’enquête d’Adamsberg l’emmène dans les brumes islandaises avant de lui faire croiser le chemin de Robespierre. Mais quel est le lien entre ces deux univers en apparence si différents ?

J’aime beaucoup Fred Vargas mais j’avais moins accroché avec ses derniers romans qui a mon sens n’étaient pas les meilleurs. J’espérais retrouver avec celui-ci l’élan des débuts. Et c’est le cas. Une fois de plus, l’auteur fait appel à de vieilles légendes pour détourner l’attention du lecteur de l’essentiel (ou pas). Le style est toujours aussi convaincant et l’intrigue bien construite. Comme l’auteur sait si bien le faire, elle mêle plusieurs histoires qui semblent plus ou moins liées, empêchant le lecteur d’y voir clair trop tôt dans son jeu. Elle a un don certain pour brouiller les pistes même si pour une fois je ne m’étais pas trop trompée dans mes conclusions. J’ai adoré retrouver Adamsberg et sa clique, toujours aussi loufoques et attachants. Les personnages de Vargas sont particulièrement attachants et c’est un régal de continuer à les suivre après toutes ces années. Après quelques romans un peu en deçà de ses premiers, Fred Vargas revient à son meilleur avec ce polar des grands froids. 

Le contrat Salinger, d’Adam Langer

Le contrat SalingerAdam Langer est un journaliste qui  s’ennuie loin de New York. Jusqu’à ce que sa route croise celle d’une vieille connaissance, Conner Joyce – auteur de thrillers à succès –, venu à Bloomington, Indiana, pour assurer péniblement la promotion de son dernier roman. Bientôt, Conner révèle à Adam qu’il a reçu une offre des plus étonnantes qui va bouleverser sa vie.

Ce roman m’intriguait. Je ne savais pas bien pourquoi mais je suppose que c’est essentiellement parce que l’histoire porte sur un auteur et que je suis friande de livres qui mettent en scène la littérature. Le style est assez moyen sans être désagréable. Il est fluide et ce roman se lit très bien. Sans trop savoir où ça allait mener, j’étais plutôt curieuse de connaître la suite de cette histoire assez mystérieuse. Malheureusement, cet intérêt s’est peu à peu émoussé. Je n’ai que moyennement accroché à cette histoire un peu tarabiscotée à mon goût. Plus elle se précisait et plus j’avais du mal à y croire. Passé la moitié, j’ai continué ma lecture sans grande conviction, vaguement curieuse de la fin, tout en me doutant qu’elle allait me décevoir. Honnêtement, j’ai trouvé ça un peu tiré par les cheveux et il m’a manqué un petit quelque chose pour être vraiment convaincue. Malgré certaines qualités, une lecture pas folichonne dans l’ensemble. 

La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil, de Joann Sfar

La dame dans l'autoElle est la plus rousse, la plus myope, la plus sentimentale, la plus menteuse, la plus vraie, la plus déroutante, la plus obstinée, la plus inquiétante des héroïnes. La dame dans l’auto n’a jamais vu la mer, elle fuit la police et se répète sans cesse qu’elle n’est pas folle… Pourtant…

J’avais entendu dire beaucoup de bien de ce film au titre on ne peut plus intriguant. Bien que tous les éléments pour que je l’apprécie semblent réunis, je n’ai pas du tout accroché. La voix off m’a exaspérée. Je hais les voix off. Je ne les supporte pas (ou très très rarement), je trouve ça anti-naturel au possible. J’ai trouvé qu’il y avait un côté années 60 (70 ?) complètement surjoué, j’ai eu beau essayer de rentrer dedans – d’autant plus que c’est un univers que j’aime généralement beaucoup – mais je n’ai pas réussi. Partant de là, ç’a forcément été compliqué pour moi. Je n’ai pas vraiment réussi à croire à cette intrigue. L’histoire n’est pas mal construite et j’ai bien aimé son côté trouble, franchement réussi. J’ai également été agréablement surprise par la prestation de Benjamin Biolay. Un film qui malgré des qualités a eu le plus grand mal à me convaincre, en grande partie en raison d’un personnage principal irritant. J’ai trouvé le temps long, très long.

La isla minima, d’Alberto Rodriguez

La isla minimaDeux flics que tout oppose, dans l’Espagne post-franquiste des années 1980, sont envoyés dans une petite ville d’Andalousie  pour enquêter sur l’assassinat sauvage de deux adolescentes pendant les fêtes locales. Au coeur des marécages de cette région encore ancrée dans le passé, parfois jusqu’à l’absurde et où règne la loi du silence,  ils vont devoir surmonter leurs différences pour démasquer le tueur.

On a pas mal parlé de ce polar lors de sa sortie. La bande-annonce est très belle mais j’avais peur de quelque chose de très sombre et violent. Finalement, même si c’est le cas, j’ai été très agréablement surprise. J’ai de suite été conquise par la beauté des images et l’intrigue complexe. Vraiment, vraiment conquise. La construction des plans m’a fascinée de bout en bout. La photographie est de toute beauté. Je me suis laissée prendre dans les méandres de cette enquête qui semble se défiler et n’offrir aucune prise. Les relations entre les deux flics sont assez intéressantes, tout comme celles avec la population d’ailleurs. Jusqu’au bout, je n’ai pas trop su à quoi m’attendre même si je pensais finalement à une résolution assez classique à défaut d’être évidente mais la fin m’a très agréablement surprise. Une intrigue complexe, de bons acteurs et des images de toute beauté pour un des plus beaux films de l’année.

Trois films sociaux à rattraper

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À 51 ans, après 20 mois de chômage, Thierry commence un nouveau travail qui le met bientôt face à un dilemme moral. Pour garder son emploi, peut-il tout accepter ?

073359.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxVoici un film dont on a beaucoup parlé et de manière très élogieuse. Il a d’ailleurs valu à Vincent Lindon le prix d’interprétation à Cannes, lui qui est souvent (injustement) boudé lors de la distribution des prestigieuses récompenses. En toute franchise, si une fois de plus j’ai trouvé la prestation de l’acteur de haute volée, j’ai été assez déçue par le film en lui-même. J’ai trouvé qu’il tenait plus du documentaire que de la fiction aussi bien sur le fond que sur la forme. Certes, c’est intéressant, mais pour ma part, nul besoin d’aller au cinéma pour prendre conscience du triste sort des travailleurs précaires et des compromissions qui accompagnent la recherche d’un emploi puis sa sauvegarde. Le film ne fait que montrer une réalité d’une banalité sans nom, sans sembler la dénoncer outre mesure. Adepte de films engagés, j’avoue qu’en la matière je ne suis pas forcément pour la subtilité et trouve qu’un message un peu appuyé n’est souvent pas de trop. C’est ce qu’il manque ici : la verve du militant. La réalité du milieu du travail est montrée avec un grand réalisme mais il manque à mes yeux une analyse qui aiguille un peu le spectateur et le pousse à aller plus loin et à se poser des questions. Un film qui a peut-être ouvert les yeux à quelques nantis mais qui m’a semblé trop terne pour avoir une réelle portée. Malgré la performance de Vincent Lindon, un grand moment d’ennui.

Le parcours éducatif de Malony, de six à dix-huit ans, qu’une juge des enfants et un éducateur tentent inlassablement de sauver.

334715.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxVu juste avant le précédent, ce film m’a semblé un peu du même acabit. Ils sont assez différents et pourtant je les ai de suite associés dans le ressenti. Ceux qui me suivent le savent, j’ai horreur des engueulades au cinéma, ça m’angoisse au plus haut point (promis à l’occasion j’en parlerai à un psy), autant vous dire qu’avec ces deux-là j’ai été servie ! Enfin, malgré mes soucis pour gérer les conflits, y compris quand ils ne me concernent pas le moins du monde, j’ai quand même tenu bon. J’ai trouvé ce film très bien interprété, c’est sans nul doute son point fort. Le personnage principal est vaguement attachant, ce qui n’est pas mal non plus. En revanche, je l’ai trouvé moyennement crédible. J’ai plutôt l’image du juge pour enfants blasée qui bâcle son boulot (surtout en fin de carrière) que celle de celui qui en fait trop pour aider des cas désespérés. Mais c’est peut-être moi qui vire cynique avec l’âge. Le film en fait parfois trop, laissant de côté le réalisme par moments. Un scénario parfois un peu catastrophe qui m’a agacée et un sentimentalisme exacerbé qui sied mal au sujet. Mais malgré ses défauts, ce film qui veut trop bien faire ne s’en tire pas si mal avec des passages touchants et une interprétation convaincante.

Fuyant la guerre civile au Sri Lanka, un ancien soldat, une jeune femme et une petite fille se font passer pour une famille. Réfugiés en France dans une cité sensible, se connaissant à peine, ils tentent de se construire un foyer.

420365.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxUn peu bizarre peut-être de mettre ce film dans cette catégorie mais il s’en rapproche tout de même. En tout cas, c’est ce que j’en attendais. J’étais persuadée en allant voir cette Palme d’Or que j’allais voir un film sur l’immigration et ses difficultés. Alors oui, et non à la fois. Je dois avouer avoir été assez déroutée et pour tout dire un peu déçue. Je m’attendais à un film hyper réaliste et à la manière dont c’est filmée, je ne me suis pas de suite détrompée, d’autant plus que toutes les personnes qui m’en avaient parlé me l’avaient dépeint comme un quasi documentaire. C’est vrai que c’est l’impression que ça donne. Pourtant, si le début semble assez réaliste, ça devient vite assez improbable avant de ne devenir complètement n’importe quoi. Bizarrement, je ne sais pas trop si ce virage sanguinaire incongru m’a fait décrocher ou au contraire m’a évité de sombrer dans un ennui profond. Le mystère restera entier sur ce point. J’ai eu la très étrange impression de passer de la peinture sociale réaliste (plus ou moins) et poignante au film d’action ultra violent. J’ai beaucoup aimé le sujet mais j’aurais aimé que le réalisme soit plus marqué. Là il m’a semblé plus feint qu’autre chose, une manière assez désagréable de forcer la main du spectateur. Un film qui m’a moyennement séduite et m’a laissée assez dubitative. Déroutant.

De l’action au rendez-vous

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          Avec une fois de plus beaucoup de retard, voici un petit tour d’horizon des films d’action vus ces derniers temps. Un joli mélange de sérieux, de films de voitures, d’espionnage ou de parodie. Il y en a pour tous les goûts !

Hacker, de Michael Mann

Ce film me tentait moyennement mais je me suis laissée traîner par un ami. J’en avais entendu dire le plus grand mal et finalement, je n’ai pas trouvé ça si horrible que ça. Certes, ce n’est pas un chef-d’oeuvre, mais ça se laisse regarder. Comme vous vous en doutez, je l’ai vu il y a un certain temps (ou je sais, je dois avoir pas loin de 6 mois de retard dans mes chroniques, je n’écris plus assez vite) et je dois bien admettre que je n’en ai pas gardé grand souvenir. Que dire ? la salle était confortable et il pleuvait à la sortie ? Non, plus sérieusement, ce dont je me souviens c’est d’un film d’action assez bien mené, plutôt bien joué aussi (oui bon les acteurs sont canons quoi, ça suffit amplement en l’occurrence) mais qui a aucun moment ne m’a vraiment emballée. Côté photo, c’est assez convaincant, avec un univers sombre et une lumière léchée. Les scènes d’actions sont nombreuses et relativement variées, pourtant je n’ai pas été subjuguée, ça manque peut-être un peu de nerf, surtout au début où ça traînaille un peu, après ça s’améliore. Le scénario tient à peu près la route mais aurait mérité d’être plus fouillé. Pas mal mais pas exceptionnel quoi, on attendait un peu plus de Michael Mann sur ce sujet pourtant porteur. Rien de franchement mauvais donc mais malgré d’indéniables qualités, un film a qui il manque clairement un petit quelque chose.

 

Good kill, d’Andrew Niccol

Je voulais voir ce film dont la thématique me rappelait un peu celle de Snipper. Si j’ai bien aimé dans l’ensemble, j’ai toutefois trouvé qu’il manquait d’envergure. Je m’attendais à quelque chose de plus percutant. Le sujet me semble très porteur et intéressant mais il est largement sous exploité. La bande-annonce (ou le synopsis, ou les commentaires lus dessus, je ne sais plus) m’avaient laissé penser que le film parlait des joueurs de jeux vidéos recrutés par l’armée américaine pour piloter des drones (et lancer des missiles au passage tant qu’à faire) et un peu trop coupés de la réalité et je trouvais ça franchement intéressant. Bon, finalement, ça n’a qu’un vague rapport, ce côté-là des choses n’étant carrément pas évoqué. Le film est plutôt axé sur les problèmes de conscience – et de bougeotte – d’un pilote qui vit très mal de ne pas être sur le terrain et de faire la guerre de loin. Bof quoi. Pas mal, sans plus, on s’ennuie un peu. Ca m’a un peu rappelé American Sniper plus ou moins sur le même sujet. Si je n’ai pas grand chose à reprocher à ce film à part de rester trop tiède, j’ai trouvé le résultat mitigé pour un potentiel pourtant intéressant.

Kingsman : services secrets, de Matthew Vaughn

Un de mes coups de coeur cinématographiques du début d’année. Ce film est un pur régal pour qui aime les films d’espionnage et l’humour anglais. Qu’est ce que j’ai ri ! J’ai eu l’impression d’un mix détonant entre Kill Bill et OSS 117, le tout avec la classe de James Bond. C’est drôle, vif et élégant. Certains lui ont reproché une trop grande violence. Elle est indéniable mais tellement exagérée et éloignée de toute réalité que ça ne m’a absolument pas dérangée. C’est une violence de comics où le sang ne gicle pas ou alors uniquement par torrents (oui, parce qu’on ne fait pas les choses à moitié). J’ai eu du mal à déterminer si on pouvait parler ou non de parodie. Certes, ça joue outrancièrement avec les codes du films d’espionnage avec un humour truculent mais en même temps, le résultat est un très bon film d’espionnage en soi, ce qui est assez inhabituel. J’ai d’ailleurs bien aimé ce doute quant aux intentions du réalisateur. J’ai trouvé ça extrêmement bien joué, avec un Colin Firth à son meilleur. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce film ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer, avec force rebondissements et scènes d’action bien senties. Un petit bijou plein d’humour qui ravira les amateurs de films d’espionnage.

 

Spy, de Paul Feig

Avec ce film, j’espérais un peu retrouver l’esprit de Kingsman, qui me paraissait plus ou moins dans la même veine. Ici on est plus dans la parodie, ce qui n’était pas nécessairement pour me déplaire. Pourtant, bien que j’aie souvent ri, j’ai trouvé ce film moyen. Il ne parvient pas à dépasser le stade du divertissement un peu lourd. C’est dommage car il y avait un certain potentiel avec un personnage principal délicieusement caricatural, aussi enjôleur qu’imbuvable. Jude Law est parfait dans le rôle, jouant à merveille de son image de charmeur. On retrouve tous les personnages type habituels, du super espion à son assistante éperdument amoureuse de lui et la réalisatrice se joue des stéréotypes avec délice. Pourtant, si le rythme est enlevé et le ton franchement décalé, je n’ai qu’à moitié accroché. Dans l’ensemble, j’ai trouvé que l’humour fonctionnait bien (et je suis difficile en la matière) et j’ai très souvent ri de bon cœur mais si le côté parodique est parfaitement maîtrisé, il y manque a mon goût un scénario plus fouillé qui en ferait aussi un bon film d’espionnage. Un film plaisant dont l’humour fait souvent mouche mais qui manque un peu de profondeur pour convaincre totalement.

 

Fast and furious 7, de James Wan

Je sais que ça peut surprendre mais j’aime bien les films de voitures. Je trouve ça divertissant. Certes, le scénario est souvent bien maigre mais l’action est généralement au rendez-vous au chaque plan, permettant de débrancher son cerveau pendant 2h, ce qui est parfois assez appréciable. Le film détente par excellence. J’avais bien aimé le 6 et je n’ai à peu près aucun souvenir des précédents, que je n’ai d’ailleurs pas tous vus. Même s’il y a une vague continuité, il n’y a pas besoin d’avoir vu les autres pour suivre l’histoire qui est assez simple : de l’action, de l’amitié, de l’amouuur et plein de voitures qui roulent vite, une recette qui marche à tous les coups non ? Bon évidemment, je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un grand film mais ça se laisse regarder avec un certain plaisir (un peu coupable, avouons-le). Les poursuites sont spectaculaires : on en prend plein la vue. De ce point de vue le film est très réussi, il tient ses promesses de jolies filles, belles voitures et effets spéciaux. Un film plus que moyen mais un divertissement assez efficace.

 

Mad Max : Fury Road, de George Miller

Je n’avais jamais vu les Mad Max, films pourtant devenus culte. J’ai donc rattrapé mon retard et regardé la trilogie avant d’aller voir ce nouveau volet au cinéma. Je vous en parle d’ailleurs bientôt si je trouve le courage de me lancer là-dedans. Les trois premiers sont inégaux et je me demandais ce qu’allait donner cette suite arrivée 30 ans plus tard (par le même réalisateur mais avec un autre acteur dans le rôle principal). Tout le monde m’en avait dit le plus grand bien, à tel point que c’en devenait suspect. Pourtant, je ne peux que me ranger à l’avis général : ce film est un pur régal ! Il y a de l’action, de l’action, des véhicules incroyables et encore de l’action. Il m’a rappelé le deux par bien des aspects, notamment l’univers et les personnages mais en encore mieux. Visuellement, ce film est très très beau, avec des paysages arides et une lumière magnifique. L’histoire ne change pas trop : un univers post-apocalyptique, des méchants, et Max qui ne peut pas s’empêcher de jouer les justiciers, le tout parsemé de courses poursuites dans des engins improbables. On ne s’ennuie pas une seconde dans ce nouvel opus qui met la barre très haut. Le meilleur de la série, un vrai régal.

 

Bonnie and Clyde, d’Arthur Penn

Je connaissais un peu l’histoire de ce couple mythique à travers la chanson de Gainsbourg et leur évocation dans de nombreux films de gangsters (dont je suis assez friande même si j’en vois trop peu). Mais tout ça restait un peu vague et mis à part qu’ils avaient volé des banques et étaient morts jeunes, je ne savais pas grand chose d’eux. Je n’avais jamais vu ce film devenu un classique du cinéma et quand j’ai vu qu’il passait dans une séance de plein air, je me suis ruée sur l’occasion. Sans grande surprise, j’ai a-do-ré ! Ce film n’a pas pris une ride. Il faut dire aussi que le voir sur écran géant en extérieur a bien aidé à l’apprécier à sa juste valeur. Les acteurs sont impeccables, plus vrais que nature ! Cette « aventure » ne manque pas de piquant et apparaît du début à la fin comme un jeu un peu improbable. Bonnie s’ennuyait dans sa vie tranquille et un peu terne, jusqu’à ce qu’elle rencontre Clyde, un petit malfrat qui tente de voler sa voiture. Il va commettre un braquage pour tenter de l’impressionner et elle va immédiatement se prendre au jeu. Elle semble s’amuser comme une folle quand lui paraît vouloir tout faire pour satisfaire les envie d’action de sa belle. Bien sûr, tout cela tourne mal. On les suit avec délices, les rebondissements ne manquent pas et on s’attache à ces personnages hauts en couleurs. On a beau connaître la fin, on la redoute autant qu’on l’attend. Un film de gangsters comme on les aime, avec de l’action, de l’action et de l’action. Intemporel.

 

French Connection, de William Friedkin

Quand j’ai vu la bande-annonce de ce film de 1971 au cinéma à l’occasion de la sortie de la version restaurée, j’ai eu très envie d’aller le voir. J’avais vu La French l’année dernière – que j’avais bien aimé – et j’étais curieuse de voir la version américaine. Je m’attendais à un polar très musclée plein de courses poursuites et de fusillades. Je dois avouer que j’ai été un peu déçue. Le film se concentre sur les ramifications américaines de la French Connection. Ce réseau français inondait les Etats-Unis d’héroïne dans les années 60 et était traquée des deux côtés de l’Atlantique. Contre toute attente le film traîne vite en longueur et s’avère assez soporifique. Seule la dernière demie-heure détone un peu, avec une course poursuite mémorable entre une voiture et un train puis une arrestation musclée. Avant ça ? une interminable filature, aussi éprouvante pour le spectateur que pour le policier. Malgré tout, ce film n’est pas dénué d’intérêt. Bien construit, bien joué, il est sans doute plus réaliste que les films d’actions auxquels on est habitués. Un film qui a un peu vieilli et déçoit par un manque d’action mais rend bien compte d’une époque.

 

Voilà pour le moment, vous n’avez plus qu’à faire votre choix !

Bilan 2014 : mes coups de coeur ciné, littérature et autres

Par défaut

          Ca y est, 2015 est arrivé, c’est l’heure des bilans. Je me plie à la tradition avec un article fleuve qui en fera somnoler plus d’un. Que chacun aille voir la partie qui l’intéresse pour éviter l’indigestion !

Films

          Avec quelques difficultés, je m’en tiens plus ou moins à mon objectif d’un film par semaine avec 50 films tout pile vus en salles. Pas tout à fait assez à mon goût et un peu moins que l’année dernière mais pas si mal étant donné que j’ai été longtemps malade et que mes horaires de boulot ne sont pas idéaux pour les sorties ciné. J’ai triché en en rattrapant quelques uns en VOD (13 pour être exacte) pour moins avoir l’impression de n’avoir rien vu.
Dans l’ensemble une assez bonne année ciné même si j’ai vu la plupart de mes gros coups de cœur dès le début de l’année et que j’ai perdu un peu de mon entrain par la suite. Une année qui m’a semblé dans la continuité de 2013 avec beaucoup de bonnes choses, même si le classement a été plus difficile pour moi que l’année précédente, avec beaucoup de bons films mais peu de réels coups de cœur ce qui fait que j’ai du mal à les départager. Il faut dire aussi qu’avec ma mémoire qui flanche, jamais faire un classement n’avait été si compliqué. Difficile également de savoir comment intégrer les films vus à la maison à mon classement alors que les conditions son beaucoup moins bonnes et que l’effet est forcément moindre. Je leur ai quand même fait une petite place. Je vous épargne le laïus sur chaque choix mais – à part pour les rares dont je n’ai pas encore parlé – vous pouvez retrouver mes critiques en cliquant sur les titres.

1Mommy
2Dallas Buyer Club
3Ida
4– Whiplash
5Pas son genre
6Le sel de la terre
7Grand Budapest Hotel
8her
9– Valse pour Monica
10Cold in July

007448.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx  Mommy-Xavier-Dolan  459766.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

          Je dois dire que ce top allait assez de soi, surtout pour les 5 premiers, que j’ai vraiment adorés. J’ai réalisé un top 20 pour Cinephilia, site ciné auquel je contribue (modestement) depuis le mois d’août. Voici donc mes 10 films favoris suivants et les quelques uns qui sont restés aux portes du classement, de manière assez aléatoire, je dois bien l’admettre. Saint-Laurent, 12 years a slave, Geronimo, Tom à la ferme, Calvary, Timbuktu, Conversation animée avec Noam Chomsky, State of Grace, Black Coal, Boyhood. Auraient aussi pu y figurer Only lovers left alive, Maestro, Le temps de quelques jours, Une nouvelle amie, New-York Melody.

Séries

          Comme à mon habitude, j’ai regardé pas mal de séries cette année. D’autant plus qu’entre mon arrêt maladie et l’arrivée de Canal+ séries, j’ai eu franchement de quoi faire. Beaucoup de bonnes surprises cette année je dois dire. Je devrais en parler plus ici car certaines méritent vraiment le détour. Dans mon top, uniquement les séries que je ne connaissais pas.

1– Halt & catchfire
2– The affair
3– Masters of sex
4– Ray Donovan
5– Panam

          Mais aussi toujours mes chouchoutes : Hannibal, Mad men, Borgia ou Scandal (parce que je suis amoureuse d’Olivia Pope et que je rêve de lui ressembler, mais sans ses parents…).

Livres

          Beaucoup moins de lectures cette année avec environ 80 livres lus contre une centaine les années précédentes soit une baisse de près de 20% quand même. On aurait pu penser qu’étant cloîtrée chez moi j’aurai lu plus mais déjà, j’étais trop crevée pour me concentrer et puis je lis quand même beaucoup dans les transports, à la maison, j’ai plus tendance à me disperser. Ces chiffres sont toutefois faussés par le nombre de pavés que j’ai ingurgités cette année. J’ai aussi l’impression d’avoir lu un peu moins de jeunesse et BD et beaucoup de gros romans. Je délaisse toujours les essais, la poésie et le théâtre mais on ne peut décidément pas tout faire !
Inutile de dire que j’ai oublié le programme lecture que je m’étais concocté presque aussitôt après l’avoir fait… J’ai quand même lu les 2/3 des livres qui y figuraient, ce qui n’est pas si mal, et également 5 ou 6 des romans ou BD que j’avais hésité à mettre. La seule catégorie dans laquelle je n’ai presque rien lu est sans surprise celle des classiques… J’aime pourtant la littérature du XIX° mais je la délaisse un peu ces dernières années. Je ne me suis toujours pas attaquée à Tristes tropiques ni à l’énorme Même les tigres sont chez eux. Quant à mon essai sur L’histoire de la lecture commencé depuis plus d’un an, j’ai lu deux chapitres de plus mais je suis loin de l’avoir terminé. Je n’ai toutefois pas dit mon dernier mot ! J’ai aimé la quasi totalité des livres lus cette année (j’en déduis que je les choisis de mieux en mieux, mais peut-être aussi que je ne prends plus assez de risques ?) mais mon énorme coup de cœur restera celui avec lequel j’avais commencé 2014.

Romans
1Et quelquefois j’ai comme une grande idée
2Aurora, Kentucky
3La horde du Contrevent
4Les sauvages
5L’empreinte de toute chose
6Mille femmes blanches
7S’abandonner à vivre
8L’écrivain national
9Peine perdue
10Les fiancés de l’hiver

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BD / album
1Mauvais genre
2Si j’étais un livre
3Pyongyang
4– La nuit du visiteur
5Lulu femme nue

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          J’avoue que je suis moi-même assez surprise par mon classement romans où il y a énormément de titres qui a priori ne sont pas mon genre. Comme quoi !

Expos

          Parfois je me dis que si j’arrivais à voir une expo par mois, ce serait bien. Et devinez quoi, alors que j’ai l’impression de ne jamais mettre le nez dehors, j’ai quand même vu 12 expositions cette année ! Il faut dire aussi que souvent je les fais par 2, ça aide. J’en ai raté plein qui me tentaient mais quand même, je ne suis pas trop mécontente. Je n’ai pas compté là-dedans les 2 que j’ai vues à Prague d’ailleurs.
Pas de découvertes bouleversantes cette année comme ça avait pu l’être les années précédentes avec Félix Vallotton ou Félix Ziem (oui, j’ai un truc avec les Félix). Toutefois, sans surprises, j’ai beaucoup aimé les expositions Van Gogh/Artaud et Gustave Doré – qui ne figure pas dans mon classement parce que n’ayant réellement apprécié que 4 expositions, je me suis contentée du trio de tête et j’en ai laissé une de côté. Pour la forme, voici mon petit top 3 de l’année.

1Van Gogh/Artaud : le suicidé de la société
2Paris 1900, la ville spectacle
3Tatoueurs/tatoués

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Théâtre

          Beaucoup de pièces vues (23, dont pas mal de danse), avec beaucoup de bonnes surprises et très peu de déceptions. Reprendre un abonnement, de suite, ça motive ! L’année dernière, je n’avais pas pris d’abonnement (enfin, en septembre 2013 quoi) et j’ai passé plusieurs mois sans voir la moindre pièce, ce qui ne m’étais jamais arrivé. Au mois de février, je m’étais forcée à reprendre quelques pièces et là, ç’avait été un festival de bonnes surprises. C’est là, qu’un soir, devant une pièce particulièrement réussie, je me suis rendu compte à quel point j’adorais le théâtre. Je le savais déjà, certes, mais d’un coup, j’ai su que je ne pouvais pas m’en passer, comme des bons restos, des livres ou du cinéma. J’ai donc profité des avantages que me confère mon jeune âge (plus pour longtemps) pour reprendre tout un tas de pièces pour la saison 2014/2015, quitte à en refiler quelques-unes à des amis en cas d’absence. Depuis, ça va beaucoup mieux. Mes gros coups de cœur de l’année sont :

Théâtre/cirque
1Macbeth
2Lucrèce Borgia
3Le roi et moi
4La colère du tigre
5L’art de la fugue

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Danse
1Cendrillon
2Gala d’ouverture des étés de la danse
3Casse-noisette
4Golgota
5Ballet revolucion

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Sorties

          Cette année, j’ai aimé me promener dans Paris, comme quand je n’y habitais pas encore : les berges de Seine, le jardin d’acclimatation, le jardin des Plantes. Un rayon de soleil et il y a plein de balades à faire à deux pas de chez soi. J’ai bougé bien moins que je ne l’aurais voulu et pas toujours dans de très bonnes conditions mais je suis quand même allée à Lyon, en Bourgogne, le magnifique plateau de l’Aubrac dont je suis tombée totalement amoureuse et dans le sud bien sûr, avec Toulouse, mes montagnes et la Côte Vermeille. Et puis quelques jours à Prague. Il y a avait longtemps que je n’étais pas allée à l’étranger, ça m’a fait le plus grand bien de changer d’air !

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Cuisine

          Évidemment, il y a aussi la cuisine dans ma vie. Quelques bons restos découverts en 2014 même si je suis assez peu sortie. Un repas étoilé chez les Bras, j’ai enfin découvert la cheminé de l’Atelier de Maître Albert, j’ai goûté au calme du salon de thé du Thé des écrivains et j’ai succombé aux pâtisseries de Philippe Conticini et à celles du café Pouchkine… Encore tant de bonnes tables à découvrir ! Une amie qui me veut du bien m’a offert un guide des meilleures pâtisseries, ça laisse présager de goûters gourmands en 2015.
J’ai eu à un moment eu des velléités d’essayer plein de nouvelles recettes et si j’en ai testé 2 par semaines en début d’année, j’ai vite délaissé ce rythme infernal pour finalement très peu cuisiner ces derniers mois (incroyable hein ?!). Mais comme j’ai reçu une vraie mallette de pâtissier à Noël et de supers livres de Christophe Michalak et Christophe Adam, je vais vite me remettre aux fourneaux !

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Blog

          Du côté du blog, j’ai beaucoup moins écrit cette année, surtout ces dernières semaines. Parce que trop fatiguée, du mal à me concentrer, pas forcément l’énergie de m’y mettre en rentrant du boulot. Je me demande comment j’ai pu concilier un jour travail, études, sport, vie sociale et blog. J’avais des journées deux fois plus longues ou quoi ? Heureusement, les visites se maintiennent, ce qui m’évite de me décourager de continuer à écrire, même si je suis au ralenti. Le résultat de mon manque d’efficacité, c’est que malgré un nombre de sorties relativement faible et le fait que je sois depuis facilement 3 semaines sur le même livre, j’ai quand même trouvé le moyen de laisser s’accumuler 27 articles dans la liste des choses dont je dois vous parler. Vous n’avez pas fini d’entendre parler de moi…
Un petit résumé rapide en chiffres : 265 articles publiés, soit beaucoup moins que les 360 que je m’étais fixé dans l’idéal. Ou les 320 visés en comptant un jour de flemme hebdomadaire. Ca reste toutefois un joli nombre, surtout dans une année difficile. Il  a eu près de 100 000 visiteurs, soit en moyenne 270 visites par jour. Mes articles sont vus à peu près autant de fois sur Paperblog, même si ce sont rarement les mêmes qui y rencontrent du succès. Les visiteurs sont venus de 1470 pays. Je remercie mes plus fidèles commentateurs qui se reconnaîtront. Je ne comprends pas toujours la logique qui préside au succès de tel ou tel article mais je me réjouis de celui qui récompense ceux sur la culture occitane. Vous trouverez plus d’informations ici.

          Cette année, j’ai également commencé à réellement utiliser Twitter, avec 500 personnes qui me suivent, même si je ne relaie pas assez les articles, ça commence à être une belle devanture tout de même. Je ne suis pas encore franchement au top de la maîtrise mais j’avoue que j’apprécie le côté instantané qui a donné lieu à de nombreuses discussions animées (en 140 caractères, ça tient de l’exploit). Ca m’a permis de découvrir beaucoup de blogs. Bizarrement, ce sont des blogueurs ciné que je suis la plus proche. C’est enrichissant de lire des articles variés autour d’un même film (ou d’un même sujet de manière plus générale), les divergences de point de vue permettent de nourrir la réflexion.

          En 2014, j’ai également fait plein de rencontres, à Paris et ailleurs. Ceux qui me lisent se reconnaîtront et je les remercie pour tous les bons moments passés ensemble.

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          Cet article est déjà interminable (et encore, j’ai décidé de ne pas justifier chaque choix histoire de ne pas le rallonger, les bonnes résolutions seront donc pour plus tard. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter à tous une

Très bonne année !