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Bilan 2014 : mes coups de coeur ciné, littérature et autres

          Ca y est, 2015 est arrivé, c’est l’heure des bilans. Je me plie à la tradition avec un article fleuve qui en fera somnoler plus d’un. Que chacun aille voir la partie qui l’intéresse pour éviter l’indigestion !

Films

          Avec quelques difficultés, je m’en tiens plus ou moins à mon objectif d’un film par semaine avec 50 films tout pile vus en salles. Pas tout à fait assez à mon goût et un peu moins que l’année dernière mais pas si mal étant donné que j’ai été longtemps malade et que mes horaires de boulot ne sont pas idéaux pour les sorties ciné. J’ai triché en en rattrapant quelques uns en VOD (13 pour être exacte) pour moins avoir l’impression de n’avoir rien vu.
Dans l’ensemble une assez bonne année ciné même si j’ai vu la plupart de mes gros coups de cœur dès le début de l’année et que j’ai perdu un peu de mon entrain par la suite. Une année qui m’a semblé dans la continuité de 2013 avec beaucoup de bonnes choses, même si le classement a été plus difficile pour moi que l’année précédente, avec beaucoup de bons films mais peu de réels coups de cœur ce qui fait que j’ai du mal à les départager. Il faut dire aussi qu’avec ma mémoire qui flanche, jamais faire un classement n’avait été si compliqué. Difficile également de savoir comment intégrer les films vus à la maison à mon classement alors que les conditions son beaucoup moins bonnes et que l’effet est forcément moindre. Je leur ai quand même fait une petite place. Je vous épargne le laïus sur chaque choix mais – à part pour les rares dont je n’ai pas encore parlé – vous pouvez retrouver mes critiques en cliquant sur les titres.

1Mommy
2Dallas Buyer Club
3Ida
4– Whiplash
5Pas son genre
6Le sel de la terre
7Grand Budapest Hotel
8her
9– Valse pour Monica
10Cold in July

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          Je dois dire que ce top allait assez de soi, surtout pour les 5 premiers, que j’ai vraiment adorés. J’ai réalisé un top 20 pour Cinephilia, site ciné auquel je contribue (modestement) depuis le mois d’août. Voici donc mes 10 films favoris suivants et les quelques uns qui sont restés aux portes du classement, de manière assez aléatoire, je dois bien l’admettre. Saint-Laurent, 12 years a slave, Geronimo, Tom à la ferme, Calvary, Timbuktu, Conversation animée avec Noam Chomsky, State of Grace, Black Coal, Boyhood. Auraient aussi pu y figurer Only lovers left alive, Maestro, Le temps de quelques jours, Une nouvelle amie, New-York Melody.

Séries

          Comme à mon habitude, j’ai regardé pas mal de séries cette année. D’autant plus qu’entre mon arrêt maladie et l’arrivée de Canal+ séries, j’ai eu franchement de quoi faire. Beaucoup de bonnes surprises cette année je dois dire. Je devrais en parler plus ici car certaines méritent vraiment le détour. Dans mon top, uniquement les séries que je ne connaissais pas.

1– Halt & catchfire
2– The affair
3– Masters of sex
4– Ray Donovan
5– Panam

          Mais aussi toujours mes chouchoutes : Hannibal, Mad men, Borgia ou Scandal (parce que je suis amoureuse d’Olivia Pope et que je rêve de lui ressembler, mais sans ses parents…).

Livres

          Beaucoup moins de lectures cette année avec environ 80 livres lus contre une centaine les années précédentes soit une baisse de près de 20% quand même. On aurait pu penser qu’étant cloîtrée chez moi j’aurai lu plus mais déjà, j’étais trop crevée pour me concentrer et puis je lis quand même beaucoup dans les transports, à la maison, j’ai plus tendance à me disperser. Ces chiffres sont toutefois faussés par le nombre de pavés que j’ai ingurgités cette année. J’ai aussi l’impression d’avoir lu un peu moins de jeunesse et BD et beaucoup de gros romans. Je délaisse toujours les essais, la poésie et le théâtre mais on ne peut décidément pas tout faire !
Inutile de dire que j’ai oublié le programme lecture que je m’étais concocté presque aussitôt après l’avoir fait… J’ai quand même lu les 2/3 des livres qui y figuraient, ce qui n’est pas si mal, et également 5 ou 6 des romans ou BD que j’avais hésité à mettre. La seule catégorie dans laquelle je n’ai presque rien lu est sans surprise celle des classiques… J’aime pourtant la littérature du XIX° mais je la délaisse un peu ces dernières années. Je ne me suis toujours pas attaquée à Tristes tropiques ni à l’énorme Même les tigres sont chez eux. Quant à mon essai sur L’histoire de la lecture commencé depuis plus d’un an, j’ai lu deux chapitres de plus mais je suis loin de l’avoir terminé. Je n’ai toutefois pas dit mon dernier mot ! J’ai aimé la quasi totalité des livres lus cette année (j’en déduis que je les choisis de mieux en mieux, mais peut-être aussi que je ne prends plus assez de risques ?) mais mon énorme coup de cœur restera celui avec lequel j’avais commencé 2014.

Romans
1Et quelquefois j’ai comme une grande idée
2Aurora, Kentucky
3La horde du Contrevent
4Les sauvages
5L’empreinte de toute chose
6Mille femmes blanches
7S’abandonner à vivre
8L’écrivain national
9Peine perdue
10Les fiancés de l’hiver

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BD / album
1Mauvais genre
2Si j’étais un livre
3Pyongyang
4– La nuit du visiteur
5Lulu femme nue

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          J’avoue que je suis moi-même assez surprise par mon classement romans où il y a énormément de titres qui a priori ne sont pas mon genre. Comme quoi !

Expos

          Parfois je me dis que si j’arrivais à voir une expo par mois, ce serait bien. Et devinez quoi, alors que j’ai l’impression de ne jamais mettre le nez dehors, j’ai quand même vu 12 expositions cette année ! Il faut dire aussi que souvent je les fais par 2, ça aide. J’en ai raté plein qui me tentaient mais quand même, je ne suis pas trop mécontente. Je n’ai pas compté là-dedans les 2 que j’ai vues à Prague d’ailleurs.
Pas de découvertes bouleversantes cette année comme ça avait pu l’être les années précédentes avec Félix Vallotton ou Félix Ziem (oui, j’ai un truc avec les Félix). Toutefois, sans surprises, j’ai beaucoup aimé les expositions Van Gogh/Artaud et Gustave Doré – qui ne figure pas dans mon classement parce que n’ayant réellement apprécié que 4 expositions, je me suis contentée du trio de tête et j’en ai laissé une de côté. Pour la forme, voici mon petit top 3 de l’année.

1Van Gogh/Artaud : le suicidé de la société
2Paris 1900, la ville spectacle
3Tatoueurs/tatoués

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Théâtre

          Beaucoup de pièces vues (23, dont pas mal de danse), avec beaucoup de bonnes surprises et très peu de déceptions. Reprendre un abonnement, de suite, ça motive ! L’année dernière, je n’avais pas pris d’abonnement (enfin, en septembre 2013 quoi) et j’ai passé plusieurs mois sans voir la moindre pièce, ce qui ne m’étais jamais arrivé. Au mois de février, je m’étais forcée à reprendre quelques pièces et là, ç’avait été un festival de bonnes surprises. C’est là, qu’un soir, devant une pièce particulièrement réussie, je me suis rendu compte à quel point j’adorais le théâtre. Je le savais déjà, certes, mais d’un coup, j’ai su que je ne pouvais pas m’en passer, comme des bons restos, des livres ou du cinéma. J’ai donc profité des avantages que me confère mon jeune âge (plus pour longtemps) pour reprendre tout un tas de pièces pour la saison 2014/2015, quitte à en refiler quelques-unes à des amis en cas d’absence. Depuis, ça va beaucoup mieux. Mes gros coups de cœur de l’année sont :

Théâtre/cirque
1Macbeth
2Lucrèce Borgia
3Le roi et moi
4La colère du tigre
5L’art de la fugue

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Danse
1Cendrillon
2Gala d’ouverture des étés de la danse
3Casse-noisette
4Golgota
5Ballet revolucion

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Sorties

          Cette année, j’ai aimé me promener dans Paris, comme quand je n’y habitais pas encore : les berges de Seine, le jardin d’acclimatation, le jardin des Plantes. Un rayon de soleil et il y a plein de balades à faire à deux pas de chez soi. J’ai bougé bien moins que je ne l’aurais voulu et pas toujours dans de très bonnes conditions mais je suis quand même allée à Lyon, en Bourgogne, le magnifique plateau de l’Aubrac dont je suis tombée totalement amoureuse et dans le sud bien sûr, avec Toulouse, mes montagnes et la Côte Vermeille. Et puis quelques jours à Prague. Il y a avait longtemps que je n’étais pas allée à l’étranger, ça m’a fait le plus grand bien de changer d’air !

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Cuisine

          Évidemment, il y a aussi la cuisine dans ma vie. Quelques bons restos découverts en 2014 même si je suis assez peu sortie. Un repas étoilé chez les Bras, j’ai enfin découvert la cheminé de l’Atelier de Maître Albert, j’ai goûté au calme du salon de thé du Thé des écrivains et j’ai succombé aux pâtisseries de Philippe Conticini et à celles du café Pouchkine… Encore tant de bonnes tables à découvrir ! Une amie qui me veut du bien m’a offert un guide des meilleures pâtisseries, ça laisse présager de goûters gourmands en 2015.
J’ai eu à un moment eu des velléités d’essayer plein de nouvelles recettes et si j’en ai testé 2 par semaines en début d’année, j’ai vite délaissé ce rythme infernal pour finalement très peu cuisiner ces derniers mois (incroyable hein ?!). Mais comme j’ai reçu une vraie mallette de pâtissier à Noël et de supers livres de Christophe Michalak et Christophe Adam, je vais vite me remettre aux fourneaux !

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Blog

          Du côté du blog, j’ai beaucoup moins écrit cette année, surtout ces dernières semaines. Parce que trop fatiguée, du mal à me concentrer, pas forcément l’énergie de m’y mettre en rentrant du boulot. Je me demande comment j’ai pu concilier un jour travail, études, sport, vie sociale et blog. J’avais des journées deux fois plus longues ou quoi ? Heureusement, les visites se maintiennent, ce qui m’évite de me décourager de continuer à écrire, même si je suis au ralenti. Le résultat de mon manque d’efficacité, c’est que malgré un nombre de sorties relativement faible et le fait que je sois depuis facilement 3 semaines sur le même livre, j’ai quand même trouvé le moyen de laisser s’accumuler 27 articles dans la liste des choses dont je dois vous parler. Vous n’avez pas fini d’entendre parler de moi…
Un petit résumé rapide en chiffres : 265 articles publiés, soit beaucoup moins que les 360 que je m’étais fixé dans l’idéal. Ou les 320 visés en comptant un jour de flemme hebdomadaire. Ca reste toutefois un joli nombre, surtout dans une année difficile. Il  a eu près de 100 000 visiteurs, soit en moyenne 270 visites par jour. Mes articles sont vus à peu près autant de fois sur Paperblog, même si ce sont rarement les mêmes qui y rencontrent du succès. Les visiteurs sont venus de 1470 pays. Je remercie mes plus fidèles commentateurs qui se reconnaîtront. Je ne comprends pas toujours la logique qui préside au succès de tel ou tel article mais je me réjouis de celui qui récompense ceux sur la culture occitane. Vous trouverez plus d’informations ici.

          Cette année, j’ai également commencé à réellement utiliser Twitter, avec 500 personnes qui me suivent, même si je ne relaie pas assez les articles, ça commence à être une belle devanture tout de même. Je ne suis pas encore franchement au top de la maîtrise mais j’avoue que j’apprécie le côté instantané qui a donné lieu à de nombreuses discussions animées (en 140 caractères, ça tient de l’exploit). Ca m’a permis de découvrir beaucoup de blogs. Bizarrement, ce sont des blogueurs ciné que je suis la plus proche. C’est enrichissant de lire des articles variés autour d’un même film (ou d’un même sujet de manière plus générale), les divergences de point de vue permettent de nourrir la réflexion.

          En 2014, j’ai également fait plein de rencontres, à Paris et ailleurs. Ceux qui me lisent se reconnaîtront et je les remercie pour tous les bons moments passés ensemble.

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          Cet article est déjà interminable (et encore, j’ai décidé de ne pas justifier chaque choix histoire de ne pas le rallonger, les bonnes résolutions seront donc pour plus tard. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter à tous une

Très bonne année !

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Décembre, le bilan

          Seulement 4 livres lus en décembre mais Crime et châtiment m’a un peu accaparée. J’ai quand même fini Retour en absurdie, le 2° tome des chroniques de Stéphane de Groodt. Toujours aussi drôle ! J’ai aussi beaucoup aimé La vraie vie d’Agatha Christie, une BD biographique sur la reine du crime. Décembre aura aussi été le moins de mon premier Marc Lévy. Je ne vous en dis pas plus pour le moment…

          Côté ciné, 6 films vus ce mois-ci et plein de rattrapage DVD des sorties de début d’année. J’avoue que j’ai un peu profité de la fin de l’année pour faire une cure de cinéma. Et j’ai bien fait parce que j’ai vu plein de bonnes choses, notamment l’excellent Whiplash et le très bon Cold in July. Parmi ceux vus sur ma télé, je retiendrai Valse pour Monica, States of grace et Pelo Malo.

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          J’ai également profité des fêtes de fin d’année pour sortir un peu. J’ai vu deux bons spectacles de danse : Tutu et Sara Baras. Pas de théâtre ce mois-ci en revanche, et toujours pas d’expos non plus. J’ai profité de quelques jours de vacances (oui, encore) pour aller voir des amis à Lyon, en Bourgogne et en Seine-et-Marne. Un petit tour loin de Paris qui m’a fait le plus grand bien malgré le temps pourri.

          Deux bons restaurants également en décembre – l’Atelier de Maître Albert et la Fermette Marbeuf, alors que je n’avais pas mangé dehors depuis un petit moment. Je cuisine très peu en ce moment mais je suis assez fière de ma recette de crèmes de coco au litchi. Au final un mois de décembre quand même bien rempli et qui surtout donné l’envie de retourner un peu plus au cinéma.

Et vous, qu’avez-vous fait en décembre ?

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Novembre, le bilan

          Un mois de novembre qui est passé très vite (il faut dire que j’étais en vacances une semaine sur deux aussi…) et où j’ai l’impression de ne pas avoir fait grand chose. D’ailleurs assez peu d’articles sur le blog et un amoncellement dans mes brouillons. Ce mois-ci donc, 4 livres lus seulement. Mais je me suis attaquée à Crime et châtiment au milieu du mois et j’en ai certainement pour quelques semaines. Quant aux chroniques de Stéphane de Groodt que j’ai entamées en vacances, je les savoure. Coté coups de cœur, j’ai beaucoup aimé 06h41 de Philippe Blondel. Une très bonne surprise. Toutefois, ce mois-ci encore, uniquement de bonnes lectures. Ca fait plaisir.

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          A peine 3 films vus en novembre alors qu’il y en a tant qui me tentent ! Je vais encore en rater plein plein plein, c’est triste ! Je n’ai même pas le temps de rattraper ceux de l’année dernière sur Canal+. Entre mes semaines loin de Paris et mes horaires un poil décalées, ce n’est pas toujours simple de voir les sorties du moment, d’autant plus quand les séances sont complètes le week-end. Je me rattraperai en décembre !

          Côté sorties, 3 ballets et un concert. J’ai explosé mon quota pour l’année là ! J’ai beaucoup aimé la musique de Rain, et j’ai a-do-ré la mise en scène de Casse-Noisette : tout simplement magique. Décembre devrait également réserver quelques belles surprises de ce coté-là. J’ai aussi profité de mes vacances pour aller à Toulouse où j’ai découvert une table d’hôtes sympa, mon passage à la montagne aura été l’occasion d’une belle balade, et mon séjour à Prague m’a réservé de belles surprises. Je finis le mois par un week-end à Lyon pour l’anniversaire d’un ami. J’aimerais pouvoir bouger autant tous les mois !

 Rendez-vous le 1° janvier (déjà !) pour le prochain bilan.
Et vous, qu’avez-vous fait ce mois-ci ?

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Agressions : et si on arrêtait d’avoir honte ?

          Encore un billet perso aujourd’hui. Un sujet que j’ai longtemps hésité à aborder sans jamais oser le faire. Parce que je ne pensais pas que ça avait sa place sur ce blog, que je n’osais pas forcément en parler, parce que je me sens mal de m’exposer ainsi alors que je voudrais pouvoir rentrer dans un trou de souris, parce que je n’ai pas envie que ma famille et mes amis lisent ce billet, bref, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Mais aujourd’hui, c’est la journée mondiale contre les violences faites au femmes. Déjà, je trouve ça dingue qu’il faille une journée mondiale pour ça, ça devrait aller de soi qu’on ne se sert pas de sa femme comme punchingball ; pourtant, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon en France. Je ne comptais pas spécialement vous en parler mais aujourd’hui, justement, je me suis fait « agresser » dans le métro. « Agresser », j’hésite à utiliser ce mot, qui me semble si fort et si violent mais je ne devrais pas. Quelqu’un a envahi mon espace vital sans autorisation, ce n’est pas la 1° fois ni sans doute la dernière mais je ne devrais pas trouver que ce n’est « pas si grave », je devrais hurler mon indignation. C’est donc ce que je vais faire, même s’il n’ a pas grand monde pour l’entendre et que je ne suis pas très sure d’assumer.

          Voilà l’histoire tristement banale : je prends le métro pour sortir, la ligne 13 est bondée, comme d’habitude. Je monte, un homme est derrière moi et me colle. Je ne fais pas vraiment attention jusqu’à ce que je remarque qu’il me colle vraiment de trop près pour un encombrement de la rame relativement modeste. Je bouge un peu, il se rapproche et s’appuie carrément sur moi au point que j’ai du mal à me tenir debout. Là, pas de doute, j’ai affaire à un porc. Pas qu’il ait l’air violent ou dangereux simplement, j’aime autant éviter que des inconnus touchent mes fesses, question de principe. J’aurais pu crier, lui balancer un coup de pied dans l’entrejambe bien mérité (j’y ai songé très fortement) mais je n’ai rien fait. Parce que j’avais honte. Parce que si on fait une réflexion, c’est nous qu’on regarde comme si on était les rebuts de l’humanité, parce que jamais personne ne prendra notre défense (et que quand quelqu’un le fait il est poursuivi pour agression) et que si on réagit, il y a de fortes chances pour que les ennuis soient pour nous, de toute façon. Alors on essaie de changer de place en se faisant le plus discrète possible, on sort du métro si on n’arrive pas à esquiver autrement, et on invente une excuse bidon pour expliquer le retard qui s’ensuit.

          Si j’avais frappé cet homme, il aurait surement couiné un « la salope, elle m’a agressé, j’ai rien fait ». Avant probablement de me malmener physiquement. Deux-trois mecs bien bâtis auraient fini par demander ce qui se passe ; s’en serait suivie une bagarre dans le métro et non seulement j’aurais certainement pris des coups et des insultes mais mes chances d’arriver à l’heure à la 1° de Casse-Noisette à l’Opéra Bastille auraient sérieusement été mises à mal. Pourtant j’aurais dû faire quelque chose. J’aurais dû ne pas être lâche. J’aurais dû faire payer à cet abruti sans cervelle de s’être frotté à moi (au sens littéral comme au figuré) et me démerder pour que ça finisse devant les flics, quitte à pourrir ma soirée. Parce qu’il y en a assez de toujours se taire. Pourquoi donc les femmes se sentent-elles si honteuses de se faire agresser ? Qu’est ce que j’avais fait ? Ma robe noire au genou, ras du cou et mes collants opaques étaient scandaleux ? J’étais bien coiffée donc je voulais séduire et le premier venu ferait bien l’affaire ? Pourquoi donc se pose-t-on systématiquement ces foutues questions à chaque fois, comme si on était responsable de la connerie d’autrui. Je suis la première à crier haut et fort qu’on ne devrait pas avoir à s’excuser d’une agression, que je m’habille comme je veux, ça ne regarde que moi ; et pourtant, quand ça m’arrive, je réagis comme les autres : je me tais.

          Je n’ai jamais eu peur à Paris. Je n’ai jamais été volée, frappée et même rarement emmerdée. De temps en temps, des jeunes un peu trop alcoolisés m’accostent si je rentre tard mais jamais ce n’est allé au delà de quelques phrases un peu lourdes. Mais depuis quelques temps, je remarque que dans le métro, les mains aux fesses deviennent légion et que celles qui osent s’insurger n’ont droit qu’à un silence gêné, dans le meilleur des cas. Je me demande pourquoi on ne trouve pas ça « grave ». Parce qu’il n’ a ni coups, ni viol ? que c’est juste notre dignité qui est en jeu ? Ca me rappelle le film « Les femmes du bus 678 ». Sérieusement, on en arrive là. On s’insurge contre les viols en Inde mais on se tait sur ceux qui se multiplient dans le RER en ce moment. On est toujours plus intéressés par ce qui se passe loin que par les problèmes qu’on a sous le nez. Je ne sais pas de quoi j’ai le plus honte : d’avoir été la cible d’un mec qui se croit tout permis ? ne pas avoir osé réagir ? de m’être sentie faible et vulnérable ? d’avoir eu peur du regard des autres ? d’avoir été lâche ? Je crois plus que tout, j’ai honte d’avoir honte. Parce qu’il n’y a pas de raison, parce que c’est lui qui devrait être mort de honte, parce que c’est à lui que les gens devraient lancer la pierre (plusieurs de préférence). Parce que ça ne devrait pas être une situation banale dont on s’accommode en baissant la tête. Et pourtant, je n’arrive à me défaire du sentiment d’être « salie », autant par ses actes à lui que par l’absence des miens. J’ai honte d’être une féministe aux réflexes machistes. Décidément, côté respect de la femme il  a encore un sacré chemin à faire.

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Quand l’écriture s’enraye

          Une fois n’est pas coutume, un article un peu plus personnel aujourd’hui. Hier, je publiais mon 1300° article sur le blog. 1300. Je n’arrive pas bien à réaliser. Quand j’ai ouvert ce blog, je ne pensais pas vraiment m’y tenir, persuadée que ce genre d’entreprise n’était pas pour moi qui déteste me mettre en avant. Et puis, peu à peu j’y ai pris goût, je m’en suis servie comme pense-bête, j’y ai fait de belles rencontres. Certains laissent des commentaires ici régulièrement, ils disparaissent parfois, reviennent – ou non, sont remplacés par d’autres. Je n’aurais pour rien au monde voulu abandonner ces lecteurs fidèles qui illuminent les journées les plus moroses. Il y a ceux qui ne laissent pas de commentaires aussi, mais dont j’entends parler parfois. Et finalement, peu à peu, ce blog a pris une importance insoupçonnée dans ma vie.

          J’essaie de m’en tenir à un article par jour, même si le plus souvent je n’y arrive pas vraiment. Une heure de travail quotidien, plus ou moins. Souvent plus. Petit à petit les articles se sont allongés, ont gagné en consistance. Une évolution dont je suis assez fière. Le temps que j’y passe à forcément augmenté un peu par la même occasion. Même si ça devient une mécanique bien huilée et qu’avec le temps, l’écriture se fait plus fluide, plus facile. C’est aussi pour ça que j’avais commencé ce blog, pour continuer à écrire après la fin de mes études, ne pas perdre ce goût de la critique et de l’argumentation que j’aime tant et que j’ose souvent bien moins à l’oral. Ne pas perdre l’habitude d’écrire non plus, moi qui ne me sens pas l’âme d’un écrivain et n’oserait jamais me lancer dans de la fiction.

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          Pourtant – certains d’entre vous l’auront surement remarqué – ces derniers temps, les articles se font plus rares. J’ai eu quelques petits problèmes de santé ces deux dernières années mais j’ai malgré tout essayé de toujours garder un rythme de publication intensif. Avec plus ou moins de réussite, mais dans l’ensemble, je dirais que je m’en suis plutôt bien sortie. Mais depuis quelques semaines, ça va mieux (physiquement parlant) et bizarrement, c’est à ce moment-là que j’ai commencé à avoir du mal à écrire. Cela peut sembler paradoxal, mais pas tant que ça. Qui dit meilleure santé, dit retour au travail, et forcément moins de temps libre. Sans compter qu’après avoir passé la journée devant mon ordinateur, je sature parfois un peu et commence à avoir du mal à me concentrer. Et puis après deux ans quasi sans sorties, j’ai forcément envie de bouger, de retrouver mes amis, d’aller au théâtre ou au cinéma (encore trop peu à mon goût), ça prend du temps, on ne peut pas toujours tout faire. Il y a les soirs où je suis trop crevée aussi.

          Surtout, il y a ces foutus traitements, qui soignent certes (qui soulagent tout du moins), mais qui ont aussi leur lot d’effets secondaires souvent indésirables. Le plus surprenant étant un trouble de l’écriture qui se ressent aussi bien sur le papier qu’à l’écran, avec une difficulté à former les lettres et une sorte de dyslexie des plus surprenantes. J’inverse les lettres, je confonds les mots, moi qui ai toujours eu tant de facilité à les manier. Si on ajoute à ça les problèmes de mémoire et d’attention, difficile d’écrire des articles. Pour la première fois, j’en ai moins l’envie tout simplement parce que les mots ne viennent pas. J’aimerais écrire sur les livres que je lis, les films que je vois, mais je n’arrive plus à organiser mes idées, les phrases ne s’arrangent plus d’elles-mêmes. Moi qui ai toujours été bouillonnante d’idées, j’ai l’impression soudaine d’un grand vide et je me sens amputée d’une partie essentielle de moi-même : celle qui me donne l’envie constante de faire 36000 choses à la fois et de vivre à 100 à l’heure alors que je suis une incorrigible flemmarde. Ceci dit cela ne m’empêche pas de faire des choses, les habitudes ont la vie dure.

          Je mets plus de temps à écrire mes articles, je lis moins vite, vais moins au ciné que je le voudrais, donnant un peu l’impression de délaisser le blog alors que j’y consacre toujours autant de temps, étant juste bien moins efficace. Pourtant, les visites sont au rendez-vous ces dernières semaines. C’est un peu frustrant de constater qu’on a deux fois plus de visites avec trois fois moins d’articles. On se sent un peu inutile. En même temps, ça donne envie d’en écrire de nouveaux, de proposer autre chose à lire, d’en écrire pour plus tard. Plus facile à dire qu’à faire quand on met 1h à écrire 3 lignes mais l’intention y est. Objectif 1500 articles pour les 5 ans (déjà !) du blog au mois de mai. En attendant, merci à tous les lecteurs qui me donnent envie de continuer.